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Espagne - Editorial de Lucha Internacionalista n°64 d’octobre 2005, bulletin de LI, section sympathisante de la LIT-QI en Espagne.
Publié dans l'Internationaliste n°57
Arrêtons la guerre à l’immigration.
Paremos la guerre contra la inmigraciònAu mur dressé entre l’enclave militaire espagnole de Ceuta et Melilla et le reste du territoire marocain, on enregistre déjà sept morts et des centaines de blessés, depuis le début de l’année. Selon les statistiques, environ 12 000 ressortissants sub-sahariens ont essayé de franchir les deux enceintes (l’une en pierres, l’autre en de fils de fer). Ces milliers de personnes ont eu, pour seul accueil, la répression conjointe des polices et armées marocaines et espagnoles. En outre, le gouvernement espagnol a décidé de construire une troisième enceinte et d’envoyer l’armée, pour renforcer la Guardia Civil le long des 9 Km de mur. Plus de mur et de répression ne fera pas diminuer les flux mais entraînera d’avantage de morts et de blessés ! Aussi, en envoyant l’armée, Zapatero vient de déclarer la guerre aux travailleurs immigrés.

Ce n’est pas la répression ni la transformation de l’Europe en bunker qui empêcheront ces émigrants de risquer ainsi leur vie, puisque leur désespoir vient des conditions d’extrême pauvreté imposées par les multinationales et les gouvernements fantoches de leurs pays d’origine. Ce ne sont pas les épidémies, ni les invasions de criquets, ni les catastrophes naturelles qui poussent les populations à émigrer, mais la misère : une misère atroce, dont les causes s’appellent « FMI/multinationales/impérialisme », le pire de tous les fléaux jamais connus par l’Afrique.

La situation est encore plus grave : le mur (de même technologie que le mur israélien dressé en Palestine) divise le territoire national marocain, puisque Ceuta et Melilla sont des enclaves coloniales espagnoles en terre marocaine, ce que le gouvernement Zapatero n’a pas manqué de rappeler. Aussi, pour renforcer le contrôle du mur, il a expédié 640 soldats, pas n’importe lesquels, mais des Légionnaires et des Réguliers (les anciennes forces d’occupation coloniale espagnole).

Ainsi, donc, ce mur est deux fois celui de la honte : il se dresse contre le droit de tout être humain à ne pas mourir de faim, et contre le droit du Maroc à la souveraineté nationale. L’Europe (qui se gargarise du mot «démocratie») et Zapatero exigent de la dictature de Mohamed VI de ne respecter aucun droit démocratique et de durcir la répression envers ses propres ressortissants : on demande au gouvernement marocain de se charger lui-même de les exterminer, comme il le fait déjà à la frontière désertique avec l’Algérie, où l’on abandonne les émigrants pour les laisser mourir de soif et de faim. Mur de l'Europe

Mais que faire ? Est-il possible que toutes les directions syndicales et politiques (comme Izquierda Unida, par exemple, qui s’est limitée à dénoncer l’envoi de l’armée sans condamner l’existence du mur) abandonnent ces travailleurs à leur sort, à la mort… sans rien y faire ? Elles savent, pourtant, pleurer de toutes leurs larmes la mort accidentelle de militaires espagnols participant à l’occupation américaine d’Afghanistan ! Ces directions, qu’auraient-elles dit si, dans les années 1960, le gouvernement français avait déployé l’armée pour empêcher l’entrée des travailleurs émigrant de l’Espagne ? Quelle rapidité, pour certains, à mettre de côté la mémoire historique de la classe ouvrière de l’Etat Espagnol !

Quant à nous, nous appelons à l’unité et à la mobilisation des travailleurs autochtones et immigrés parce que, tous, nous constituons une seule et même classe ouvrière !

Crions donc haut et fort : à bas le mur !

Abrogation des lois contre les étrangers !

Halte à la répression des immigrés, les travailleurs immigrés ne sont pas des criminels !

Droit des travailleurs, d’où qu’ils viennent, à chercher du travail là où il y en a !

Droit pour tous à vivre dignement !

Multinationales, hors d’Afrique !

Nationalisation sans indemnisations et sous contrôle ouvrier de toutes les multinationales !

Abrogation des lois dictées par le FMI pour protéger les multinationales qui démantèlent l’économie africaine et les services publics !

Ceuta et Melilla aux Marocains !

En finir avec les enclaves coloniales espagnoles dans le Maghreb !

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