La crise du Fatah et la
défaite historique de l'Autorité
Palestinienne en février 2006 ont montré, une
fois de plus, et avec une vigueur
incontestable, la capacité du peuple
palestinien à résister au joug que
l'impérialisme tente de lui imposer depuis
plus de 50 ans. La révolution palestinienne,
une fois de plus, a déjoué les plans de
l'impérialisme.
I. La lutte du peuple
palestinien contre l'occupation sioniste :
l'avant-garde de la résistance des masses à
la férule impérialiste mondiale.
Dans la période ouverte avec la chute du
mur de Berlin, qualifiée de "Quatrième
période" par le document mondial du 8e
Congrès de la L.I.T. - caractérisée
simultanément par l'offensive agressive de
l'impérialisme en mal de profit, et par la
résistance des masses et la multiplication
des foyers révolutionnaires - dans cette
période, le document mondial sous-estime le
rôle de la mobilisation du peuple
palestinien, de la résistance palestinienne
dans la situation mondiale, et néglige la
place de la question palestinienne dans les
rapports de force de la lutte des classes à
échelle mondiale.
Ainsi, la situation en Irak, épicentre de
la lutte de classe mondiale, est inséparable
de la situation palestienne, qui recouvre,
pour l'impéralisme US, un enjeu stratégique
de toute première importance pour le contrôle
et le remodelage du Proche et du
Moyen-Orient. L'Irak et la Palestine sont les
deux foyers de l'ellipse de cette région.
Depuis le démantèlement de l'Empire
Ottoman, la région du Proche Orient constitue
une épine dorsale de la présence
impérialiste, d'abord britannique, puis US.
L'Etat d'Israël est un Etat-garnison (fort de
la 4ème armée du monde pour 7 millions
d'habitants), une poste avancé de
l'impérialisme US dont il n'est ni plus ni
moins que le 51ème Etat (9% budget sont
injectés directement par le gouvernement
fédéral américain chaque année). C'est en
outre un réservoir nucléaire, en dépit de
tous les traités.
L'oppression impérialiste contre un peuple
entier a pour doctrine théorique le sionisme:
mouvement petit bourgeois raciste et colonial
dont l'axiome principiel est limpide : "un
peuple sans terre - une terre sans peuple".
La négation du peuple palestinien, au
fondement du sionisme, est réalisée dans les
faits par tous les moyens: dispersion (plus
de 3 millions de réfugiés dans les pays
arabes limitrophes) ; le transfert; le
génocide; ou la ghettoïsation et la
misère.
Or, depuis 50 ans, l'impérialisme butte
sur la résistance acharnée du peuple
Palestinien en lutte pour son émancipation.
L'impérialisme a échoué à imposer
définitivement sa férule. Et ce malgré toutes
les tentatives de "règlement", qui avaient
pour but d'étouffer la lutte du peuple en
déléguant la question à des relais de
l'impérialisme: les pays arabes d'abord (le
pouvoir Jordanien chercha par exemple à
"régler" la question palestinienne par le
massacre de septembre noir) ; la direction du
mouvement national palestinien lui-même, dans
un second temps.
Cette résistance héroïque des masses
palestiniennes (avec des moyens parfois
dérisoires: souvent la seule détermination et
le cri de la révolte) constitue pour nous
l'avant garde de la résistance du prolétariat
mondial contre l'offensive barbare de
l'impérialisme. Car le peuple palestinien
est, depuis 50 ans, en première ligne pour
essuyer les attaques les plus directes de
l'impérialisme avec ses moyens les plus
radicaux: l'occupation militaire et le
génocide.
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II. La
persistance de la révolution palestinienne
montre qu'il est possible de mettre en échec
les plans de l'impérialisme US et de ses
valets.
La résistance persistante du peuple
palestinien montre avant tout l'échec cuisant
des politiques de collaboration des
dirigeants palestiniens, OLP et Fatah en
tête.
Depuis le virage de l'OLP dans les années
80, avec la reconnaissance d'Israël,
l'allégeance à l'impérialisme US, et la
fiction des deux Etats, les dirigeants
historiques du mouvement de libération
nationale ont tenté d'étouffer la lutte de
leur propre peuple, bafouant ses droits les
plus élémentaires et ses attentes les plus
profondes (notamment le droit au retour des
réfugiés dans leur pays). Le cycle de
négociations ouvert en 1990 (accords de
Madrid, Oslo, Washington, Taba) scelle un
accord des dirigeants palestiniens avec le
sionisme et l'impérialisme pour réprimer
ensemble les aspirations des masses
palestiniennes, étouffer l'intifada devenu
incontrôlable, forcer le peuple à renoncer à
la lutte afin d'obtenir des miettes pour les
bourgeoisies palestiniennes... et le ghetto à
ciel ouvert pour les masses.
Mais ces politiques de trahison (avec
Arafat, puis Abbas, le laquais de
l'impérialisme US) ont échoué, elles se sont
heurté à la résistance déterminée du Peuple
palestinien contre l'occupant, via les
intifada et la lutte armée. Dernièrement,
l'élection (par défaut) du Hamas aux
législatives est l'expression électorale de
la vigueur de la lutte des classes en
Palestine. C'est une défaite historique pour
le Fatah qui paie là le prix de sa trahison.
C'est une victoire pour le peuple
palestinien, qui renverse ainsi, dans les
urnes, un adjuvant indispensable de
l'impérialisme dans la région.
Le vote massif des Palestiniens pour le
Hamas traduit surtout l'absence dramatique de
direction révolutionnaire, l'absence d'un
parti qui, en luttant pour la perspective
socialiste, serait apte à faire triompher les
aspirations des masses, dans une lutte de
libération contre l'occupation, dans un
affrontement allant jusqu'au bout contre
l'impérialisme et le sionisme, sur une base
d'indépendance de classe.
Le Hamas est tout sauf un adversaire
valable et conséquent de l'impérialisme. Il
n'est pas du tout déterminé à lutter contre
l'oppresseur sioniste jusqu'au bout. Ses
intérêts, liés à des secteurs de la
bourgeoisie, teintés d'islamisme, sont en
contradiction avec les aspirations des masses
palestiniennes.
C'est pourquoi le pouvoir a constitué pour
le Hamas un véritable cadeau empoisonné, dont
il a cherché à minimiser l'importance, coincé
qu'il est entre la pression révolutionnaire
des masses (pour une lutte sans compromis
contre l'occupation et l'Etat d'Israël) et sa
volonté de conciliation avec l'impérialisme.
La conversion du Hamas vers un parti
"respectable", vers la reconnaissance
d'Israël, conversion déjà entamée ces
dernières années, s'est accélérée du fait de
son accession au pouvoir. Cette conversion
est réelle; si elle reste louvoyante et
prudente, c'est uniquement du fait de la
pression de la lutte des classes en
Palestine. Les affrontements entre l'Autorité
et le Hamas au sujet du texte des prisonniers
(qui reconnaît l'occupation sioniste sur 78%
de la Palestine Historique en en appelant au
droit international) traduit cette position
inconfortable du Hamas.
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