En novembre de l'année
dernière, pendant le Forum Social Brésilien,
suite aux débats, aux séminaires et aux
plénières qui ont eu lieu dans tous le pays,
le Mouvement pour un Nouveau Parti Socialiste
a été lancé dans notre pays.
Cette initiative partait de l'analyse
qu'un nouveau parti, regroupant la gauche
socialiste et se constituant comme un
instrument de lutte pour la transformation
socialiste de notre pays, est une nécessité.
Cette analyse est due tant à la dégénération
du PT, qu'à la recomposition politique
ouverte, depuis l'arrivée de Lula au poste de
président de la république.
Ce Mouvement regroupe divers secteurs
organisés de la gauche socialiste brésilienne
et plusieurs militants des mouvements sociaux
qui, à partir de diverses trajectoires et
positionnements politiques, ont décidé d'unir
leurs efforts pour construire cette
alternative.
C'est une initiative unitaire, sans
discrimination, parce que nous considérons
que l'unité de la gauche socialiste est la
seule manière de rallumer la flamme de la
lutte de milliers de brésiliens touchés par
la capitulation du PT. Une nouvelle division
sera une nouvelle source de démotivation et
de scepticisme.
Ainsi, de même que nous saluons la
décision des parlementaires "radicaux", de
l'ex-député Milton Temer et d'intellectuels
comme Carlos Nelson Coutinho, de se lancer
dans la construction d'un nouveau parti de
gauche dans notre pays, nous sommes obligés
de mentionner une profonde inquiétude par
rapport à ce qui s'est passé le 19 de
janvier. Ce jour-là, ces camarades ont
réalisé une réunion avec d'autres secteurs
politiques, de laquelle ils ont exclu
délibérément et expressément d'autres
groupements de gauche qui composent notre
Mouvement.
Après cette évènement, les dirigeants du
PSTU (parti également exclu de la réunion)
ont été informé que le fonctionnement du
Nouveau Parti était déjà défini. Comme le PT,
il fonctionnerait sur la base de tendances
permanentes. Selon les mots de la sénatrice
Heloísa et de l'ex-député Temer, ce principe
est une "clause fondamentale", qui n’est pas
sujette à discussion et qui n'est pas
susceptible de modification, même dans
l'avenir. De plus, certains points
programmatiques sont également déjà
définis.
Les erreurs qui concernent
le
projet de Nouveau Parti
Trois erreurs de base ont été commises et
doivent être corrigées.
En premier lieu et c'est pour nous le
point le plus important, ces camarades ont
méprisé le fait que avec toutes les forces
des différents secteurs de la gauche
socialiste additionnés, nous sommes peu
nombreux pour construire un parti à la
hauteur des exigences immédiates et
historiques de notre classe. Exclure des
secteurs de la gauche révolutionnaire qui
veulent participer à cette initiative est
donc injustifiable. Les camarades
revendiquent le "PT des origines" des années
80, mais semblent oublier que même le PT n'a
pas exclu des secteurs politiques qui
voulaient y participer.
La seconde erreur est de décider dans une
réunion de 30 personnes du fonctionnement du
parti et de présenter cette décision comme
préalable indiscutable.
La troisième erreur, à travers une
initiative irrespectueuse et divisionniste, a
été de feindre de ne pas reconnaître qu'un
processus de débats était déjà ouvert, depuis
la milieu de l'année dernière.
Nous pensons que le Nouveau Parti ne doit
pas être un nouveau PT. Il doit être quelque
chose de supérieur, capable d'éviter la
répétition des erreurs qui ont mené au
gouvernement Lula et à son alliance
néo-libérale.
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En ce sens, nous pensons à un programme qui
ne soit pas un programme fait pour une
alliance avec les libéraux ; nous pensons à
un fonctionnement qui ne repose pas sur les
tendances internes, et qui ne subordonne pas
la démocratie au pluralisme; nous pensons à
des tactiques qui ne se limitent pas aux
élections ou qui n'en font pas un objectif
principal ; nous pensons à une stratégie qui
ne se limite pas uniquement à l’affrontement
avec le néo-libéralisme. Nous pensons à une
lutte anticapitaliste qui avance
effectivement vers le socialisme.
Il est important de remarquer que le
document émanant de la réunion du 19 janvier
ne se réfère pas à la question stratégique.
Le document fait allusion au socialisme, mais
n'avance pas au-delà de l'anti-libéralisme.
Il ne critique pas le gouvernement Lula en
tant que gouvernement d'alliance avec les
partis bourgeois et il ne défend pas
l'alternative que constitue un gouvernement
des travailleurs, principe présent dans la
première charte du PT.
De plus, un parti qui ne se définit pas
comme un instrument révolutionnaire, pour la
lutte et pour la destruction du régime et de
l'Etat bourgeois, finit par restreindre
l'horizon de son action aux limites de la
société capitaliste et de ses institutions
"démocratique-bourgeoises". Dans ce cadre, la
seule "sortie" possible sont les élections et
la lutte pour le socialisme ne sera rien de
plus qu'un voeu pieu.
Mais la position des camarades, comme la
notre ou encore d'autres positions, sont
légitimes et doivent être débattues.
C'est pourquoi, ceux qui proposent une
centralisation politique du Nouveau Parti,
dans lequel la démocratie prédomine, ne le
proposent pas dans l'immédiat.
Au contraire, nous avons tous réaffirmé
que le Mouvement pour un Nouveau Parti doit
fonctionner sans centralisation politique.
Justement car cette centralisation ne sera
possible que comme étant le fruit du débat
entre toutes les opinions, pour établir un
programme commun à partir d'une intervention
commune dans les luttes.
Ni veto, ni préalables.
Unité !
La seule manière mûre et démocratique de
dépasser ces différences et de construire une
base politique commune, supérieure à chacune
des opinions isolées, c'est de réaliser un
débat de fond, large et démocratique, avec la
participation de tous – comme nous l'avons
fait et comme nous continuerons à la faire.
Cela vaut pour le programme, pour la
conception, pour la stratégie, pour le
fonctionnement du parti etc. C'est le défi,
la tâche et la responsabilité de tous les
secteurs de la gauche socialiste en ce
moment.
Il n'y a pas de monopole de construction
d'un Nouveau Parti. Tous peuvent et doivent y
participer. C'est pourquoi nous ne sommes pas
d'accord pour exclure quelque secteur de la
gauche socialiste que ce soit, qui veut
participer à ce processus.
La construction de cette unité est une
obligation pour tous les secteurs de la
gauche et nous y participerons activement.
Nous voulons participer aux discussions,
visant à la construction du nouveau parti, et
nous défendons le fait que ces discussions
soient ouvertes à tous les militants, de même
que nous considérons que les décisions qui
doivent être prises dans ce processus,
doivent l'être avec la participation
effective de la base.
En ce sens, nous invitons tous les
camarades, en particulier ceux qui étaient à
la réunion du 19 janvier, aux plénières du
Mouvement pour le Nouveau Parti, qui seront
réalisées dans tout le pays. Nous établirons
un calendrier et une série de débats,
exactement sur les bases du Nouveau Parti, en
définissant un agenda de luttes sociales et
politiques et en lançant la revue du Nouveau
Parti, en débat - ouvert à toutes les
opinions de la gauche socialiste.
São Paulo, 23
janvier 2004
Mouvement pour
un Nouveau Parti Socialiste -– MNPS
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