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Article publié dans l'Internationaliste n°63
La FSEUL est née dans la lutte…
et pour lutter !
Les 14 et 15 octobre 2006 les militants étudiants des sections de Censier, Jussieu et de Tolbiac/Sorbonne, ainsi que des sympathisants étudiants et lycéens, se sont réunis en congrès afin de concrétiser un travail de deux années de lutte pour la fondation d’un syndicat étudiant national. Aujourd’hui, la Fédération Syndicale Etudiante Unitaire et Laïque est née !

Deux ans de combat contre les attaques de l’Union Européenne qui privatisent nos universités : en 2005 la FSEUL a mené une campagne intense contre la constitution européenne qui gravait dans le marbre la destruction des services publics. Dans le même sens, la FSEUL a lutté activement contre la fermeture de l’Université Paris 3-Censier, vouée à disparaître au profit du pôle d’excellence Paris-Universitas.

Deux années de défense des intérêts des étudiants, travailleurs en formation. La FSEUL était une des premières organisations à mener le combat contre le CPE. Déjà le 31 janvier, elle défilait derrière sa banderole « JEUNES/TRAVAILLEURS UNITE CONTRE LE CPE/CNE ! ». Elle a cherché tout le long du mouvement à unifier les luttes de la jeunesse et des travailleurs au niveau national, en se battant dans cette voie notamment au sein de la coordination nationale. Elle a dû par conséquent se battre constamment contre les bureaucraties syndicales qui tentaient de freiner la mobilisation.

Un nouveau souffle dans les universités

La fondation de la FSEUL est un pas important pour le syndicalisme étudiant. Aucune organisation n’existait à ce jour pour mener les combats étudiants jusqu’au bout, comme en témoignent la lutte en 2003 contre les réformes ECTS/LMD et la lutte des lycéens contre la loi Fillon.

L’UE, dont la politique est décidée collectivement par les états membres –pour le plus grand profit des capitalistes de ces Etats- et appliquée selon les spécificités nationales, permet au gouvernement de détruire acquis sociaux et services publics. Le LMD et le Pacte pour la Recherche, deux politiques soudées par la LOLF (cf internationaliste n°62) ont un objectif très clair : la destruction des diplômes nationaux adossés au code du travail et aux conventions collectives.

Le rapport de la commission Hetzel (sorti fin octobre), appelée par la Conférence des Présidents d’Université, est chargée d’étudier le renforcement des liens entre l’université et les entreprises. Ce rapport ne préconise rien de moins que la mainmise totale des patrons sur l’enseignement supérieur, ce qui montre la pressante volonté du gouvernement d’en finir une bonne fois pour toute avec une éducation publique, laïque et gratuite pour tous de la maternelle à l’université.

C’est face à ce double constat, l’absence d’une organisation de lutte conséquente tout d’abord, puis la virulence des attaques au niveau européen, que les jeunes militants du GSI ont jugé qu’il était urgent de doter les étudiants d’un réel outil de mobilisation et de lutte.

Le congrès a donc travaillé à se donner des positions claires afin d’apporter des perspectives de luttes concrètes aux étudiants et aux lycéens. De nombreux textes ont été discutés lors de ce congrès. Leur discussion, y compris avec des invités non adhérents à la FSEUL, a été l’occasion pour le syndicat de clarifier ses positions. Des revendications explicites ont été dégagées pour les batailles fondamentales de la FSEUL qui sont

- la lutte inconditionnelle contre la privatisation de l’éducation

- la défense de la laïcité, qui assure un enseignement libéré de l’avidité des patrons et de la bêtise religieuse.

D’autres questions ont pu être approfondies : la défense des CROUS, victimes de la décentralisation, la question de la libre circulation des étudiants, c’est-à-dire la défense des étudiants étrangers sélectionnés violemment par de nombreuses circulaires racistes et le CESEDA. La défense du bac, premier diplôme universitaire, attaqué récemment par Goulard (ministre délégué à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche) qui propose une sélection en février pour les élèves de terminale. Ou encore l’internationalisme : la FSEUL, consciente que les attaques sont d’envergure européenne, voire mondiale, ne peut au minimum envisager sa lutte qu’à l’échelle européenne, c’est pourquoi elle s’est dotée d’une commission internationale.

Ces textes et positions sont disponibles sous forme de brochure auprès des militants.

De nouvelles perspectives de lutte contre la privatisation

Il a été décidé par les adhérents de mener deux campagnes nationales cette année. Un combat contre la mise en place des pôles d’excellence, incitée par le Pacte pour la Recherche, et un combat pour la défense de la laïcité. Par ses deux campagnes, la FSEUL veut impulser une bataille active contre la privatisation de l’université.

La politique contre les universités est à tel point engagée, qu’aujourd’hui plus aucune organisation syndicale ne peut se permettre de passer à la trappe la constitution des pôles d’excellence qui ont vocation à être concurrentiels sur le marché mondial de l’éducation. Derrière la constitution des 13 pôles annoncés dernièrement par le gouvernement, c’est le processus de destruction/privatisation de l’enseignement supérieur public qui s’achève! La FSEUL s’engage dans une campagne nationale d’information et de mobilisation contre les pôles d’excellence afin d’alerter les étudiants sur l’avenir de leurs universités.

Et alors que l’argument du manque de financement pour les universités est allégrement utilisé pour justifier leur privatisation, la FSEUL répond par une seconde campagne, toute liée à la première : revendiquer une réelle application de la laïcité. La plupart des organisations ont malheureusement abandonné ce combat, alors même que le gouvernement s’en prend ouvertement à la liberté de conscience en parlant de « laïcité ouverte ».

Tous les ans, ce sont plus de 9 milliards d’euros qui échappent à l’école publique, alors que cet argent pourrait financer 200 000 postes à l’éducation nationale. Gilles de Robien préconise même de « financer à part égale l’enseignement privé et l’enseignement public » ;, mais qui est prêt à l’en empêcher sachant que même Bruno Julliard, président de l’UNEF s’est dit « favorable à des financements privés » pour l’université !?

La FSEUL combattra jusqu’au bout pour de vrais diplômes adossés aux conventions collectives et au code du travail, elle combattra jusqu’au bout pour le retour des 9 milliards détournés à l’enseignement public. Elle appelle par conséquent tous les étudiants et lycéens déterminés à lutter pour leurs droits à la rejoindre pour conquérir un enseignement public, laïc et gratuit pour tous de la maternelle à l’université.

Parce que les étudiants et les lycéens ne peuvent compter que sur leurs propres forces, c’est pour les mobiliser, pour les organiser et les aider à diriger leurs luttes que la FSEUL est née !

Les militants syndicalistes étudiants de la cellule jeune.

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