| Une crise a eu lieu en Israël
suite à la démission, le 30 octobre dernier,
des deux ministres travaillistes du
gouvernement d'unité nationale : le titulaire
de la défense, Ben Eliezer, et celui des
affaires extérieures, Shimon Perez.
Consécutivement, Sharon a dû former un
nouveau gouvernement : le général Mofaz
jusqu'à la veille commandant en chef de
l'état major de l'armée israélienne, se voit
alors proposer la défense, tandis que les
affaires extérieures sont proposées à
Netanyahu (l'ancien rival, sur lequel Sharon
l'a emporté lors des primaires du Likoud).
Netanyahu soumet cependant son acceptation à
une condition préalable (entre autres) :
Arafat devra être déporté des territoires
occupés. Sharon les accepte, suite au refus
du Parti d'Unité Nationale de rentrer dans le
gouvernement. Soulignons qu'à la Knesset,
pourtant, c'est le soutien de cette dernière
formation qui permettait au gouvernement de
faire voter ses budgets et de passer outre
les motions de censure présentées par la
gauche.
La rupture du Parti Travailliste est
intervenue, selon une déclaration de Ben
Elizer, "parce que l'argent destiné aux
colons illégaux devrait être utilisé pour les
pauvres" (sic). Il faut préciser que ce
désaccord porte, en fait, sur une somme ne
représentant que 0,1 % du budget national.
Par ailleurs, aucune critique contre le
génocide du peuple palestinien n'a été
formulée par les travaillistes, et pour cause
: ils en ont partagé les responsabilités au
sein du gouvernement. Suite à la victoire de
Mitzna aux primaires, le projet du Parti
Travailliste est la retraite unilatérale
d'Israël des territoires occupés, y compris
par l'évacuation des implantations
"illégales". En réalité, il s'agit là d'une
hypothèse de travail déjà proposée par le
gouvernement, notamment par le biais d'un mur
pour séparer Israël et la Cis-Jordanie, mur
actuellement en cours de construction (voir
encadré).
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Entre-temps, le gouvernement a repris
l'offensive par des attaques brutales sur
Hébron et sur la bande de Gaza et par la
réoccupation de Bethléem. Aussi, le virage du
gouvernement à droite, les arguments fournis
par les attentats au Kenya, la prochaine
victoire escomptée du Likoud aux élections de
février et la conjoncture ouverte par une
guerre annoncée contre l'Irak, constituent
autant d'éléments pouvant renforcer une autre
option que l'impérialisme semble avoir sur
ses tablettes : celle d'une nouvelle
déportation en masse du peuple palestinien.
Ce serait plutôt celle-ci, et non pas la
provocation d'une crise, la véritable raison
qui a poussé le Parti Travailliste à
démissionner du gouvernement : devant une
telle perspective, il aurait préféré se
mettre à l'abri pour pouvoir représenter,
dans quelques années, une alternative
légitime.
Il s'agirait, concrètement, de l'expulsion
des Palestiniens de Cis-Jordanie vers la
Jordanie, et d'une nouvelle étape d'expansion
dans le cadre du projet sioniste du "Grand
Israël". Cette hypothèse est encore
renforcée, d'une part, par le discours de
prise de fonctions de Netanyahu (discours
écartant la création d'un Etat Palestinien
dans les territoires occupés et laissant
entendre que la guerre contre l'Irak
fournirait l'écran de fumée nécessaire à la
déportation d'Arafat) et, d'autre part, par
le fait que la Jordanie a demandé
officiellement à Israël de démentir tout
projet de déportation. Car, en effet, ledit
projet pourrait transplanter le conflit
palestinien à l'intérieur des frontières de
la Jordanie et il pourrait entraîner, en
outre, la restauration de la dynastie
jordanienne (hachémite) en tant que monarchie
d'un futur Irak d'après guerre, avec des
zones autonomes kurdes et chiites (lire "Vers
le partage impérialiste du Moyen-Orient", LI
33).
Dans ces conditions, tout soutient à
l'Intifada et toute mobilisation contre la
guerre qui approche deviennent de plus en
plus intolérables pour l'impérialisme et pour
l'application de ses nouveaux projets au
Moyen-Orient.
Traila
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