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Argentine - Publié dans l'Internationaliste n°42
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Le diktat du FMI et
l'Insurrection du Peuple Argentin !

Le GSI

Au moment de la clôture de ce bulletin, la crise révolutionnaire qui traverse l'Argentine était loin d'être terminée.

La politique d'ajustement structurel imposé par le FMI et la Banque Mondiale a, ces dernières années, amené l'Argentine à la banque-route totale. Le remboursement à pas forcé de la "faramineuse dette externe" a entraîné la destruction d'une grande partie de l'industrie et poussé les gouvernements successifs à intensifier le bradage des entreprises publiques. La dette externe s'est envolée à plus de 150 milliards de dollars et les privatisations se sont accélérées avec sa charrette de licenciements, de réduction des salaires et retraites voire, purement et simplement, leur cessation de paiement.

Près de la moitié de l'industrie, la presque totalité de la distribution (contrôlée en grande partie par le groupe français Carrefour) et la finance sont dans les mains des "investisseurs" et des banques étrangers.

Cette politique de soumission aux injonctions du FMI et de la Banque Mondiale n'est pas nouvelle. En effet, la même politique a été appliquée depuis 1976 par la dictature militaire et ensuite, à la chute de celle-ci, par les différents gouvernements civils (radicaux et péronistes) : Alfonsin (1983), Menem (1989), De la Rua (1999), récemment par le très éphémère Rodriguez Saa (fin 2001), et confirmée encore par le dernier né, le gouvernement illégitime d'Eduardo Duhalde.

Mais les conditions de vie des travailleurs argentins se sont aggravées ostensiblement à partir du gouvernement Menem-Cavallo en 1989, qui établit la parité du peso avec le dollar en 1991, et qui applique une politique toute soumise aux diktats du FMI.

C'est alors une nouvelle dégringolade dans la chute aux enfers des travailleurs argentins : réduction des salaires et des retraites (de -10 à -15%), envolée du chômage (20 % de la population active), aggravation de la misère et de la famine (14 millions d'Argentins sur une population de 36 millions d'habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté), appauvrissement massif de la petite bourgeoisie.

En 1999, l'arrivée du gouvernement de La Rua ne va pas arranger les choses, au contraire : la dette du pays va encore s'aggraver, mais aussi les exigences du FMI pour une austérité croissante, préalable à l'octroi de la dernière tranche d'un prêt de plus de1000 millions de dollars (sur un prêt total de 39,7 milliards de dollars).

Pour la classe ouvrière argentine, chômeurs, retraités, jeunes et pour ceux qu'on appelle "les classes moyennes", les conséquences économiques et sociales des dernières mesures annoncées sont devenues insupportables et la riposte spontanée ne s'est pas fait attendre. Par milliers et milliers, les travailleurs argentins sont descendus dans la rue contre cette politique, aux cris de : "à bas le gouvernement, à bas les corrompus!"

Pourtant, et malgré les trois gouvernements successivement répudiés et défaits par la mobilisation des masses argentines, le FMI et ses relais impérialistes demandent au quatrième et dernier gouvernement en date, celui de Duhalde, de ne pas lâcher prise, de continuer dans la même voie (à part quelques retouches permises pour la forme), et même d'aller encore plus loin.

A n'en pas douter, la "normalisation" cherchée par la bourgeoisie argentine, nécessaire pour continuer d'appliquer une telle politique, est loin d'être gagnée : l'accalmie précaire de ces derniers jours peut se transformer à nouveau, et à n'importe quel moment, en véritable tempête sociale. Les travailleurs et le peuple argentins restent vigilants et mobilisés !

Nous avons préparé ce cahier sur la crise révolutionnaire argentine avec les seuls matériaux qui nous étaient parvenus au moment de la clôture de notre bulletin et qui nous ont été envoyés, depuis le début des événements, par nos camarades de Convergence Socialiste (section sympathisante de la LIT). Nous publions ici seulement quelques uns de ces nombreux matériaux.

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