Le national-trotskisme de
LO
A l'occasion de ce référendum, à l'heure
où nous rédigeons cet article, LO semble
s'orienter, comme d'habitude sur cette
question, de plus en plus vers une position
"d'indifférence". Derrière un discours
ouvriériste, se cache en fait le profond
national-trotskisme de LO.
Ainsi la "fraction" déclare dans Lutte de
classe N°82 : "En fait cette question de
la constitution européenne tombe même à pic
pour un PS qui n'entend surtout pas
s'impliquer dans les luttes sociales
immédiates et urgents. Quoi de mieux qu'un
"éventuel objectif obtenir un référendum sur
la constitution européenne - qui semble moins
lointain que les élections de 2007 mais
maintiendrait l'attention des électeurs sur
le bulletin vote ? Ce n'est pas faux et
nous partageons en partie cette analyse. Mais
maintenant que ce référendum antidémocratique
(comme toutes les élections dans le cadre du
système capitaliste) est là, pourquoi ne pas
se saisir de celui-ci pour faire avancer la
cause du socialisme en défendant auprès des
travailleurs la seule alternative crédible
pour eux : les Etats-Unis Socialistes
d'Europe. Car c'est seulement en s'armant
d'une perspective internationaliste que nous
pourrons répondre réellement, entre autre, au
problème des délocalisations.
C'est seulement en s'armant d'une
perspective internationaliste que nous
pourrons combattre réellement l'impérialisme.
C'est seulement en armant les travailleurs
d'une perspective internationaliste que nous
pourrons les aider à faire aboutir leurs
mobilisations. C'est seulement en armant les
travailleurs d'une perspective
internationaliste pour le socialisme que nous
pourrons combattre " la seule politique
possible ". Sans perspective politique et
organisationnelle internationaliste (en
l'occurrence la construction de la IV°
Internationale) la politique de LO et la
position de la Fraction, enfermés dans un
carcan nationaliste para-syndical débouchent
sur une impasse.
Ainsi la Fraction de LO ajoute à propos du
référendum : "Un objectif enfin qui est un
leurre parfait pour les travailleurs et les
militants qui, s'ils s'y faisaient prendre,
seraient ainsi détournés des vrais problèmes
comme des vrais terrains de lutte ? Ainsi il
y a dix ans, on a voulu faire croire à
l'importance d'un référendum sur le traité de
Maastricht (ndlr : souligné par nous,
idem)".
Mais alors pourquoi LO a-t-elle siégé au
parlement européen pendant cinq ans !?
N'a-t-elle pas détourné les travailleurs des
vrais problèmes ? Nous pensons que oui car,
à aucun moment, les députés LO n'ont servi
de levier internationaliste pour les luttes
et l'organisation des travailleurs à échelle
internationale.
Décidément il est bien difficile de
trouver un clivage sérieux entre la fraction
de LO et la direction de LO. Alors que pour
Trotski l'internationalisme prolétarien était
l'acquis essentiel de la III° Internationale
sous Lénine et devait vertébrer toute
l'action des révolutionnaires, pour les
militants et la direction de LO elle devient
une question anecdotique ou secondaire.
L'adaptation à
l'impérialisme de la LCR
Non, il n’est pas minuit dans le siècle !
Tous ceux qui à "l'extrême gauche" ne se sont
pas remis de la triste défaite électorale des
listes LCR-LO et qui cherchent dans la
campagne pour le non à la constitution
européenne une potion magique pour guérir
leur démoralisation se fourvoient.
Car on ne peu taire le bilan social et
pro-patronal du gouvernement de gauche
plurielle au nom de l'unité et du réalisme
et franchir ainsi le Rubicon de la frontière
de classe.
Déjà : "Lors du second tour de l'élection
présidentielle, le "sursaut républicain" du
21 avril 2002 orchestré par l'ex gauche
plurielle (PS, PC, Verts) contre le "danger
fasciste" à permit de sauver le régime
antidémocratique de la 5° République. De la
droite à l'extrême gauche (LCR) tous se sont
empressés de sauver les meubles des
institutions bourgeoises pour le plus grand
profit du MEDEF. Les partis de l'ex gauche
plurielle et la LCR n'ont pas hésité à faire
croire aux travailleurs qu'ils avaient
intérêt, comme les patrons (représentés par
les partis de la bourgeoisie), à défendre ce
régime. Ensemble ils ont organisé la
confusion idéologique et remis en cause un
des principes fondateur du marxisme
révolutionnaire : l'indépendance de classe
(...) (éditorial de L’
internationaliste n°52). "
Et nous ajoutions : "L'échec aux
régionales des listes LO-LCR ne pourra servir
de leçon pour les européennes que si ces deux
organisations se décident enfin à modifier
radicalement leur approche. Elles doivent
abandonner les formules creuses comme la
"démocratie participative", la "réforme
démocratique et solidaire de l'Europe".
Concrètement ces mots d'ordres, comme celui
"d'Europe sociale" avancé par la LCR, le PS
et le PC enferment les travailleurs dans une
voie sans issue, celle d'une supposée réforme
démocratique du système. LO-LCR doivent
organiser leur combat autour du mot d'ordre
des Etats Unis Socialistes d'Europe (et pas
seulement en parler). Elles doivent le
combiner avec la lutte pour l'abrogation
des lois sur la décentralisation, et celle
pour la construction d'un parti
révolutionnaire pour le socialisme
international.".
