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Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Pseudo puce Retour à l'Internationaliste n°53
Entre sectarisme et adaptation au système.
L'extrême gauche face au référendum.

Le national-trotskisme de LO

A l'occasion de ce référendum, à l'heure où nous rédigeons cet article, LO semble s'orienter, comme d'habitude sur cette question, de plus en plus vers une position "d'indifférence". Derrière un discours ouvriériste, se cache en fait le profond national-trotskisme de LO.

Ainsi la "fraction" déclare dans Lutte de classe N°82 : "En fait cette question de la constitution européenne tombe même à pic pour un PS qui n'entend surtout pas s'impliquer dans les luttes sociales immédiates et urgents. Quoi de mieux qu'un "éventuel objectif obtenir un référendum sur la constitution européenne - qui semble moins lointain que les élections de 2007 mais maintiendrait l'attention des électeurs sur le bulletin vote ? Ce n'est pas faux et nous partageons en partie cette analyse. Mais maintenant que ce référendum antidémocratique (comme toutes les élections dans le cadre du système capitaliste) est là, pourquoi ne pas se saisir de celui-ci pour faire avancer la cause du socialisme en défendant auprès des travailleurs la seule alternative crédible pour eux : les Etats-Unis Socialistes d'Europe. Car c'est seulement en s'armant d'une perspective internationaliste que nous pourrons répondre réellement, entre autre, au problème des délocalisations.

C'est seulement en s'armant d'une perspective internationaliste que nous pourrons combattre réellement l'impérialisme. C'est seulement en armant les travailleurs d'une perspective internationaliste que nous pourrons les aider à faire aboutir leurs mobilisations. C'est seulement en armant les travailleurs d'une perspective internationaliste pour le socialisme que nous pourrons combattre " la seule politique possible ". Sans perspective politique et organisationnelle internationaliste (en l'occurrence la construction de la IV° Internationale) la politique de LO et la position de la Fraction, enfermés dans un carcan nationaliste para-syndical débouchent sur une impasse.

Ainsi la Fraction de LO ajoute à propos du référendum : "Un objectif enfin qui est un leurre parfait pour les travailleurs et les militants qui, s'ils s'y faisaient prendre, seraient ainsi détournés des vrais problèmes comme des vrais terrains de lutte ? Ainsi il y a dix ans, on a voulu faire croire à l'importance d'un référendum sur le traité de Maastricht (ndlr : souligné par nous, idem)".

Mais alors pourquoi LO a-t-elle siégé au parlement européen pendant cinq ans !? N'a-t-elle pas détourné les travailleurs des vrais problèmes ? Nous pensons que oui car, à aucun moment, les députés LO n'ont servi de levier internationaliste pour les luttes et l'organisation des travailleurs à échelle internationale.

Décidément il est bien difficile de trouver un clivage sérieux entre la fraction de LO et la direction de LO. Alors que pour Trotski l'internationalisme prolétarien était l'acquis essentiel de la III° Internationale sous Lénine et devait vertébrer toute l'action des révolutionnaires, pour les militants et la direction de LO elle devient une question anecdotique ou secondaire.

L'adaptation à l'impérialisme de la LCR

Non, il n’est pas minuit dans le siècle ! Tous ceux qui à "l'extrême gauche" ne se sont pas remis de la triste défaite électorale des listes LCR-LO et qui cherchent dans la campagne pour le non à la constitution européenne une potion magique pour guérir leur démoralisation se fourvoient.

Car on ne peu taire le bilan social et pro-patronal du gouvernement de gauche plurielle au nom de  l'unité et du réalisme et franchir ainsi le Rubicon de la frontière de classe.

Déjà : "Lors du second tour de l'élection présidentielle, le "sursaut républicain" du 21 avril 2002 orchestré par l'ex gauche plurielle (PS, PC, Verts) contre le "danger fasciste" à permit de sauver le régime antidémocratique de la 5° République. De la droite à l'extrême gauche (LCR) tous se sont empressés de sauver les meubles des institutions bourgeoises pour le plus grand profit du MEDEF. Les partis de l'ex gauche plurielle et la LCR n'ont pas hésité à faire croire aux travailleurs qu'ils avaient intérêt, comme les patrons (représentés par les partis de la bourgeoisie), à défendre ce régime. Ensemble ils ont organisé la confusion idéologique et remis en cause un des principes fondateur du marxisme révolutionnaire : l'indépendance de classe (...) (éditorial de L’ internationaliste n°52). "

Et nous ajoutions : "L'échec aux régionales des listes LO-LCR ne pourra servir de leçon pour les européennes que si ces deux organisations se décident enfin à modifier radicalement leur approche. Elles doivent abandonner les formules creuses comme la "démocratie participative", la "réforme démocratique et solidaire de l'Europe". Concrètement ces mots d'ordres, comme celui "d'Europe sociale" avancé par la LCR, le PS et le PC enferment les travailleurs dans une voie sans issue, celle d'une supposée réforme démocratique du système. LO-LCR doivent organiser leur combat autour du mot d'ordre des Etats Unis Socialistes d'Europe (et pas seulement en parler). Elles doivent le combiner avec la lutte pour l'abrogation des lois sur la décentralisation, et celle pour la construction d'un parti révolutionnaire pour le socialisme international.".

