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Argentine - Publié dans l'Internationaliste n°43
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LES MARTYRS DE "L'ARGENTINAZO"

Victor Quiroga

Le bilan de deux jours d'affrontement a été de plus de trente morts.

Certains ont été tués pendant les pillages dans différentes provinces. D'autres ont été assassinés à bout portant par la police et par les mercenaires à sa solde (appelés "police privée"), défenseurs d'un gouvernement et d'un régime pourris en passe de tomber.

Une enseignante au coin des rue Diagonal Norte et 9 de Julio disait : "Et moi qui pensait que les jeunes ne pensaient qu'à se divertir : au moment de la lutte, ils étaient sur le front." Ce n'est pas par hasard que la plupart des morts étaient des "jeunes" qui n'avaient pas plus de 25 ans. Ils venaient à la Plaza de Mayo depuis les quartiers de la Capitale Fédérale et du Grand Buenos Aires. Beaucoup étaient des chômeurs, des étudiants, des militants ou des travailleurs au salaire misérable, tels les "motoqueros".

Ils faisaient partie de cette nouvelle avant-garde de milliers et de milliers qui ont ras le bol de tout : des politiciens, des dirigeants syndicaux, des juges, de la police... "Qu'ils s'en aillent tous, qu'il n'en reste aucun" et "sans péronistes et sans radicaux, on vivra mieux" étaient quelques uns de leurs slogans.

Leur courage et leur détermination étaient grands. "Torse nu", ils ont affronté les gaz, les balles de caoutchouc et de plomb avec des pierres et des bâtons. Cela a été le cas des "motoqueros", qui en plusieurs occasions ont chargé avec leurs motos contre "les flics". Les jeunes ont été une partie très importante de cette avant-garde qui était présente dans tous les affrontements. Ils continuent d'être présents dans les "cacerolazos", les marches des travailleurs et des épargnants.

POUR LE JUGEMENT ET LE CHÂTIMENT DES ASSASSINS

La révolution argentine doit inclure dans son programme le jugement et le châtiment des assassins et des responsables de la répression. Ce sera possible si on obtient la vrai justice, celle des jurés populaires et non celle de la bourgeoisie corrompue. De cette façon, vont payer les responsables : De la Rúa, Cavallo, Mestre, etc. Mais aussi leur complices qui, au moment de la répression, se cachaient sous leur lit, les politiciens, les dirigeants syndicaux. Sauf les honorables exceptions de Zamora et des Madres de la Plaza de Mayo, les autres ont brillé par leur absence. Tous auraient pu arrêter la répression, auraient pu éviter les morts. Ni les "progressistes", ni les démocrates, ni les dirigeants syndicaux (Carrió, Bravo, le Polo Social, Frente para el Cambio, FREPASO, De Gennaro, Moyano, etc.) : ils n'en ont rien fait.

UNITÉ DE CEUX QUI LUTTENT

Nous pensons que cette avant-garde d'un très grand nombre de jeunes doit être un secteur fondamental dans un grand mouvement de lutte organisée. L'audace, la valeur et le courage, avec un programme et avec l'unité de tous ceux qui luttent, chômeurs, dirigeants ouvriers, organisations de gauche avec lesquelles nous avons participé au 'Argentinazo', peuvent constituer un puissant outil pour vaincre les plans de continuité de Duhalde ou de n'importe qui d'autre. Cette unité pourra servir aussi pour balayer les bureaucrates des syndicats, les traîtres des universités, et forger de nouveaux organismes démocratiques des travailleurs et du peuple, pour lutter pour un nouvel Argentinazo et le triomphe de la révolution socialiste.

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