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Article publié dans l'Internationaliste n°61

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La lutte du peuple palestinien à l'avant-garde de la
résistance à l'impérialisme à échelle mondiale

La crise du Fatah et la défaite historique de l'Autorité Palestinienne en février 2006 ont montré, une fois de plus, et avec une vigueur incontestable, la capacité du peuple palestinien à résister au joug que l'impérialisme tente de lui imposer depuis plus de 50 ans. La révolution palestinienne, une fois de plus, a déjoué les plans de l'impérialisme.

I. La lutte du peuple palestinien contre l'occupation sioniste : l'avant-garde de la résistance des masses à la férule impérialiste mondiale.

Dans la période ouverte avec la chute du mur de Berlin, qualifiée de "Quatrième période" par le document mondial du 8e Congrès de la L.I.T. - caractérisée simultanément par l'offensive agressive de l'impérialisme en mal de profit, et par la résistance des masses et la multiplication des foyers révolutionnaires - dans cette période, le document mondial sous-estime le rôle de la mobilisation du peuple palestinien, de la résistance palestinienne dans la situation mondiale, et néglige la place de la question palestinienne dans les rapports de force de la lutte des classes à échelle mondiale.

Ainsi, la situation en Irak, épicentre de la lutte de classe mondiale, est inséparable de la situation palestienne, qui recouvre, pour l'impéralisme US, un enjeu stratégique de toute première importance pour le contrôle et le remodelage du Proche et du Moyen-Orient. L'Irak et la Palestine sont les deux foyers de l'ellipse de cette région.

Depuis le démantèlement de l'Empire Ottoman, la région du Proche Orient constitue une épine dorsale de la présence impérialiste, d'abord britannique, puis US. L'Etat d'Israël est un Etat-garnison (fort de la 4ème armée du monde pour 7 millions d'habitants), une poste avancé de l'impérialisme US dont il n'est ni plus ni moins que le 51ème Etat (9% budget sont injectés directement par le gouvernement fédéral américain chaque année). C'est en outre un réservoir nucléaire, en dépit de tous les traités.

L'oppression impérialiste contre un peuple entier a pour doctrine théorique le sionisme: mouvement petit bourgeois raciste et colonial dont l'axiome principiel est limpide : "un peuple sans terre - une terre sans peuple". La négation du peuple palestinien, au fondement du sionisme, est réalisée dans les faits par tous les moyens: dispersion (plus de 3 millions de réfugiés dans les pays arabes limitrophes) ; le transfert; le génocide; ou la ghettoïsation et la misère.

Or, depuis 50 ans, l'impérialisme butte sur la résistance acharnée du peuple Palestinien en lutte pour son émancipation. L'impérialisme a échoué à imposer définitivement sa férule. Et ce malgré toutes les tentatives de "règlement", qui avaient pour but d'étouffer la lutte du peuple en déléguant la question à des relais de l'impérialisme: les pays arabes d'abord (le pouvoir Jordanien chercha par exemple à "régler" la question palestinienne par le massacre de septembre noir) ; la direction du mouvement national palestinien lui-même, dans un second temps.

Cette résistance héroïque des masses palestiniennes (avec des moyens parfois dérisoires: souvent la seule détermination et le cri de la révolte) constitue pour nous l'avant garde de la résistance du prolétariat mondial contre l'offensive barbare de l'impérialisme. Car le peuple palestinien est, depuis 50 ans, en première ligne pour essuyer les attaques les plus directes de l'impérialisme avec ses moyens les plus radicaux: l'occupation militaire et le génocide.

II. La persistance de la révolution palestinienne montre qu'il est possible de mettre en échec les plans de l'impérialisme US et de ses valets.

La résistance persistante du peuple palestinien montre avant tout l'échec cuisant des politiques de collaboration des dirigeants palestiniens, OLP et Fatah en tête.

Depuis le virage de l'OLP dans les années 80, avec la reconnaissance d'Israël, l'allégeance à l'impérialisme US, et la fiction des deux Etats, les dirigeants historiques du mouvement de libération nationale ont tenté d'étouffer la lutte de leur propre peuple, bafouant ses droits les plus élémentaires et ses attentes les plus profondes (notamment le droit au retour des réfugiés dans leur pays). Le cycle de négociations ouvert en 1990 (accords de Madrid, Oslo, Washington, Taba) scelle un accord des dirigeants palestiniens avec le sionisme et l'impérialisme pour réprimer ensemble les aspirations des masses palestiniennes, étouffer l'intifada devenu incontrôlable, forcer le peuple à renoncer à la lutte afin d'obtenir des miettes pour les bourgeoisies palestiniennes... et le ghetto à ciel ouvert pour les masses.

Mais ces politiques de trahison (avec Arafat, puis Abbas, le laquais de l'impérialisme US) ont échoué, elles se sont heurté à la résistance déterminée du Peuple palestinien contre l'occupant, via les intifada et la lutte armée. Dernièrement, l'élection (par défaut) du Hamas aux législatives est l'expression électorale de la vigueur de la lutte des classes en Palestine. C'est une défaite historique pour le Fatah qui paie là le prix de sa trahison. C'est une victoire pour le peuple palestinien, qui renverse ainsi, dans les urnes, un adjuvant indispensable de l'impérialisme dans la région.

Le vote massif des Palestiniens pour le Hamas traduit surtout l'absence dramatique de direction révolutionnaire, l'absence d'un parti qui, en luttant pour la perspective socialiste, serait apte à faire triompher les aspirations des masses, dans une lutte de libération contre l'occupation, dans un affrontement allant jusqu'au bout contre l'impérialisme et le sionisme, sur une base d'indépendance de classe.

Le Hamas est tout sauf un adversaire valable et conséquent de l'impérialisme. Il n'est pas du tout déterminé à lutter contre l'oppresseur sioniste jusqu'au bout. Ses intérêts, liés à des secteurs de la bourgeoisie, teintés d'islamisme, sont en contradiction avec les aspirations des masses palestiniennes.

C'est pourquoi le pouvoir a constitué pour le Hamas un véritable cadeau empoisonné, dont il a cherché à minimiser l'importance, coincé qu'il est entre la pression révolutionnaire des masses (pour une lutte sans compromis contre l'occupation et l'Etat d'Israël) et sa volonté de conciliation avec l'impérialisme. La conversion du Hamas vers un parti "respectable", vers la reconnaissance d'Israël, conversion déjà entamée ces dernières années, s'est accélérée du fait de son accession au pouvoir. Cette conversion est réelle; si elle reste louvoyante et prudente, c'est uniquement du fait de la pression de la lutte des classes en Palestine. Les affrontements entre l'Autorité et le Hamas au sujet du texte des prisonniers (qui reconnaît l'occupation sioniste sur 78% de la Palestine Historique en en appelant au droit international) traduit cette position inconfortable du Hamas.

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