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Texte publié dans l'Internationaliste n°51

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Lettre ouverte

Il faut un Mouvement unitaire pour un Nouveau Parti

En novembre de l'année dernière, pendant le Forum Social Brésilien, suite aux débats, aux séminaires et aux plénières qui ont eu lieu dans tous le pays, le Mouvement pour un Nouveau Parti Socialiste a été lancé dans notre pays.

Cette initiative partait de l'analyse qu'un nouveau parti, regroupant la gauche socialiste et se constituant comme un instrument de lutte pour la transformation socialiste de notre pays, est une nécessité. Cette analyse est due tant à la dégénération du PT, qu'à la recomposition politique ouverte, depuis l'arrivée de Lula au poste de président de la république.

Ce Mouvement regroupe divers secteurs organisés de la gauche socialiste brésilienne et plusieurs militants des mouvements sociaux qui, à partir de diverses trajectoires et positionnements politiques, ont décidé d'unir leurs efforts pour construire cette alternative.

C'est une initiative unitaire, sans discrimination, parce que nous considérons que l'unité de la gauche socialiste est la seule manière de rallumer la flamme de la lutte de milliers de brésiliens touchés par la capitulation du PT. Une nouvelle division sera une nouvelle source de démotivation et de scepticisme.

Ainsi, de même que nous saluons la décision des parlementaires "radicaux", de l'ex-député Milton Temer et d'intellectuels comme Carlos Nelson Coutinho, de se lancer dans la construction d'un nouveau parti de gauche dans notre pays, nous sommes obligés de mentionner une profonde inquiétude par rapport à ce qui s'est passé le 19 de janvier. Ce jour-là, ces camarades ont réalisé une réunion avec d'autres secteurs politiques, de laquelle ils ont exclu délibérément et expressément d'autres groupements de gauche qui composent notre Mouvement.

Après cette évènement, les dirigeants du PSTU (parti également exclu de la réunion) ont été informé que le fonctionnement du Nouveau Parti était déjà défini. Comme le PT, il fonctionnerait sur la base de tendances permanentes. Selon les mots de la sénatrice Heloísa et de l'ex-député Temer, ce principe est une "clause fondamentale", qui n’est pas sujette à discussion et qui n'est pas susceptible de modification, même dans l'avenir. De plus, certains points programmatiques sont également déjà définis.

Les erreurs qui concernent le
projet de Nouveau Parti

Trois erreurs de base ont été commises et doivent être corrigées.

En premier lieu et c'est pour nous le point le plus important, ces camarades ont méprisé le fait que avec toutes les forces des différents secteurs de la gauche socialiste additionnés, nous sommes peu nombreux pour construire un parti à la hauteur des exigences immédiates et historiques de notre classe. Exclure des secteurs de la gauche révolutionnaire qui veulent participer à cette initiative est donc injustifiable. Les camarades revendiquent le "PT des origines" des années 80, mais semblent oublier que même le PT n'a pas exclu des secteurs politiques qui voulaient y participer.

La seconde erreur est de décider dans une réunion de 30 personnes du fonctionnement du parti et de présenter cette décision comme préalable indiscutable.

La troisième erreur, à travers une initiative irrespectueuse et divisionniste, a été de feindre de ne pas reconnaître qu'un processus de débats était déjà ouvert, depuis la milieu de l'année dernière.

Nous pensons que le Nouveau Parti ne doit pas être un nouveau PT. Il doit être quelque chose de supérieur, capable d'éviter la répétition des erreurs qui ont mené au gouvernement Lula et à son alliance néo-libérale.

En ce sens, nous pensons à un programme qui ne soit pas un programme fait pour une alliance avec les libéraux ; nous pensons à un fonctionnement qui ne repose pas sur les tendances internes, et qui ne subordonne pas la démocratie au pluralisme; nous pensons à des tactiques qui ne se limitent pas aux élections ou qui n'en font pas un objectif principal ; nous pensons à une stratégie qui ne se limite pas uniquement à l’affrontement avec le néo-libéralisme. Nous pensons à une lutte anticapitaliste qui avance effectivement vers le socialisme.

Il est important de remarquer que le document émanant de la réunion du 19 janvier ne se réfère pas à la question stratégique. Le document fait allusion au socialisme, mais n'avance pas au-delà de l'anti-libéralisme. Il ne critique pas le gouvernement Lula en tant que gouvernement d'alliance avec les partis bourgeois et il ne défend pas l'alternative que constitue un gouvernement des travailleurs, principe présent dans la première charte du PT.

De plus, un parti qui ne se définit pas comme un instrument révolutionnaire, pour la lutte et pour la destruction du régime et de l'Etat bourgeois, finit par restreindre l'horizon de son action aux limites de la société capitaliste et de ses institutions "démocratique-bourgeoises". Dans ce cadre, la seule "sortie" possible sont les élections et la lutte pour le socialisme ne sera rien de plus qu'un voeu pieu.

Mais la position des camarades, comme la notre ou encore d'autres positions, sont légitimes et doivent être débattues.

C'est pourquoi, ceux qui proposent une centralisation politique du Nouveau Parti, dans lequel la démocratie prédomine, ne le proposent pas dans l'immédiat.

Au contraire, nous avons tous réaffirmé que le Mouvement pour un Nouveau Parti doit fonctionner sans centralisation politique. Justement car cette centralisation ne sera possible que comme étant le fruit du débat entre toutes les opinions, pour établir un programme commun à partir d'une intervention commune dans les luttes.

Ni veto, ni préalables. Unité !

La seule manière mûre et démocratique de dépasser ces différences et de construire une base politique commune, supérieure à chacune des opinions isolées, c'est de réaliser un débat de fond, large et démocratique, avec la participation de tous – comme nous l'avons fait et comme nous continuerons à la faire. Cela vaut pour le programme, pour la conception, pour la stratégie, pour le fonctionnement du parti etc. C'est le défi, la tâche et la responsabilité de tous les secteurs de la gauche socialiste en ce moment.

Il n'y a pas de monopole de construction d'un Nouveau Parti. Tous peuvent et doivent y participer. C'est pourquoi nous ne sommes pas d'accord pour exclure quelque secteur de la gauche socialiste que ce soit, qui veut participer à ce processus.

La construction de cette unité est une obligation pour tous les secteurs de la gauche et nous y participerons activement. Nous voulons participer aux discussions, visant à la construction du nouveau parti, et nous défendons le fait que ces discussions soient ouvertes à tous les militants, de même que nous considérons que les décisions qui doivent être prises dans ce processus, doivent l'être avec la participation effective de la base.

En ce sens, nous invitons tous les camarades, en particulier ceux qui étaient à la réunion du 19 janvier, aux plénières du Mouvement pour le Nouveau Parti, qui seront réalisées dans tout le pays. Nous établirons un calendrier et une série de débats, exactement sur les bases du Nouveau Parti, en définissant un agenda de luttes sociales et politiques et en lançant la revue du Nouveau Parti, en débat - ouvert à toutes les opinions de la gauche socialiste.

São Paulo, 23 janvier 2004

Mouvement pour un Nouveau Parti Socialiste -– MNPS

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