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Texte paru dans l'Internationaliste n°51
Pseudo puce Retour au dossier En défense du Marxisme
Avant propos en défense du marxisme

Dès 1936, L. Trotsky avait envisagé l'avenir de l'URSS par l'alternative suivante  : ou bien la classe ouvrière serait capable de renverser la bureaucratie stalinienne, de mener la révolution politique à la victoire en se ré appropriant les soviets et l'ensemble du contrôle de l'URSS, ou bien la bureaucratie stalinienne serait le principal agent de la restauration capitaliste.

En 1989, le mouvement de la classe met à bas l'appareil stalinien, mais faute d'une internationale révolutionnaire, faute d'un parti bolchevik, la bureaucratie stalinienne, alliée à la bourgeoisie, a pu marcher ouvertement vers la restauration capitaliste.

En raison du poids du stalinisme dans le mouvement ouvrier jusqu'alors, la chute du mur de Berlin, l'effondrement du stalinisme, ont créé une réelle désorientation chez bien des travailleurs. Désorientation que la classe, par son mouvement pratique, commence aujourd'hui à surmonter, elle qui saisit de façon plus claire que jamais que les enjeux sont internationaux et que son avenir se joue à cette échelle-là.

Ce qui est beaucoup plus grave, c'est que la fin du stalinisme a amené nombre de militants à considérer que le marxisme était à remiser au rayon des accessoires obsolètes de l'histoire. Ils ont jeté le bébé (les acquis du marxisme et de plus de 150 ans de luttes du mouvement ouvrier) avec l'eau sale du bain (le stalinisme). Dès lors il est "naturel" que les vieux problèmes que l'on croyait réglés refassent surface. Il est "naturel" aussi que, la IVème Internationale restant à reconstruire, le mouvement communiste fasse en quelque sorte une rechute de sa maladie infantile.

De ce point de vue, le terrain a été préparé de longue date par les "théories" du "capitalisme d'Etat" ou de la "double nature" de la bureaucratie stalinienne. Théories qui, dans la pratique, se sont traduit par des tentatives aussi multiples que désespérées pour trouver des raccourcis et des substituts à la construction du parti révolutionnaire. D'où cette recherche fébrile de "nouvelles" avant-gardes, larges de surcroît, ou de "nouvelles" formes d'organisation permettant de dépasser les "vieux" syndicats et les "vieux" partis.

C'est à l'occasion de ces recherches "novatrices" qu'a été remis "au goût du jour" une vieille tendance de ce qu'il faut bien appeler par son nom  : le centrisme petit-bourgeois, une variété de centrisme qui évolue, le plus souvent, vers la réaction. Désormais, faut-il organiser des mobilisations "radicales", éventuellement anticapitalistes, sûrement altermondialistes Mais pour le socialisme  ? Surtout pas  !

Cette Internationale I 1/2, entre anarchisme et réformisme, entend transformer le monde, mais sans avoir à prendre le pouvoir. D'après elle, il ne faut surtout pas renverser la bourgeoisie car, telle une malédiction divine, le stalinisme ferait inévitablement son retour. D'ailleurs, "Lénine ne serait-il pas le père politique du stalinisme  ?", se demande-t-elle, en concluant aussitôt que oui...

A ces conditions sine qua non, ne pas s'organiser en parti et ne pas conquérir le pouvoir, tout peut être bon  : démolir la sécurité sociale ou l'école  ? Il suffit de ressortir les vieilles élucubrations libertaires sur ces questions ! Et qu'importe si ces élucubrations correspondent aux objectifs libéraux et ultralibéraux. Bref, on peut faire la révolution, à condition de ne pas la faire réellement.

Spontanéistes et "anti-orgas" sont donc de retour. Chantres de l'interdiction d'interdire et de la liberté d'être, au choix, libre ou asservi, c'est selon. Ils font table rase du passé... celui de la classe ouvrière, de ses combats, de ses acquis théoriques, de ses conquêtes pratiques. La liberté d'expression doit être totale à condition que leurs propres contradicteurs soient condamnés au silence, quitte à recourir à l'intimidation.

Le vigoureux gauchisme d'outre-Atlantique est appelé à la rescousse. Celui qui s'appuyant sur l'empirisme et le pragmatisme a, pour son malheur, produit des gens comme N. Podhoretz ou I. Kristol (le père de W. Kristol). Ces militants ont apporté dans les années 60 et 70 leur caution "de gauche" au mouvement néo-conservateur US, marchant sur les traces d'un J. Burnham. Lequel Burnham, faut-il le rappeler, parti en 1940 de l'opposition petite-bourgeoise au sein du SWP des Etats-Unis, finira décoré de la médaille du Président des Etats-Unis, en 1982, de la main même de Ronald Reagan  !

Enfin, "fin du fin", Lénine et Trotsky sont appelés à la barre pour témoigner contre Lénine et Trotsky. Rien que cela  ! Cette révision du marxisme tend à envahir tous les terrains et se mue "naturellement" en une volonté de démanteler tout l'acquis du matérialisme dans les sciences humaines et de la nature.

Cette révision est une nouvelle illustration de ce que l'alternative "socialisme ou barbarie" posée par le Programme de transition, ne souffre pas de troisième voie. Ou bien la révolution socialiste avance, ou alors le monde, l'humanité dans son ensemble, recule. La révolte peut produire la révolution, si un parti révolutionnaire lui permet de vaincre. Sinon, la révolte débouche sur la contre-révolution.

Venant s'ajouter au questionnement de la classe ouvrière suite à la grève de mai-juin 2003, la question de la laïcité de l'école et de l'Etat revient au premier plan du débat dans ce pays, sur la base d'une provocation organisée par la bourgeoisie.

Sur ces deux plans, le positionnement de militants se réclamant -  de plus en plus discrètement  - du mouvement ouvrier révèle, du même coup, l'ampleur du "désarmement" théorique qui s'est opéré depuis 1989. La "gauche" dans son ensemble et "l'extrême-gauche" se seraient-elles ralliées aux thèses de "l'horizon indépassable du capitalisme", de la démocratie bourgeoise désormais "définitivement établie"  ? Seraient-elles incapables de voir s'avancer la réaction qui, pour mieux se faufiler, prend pour nom "démocratie" ou "liberté"  ?

L'article qui suit, intitulé "Loi interdisant les signes religieux ostensibles : Quelle est la main qui se saisira de cette loi  ?" est le premier d'une série qui prétendent apporter une modeste contribution au débat nécessaire pour redonner au mouvement ouvrier sa boussole, la méthode de Marx, Engels, Lénine et Trotsky, en lieu et place d'un catalogue de leurs citations dépourvu, le plus souvent, de tout contexte historique.

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