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Palestine - Publié dans l'Internationaliste n°46
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Crise gouvernementale en Israël : quelles conséquences pour les palestiniens ?
Une délégation de Lucha Internacionalista (LI), section sympathisante de la LIT-QI en Espagne, s'est rendue dernièrement en Palestine. Nous publierons dans notre prochain bulletin des informations sur ce voyage. Nous avons traduit, et reproduisons ci-après, l'article que nos camarades espagnols ont publié dans LI 35 du mois de décembre.
Une crise a eu lieu en Israël suite à la démission, le 30 octobre dernier, des deux ministres travaillistes du gouvernement d'unité nationale : le titulaire de la défense, Ben Eliezer, et celui des affaires extérieures, Shimon Perez. Consécutivement, Sharon a dû former un nouveau gouvernement  : le général Mofaz jusqu'à la veille commandant en chef de l'état major de l'armée israélienne, se voit alors proposer la défense, tandis que les affaires extérieures sont proposées à Netanyahu (l'ancien rival, sur lequel Sharon l'a emporté lors des primaires du Likoud). Netanyahu soumet cependant son acceptation à une condition préalable (entre autres) : Arafat devra être déporté des territoires occupés. Sharon les accepte, suite au refus du Parti d'Unité Nationale de rentrer dans le gouvernement. Soulignons qu'à la Knesset, pourtant, c'est le soutien de cette dernière formation qui permettait au gouvernement de faire voter ses budgets et de passer outre les motions de censure présentées par la gauche.

La rupture du Parti Travailliste est intervenue, selon une déclaration de Ben Elizer, "parce que l'argent destiné aux colons illégaux devrait être utilisé pour les pauvres" (sic). Il faut préciser que ce désaccord porte, en fait, sur une somme ne représentant que 0,1 % du budget national. Par ailleurs, aucune critique contre le génocide du peuple palestinien n'a été formulée par les travaillistes, et pour cause : ils en ont partagé les responsabilités au sein du gouvernement. Suite à la victoire de Mitzna aux primaires, le projet du Parti Travailliste est la retraite unilatérale d'Israël des territoires occupés, y compris par l'évacuation des implantations "illégales". En réalité, il s'agit là d'une hypothèse de travail déjà proposée par le gouvernement, notamment par le biais d'un mur pour séparer Israël et la Cis-Jordanie, mur actuellement en cours de construction (voir encadré).

Entre-temps, le gouvernement a repris l'offensive par des attaques brutales sur Hébron et sur la bande de Gaza et par la réoccupation de Bethléem. Aussi, le virage du gouvernement à droite, les arguments fournis par les attentats au Kenya, la prochaine victoire escomptée du Likoud aux élections de février et la conjoncture ouverte par une guerre annoncée contre l'Irak, constituent autant d'éléments pouvant renforcer une autre option que l'impérialisme semble avoir sur ses tablettes : celle d'une nouvelle déportation en masse du peuple palestinien. Ce serait plutôt celle-ci, et non pas la provocation d'une crise, la véritable raison qui a poussé le Parti Travailliste à démissionner du gouvernement : devant une telle perspective, il aurait préféré se mettre à l'abri pour pouvoir représenter, dans quelques années, une alternative légitime.

Il s'agirait, concrètement, de l'expulsion des Palestiniens de Cis-Jordanie vers la Jordanie, et d'une nouvelle étape d'expansion dans le cadre du projet sioniste du "Grand Israël". Cette hypothèse est encore renforcée, d'une part, par le discours de prise de fonctions de Netanyahu (discours écartant la création d'un Etat Palestinien dans les territoires occupés et laissant entendre que la guerre contre l'Irak fournirait l'écran de fumée nécessaire à la déportation d'Arafat) et, d'autre part, par le fait que la Jordanie a demandé officiellement à Israël de démentir tout projet de déportation. Car, en effet, ledit projet pourrait transplanter le conflit palestinien à l'intérieur des frontières de la Jordanie et il pourrait entraîner, en outre, la restauration de la dynastie jordanienne (hachémite) en tant que monarchie d'un futur Irak d'après guerre, avec des zones autonomes kurdes et chiites (lire "Vers le partage impérialiste du Moyen-Orient", LI 33).

Dans ces conditions, tout soutient à l'Intifada et toute mobilisation contre la guerre qui approche deviennent de plus en plus intolérables pour l'impérialisme et pour l'application de ses nouveaux projets au Moyen-Orient.

Traila

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