Le bilan de deux jours
d'affrontement a été de plus de trente
morts.
Certains ont été tués pendant les pillages
dans différentes provinces. D'autres ont été
assassinés à bout portant par la police et
par les mercenaires à sa solde (appelés
"police privée"), défenseurs d'un
gouvernement et d'un régime pourris en passe
de tomber.
Une enseignante au coin des rue Diagonal
Norte et 9 de Julio disait : "Et moi qui
pensait que les jeunes ne pensaient qu'à se
divertir : au moment de la lutte, ils étaient
sur le front." Ce n'est pas par hasard
que la plupart des morts étaient des "jeunes"
qui n'avaient pas plus de 25 ans. Ils
venaient à la Plaza de Mayo depuis les
quartiers de la Capitale Fédérale et du Grand
Buenos Aires. Beaucoup étaient des chômeurs,
des étudiants, des militants ou des
travailleurs au salaire misérable, tels les
"motoqueros".
Ils faisaient partie de cette nouvelle
avant-garde de milliers et de milliers qui
ont ras le bol de tout : des politiciens, des
dirigeants syndicaux, des juges, de la
police... "Qu'ils s'en aillent tous,
qu'il n'en reste aucun" et "sans
péronistes et sans radicaux, on vivra
mieux" étaient quelques uns de leurs
slogans.
Leur courage et leur détermination étaient
grands. "Torse nu", ils ont affronté les gaz,
les balles de caoutchouc et de plomb avec des
pierres et des bâtons. Cela a été le cas des
"motoqueros", qui en plusieurs occasions ont
chargé avec leurs motos contre "les flics".
Les jeunes ont été une partie très importante
de cette avant-garde qui était présente dans
tous les affrontements. Ils continuent d'être
présents dans les "cacerolazos", les marches
des travailleurs et des épargnants.
|
POUR LE JUGEMENT ET LE
CHÂTIMENT DES ASSASSINS
La révolution argentine doit inclure dans
son programme le jugement et le châtiment des
assassins et des responsables de la
répression. Ce sera possible si on obtient la
vrai justice, celle des jurés populaires et
non celle de la bourgeoisie corrompue. De
cette façon, vont payer les responsables : De
la Rúa, Cavallo, Mestre, etc. Mais aussi leur
complices qui, au moment de la répression, se
cachaient sous leur lit, les politiciens, les
dirigeants syndicaux. Sauf les honorables
exceptions de Zamora et des Madres de la
Plaza de Mayo, les autres ont brillé par leur
absence. Tous auraient pu arrêter la
répression, auraient pu éviter les morts. Ni
les "progressistes", ni les démocrates, ni
les dirigeants syndicaux (Carrió, Bravo, le
Polo Social, Frente para el Cambio, FREPASO,
De Gennaro, Moyano, etc.) : ils n'en ont rien
fait.
UNITÉ DE CEUX QUI
LUTTENT
Nous pensons que cette avant-garde d'un
très grand nombre de jeunes doit être un
secteur fondamental dans un grand mouvement
de lutte organisée. L'audace, la valeur et le
courage, avec un programme et avec l'unité de
tous ceux qui luttent, chômeurs, dirigeants
ouvriers, organisations de gauche avec
lesquelles nous avons participé au
'Argentinazo', peuvent constituer un puissant
outil pour vaincre les plans de continuité de
Duhalde ou de n'importe qui d'autre. Cette
unité pourra servir aussi pour balayer les
bureaucrates des syndicats, les traîtres des
universités, et forger de nouveaux organismes
démocratiques des travailleurs et du peuple,
pour lutter pour un nouvel Argentinazo et le
triomphe de la révolution socialiste.
|