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Texte paru dans l'Internationaliste n°51
Pseudo puce Retour au dossier En défense du marxisme
Annexes sur la religion : Marx, Engels, Lénine, Trotsky
K. Marx

"La détresse religieuse est, pour une part, l'expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple.

L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est une exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu'il renonce aux illusions sur sa situation c'est exiger qu'il renonce à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée des larmes dont la religion est l'auréole.

La critique a dépouillé les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l'homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu'il rejette ces chaînes et cueille les fleurs vivantes. La critique de la religion détruit les illusions de l'homme pour qu'il pense , agisse, façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l'âge de raison, pour qu'il gravite autour de lui-même, c'est-à-dire de son soleil réel. La religion n'est que le soleil illusoire qui gravite autour de l'homme tant que l'homme ne gravite pas autour de lui-même."

(K. Marx, intro. de la Critique de la philosophie de Hegel - 1843-44 in Karl Marx & Friedrich Engels, Sur la religion, Editions sociales, Paris 1972, p. 42.).

En ligne : Contribution à la critique de la philosophie de droit de Hegel.

Engels

"5. Séparation complète de l'Eglise et de l'Etat. Toutes les communautés religieuses sans exception seront traitées par l'Etat comme des sociétés privées. Elles perdent toute subvention provenant des deniers publics et toute influence sur les écoles publiques. (On ne peut tout de même pas leur défendre de fonder, par leurs propres moyens, des écoles, qui leur appartienne en propre, et d'y enseigner leurs bêtises  !) 6. "Laïcité de l'école" tombe alors, sa place est dans le paragraphe précédent."

(F. Engels, 21 juin 1891, Critique du Programme d'Erfurt, Editions sociales, Paris 1972, p.106).

En ligne : Critique du Programme d'Erfurt

Lénine

Il serait trop long de reproduire intégralement ici (il le mériterait) le texte "Socialisme et religion" du 3 décembre 1905. (Oeuvres complètes, Tome 10, Editions sociales Paris, Editions du Progrès Moscou, 1977, p.80 à 85).

En ligne : Socialisme et religion

Et puis...

""La religion est l'opium du peuple.". Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toutes sortes existants actuellement comme des organes de la réaction bourgeoise, servant à intoxiquer la classe ouvrière.

Et, cependant, Engels a condamné maintes fois les tentatives de ceux qui, désireux de se montrer "plus à gauche" ou "plus révolutionnaires" que les sociaux-démocrates, voulaient introduire dans le programme du parti ouvrier la franche reconnaissance de l'athéisme en lui donnant le sens d'une déclaration de guerre à la religion."

(V. I. Lénine De l'attitude du parti ouvrier à l'égard de la religion. 13 (26) mai 1909. In Lénine, Oeuvres complètes, Tome 15, Editions sociales Paris, Editions du Progrès Moscou, 1977, p.433).


"On s'est mis à interpréter les principes du programme d'Erfurt en ce sens que nous, social-démocrates, que notre parti considère la religion comme une affaire privée, que pour nous en tant que parti, la religion est une affaire privée. Sans engager une polémique ouverte contre ce point de vue opportuniste, Engels a jugé nécessaire, après 1890, de s'élever contre lui, non sous sa forme polémique, mais sous une forme positive. En effet, Engels, l'a fait sous la forme d'une déclaration (...) disant que la social-démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l'Etat, mais non envers elle-même, non envers les marxisme, non envers le parti ouvrier.".

(V. I. Lénine De l'attitude du parti ouvrier à l'égard de la religion. 13 (26) mai 1909. In Lénine, Oeuvres complètes, Tome 15, Editions sociales Paris, Editions du Progrès Moscou, 1977, p.434)

"Le marxiste doit être un matérialiste, c'est-à-dire un ennemi de la religion, mais un matérialiste dialectique, c'est-à-dire envisageant la lutte contre la religion, non pas de façon spéculative, non pas sur le terrain abstrait et purement théorique d'une propagande toujours égale à elle-même mais de façon concrète, sur le terrain de la lutte des classes réellement en cours, qui éduque les masses plus que tout et mieux que tout. Le marxiste doit savoir tenir compte de l'ensemble de la situation concrète  ; il doit savoir toujours trouver le point d'équilibre entre l'anarchisme et l'opportunisme (cet équilibre est relatif, souple, variable, mais il existe), ne tomber ni dans le "révolutionnarisme" abstrait, verbal et pratiquement vide de l'anarchisme, ni dans le philinistinisme et l'opportunisme du petit bourgeois ou de l'intellectuel libéral, qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s'accomode de la foi en Dieu, s'inspire non pas des intérêts de la lutte des classes, mais d'un mesquin et misérable petit calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d'une maxime sage entre toutes  : "Vivre et laisser vivre les autres", etc."

