| Le PSTU a été la première
organisation à proposer depuis déjà un
certain temps — la formation d'un Mouvement
pour un Nouveau Parti, qui regroupe toute la
gauche socialiste et tous les militants des
mouvements sociaux, pour que ensemble, nous
puissions construire une alternative au PT.
Un instrument politique pour organiser les
luttes des travailleurs, avec l'objectif
d'une réelle transformation sociale du pays.
C'est pourquoi nous saluons l'initiative des
"parlementaires radicaux" pour construire un
Nouveau Parti.
En revanche, nous sommes extrêmement
inquiets de ce qui s'est passé le 19 janvier,
lorsque les députés "radicaux", la sénatrice
Heloísa Helena, l'ex-député Milton Temer et
l'intellectuel Carlos Nelson Coutinho ont
réalisé une réunion avec d'autres secteurs
politiques, de laquelle le PSTU et d'autres
groupes de gauche ont été exclus.
Nous sommes encore plus inquiets depuis la
réunion réalisée juste après cet événement,
entre la sénatrice Heloísa et l'ex-député
Milton Temer et les membres de la direction
du PSTU. Nous avons alors été informés que la
réunion de l'après-midi avait déjà défini le
fonctionnement du Nouveau Parti, et que,
comme le PT, il fonctionnerait avec des
tendances permanentes et que ce principe —
selon les mots de la sénatrice et de
l'ex-député — était une préalable
indiscutable. Par conséquent ce principe de
fonctionnement n'est pas sujet à discussion
et n'est pas susceptible d'être modifié, même
dans par l'avenir.
Les erreurs concernant le
projet de
Nouveau Parti.
Selon nous, les camarades ont commis deux
graves erreurs, qui ne touchent pas seulement
le PSTU ou les secteurs politiques exclus.
Elles concernent et affaiblissent
fondamentalement les efforts de milliers de
militants socialistes qui, face à la trahison
du PT, ont besoin d’un Nouveau Parti et
veulent le construire.
Le premier point est qu'avec toutes les
forces des différents secteurs de la gauche
socialiste additionnés, nous sommes peu
nombreux pour construire un parti à la
hauteur des exigences immédiates et
historiques de notre classe. Exclure des
secteurs de la gauche révolutionnaire qui
veulent participer au processus est donc
injustifiable. D'autant plus que les secteurs
exclus n'imposent pas, et n'ont jamais
imposé, de conditions préalables pour faire
partie de la construction de cette
alternative.
La seconde erreur est de décider dans une
réunion de 30 personnes du fonctionnement du
parti et de poser cette décision comme un
préalable indiscutable : les dites tendances
permanentes, semblables au fonctionnement du
PT. Les camarades revendiquent le "PT des
origines" des années 80, mais semblent
oublier qu'à cette époque même le PT n'a pas
exclu des secteurs politiques qui voulaient y
participer.
Nous pensons que le Nouveau Parti ne doit
pas être un nouveau PT et nous ne sommes pas
d'accord avec la position des camarades sur
le fonctionnement du parti. L'argument selon
lequel ce fonctionnement garantit le liberté
et la démocratie n'est pas raisonnable. En
effet, ce n'est pas ce que l'expérience du PT
a montré. Le PT fonctionne sur la base de
tendances permanentes. Quelle démocratie y
a-t-il au sein du PT? La seule liberté qui
existe est celle des dirigeants, des
parlementaires et des figures publiques qui
font ce qu'ils veulent, alors que la base est
sollicitée pour faire campagne électorale
tous les deux ans.
Un parti orienté vers les
luttes a besoin d’une centralisation
politique.
Mais la position des camarades est
légitime et doit être débattue. Le PSTU ne
propose pas non plus une centralisation
politique dans l’immédiat. Au contraire, le
Mouvement doit fonctionner sans
centralisation politique, justement car cette
centralisation ne sera possible que comme
étant le fruit du débat entre toutes les
opinions, pour construire un programme commun
à partir d'une intervention commune dans les
luttes.
Le plus grave dans ce cas, est que 30
personnes jugent avoir le droit de décider
comment va fonctionner un Nouveau Parti, qui
n'existera que si des milliers de militants à
travers tout le pays sont disposés à
travailler et à lutter pour sa construction.
Comment cela est-il possible? D'un côté, une
trentaine décide et de l'autre côté des
milliers de militants exécutent? Sans même
qu'ils ne puissent donner leur opinion? Or,
le fonctionnement n'est pas une question sans
importance. Il définit, par exemple, comment
les décisions seront prises. Est-ce ainsi que
cela va se passer? La direction va décider et
la base va exécuter?
Quel parti voulons-nous,
pour quelle stratégie?
C'est la réelle question de fond et la
plus importante à débattre, car construire un
parti est une chose sérieuse. Nous devons
définir clairement quel est l'objectif de ce
parti et quelle stratégie nous devrons
adopter pour atteindre ce but. C'est en
partant de là que nous devons discuter du
fonctionnement.
Nous considérons que face à la barbarie
capitaliste et la trahison du PT, le Nouveau
Parti doit établir clairement dans son
programme, l'objectif de réaliser une
transformation socialiste dans notre pays et
de construire une nouvelle société à partir
de la destruction du système capitaliste.
