| La résistance acharnée des
masses palestiniennes contre l'offensive
coloniale sioniste, se traduit, au sein de la
société israélienne par
des contradictions de plus en plus
aiguisées, qui se sont accélérées ces
derniers temps. Corrélativement à la crise
économique qui frappe Israël (cf. L'Internationaliste
n° 42), le sionisme est lui-même
travaillé par des contradictions internes.
A la fuite de nombreux israéliens qui
s'installent à l'étranger (dont certains fils
de ministres du gouvernement Sharon !), à la
tentative désespérée d'Israël pour inciter
les immigrations de colons, de plus en plus
réduites (témoin, l'offre d'une bourse de
quelques milliers d'euros aux jeunes couples
désirant s'installer en Israël), s'ajoutent
surtout les protestations
grandissantes de certaines couches de la
population contre la guerre et contre
l'occupation.
Dans l'armée, les refus d'obéir se
multiplient (cf. la déclaration de Yair
Khilu, dans L'Internationaliste
n° 42) - à ce jour, plus de 200 officiers de
réserve refusent de participer à
l'occupation, et rejettent une société
fondée sur un véritable apartheid -, et un
nombre croissant de jeunes refusent la
conscription, au prix, bien souvent de
la douloureuse expérience de la répression
étatique : leur résistance et leurs
convictions anti-militaristes et
anti-coloniales leur valent la prison.
|
Les manifestations contre l'occupation, qui
rassemblaient quelques centaines de personnes
il y a un an, en mobilisent aujourd'hui 10
000, comme celle du 9 février 2002, à
laquelle ont appelé une trentaine
d'organisations dont Gush Shalom, un
mouvement pour la paix, mais aussi les
organisations de réfractaires, ainsi que de
nombreuses associations d'étudiants, de
professeurs, ou de femmes et mères de soldats.
A en croire le compte rendu de la
manifestation, signé par Gush-Shalom,
"nous sommes bien loin de l'atmosphère d'
" unité nationale " qui ne laissait aucune
place à l'expression d'opinions
contraires". Et la
foule de huer chaque mention du nom de Shimon
Perez, ministre des Affaires
étrangères, jadis porté aux nues. Ces
tensions, si vives soient-elles, (et dont on
peut penser qu'elles arrivent bien tard,
après plus de 45 ans d'occupation (*)) se
situent à l'intérieur même du sionisme et de
son idéologie qu'elles ne remettent pas en
cause dans ses fondements. Cette remise en
cause équivaudrait mettre bas l'Etat colonial
israélien et à reconnaître que les intérêts
du peuple israélien sont aux côtés de ceux du
peuple palestinien qui montre, dans sa lutte
contre la barbarie de l'ordre mondial, la
voie à suivre.
*"je m'accuse moi-même qui, bien que
sachant tout cela, hurle trop peu, et garde
trop souvent le silence", martelait
Baruk Kimmerling dans sa déclaration de
février
|