| Au moment de
la clôture de ce bulletin, la crise
révolutionnaire qui traverse l'Argentine
était loin d'être terminée.
La politique
d'ajustement structurel imposé par le
FMI et la Banque Mondiale a, ces dernières
années, amené l'Argentine à la banque-route
totale. Le remboursement à pas forcé de la
"faramineuse dette externe" a entraîné la
destruction d'une grande
partie de l'industrie et poussé les
gouvernements successifs à intensifier le
bradage des entreprises
publiques. La dette externe s'est
envolée à plus de 150 milliards de dollars et
les privatisations se sont accélérées avec sa
charrette de licenciements, de réduction des
salaires et retraites voire, purement et
simplement, leur cessation de paiement.
Près de la moitié de l'industrie, la
presque totalité de la distribution
(contrôlée en grande partie par le groupe
français Carrefour) et la finance sont dans les mains des
"investisseurs" et des banques
étrangers.
Cette politique de soumission aux
injonctions du FMI et de la Banque Mondiale
n'est pas nouvelle. En effet, la même politique a été
appliquée depuis 1976 par la dictature
militaire et ensuite, à la chute de celle-ci,
par les différents gouvernements civils
(radicaux et péronistes) : Alfonsin (1983),
Menem (1989), De la Rua (1999), récemment par
le très éphémère Rodriguez Saa (fin 2001), et
confirmée encore par le dernier né, le
gouvernement illégitime d'Eduardo Duhalde.
Mais les conditions de vie des
travailleurs argentins se sont aggravées
ostensiblement à partir du gouvernement Menem-Cavallo en
1989, qui établit la parité du peso
avec le dollar en 1991, et qui applique une
politique toute soumise
aux diktats du FMI.
C'est alors une nouvelle dégringolade dans la
chute aux enfers des travailleurs
argentins : réduction des salaires et
des retraites (de -10 à -15%), envolée du
chômage (20 % de la population active),
aggravation de la misère et de la famine (14
millions d'Argentins sur une population de 36
millions d'habitants vivent au-dessous du
seuil de pauvreté), appauvrissement massif de la
petite bourgeoisie.
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En 1999, l'arrivée du gouvernement de La
Rua ne va pas arranger les choses, au
contraire : la dette du pays va encore
s'aggraver, mais aussi les exigences du FMI
pour une austérité croissante, préalable à
l'octroi de la dernière tranche d'un prêt de
plus de1000 millions de dollars (sur un prêt
total de 39,7 milliards de dollars).
Pour la classe ouvrière argentine,
chômeurs, retraités, jeunes et pour ceux
qu'on appelle "les classes moyennes", les
conséquences économiques et sociales des
dernières mesures annoncées sont devenues
insupportables et la riposte spontanée ne
s'est pas fait attendre. Par milliers et milliers, les
travailleurs argentins sont descendus dans la
rue contre cette politique, aux cris
de : "à bas le gouvernement, à bas les
corrompus!"
Pourtant, et malgré les trois
gouvernements successivement répudiés et
défaits par la mobilisation des masses
argentines, le FMI et ses
relais impérialistes demandent au
quatrième et dernier gouvernement en date,
celui de Duhalde, de ne pas lâcher prise, de
continuer dans la même
voie (à part quelques retouches
permises pour la forme), et même d'aller
encore plus loin.
A n'en pas douter, la "normalisation"
cherchée par la bourgeoisie argentine,
nécessaire pour continuer d'appliquer une
telle politique, est loin d'être gagnée :
l'accalmie précaire de ces derniers jours
peut se transformer à nouveau, et à n'importe
quel moment, en véritable tempête sociale.
Les travailleurs et le
peuple argentins restent vigilants et
mobilisés !
Nous avons préparé ce cahier sur la crise
révolutionnaire argentine avec les seuls
matériaux qui nous étaient parvenus au moment
de la clôture de notre bulletin et qui nous
ont été envoyés, depuis le début des
événements, par nos camarades de Convergence
Socialiste (section sympathisante de la LIT).
Nous publions ici seulement quelques uns de
ces nombreux matériaux.
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