| Depuis des années, des
représentants des principales centrales
syndicales y compris la CGT participent avec
assiduité à l'université d'été du MEDEF.
C'est à l'occasion d'une telle université que
le baron Seillères y à lancé naguère son
initiative de refondation sociale, initiative
qui a débouché entre autres sur la remise en
cause des retraites, de la sécurité sociale,
de l'assurancechômage et aujourd'hui la
destruction du pilier principal du code du
travail (le contrat de travail) en passant
par une attaque contre le statut de la
fonction publique.
A peine élue à la direction du MEDEF, dès
la fin de la session 2005 de cette fameuse
université où le patronat fait avancer son
projet de société, L. Parisot a engagé une
série de rencontre avec les dirigeants des
confédérations syndicales commençant par la
CFDT et terminant par la CGT suivant un
rituel désormais bien rôdé.
Lors des tête à tête avec la très
médiatique Mme Parisot, comme pendant les
universités du MEDEF, on ne négocie pas, on
discute, on échange, c'est elle qui le dit à
l'issue de sa rencontre avec F. Chérèque de
la CFDT : « Je crois que nous sommes tout à
fait d’accord sur l’idée
qu’il y a des leviers pour sortir le
pays de l’impasse. Et nous allons dans
les semaines et les mois à venir nous atteler
à cette tâche. D’autres rencontres sont
prévues avec chacune des grandes centrales
syndicales. A l’issue de
l’ensemble de ces rencontres, je ferai
un point général sur notre façon de
travailler avec les syndicats. ».
Selon Mme Parisot, MEDEF et syndicats
auraient vocation à agit sur « des leviers
pour sortir le pays de l'impasse ». Le MEDEF
est donc en train d'intégrer les syndicats
ouvriers à la mise en oeuvre de son «
projetde société ».
Quel projet ? Mme Parisot l'a annoncé dès
son élection : « Notre code du travail a été
pour l’essentiel conçu à une époque où
les circuits étaient longs. (...) Nous
prendrons des initiatives pour permettre
l’émergence d’un droit du travail
modernisé, qui concilie la prise de risque
économique et la protection des individus. ».
Haro sur le code du travail. D'après elle : «
la vie est précaire, l'amour est précaire
alors pourquoi pas le travail ? »
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Sortant de cette rencontre,
J.-C. Mailly, de la CGT-FO a prudemment
déclaré qu'il : « faisait bien la différence
entre ce qui relève de la négociation » et «
ce qui relève d’un aspect nouveau : la
discussion ». Dans ce dernier cas, «
l’objectif n’est pas de parvenir
à un accord, ni à un relevé de conclusion,
sur des dossiers tels que la politique
industrielle ou la situation économique. Je
veux dire par là que l’objectif
n’est pas d’arriver à un
diagnostic partagé ».
Venant de quitter B. Thibault qui menait
la délégation CGT, L. Parisot souligne encore
une fois quel est l'objectif du MEDEF à
travers ce genre de rencontre : « Nous avons
eu de vraies discussions. Nous sommes
convenus que c’est une démarche
qu’il faut entretenir », avant de
préciser que le MEDEF est « pour le dialogue
social et même au delà, pour le dialogue
économique ». Ce genre de entrevue va donc se
renouveler, la CGT étant devenue une
organisation hautement responsable du point
de vue du MEDEF.
Petit retour en arrière de 25 ans. Les
lois Auroux, soutenues par la CGT à l'époque
du gouvernement Mitterrand-Maurois avait
abouti à la signature d'une multitude
d'accords tout à fait minoritaires mais
parfaitement légalement valides. Avec la loi
Aubry, et aussi en relation avec le
gouvernement... Raffarin, la CGT a obtenu la
mise en place de dispositifs de négociations
obligatoires avec des accords majoritaires
avec, éventuellement, un droit d'opposition à
l'application d'un accord minoritaire. Mais
qui dit négociation obligatoire, dit
obligation d'aboutir...
Et comme il faut prouver sa bonne volonté,
la CGT a participé à la délégation qui s'est
rendue à Singapour, lors de la désignation de
la ville olympique pour 2012. Elle était
représentée par F. Dupont, membre de la
direction confédérale et, accessoirement,
secrétaire générale de l'UD du Val-de-Marne !
La manifestation du 10 mars aurait pu laisser
des traces dans la mémoire des membres du CIO
en visite à Paris ce jour-là, il fallait
absolument les rassurer...
Avec B. Thibault, la direction confédérale
de la CGT est engagée dans la voie qui mène à
sa CFDTisation, à l'intégration
institutionnelle. Après le CCN de fin février
et la motion contre le traité constitutionnel
européen, après la CE confédérale fixant les
axes du 48ème congrès qui se tient début 2006
à Lille prochain ce rendez-vous constituera
un moment crucial, décisif. Au menu : les
finances et la réforme des structures.
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