| Avec l'imminence d'une
intervention impérialiste en Irak, et sans
creuser plus loin sur les bénéfices que
pourrait tirer Israël d'un "remodelage"
américain du Moyen-Orient, les médias se sont
"inquiétés" de ce que Israël pourrait
profiter de la guerre en Irak pour mener à
bien, en toute impunité, la politique de
transfert, à savoir l'expulsion pure et
simple des Palestiniens hors de leur terre,
de préférence vers la Jordanie. Ce projet de
transfert est lié à la conception sioniste du
Grand Israël qui se traduit par une politique
militaire et coloniale de conquête
territoriale et de nettoyage ethnique. Loin
d'être une solution marginale proposée par
quelques extrémistes, le transfert est bel et
bien l'une des deux voies possibles (l'autre
étant le bantoustan) élaborées par le
sionisme après 1967 pour "résoudre"
définitivement la question des territoires
occupés. Et Sharon ne cache pas qu'il se
donne pour objectif de terminer la guerre de
1948 ! "La guerre d'indépendance n'est pas
terminée. Non. 1948 n'était qu'un chapitre" (
Haaretz magazine, 13 avril 2001).
Ainsi, il y a une certaine hypocrisie à
vouloir faire accroire que ce projet raciste
et colonial serait relancé, ou referait
surface, dans le contexte de la guerre en
Irak, contexte qui laissant les mains libres
à Sharon pour accomplir la triste besogne. La
politique d'expulsion et de privation de
terre avait-elle jamais disparue ? Elle n'a
en tout cas pas attendu les frappes sur
Bagdad pour se mettre en place. Les
transferts ne sont pas une menace mais bien
une réalité. Lors d'une émission télévisée,
Leïla Shaïd, porte parole de l'OLP en France,
répliquait à un journaliste qui lui demandait
si elle craignait d'éventuels transferts à la
faveur de la guerre en Irak, que les
transferts avaient bel et bien déjà
commencé.
La politique d'implantation coloniale, qui
n'a jamais cessé de progresser, s'accompagne
toujours d'’un "nettoyage" des alentours,
repoussant un peu plus loin les limites de
l'état d'Israël, et acculant toujours les
Palestiniens à s'entasser dans des espaces de
plus en plus exiguës, dans des conditions
toujours plus inhumaines. Des villages
entiers sont vidés de leurs habitants ; des
plantations sont arrachées, des cultures
saccagées, des maisons détruites. Si ces
pratiques de destruction ne suffisent pas,
les colons, armés, utilisent la menace et
l'intimidation pour faire fuir les villageois
terrorisés. Hébron, Rafah, les exemples sont
légion. Et dans ces opérations de spoliation,
le bulldozer et le char font bon ménage. Le
gouvernement appuie, organise et protège la
colonisation et le nettoyage de zones
entières contribuant ainsi à créer des
populations d'exilés et de réfugiés.
|
De manière insidieuse mais permanente, loin
des feux des médias (ceux-là mêmes qui
s'inquiètent d'un transfert massif !),
Israël organise progressivement l'expulsion
des Palestiniens de leur terre. Depuis le
déclenchement de la seconde Intifada,
l'occupation militaire quasi totale des
territoires palestiniens, les massacres et la
politique de destruction systématique de
toutes les infrastructures ne font que
faciliter l'exécution du projet.
Il y a quelques semaines, Abdel Hadi
Hantash, un expert des colonies à Hébron et
membre du Comité de Défense de la Terre (Land
Defense Committee), déclarait à propos de la
progression de la colonisation à Hebron :
"Ces actes - accomplis au nom de la
"sécurité" - font partie du plan israélien
pour vider la zone de ses habitants
palestiniens, en repoussant ces derniers vers
des cantons isolés, pour leur permettre de
contrôler toute la zone. Le problème est que
le monde ne prête pas suffisamment
d'attention à ce qui se passe ici ".
Contre la
politique coloniale de l'Etat sioniste, vive
la résistance du peuple Palestinien
!
Pour une seule
Palestine, laïque et socialiste !
Fabrice
|