Nous considérons que la défense du socialisme
ne peut pas être réduite aux discours
prononcés les jours de fêtes. Le parti doit
montrer clairement qu'il ne sera possible
d'atteindre cet objectif que par une rupture
avec le régime de domination de la
bourgeoisie, et donc avec les institutions de
l'Etat qui existent.
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Evidemment cela ne se passera pas par la
voie électorale, en respectant les règles du
régime "démocratique-bourgeois", grâce
auquelles la bourgeoisie exerce son pouvoir;
cela ne passera pas non plus en accumulant
des responsabilités dans l'Etat, pour essayer
de le réformer. Une stratégie de ce type —
électorale et dans le cadre des institutions
en vigueur, pour réaliser des réformes du
système capitaliste — a été adoptée par le
PT. On a vu le résultat.
Pour arriver au pouvoir et réaliser les
transformations qui ouvrent le voie à la
construction du socialisme, le Nouveau Parti
doit adopter une stratégie de mobilisation
des masses, d'insurrection des travailleurs
et des plus pauvres et de révolution
socialiste.
Cela ne signifie pas que devions mépriser
la lutte politique dans d'autres domaines ou
que nous devions abandonner le participation
aux élections. Mais cela signifie que ce
n'est pas notre combat prioritaire et que ce
n'est pas non plus notre stratégie.
Ce débat n'est pas lié à la conjoncture.
Nous pouvons avoir des lectures différentes
de l'évolution de la situation politique du
pays. Ce processus de rupture
insurrectionnelle peut se passer dans trois,
dix ou vingt ans, peu importe. Mais si nous
comprenons que c'est l'unique manière de
réaliser la transformation socialiste dans
notre pays, le parti doit définir cette
stratégie comme la sienne et y travailler
pour la préparer dès maintenant. Pour y
arriver, il doit avoir des politiques
adaptées à la conjoncture, mais avec un
objectif clair pour son action.
En voyant le document présenté par les
camarades, on remarque qu'ils ne se réfèrent
même pas à cette question. Le document fait
allusion au socialisme, mais n'avance pas
au-delà de l'anti-libéralisme. Pire : il ne
fait même pas référence à la nécessité d'une
totale indépendance de classe des
travailleurs par rapport à la bourgeoise,
alors que ce principe était présent même dans
la première charte du PT, celui des
origines.
Le fait de ne pas aborder cette question
pose un problème important. Un parti qui ne
se définit pas comme un instrument
révolutionnaire, pour la lutte, pour la
destruction du régime et de l'Etat bourgeois,
finit par restreindre l'horizon de son action
aux limites de la société capitaliste et de
ses institutions "démocratique-bourgeoises".
Dans ce cadre, la seule "sortie" possible
sont les élections.
Quand nous parlons du danger
électoraliste, certains camarades qui ne
comprennent pas l'importance du problème,
montrent de l'énervement, comme s'il
s'agissait d'une attaque personnelle envers
les parlementaires qui ont décider
d'affronter la direction du PT. En réalité,
le danger que nous soulignons, c'est le
danger de définir une stratégie électoraliste
pour le parti (ou, par manque de clarté,
d'emmener le parti dans cette direction), en
effet cela emmènera forcément le parti dans
la même direction que le PT.
Le PT a été efficace pour disputer les
élections. C'est indéniable. En ce sens, il
n'est pas possible de comprendre
l'attachement, de la part des camarades, à la
défense des tendances permanentes comme forme
de fonctionnement du parti. C'est un
fonctionnement approprié pour un parti qui a
une stratégie électoraliste. Mais il est
inutile pour un parti qui veut faire une
révolution.
Ni veto, ni préalables.
Unité!
Ce sont nos opinions. Nous savons qu'il en
existe d'autres qui sont divergentes. La
seule manière mure et démocratique de
dépasser ces différences et de construire une
base politique commune, supérieure à chacune
des opinions isolées, c'est de réaliser un
débat de fond, large et démocratique, avec la
participation de tous. Cela vaut pour le
programme, pour la conception, pour la
stratégie, pour le fonctionnement du parti
etc. C'est le défi, la tâche et la
responsabilité de tous les secteurs de la
gauche socialiste en ce moment.
Il n’y a pas de monopole de construction
d'un Nouveau Parti. Tous peuvent et doivent y
participer. C'est pourquoi nous avons trouvé
que les préalables établis par les camarades
qui se sont réunis à Rio le 19 janvier
n'étaient pas raisonnables. Nous ne trouvons
pas non plus raisonnable d'exclure quelque
secteur de la gauche socialiste que ce soit,
qui veut participer à ce processus.
La construction de cette unité est une
obligation pour tous les secteurs de gauche
et nous y participerons. Nous voulons
participer aux discussions, visant à la
construction du nouveau parti, et nous
défendons le fait que ces discussions soient
ouvertes à tous les militants, de même que
nous considérons que les décisions qui
doivent être prises dans ce processus doivent
l'être avec la participation effective de la
base.
Opinião
Socialista N° 165
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