Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Edito. - L'Internationaliste n°49
Version imprimable Imprimer
Une rentrée sociale sous haute tension.

Privatisation de la sécurité sociale, remise en cause du droit à la retraite et à la santé pour tous, privatisation des services publics, hausse du chômage qui dépasse largement les 10% de la population active ; le tout, dans un contexte de récession économique. Les exigences du marché, les exigences et les plans du MEDEF, en haut, face à la résistance de ceux d'en bas ou, plutôt, de la classe ouvrière, de la jeunesse et de leurs alliés. L'affrontement sera donc inévitable

Dans ce contexte, l'expérience acquise dans les luttes par les jeunes enseignants, les précaires de l'éducation nationale et les étudiants contre la décentralisation, les E.C.T.S et le plan Ferry, dont les décrets d'applications ont été gelés et non abrogés (tout comme le décret de "l'aide au logement des étudiants" qui, prévoit-on, devrait "dégager" une économie de 90 millions d'euros par an), risque d'être rapidement digérée. Nous devons tout faire pour unifier les luttes qui se mènent contre les attaques du gouvernement. Nous devons aider tous ceux qui se mobilisent à lever les obstacles et les pièges tendus par les bureaucraties syndicales qui, elles, font tout pour maintenir la paix sociale au service de l'ordre établi.

Nous devons expliquer que les syndicats appartiennent aux travailleurs et qu'ils sont le premier outil de lutte du mouvement ouvrier organisé. Car face au rapport de force imposé par l'appareil d'Etat, le spontanéisme trouve très vite ses limites. S'organiser et se réapproprier les syndicats est donc fondamental pour le mouvement ouvrier et ses revendications immédiates. Nous devons expliquer que, dans la défense de nos statuts et de nos acquis sociaux, nous avons, tous, les mêmes intérêts et que mener cette bataille signifie, pour nous, nous battre aussi pour l'unité de la classe, là où nous sommes : dans les luttes et dans nos syndicats.

L'anticapitalisme de façade de certains ne peut être démasqué que si nous abordons, de façon claire et franche, l'alternative de société que nous opposons au capitalisme : le communisme via la transition du socialisme. La critique du capitalisme - aussi radicale soit elle - ne peut se substituer à un projet de société : cette critique s'inscrit en vérité dans le cadre du système capitaliste bourgeois et de ses institutions, puisqu'elle se détermine par rapport à ce système. L'expérience malheureuse du mouvement ouvrier international en Espagne et au Chili prouve qu'il ne peut y avoir de "révolution démocratique". Le réformisme, aussi "radical" soit-il (comme celui du gouvernement Allende au Chili en 1973) est une impasse pour le mouvement ouvrier, et un tremplin pour le fascisme.

Le PS, le PC, et les bureaucraties syndicales à leurs bottes, vont tout faire pour démoraliser, désorganiser les luttes. Ils n'ont comme seule perspective de société à offrir, à tous ceux qui luttent contre les plans du capitalisme mondialisé, que leur retour aux affaires dans le cadre de Maastricht-Amsterdam et de la République S'ils arrivent à canaliser les luttes dans un cadre institutionnel, démocratique bourgeois, le mouvement ouvrier serait alors entraîné dans une impasse, ce qui ouvrirait la voie à une phase réactionnaire encore plus dure, plus radicale. Le fascisme nous guetterait alors réellement. C'est, là, toute l'essence du mot d'ordre socialisme ou barbarie. Pour nous, le mouvement n'est rien en soi, il ne peut aboutir que si nous lui offrons une perspective concrète.

En effet, le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkosy plébiscité par le MEDEF, la gauche plurielle (PS, PC, Verts) et la LCR (n'ont-ils pas, tous, appelé à voter au nom de la "démocratie de marché" pour le gouvernement CRS?) applique, sur tous les terrains, le programme de l'extrême-droite et de Le Pen. Si ce gouvernement tient encore, c'est grâce à la farce "démocratique bourgeoise" du 21 avril 2001, farce à laquelle sont liés, corps et âmes, les bureaucraties syndicales et tous ces dirigeants, "de gauche" ou "d'extrême-gauche", qui ont appelé à voter Chirac, tout attachés qu'ils sont à l'ordre républicain.

Pour nous, il s'agit donc de réaffirmer un principe fondamental et fondateur du marxisme révolutionnaire : le caractère indépendant, d'un point de vue de classe, de notre politique. C'est ce qui doit la vertébrer, surtout après le mouvement de Mai-Juin, qui a mobilisé davantage que le mouvement de 1995 (aussi bien dans le public que dans le privé). Et ce, malgré les manœuvres des bureaucraties syndicales, à commencer par celles de la CFDT, de la CGT, de la FSU, suivies par FO et SUD.

Chaque direction, à sa manière, a refusé de se déterminer par rapport à la défense des intérêts des travailleurs et des jeunes, au profit de ses propres intérêts et privilèges de bureaucrate. En France, le nombre de structures syndicales n'est pas synonyme d'augmentation du nombre de syndiqués mais, plutôt, synonyme de division et de désyndicalisation. C'est pourquoi, la bataille pour l'unité des travailleurs sur la base de leurs revendications, sur la base de l'indépendance de classe doit aussi se traduire par la construction d'une Centrale Unique des Travailleurs (CUT). Mais celle-ci ne pourra s'édifier que sur les décombres des anciennes bureaucraties syndicales et sur la base de la défense inconditionnelle et acharnée des droits et des acquis sociaux des travailleurs et de leurs alliés.

Début