| Les 14 et 15 octobre 2006 les
militants étudiants des sections de Censier,
Jussieu et de Tolbiac/Sorbonne, ainsi que des
sympathisants étudiants et lycéens, se sont
réunis en congrès afin de concrétiser un
travail de deux années de lutte pour la
fondation d’un syndicat étudiant
national. Aujourd’hui, la Fédération
Syndicale Etudiante Unitaire et Laïque est
née !
Deux ans de combat contre les attaques de
l’Union Européenne qui privatisent nos
universités : en 2005 la FSEUL a mené une
campagne intense contre la constitution
européenne qui gravait dans le marbre la
destruction des services publics. Dans le
même sens, la FSEUL a lutté activement contre
la fermeture de l’Université Paris
3-Censier, vouée à disparaître au profit du
pôle d’excellence Paris-Universitas.
Deux années de défense des intérêts des
étudiants, travailleurs en formation. La
FSEUL était une des premières organisations à
mener le combat contre le CPE. Déjà le 31
janvier, elle défilait derrière sa banderole
« JEUNES/TRAVAILLEURS UNITE CONTRE LE CPE/CNE
! ». Elle a cherché tout le long du mouvement
à unifier les luttes de la jeunesse et des
travailleurs au niveau national, en se
battant dans cette voie notamment au sein de
la coordination nationale. Elle a dû par
conséquent se battre constamment contre les
bureaucraties syndicales qui tentaient de
freiner la mobilisation.
Un nouveau souffle dans
les universités
La fondation de la FSEUL est un pas
important pour le syndicalisme étudiant.
Aucune organisation n’existait à ce
jour pour mener les combats étudiants
jusqu’au bout, comme en témoignent la
lutte en 2003 contre les réformes ECTS/LMD et
la lutte des lycéens contre la loi Fillon.
L’UE, dont la politique est décidée
collectivement par les états membres
–pour le plus grand profit des
capitalistes de ces Etats- et appliquée selon
les spécificités nationales, permet au
gouvernement de détruire acquis sociaux et
services publics. Le LMD et le Pacte pour la
Recherche, deux politiques soudées par la
LOLF (cf internationaliste n°62) ont un
objectif très clair : la destruction des
diplômes nationaux adossés au code du travail
et aux conventions collectives.
Le rapport de la commission Hetzel (sorti
fin octobre), appelée par la Conférence des
Présidents d’Université, est chargée
d’étudier le renforcement des liens
entre l’université et les entreprises.
Ce rapport ne préconise rien de moins que la
mainmise totale des patrons sur
l’enseignement supérieur, ce qui montre
la pressante volonté du gouvernement
d’en finir une bonne fois pour toute
avec une éducation publique, laïque et
gratuite pour tous de la maternelle à
l’université.
C’est face à ce double constat,
l’absence d’une organisation de
lutte conséquente tout d’abord, puis la
virulence des attaques au niveau européen,
que les jeunes militants du GSI ont jugé
qu’il était urgent de doter les
étudiants d’un réel outil de
mobilisation et de lutte.
Le congrès a donc travaillé à se donner
des positions claires afin d’apporter
des perspectives de luttes concrètes aux
étudiants et aux lycéens. De nombreux textes
ont été discutés lors de ce congrès. Leur
discussion, y compris avec des invités non
adhérents à la FSEUL, a été l’occasion
pour le syndicat de clarifier ses positions.
Des revendications explicites ont été
dégagées pour les batailles fondamentales de
la FSEUL qui sont
- la lutte inconditionnelle contre la
privatisation de l’éducation
- la défense de la laïcité, qui assure un
enseignement libéré de l’avidité des
patrons et de la bêtise religieuse.
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D’autres questions ont pu
être approfondies : la défense des CROUS,
victimes de la décentralisation, la question
de la libre circulation des étudiants,
c’est-à-dire la défense des étudiants
étrangers sélectionnés violemment par de
nombreuses circulaires racistes et le CESEDA.
La défense du bac, premier diplôme
universitaire, attaqué récemment par Goulard
(ministre délégué à l’Enseignement
Supérieur et à la Recherche) qui propose une
sélection en février pour les élèves de
terminale. Ou encore
l’internationalisme : la FSEUL,
consciente que les attaques sont
d’envergure européenne, voire mondiale,
ne peut au minimum envisager sa lutte
qu’à l’échelle européenne,
c’est pourquoi elle s’est dotée
d’une commission internationale.
Ces textes et positions sont disponibles
sous forme de brochure auprès des
militants.
De nouvelles perspectives
de lutte contre la privatisation
Il a été décidé par les adhérents de mener
deux campagnes nationales cette année. Un
combat contre la mise en place des pôles
d’excellence, incitée par le Pacte pour
la Recherche, et un combat pour la défense de
la laïcité. Par ses deux campagnes, la FSEUL
veut impulser une bataille active contre la
privatisation de l’université.
La politique contre les universités est à
tel point engagée, qu’aujourd’hui
plus aucune organisation syndicale ne peut se
permettre de passer à la trappe la
constitution des pôles d’excellence qui
ont vocation à être concurrentiels sur le
marché mondial de l’éducation. Derrière
la constitution des 13 pôles annoncés
dernièrement par le gouvernement, c’est
le processus de destruction/privatisation de
l’enseignement supérieur public qui
s’achève! La FSEUL s’engage dans
une campagne nationale d’information et
de mobilisation contre les pôles
d’excellence afin d’alerter les
étudiants sur l’avenir de leurs
universités.
Et alors que l’argument du manque de
financement pour les universités est
allégrement utilisé pour justifier leur
privatisation, la FSEUL répond par une
seconde campagne, toute liée à la première :
revendiquer une réelle application de la
laïcité. La plupart des organisations ont
malheureusement abandonné ce combat, alors
même que le gouvernement s’en prend
ouvertement à la liberté de conscience en
parlant de « laïcité ouverte ».
Tous les ans, ce sont plus de 9 milliards
d’euros qui échappent à l’école
publique, alors que cet argent pourrait
financer 200 000 postes à l’éducation
nationale. Gilles de Robien préconise même de
« financer à part égale l’enseignement
privé et l’enseignement public » ;,
mais qui est prêt à l’en empêcher
sachant que même Bruno Julliard, président de
l’UNEF s’est dit « favorable à
des financements privés » pour
l’université !?
La FSEUL combattra jusqu’au bout
pour de vrais diplômes adossés aux
conventions collectives et au code du
travail, elle combattra jusqu’au bout
pour le retour des 9 milliards détournés à
l’enseignement public. Elle appelle par
conséquent tous les étudiants et lycéens
déterminés à lutter pour leurs droits à la
rejoindre pour conquérir un enseignement
public, laïc et gratuit pour tous de la
maternelle à l’université.
Parce que les étudiants et les lycéens ne
peuvent compter que sur leurs propres forces,
c’est pour les mobiliser, pour les
organiser et les aider à diriger leurs luttes
que la FSEUL est née !
Les
militants syndicalistes étudiants de la
cellule jeune.
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