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Texte publié dans l'Internationaliste n°56

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De la refondation sociale à
l'intégration syndicale
Depuis des années, des représentants des principales centrales syndicales y compris la CGT participent avec assiduité à l'université d'été du MEDEF. C'est à l'occasion d'une telle université que le baron Seillères y à lancé naguère son initiative de refondation sociale, initiative qui a débouché entre autres sur la remise en cause des retraites, de la sécurité sociale, de l'assurancechômage et aujourd'hui la destruction du pilier principal du code du travail (le contrat de travail) en passant par une attaque contre le statut de la fonction publique.

A peine élue à la direction du MEDEF, dès la fin de la session 2005 de cette fameuse université où le patronat fait avancer son projet de société, L. Parisot a engagé une série de rencontre avec les dirigeants des confédérations syndicales commençant par la CFDT et terminant par la CGT suivant un rituel désormais bien rôdé.

Lors des tête à tête avec la très médiatique Mme Parisot, comme pendant les universités du MEDEF, on ne négocie pas, on discute, on échange, c'est elle qui le dit à l'issue de sa rencontre avec F. Chérèque de la CFDT : « Je crois que nous sommes tout à fait d’accord sur l’idée qu’il y a des leviers pour sortir le pays de l’impasse. Et nous allons dans les semaines et les mois à venir nous atteler à cette tâche. D’autres rencontres sont prévues avec chacune des grandes centrales syndicales. A l’issue de l’ensemble de ces rencontres, je ferai un point général sur notre façon de travailler avec les syndicats. ».

Selon Mme Parisot, MEDEF et syndicats auraient vocation à agit sur « des leviers pour sortir le pays de l'impasse ». Le MEDEF est donc en train d'intégrer les syndicats ouvriers à la mise en oeuvre de son « projetde société ».

Quel projet ? Mme Parisot l'a annoncé dès son élection : « Notre code du travail a été pour l’essentiel conçu à une époque où les circuits étaient longs. (...) Nous prendrons des initiatives pour permettre l’émergence d’un droit du travail modernisé, qui concilie la prise de risque économique et la protection des individus. ». Haro sur le code du travail. D'après elle : « la vie est précaire, l'amour est précaire alors pourquoi pas le travail ? »

Sortant de cette rencontre, J.-C. Mailly, de la CGT-FO a prudemment déclaré qu'il : « faisait bien la différence entre ce qui relève de la négociation » et « ce qui relève d’un aspect nouveau : la discussion ». Dans ce dernier cas, « l’objectif n’est pas de parvenir à un accord, ni à un relevé de conclusion, sur des dossiers tels que la politique industrielle ou la situation économique. Je veux dire par là que l’objectif n’est pas d’arriver à un diagnostic partagé ».

Venant de quitter B. Thibault qui menait la délégation CGT, L. Parisot souligne encore une fois quel est l'objectif du MEDEF à travers ce genre de rencontre : « Nous avons eu de vraies discussions. Nous sommes convenus que c’est une démarche qu’il faut entretenir », avant de préciser que le MEDEF est « pour le dialogue social et même au delà, pour le dialogue économique ». Ce genre de entrevue va donc se renouveler, la CGT étant devenue une organisation hautement responsable du point de vue du MEDEF.

Petit retour en arrière de 25 ans. Les lois Auroux, soutenues par la CGT à l'époque du gouvernement Mitterrand-Maurois avait abouti à la signature d'une multitude d'accords tout à fait minoritaires mais parfaitement légalement valides. Avec la loi Aubry, et aussi en relation avec le gouvernement... Raffarin, la CGT a obtenu la mise en place de dispositifs de négociations obligatoires avec des accords majoritaires avec, éventuellement, un droit d'opposition à l'application d'un accord minoritaire. Mais qui dit négociation obligatoire, dit obligation d'aboutir...

Et comme il faut prouver sa bonne volonté, la CGT a participé à la délégation qui s'est rendue à Singapour, lors de la désignation de la ville olympique pour 2012. Elle était représentée par F. Dupont, membre de la direction confédérale et, accessoirement, secrétaire générale de l'UD du Val-de-Marne ! La manifestation du 10 mars aurait pu laisser des traces dans la mémoire des membres du CIO en visite à Paris ce jour-là, il fallait absolument les rassurer...

Avec B. Thibault, la direction confédérale de la CGT est engagée dans la voie qui mène à sa CFDTisation, à l'intégration institutionnelle. Après le CCN de fin février et la motion contre le traité constitutionnel européen, après la CE confédérale fixant les axes du 48ème congrès qui se tient début 2006 à Lille prochain ce rendez-vous constituera un moment crucial, décisif. Au menu : les finances et la réforme des structures.

L’intégration institutionnelle des syndicats : un exemple parlant

Dans l’exposé des motifs d’une proposition de loi tendant à instituer un financement public des syndicats…

« Tout d'abord, c'est une garantie pour l'ensemble des organisations syndicales d'une régularité et d'une sécurité de fonctionnement, que seul le paiement des cotisations ne permet pas d'assurer.

Le faible taux d'adhésions en atteste largement. La mise en place d'un financement public mettrait un terme à cette situation. Avec un financement pérenne et transparent de la vie syndicale, les syndicats gagneraient en efficacité et en indépendance, leur permettant de se concentrer sur leurs missions d'intérêt général et de consacrer tous leurs efforts à offrir à leurs adhérents des services de qualité. Dès lors, ils susciteraient de nouvelles adhésions. La place et le rôle des syndicats dans notre régime démocratique en seraient donc naturellement renforcés. »

http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1756.asp

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