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A l'occasion de ce référendum, la LCR
se positionne ouvertement pour une réforme du
système capitaliste contre les Etats-Unis
Socialistes d’Europe. Et affirme que :
"un pôle rassemblant l'ensemble des forces
sociales et politiques disposées à se faire
l'écho du choix de société porté par les
mobilisation sur le continent , et à défendre
résolument une politique de rupture avec la
dictature de la finance. Notre engagement
dans le collectif constitué autour de la
fondation Copernic a ce sens : favoriser un
" non " anticapitaliste et antilébéral."
Et, comme Fabius, Buffet et consort, la
LCR se prononce pour : " Une
Europe sociale, qui aligne par le haut les
conquêtes des travailleurs (...) Une Europe
démocratique, issue d’un processus
constituant donnant aux peuples les moyens de
décider de leur avenir (ndlr :
souligné par nous ; C.Piquet, La bataille
du non, Rouge 06/10/04) ". Exit la
question du contrôle ouvrier sur la
production, les questions de l'expropriation
et de la planification socialiste. Exit le
problème de la propriété privée des moyens de
production, car sans expropriation de la
bourgeoisie, sans le contrôle de tous les
leviers économiques par les travailleurs, il
ne peut y avoir de "démocratie" ou plutôt de
démocratie ouvrière.
"La réaction démocratique à la
française a fait - et fera encore - des
dégâts dans les rangs de la "gauche
révolutionnaire française". Car
aujourd'hui, nombreux sont ceux qui nient le
caractère féroce, violent et barbare que
prend l'affrontement entre les classes.
Nombreux sont ceux qui nient les rapports de
forces entre les classes en se cachant
derrière des formules politiquement creuses
comme la "république une et indivisible", la
"république sociale", la "démocratie jusqu'au
bout", la "démocratie participative" ou
"l'Europe sociale"... Nombreux sont ceux
qui ne veulent plus de partis léninistes pour
la prise du pouvoir par l'action direct des
travailleurs. Aujourd'hui la question est
posée : s'agit-il "d'approfondir" la
"démocratie bourgeoise" ou de renverser
l'Etat bourgeois et se battre pour une
société socialiste. Oui, pour nous
l'alternative reste le socialisme ou la
barbarie (idem) ".
La politique du
désespoir.
La vérité est toujours révolutionnaire et
il est bon de rappeler que le gouvernement de
gauche plurielle a ouvert la voie à la
droite. Ou, dit autrement, la gauche
plurielle a mené une politique à la Thatcher,
ou à la T. Blair, aux choix !... La politique
du gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkosy n’est
que l'aboutissement logique de la politique
antiouvrière menée en son temps par la gauche
plurielle.
Nous ne ferons pas le jeu de ceux qui
face aux violentes attaques du gouvernement
et face au vide politique laissé par
LO-LCR-PT s'en remettent, en désespoir de
cause, au PS, ou à un quelconque "sauveur",
comme si c'était "mieux que rien". Nous
ne ferons pas le jeux des "antilibéraux" qui
font de ce référendum une fin en soit pour
enfermer les travailleurs dans l'utopie
réactionnaire de "l'Europe sociale" en leur
laissant le "choix" entre la version de
Fabius, celle de Buffet ou toute autre
version. Nous ne ferons pas le jeu de ceux
qui en désespoir de cause tablent sur un
retour au pouvoir de la momie gauche
plurielle en 2007. Nous ne ferons pas le jeu
de ceux qui parient sur une hypothétique
rupture "de gauche" du PS dans le but de
faire émerger une nouvelle force
"néo-réformiste". Pour le PS, le PC, les
Verts, il s'agit de fermer toute perspective
de rupture avec le capitalisme, il s'agit
aussi d'assurer la paix sociale à la
bourgeoisie jusqu'en 2007, aidés en cela par
les bureaucraties syndicales. Le marché
n'est–il pas l'état naturel de la société ?
Le plus grave c'est qu'aujourd'hui la seule
politique possible semble faire des émules à
l'extrême gauche.
Par ailleurs, le 15 juillet, le comité
directeur de la CES a dit oui à la
constitution car elle signifierait, d'après
lui un "progrès". La CES a défendu
l'incorporation de la très réactionnaire
"charte des droits fondamentaux" dans le
traité comme une avancée sociale...
A travers ce référendum, le PS, le PC, les
appareils bureaucratiques liés à la CES (en
particulier CFDT, CGT, FO) et le gouvernement
canalisent le mécontentement sociale et
l'enferme dans une voie sans issue pour les
travailleurs : celle d'une soit- disant
réforme "démocratique" du système.
Voilà pourquoi, le contenu qui sera donné
à notre campagne pour le non sera
fondamentalement anticapitaliste et donc pour
le socialisme.
Un non
anticapitaliste
Pour nous, il s'agit donc d'expliquer à
travers cette campagne les impasses du
capitalisme, tout en dénonçant la barbarie du
système, et la nécessité du socialisme et de
la construction d'une véritable
internationale révolutionnaire. Cette
question est pour nous incontournable. Pour
nous il s'agit d'ouvrir une véritable
alternative politique internationale
(c'est-à-dire de rupture avec le
capitalisme).
Nous pensons que ce référendum doit être
une tribune pour les révolutionnaires afin
d'ouvrir une véritable alternative de classe
en terme de perspective de lutte et
d’organisation. C'est pourquoi il faut dire
non à la Constitution Européenne et exiger en
même temps l'abrogation de tous les traités
(y compris de ceux signés par la gauche
plurielle) ainsi que des lois
constitutionnelles sur la décentralisation.
Sans perspective de lutte et d'organisation,
toute consigne de vote est, pour nous, dénuée
de sens.
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