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Argentine - Publié dans l'Internationaliste n°42
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DECLARATION COMMUNE DE LA GAUCHE ARGENTINE

Emise un jour avant le début de l'insurrection

Le pouvoir en place est en train de liquider la nation argentine et son peuple travailleur. La crise a touché fond avec la séquestration des dépôts bancaires et la banqueroute généralisée des finances publiques. Les De la Rua et Cavallo, les Menem, Duhalde et Ruckauf sont les responsables de la catastrophe sociale, de la désorganisation économique et même de la vie de millions d'Argentins. Le peuple n'en pouvait plus qui, face à cette énorme dégringolade, est en train de se mobiliser et de s'organiser : il gagne la rue, coupe les routes, occupe les usines, manifeste devant les sièges du pouvoir ; il s'auto-convoque en assemblées populaires, en comité de travailleurs actifs et chômeurs, en assemblées plénières ouvrières, en coordinatrices de syndicats en lutte. C'est pour cela même que nous répudions et rejetons l'état de siège et la tentative d'un gouvernement en décomposition de réprimer le peuple en lutte.

L'Argentine de la banque et du grand capital est dissoute : nous nous retrouvons, cette année, avec une des plus grandes récoltes de l'histoire mais avec une multitude d'affamés, un appareil productif paralysé et une masse sans précédent de chômeurs. C'est l'étape terminale d'un système d'exploitation, d'une certaine organisation économique, sociale et politique. Basta !

Nous, les organisations soussignées, déclarons qu'il existe une issue. Cette issue est cependant incompatible avec les intérêts de ceux qui font la promotion du chaos et de la défaite, du capital financier, du monopole capitaliste national et étranger... Ni la dollarisation ni la dévaluation promues par les secteurs dominants ne pourront nous arracher à cette pénurie sans fin : de telles mesures ne sont que des variantes, et un tour de vise supplémentaire, dans la confiscation des fruits de notre travail.

Qu'ils s'en aillent ! Il nous faut finir avec les De la Rua, Cavallo et les gobernadores qui cherchent à s'arranger avec les voleurs du FMI. Se sont eux qui doivent payer la crise : les banquiers, les corporations du grand capital, les monopoles privatisants qui se sont approprié le patrimoine public. Il faut nationaliser la banque, libérer les salaires et les dépôts bancaires [ceux-ci ont été séquestrés. NDLR] des travailleurs, des petits producteurs et commerçants. Il faut geler les fonds millionnaires des grands voleurs qui ont déjà sorti du pays 150 000 millions de dollars. Il faut que redeviennent publics tous les services qui ont été privatisés. Il faut, d'ores et déjà, cesser de payer la dette externe. Sur ces bases là, et sur la base d'un plan national des travailleurs, il faut réorganiser l'économie et remettre ainsi en marche la production paralysée.

Pour cela, il est nécessaire que le peuple délibère et gouverne, que se multiplient les assemblées populaires, les comités de travailleurs actifs et chômeurs, les assemblées plénières ouvrières..., que chaque quartier, chaque province élise des délégués pour nous diriger vers la constitution d'une Assemblée/Congrès populaire national qui mettra en pied une autre Argentine. C'est là une condition sine qua non pour élever un pouvoir structuré face à la décomposition du pouvoir en place. Une autre Argentine : ni celle du PJ, ni celle de l'Alliance, ni celle des soi-disant "progressistes", mais une Argentine des travailleurs, celle qui expropriera nos éternels expropriateurs.

POUR UNE SOLUTION OUVRIERE ET POPULAIRE

A BAS L'ETAT DE SIEGE

NON AU FMI

NON AU PAIEMENT DE LA DETTE EXTERIEURE

NATIONALISATION DE LA BANQUE

RE-ETATISATION DES AFJP

SOUTIEN A TOUTES LES LUTTES DES TRAVAILLEURS

POUR UN PLAN DE LUTTE NATIONALE PROGRESSIF ET ECHELONNE JUSQU'A LA DEFAITE DE CE SYSTEME

LIBERTE POUR ALI, CASTELLS ET TOUS LES PRISONNIERS

PAS DE PROCES CONTRE LES TRAVAILLEURS EN LUTTE

PC (Parti Communiste)

MST (Mouvement Socialiste des Travailleurs)

PO (Politique Ouvrière)

MAS (Mouvement vers le Socialisme)

LSR (Ligue Socialiste Révolutionnaire)

FOS (Front Ouvrier et Socialiste)

CS (Convergence Socialiste)

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