(V. I. Lénine De l'attitude du parti ouvrier à l'égard de la religion. 13 (26) mai 1909. In Lénine, Oeuvres complètes, Tome 15, Editions sociales Paris, Editions du Progrès Moscou, 1977, p.438).


A propos de la France et de l'Allemagne  : "L'anticléricalisme bourgeois, comme moyen de détourner l'attention des masses ouvrières du socialisme, voila ce qui, en Occident, a précédé la diffusion parmi les social-démocrates, de leur actuelle "indifférence" envers la lutte contre la religion. Là encore cela se conçoit et c'est légitime, car à l'anticléricalisme bourgeois et bismarkien, les sociaux-démocrates devaient opposer la subordination de la lutte contre la religion à la lutte pour le socialisme.

(V. I. Lénine De l'attitude du parti ouvrier à l'égard de la religion. 13 (26) mai 1909. In Lénine, Oeuvres complètes, Tome 15, Editions sociales Paris, Editions du Progrès Moscou, 1977, p.442).

En ligne : De l'attitude du parti ouvrier à l'égard de la religion

Trotsky

Contexte : J. Burnham, un des responsables du courant petit bourgeois du SWP des USA ayant comparé le matérialisme dialectique à une religion, Léon Trotsky lui répond dans une lettre ouverte et aborde nécessairement la question de la religion :

"Ou peut-être voulez-vous dire que la religion n'a aucune importance politique  ? Qu'il serait possible d'être en même temps un homme religieux et un communiste conséquent, un combattant révolutionnaire  ? Il est peu probable que vous vous risquiez à proférer une pareille affirmation. Evidemment nous nous comportons avec prudence vis-à-vis des préjugés religieux d'un travailleur arriéré. S'il désire combattre pour notre programme nous l'acceptons comme membre du parti. Mais en même temps notre parti l'éduquera avec persistance dans l'esprit du matérialisme et de l'athéisme. (...) Dans la bourgeoisie instruite il y a pas mal de gens qui ont rompu individuellement avec la religion, mais ils gardent leur athéisme exclusivement pour leur consommation personnelle. Ils pensent en leur for intérieur et disent souvent en public qu'il est utile au peuple d'avoir une religion."

(Léon Trotsky. Lettre ouverte à Burnham. 7 janvier 1940. In Défense du marxisme, EDI, Paris 1976, p. 163)

En ligne : Lettre ouverte à Burnham

"La discussion a révélé indiscutablement à l'intérieur du Parti un heurt entre une tendance petite-bourgeoise et une tendance prolétarienne. La tendance petite-bourgeoise démontre son désarroi en tentant de réduire le programme du parti à la petite monnaie des "problèmes concrets". La tendance prolétarienne s'efforce, au contraire, de ramener toutes les questions partielles à une unité théorique. Le problème pour le moment n'est pas de savoir dans quelle mesure tel ou tel membre de la majorité (du SWP, NdR) applique consciemment la méthode dialectique. Ce qui est important c'est que la majorité dans son ensemble s'efforce de poser les questions de façon prolétarienne et, en raison de cela, tende à assimiler la dialectique qui est "l'algèbre de la révolution". Les opposants, m'a-t-on dit, saluent par des éclats de rire la mention même du mot "dialectique". Ils ont bien tort. Ce procédé indigne ne servira à rien. La dialectique du processus historique a plus d'une fois déjà cruellement puni ceux qui tentaient de s'en moquer."

(Léon Trotsky. D'une égratignure au danger de gangrène. 24 janvier 1940. In Défense du marxisme, EDI, Paris 1976, p. 192)

En ligne : D'une égratignure au danger de gangrène

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