Privatisation de la sécurité
sociale, remise en cause du droit à la
retraite et à la santé pour tous,
privatisation des services publics, hausse du
chômage qui dépasse largement les 10% de la
population active ; le tout, dans un contexte
de récession économique. Les exigences du
marché, les exigences et les plans du MEDEF,
en haut, face à la résistance de ceux d'en
bas ou, plutôt, de la classe ouvrière, de la
jeunesse et de leurs alliés. L'affrontement
sera donc inévitable
Dans ce contexte, l'expérience acquise
dans les luttes par les jeunes enseignants,
les précaires de l'éducation nationale et les
étudiants contre la décentralisation, les
E.C.T.S et le plan Ferry, dont les décrets
d'applications ont été gelés et non abrogés
(tout comme le décret de "l'aide au logement
des étudiants" qui, prévoit-on, devrait
"dégager" une économie de 90 millions d'euros
par an), risque d'être rapidement digérée.
Nous devons tout faire pour unifier les
luttes qui se mènent contre les attaques du
gouvernement. Nous devons aider tous ceux qui
se mobilisent à lever les obstacles et les
pièges tendus par les bureaucraties
syndicales qui, elles, font tout pour
maintenir la paix sociale au service de
l'ordre établi.
Nous devons expliquer que les syndicats
appartiennent aux travailleurs et qu'ils sont
le premier outil de lutte du mouvement
ouvrier organisé. Car face au rapport de
force imposé par l'appareil d'Etat, le
spontanéisme trouve très vite ses limites.
S'organiser et se réapproprier les syndicats
est donc fondamental pour le mouvement
ouvrier et ses revendications immédiates.
Nous devons expliquer que, dans la défense de
nos statuts et de nos acquis sociaux, nous
avons, tous, les mêmes intérêts et que mener
cette bataille signifie, pour nous, nous
battre aussi pour l'unité de la classe, là où
nous sommes : dans les luttes et dans nos
syndicats.
L'anticapitalisme de façade de certains ne
peut être démasqué que si nous abordons, de
façon claire et franche, l'alternative de
société que nous opposons au capitalisme : le
communisme via la transition du socialisme.
La critique du capitalisme - aussi radicale
soit elle - ne peut se substituer à un projet
de société : cette critique s'inscrit en
vérité dans le cadre du système capitaliste
bourgeois et de ses institutions, puisqu'elle
se détermine par rapport à ce système.
L'expérience malheureuse du mouvement ouvrier
international en Espagne et au Chili prouve
qu'il ne peut y avoir de "révolution
démocratique". Le réformisme, aussi "radical"
soit-il (comme celui du gouvernement Allende
au Chili en 1973) est une impasse pour le
mouvement ouvrier, et un tremplin pour le
fascisme.
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Le PS, le PC, et les bureaucraties
syndicales à leurs bottes, vont tout faire
pour démoraliser, désorganiser les luttes.
Ils n'ont comme seule perspective de société
à offrir, à tous ceux qui luttent contre les
plans du capitalisme mondialisé, que leur
retour aux affaires dans le cadre de
Maastricht-Amsterdam et de la République
S'ils arrivent à canaliser les luttes dans un
cadre institutionnel, démocratique bourgeois,
le mouvement ouvrier serait alors entraîné
dans une impasse, ce qui ouvrirait la voie à
une phase réactionnaire encore plus dure,
plus radicale. Le fascisme nous guetterait
alors réellement. C'est, là, toute l'essence
du mot d'ordre socialisme ou
barbarie. Pour nous, le mouvement
n'est rien en soi, il ne peut aboutir que si
nous lui offrons une perspective concrète.
En effet, le gouvernement
Chirac-Raffarin-Sarkosy plébiscité par le
MEDEF, la gauche plurielle (PS, PC, Verts) et
la LCR (n'ont-ils pas, tous, appelé à voter
au nom de la "démocratie de marché" pour le
gouvernement CRS?) applique, sur tous les
terrains, le programme de l'extrême-droite et
de Le Pen. Si ce gouvernement tient encore,
c'est grâce à la farce "démocratique
bourgeoise" du 21 avril 2001, farce à
laquelle sont liés, corps et âmes, les
bureaucraties syndicales et tous ces
dirigeants, "de gauche" ou
"d'extrême-gauche", qui ont appelé à voter
Chirac, tout attachés qu'ils sont à l'ordre
républicain.
Pour nous, il s'agit donc de réaffirmer un
principe fondamental et fondateur du marxisme
révolutionnaire : le caractère indépendant,
d'un point de vue de classe, de notre
politique. C'est ce qui doit la vertébrer,
surtout après le mouvement de Mai-Juin, qui a
mobilisé davantage que le mouvement de 1995
(aussi bien dans le public que dans le
privé). Et ce, malgré les manœuvres des
bureaucraties syndicales, à commencer par
celles de la CFDT, de la CGT, de la FSU,
suivies par FO et SUD.
Chaque direction, à sa manière, a refusé
de se déterminer par rapport à la défense des
intérêts des travailleurs et des jeunes, au
profit de ses propres intérêts et privilèges
de bureaucrate. En France, le nombre de
structures syndicales n'est pas synonyme
d'augmentation du nombre de syndiqués mais,
plutôt, synonyme de division et de
désyndicalisation. C'est pourquoi, la
bataille pour l'unité des travailleurs sur la
base de leurs revendications, sur la base de
l'indépendance de classe doit aussi se
traduire par la construction d'une Centrale
Unique des Travailleurs (CUT). Mais
celle-ci ne pourra s'édifier que sur les
décombres des anciennes bureaucraties
syndicales et sur la base de la défense
inconditionnelle et acharnée des droits et
des acquis sociaux des travailleurs et de
leurs alliés.
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