Au
mur dressé entre l’enclave militaire
espagnole de Ceuta et Melilla et le reste du
territoire marocain, on enregistre déjà sept
morts et des centaines de blessés, depuis le
début de l’année. Selon les
statistiques, environ 12 000 ressortissants
sub-sahariens ont essayé de franchir les deux
enceintes (l’une en pierres,
l’autre en de fils de fer). Ces
milliers de personnes ont eu, pour seul
accueil, la répression conjointe des polices
et armées marocaines et espagnoles. En outre,
le gouvernement espagnol a décidé de
construire une troisième enceinte et
d’envoyer l’armée, pour
renforcer la Guardia Civil le long des 9 Km
de mur. Plus de mur et de répression ne fera
pas diminuer les flux mais entraînera
d’avantage de morts et de blessés !
Aussi, en envoyant l’armée, Zapatero
vient de déclarer la guerre aux travailleurs
immigrés.
Ce n’est pas la répression ni la
transformation de l’Europe en bunker
qui empêcheront ces émigrants de risquer
ainsi leur vie, puisque leur désespoir vient
des conditions d’extrême pauvreté
imposées par les multinationales et les
gouvernements fantoches de leurs pays
d’origine. Ce ne sont pas les
épidémies, ni les invasions de criquets, ni
les catastrophes naturelles qui poussent les
populations à émigrer, mais la misère : une
misère atroce, dont les causes
s’appellent «
FMI/multinationales/impérialisme », le pire
de tous les fléaux jamais connus par
l’Afrique.
La situation est encore plus grave : le
mur (de même technologie que le mur israélien
dressé en Palestine) divise le territoire
national marocain, puisque Ceuta et Melilla
sont des enclaves coloniales espagnoles en
terre marocaine, ce que le gouvernement
Zapatero n’a pas manqué de rappeler.
Aussi, pour renforcer le contrôle du mur, il
a expédié 640 soldats, pas n’importe
lesquels, mais des Légionnaires et des
Réguliers (les anciennes forces
d’occupation coloniale espagnole).
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Ainsi, donc, ce mur est deux
fois celui de la honte : il se dresse contre
le droit de tout être humain à ne pas mourir
de faim, et contre le droit du Maroc à la
souveraineté nationale. L’Europe (qui
se gargarise du mot «démocratie») et Zapatero
exigent de la dictature de Mohamed VI de ne
respecter aucun droit démocratique et de
durcir la répression envers ses propres
ressortissants : on demande au gouvernement
marocain de se charger lui-même de les
exterminer, comme il le fait déjà à la
frontière désertique avec l’Algérie,
où l’on abandonne les émigrants pour
les laisser mourir de soif et de faim.
Mais que faire ? Est-il possible que
toutes les directions syndicales et
politiques (comme Izquierda Unida, par
exemple, qui s’est limitée à dénoncer
l’envoi de l’armée sans
condamner l’existence du mur)
abandonnent ces travailleurs à leur sort, à
la mort… sans rien y faire ? Elles
savent, pourtant, pleurer de toutes leurs
larmes la mort accidentelle de militaires
espagnols participant à l’occupation
américaine d’Afghanistan ! Ces
directions, qu’auraient-elles dit si,
dans les années 1960, le gouvernement
français avait déployé l’armée pour
empêcher l’entrée des travailleurs
émigrant de l’Espagne ? Quelle
rapidité, pour certains, à mettre de côté la
mémoire historique de la classe ouvrière de
l’Etat Espagnol !
Quant à nous, nous appelons à
l’unité et à la mobilisation des
travailleurs autochtones et immigrés parce
que, tous, nous constituons une seule et même
classe ouvrière !
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