A l'occasion de ce référendum, la LCR se positionne ouvertement pour une réforme du système capitaliste contre les Etats-Unis Socialistes d’Europe. Et affirme que : "un pôle rassemblant l'ensemble des forces sociales et politiques disposées à se faire l'écho du choix de société porté par les mobilisation sur le continent , et à défendre résolument une politique de rupture avec la dictature de la finance. Notre engagement dans le collectif constitué autour de la fondation Copernic a ce sens : favoriser un " non " anticapitaliste et antilébéral." Et, comme Fabius, Buffet et consort, la LCR se prononce pour : Une Europe sociale, qui aligne par le haut les conquêtes des travailleurs (...) Une Europe démocratique, issue d’un processus constituant donnant aux peuples les moyens de décider de leur avenir (ndlr : souligné par nous ; C.Piquet, La bataille du non, Rouge 06/10/04) ". Exit la question du contrôle ouvrier sur la production, les questions de l'expropriation et de la planification socialiste. Exit le problème de la propriété privée des moyens de production, car sans expropriation de la bourgeoisie, sans le contrôle de tous les leviers économiques par les travailleurs, il ne peut y avoir de "démocratie" ou plutôt de  démocratie ouvrière.

"La réaction démocratique à la française a fait - et fera encore - des dégâts dans les rangs de la "gauche révolutionnaire française". Car aujourd'hui, nombreux sont ceux qui nient le caractère féroce, violent et barbare que prend l'affrontement entre les classes. Nombreux sont ceux qui nient les rapports de forces entre les classes en se cachant derrière des formules politiquement creuses comme la "république une et indivisible", la "république sociale", la "démocratie jusqu'au bout", la "démocratie participative" ou "l'Europe sociale"... Nombreux sont ceux qui ne veulent plus de partis léninistes pour la prise du pouvoir par l'action direct des travailleurs. Aujourd'hui la question est posée : s'agit-il "d'approfondir" la "démocratie bourgeoise" ou de renverser l'Etat bourgeois et se battre pour une société socialiste. Oui, pour nous l'alternative reste le socialisme ou la barbarie (idem) ".

La politique du désespoir.

La vérité est toujours révolutionnaire et il est bon de rappeler que le gouvernement de gauche plurielle a ouvert la voie à la droite. Ou, dit autrement, la gauche plurielle a mené une politique à la Thatcher, ou à la T. Blair, aux choix !... La politique du gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkosy n’est que l'aboutissement logique de la politique antiouvrière menée en son temps par la gauche plurielle.

Nous ne ferons pas le jeu de ceux qui face aux violentes attaques du gouvernement et face au vide politique laissé par LO-LCR-PT s'en remettent, en désespoir de cause, au PS, ou à un quelconque "sauveur", comme si c'était "mieux que rien". Nous ne ferons pas le jeux des "antilibéraux" qui font de ce référendum une fin en soit pour enfermer les travailleurs dans l'utopie réactionnaire de "l'Europe sociale" en leur laissant le "choix" entre la version de Fabius, celle de Buffet ou toute autre version. Nous ne ferons pas le jeu de ceux qui en désespoir de cause tablent sur un retour au pouvoir de la momie gauche plurielle en 2007. Nous ne ferons pas le jeu de ceux qui parient sur une hypothétique rupture "de gauche" du PS dans le but de faire émerger une nouvelle force "néo-réformiste". Pour le PS, le PC, les Verts, il s'agit de fermer toute perspective de rupture avec le capitalisme, il s'agit aussi d'assurer la paix sociale à la bourgeoisie jusqu'en 2007, aidés en cela par les bureaucraties syndicales. Le marché n'est–il pas l'état naturel de la société ? Le plus grave c'est qu'aujourd'hui la seule politique possible semble faire des émules à l'extrême gauche.

Par ailleurs, le 15 juillet, le comité directeur de la CES a dit oui à la constitution car elle signifierait, d'après lui un "progrès". La CES a défendu l'incorporation de la très réactionnaire "charte des droits fondamentaux" dans le traité comme une avancée sociale...

A travers ce référendum, le PS, le PC, les appareils bureaucratiques liés à la CES (en particulier CFDT, CGT, FO) et le gouvernement canalisent le mécontentement sociale et l'enferme dans une voie sans issue pour les travailleurs : celle d'une soit- disant réforme "démocratique" du système.

Voilà pourquoi, le contenu qui sera donné à notre campagne pour le non sera fondamentalement anticapitaliste et donc pour le socialisme.

Un non anticapitaliste

Pour nous, il s'agit donc d'expliquer à travers cette campagne les impasses du capitalisme, tout en dénonçant la barbarie du système, et la nécessité du socialisme et de la construction d'une véritable internationale révolutionnaire. Cette question est pour nous incontournable. Pour nous il s'agit d'ouvrir une véritable alternative politique internationale (c'est-à-dire de rupture avec le capitalisme).

Nous pensons que ce référendum doit être une tribune pour les révolutionnaires afin d'ouvrir une véritable alternative de classe en terme de perspective de lutte et d’organisation. C'est pourquoi il faut dire non à la Constitution Européenne et exiger en même temps l'abrogation de tous les traités (y compris de ceux signés par la gauche plurielle) ainsi que des lois constitutionnelles sur la décentralisation. Sans perspective de lutte et d'organisation, toute consigne de vote est, pour nous, dénuée de sens.

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