| Le parti socialiste avait donc
le choix entre 3 candidats présidentiables :
S. Royale, D. Strauss-Kahn et L. Fabius. Des
candidats qui, en tant que ministres du
gouvernement Mitterrand puis de celui
Chirac-Jospin, ont tous trois participé
activement à l’application de la
politique anti-ouvrière exigée par les
directives de Maastricht, à savoir : la
destruction de la santé et de
l’enseignement, la flexibilité, le
blocage-baisse des salaires, etc. etc.
C’est finalement la candidate
préférée des sondage et des media, S. Royale,
qui a emporté la mise, après une campagne
basée sur des slogans, dont notamment « la
politique doit changer », « n’ayons pas
peur des idées neuves ». L’ancienne
conseillère de François Mitterrand, et
adjointe du sinistre ministre de
l’éducation Claude Allègre, a été
présentée comme étant la plus en symbiose
avec les militants socialistes et le peuple,
parce que… étant la plus moderne de
tous.
Cette « moderniste », tant célébrée par la
presse bourgeoise, a en effet dévoilé très
rapidement ses « idées neuves ». Pour la
jeunesse des cités, les « fauteurs de
troubles » : le maintien des CRS et la mise
en place de centres éducatifs encadrés par
des militaires. Pour la jeunesse au chômage :
la continuation de la précarité avec la
restauration des « emplois jeunes » du
gouvernement Jospin.
Pour les fainéants enseignants :
augmentation des heures de travail,
obligation « de rester 35 heures dans
l’établissement » (la candidate
d’ignorer royalement les heures
consacrées aux réunions pédagogiques, à la
préparation des cours, à la correction des
devoir à la maison…). Le tout,
couronné par une dose de « démocratie
participative » à la sauce brésilienne.
Quelles que soient les explications
avancées par les commentateurs bourgeois sur
le vote des militants et la consécutive
victoire de S. Royal (traumatisme post-Le Pen
suite aux élections présidentielles de 2002
et, de là, nécessite de donner un signal fort
aux électeurs… ; peur de
l’extrémisme de Sarkozy… ;
répercussion, dans le vote socialiste,
d’une demande d’idées neuves de
la part du « peuple »… ; dépassement
du cadre des partis politiques…, et
autres perles), une chose est certaine : le
choix des militants socialistes, porté à 60%
sur S. Royale comme candidate aux élections
présidentielles, loin de nous surprendre,
confirme ce que nous répétons depuis un bon
moment déjà : le caractère de plus en plus
bourgeois de ce parti soi-disant de
gauche.
D’un point de vue ouvrier, de
classe, le choix entre ces trois acteurs des
restructurations capitalistes, (et pas
n’importe lesquels !) relève de la
quadrature du cercle ; ce choix, toutefois,
ne pose aucun problème dans le Parti
Socialiste. Aussi, l’élection de cette
fervente admiratrice de Tony Blair,
pasionaria du oui au referendum européen, et
l’importance du score obtenu, reflètent
la profonde transformation sociale de cette
formation politique. Caractérisé
traditionnellement par le trotskisme comme
parti ouvrier bourgeois, sa composition
majoritairement petite bourgeoise pèse,
aujourd’hui, de tout son poids dans les
orientations politiques du PS ; des
orientations, depuis déjà assez longtemps,
entièrement pro-capitalistes.
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De la part du PS, il est donc
sûr que, comme ce fût lors de la campagne du
candidat Royal, nous aurons à assister
jusqu'aux élections présidentielles au
matraquage des derniers mois pour faire
pression sur les travailleurs et leur faire
oublier toutes ces années de connivence, avec
la droite et le patronat, dans la destruction
des conquêtes et acquis sociaux. Mais,
surtout, nous subirons un matraquage pour
occulter, isoler, encadrer la lutte de classe
et acculer les travailleurs à la seule «
issue possible », selon le PS :
l’élection de la patronne de «
l’usine des idées neuves » au poste de
président de la république.
« Nous devons incarner l’ambition
d’une France économiquement dynamique
et socialement solidaire » a martelé la
candidate Royal dans son premier discours le
vendredi 17 novembre, comme une synthèse de
tout son « arsenal d’idées novatrices
». Certes, « Une France économiquement
dynamique » pour le patronat, et «
socialement solidaire » du patronat :
c’est ce à quoi le PS et S. Royal
n’ont pas arrêté d’œuvrer
depuis des années ; c’est aussi ce à
quoi le PS et S. Royal ont toujours rêvé.
Voila le programme qui attend les
travailleurs si la patronne du monde
industriel des idées neuves l’emportait
aux élections.
Il est certain que, par tous les moyens,
on va continuer à essayer de nous enfermer
dans ce faux choix entre une « gauche »
Ségolène et une droite Sarkozy. Un choix
entre deux « modernistes », comme les
caractérisent leurs acolytes et les grands
media de tous bords. Ainsi, d'après
l’hebdomadaire "Courrier
International", la presse étrangère a du mal
à voir ce que distingue Ségolène Royal de
Nicolas Sarkozy. "La bagarre entre Nicolas
Sarkozy et Ségolène Royal ne sera au fond
qu'un drame psychologique", prédit par
exemple l'hebdomadaire britannique "The
Spectator". La tache est rude, en effet, pour
celui qui chercherait à faire une distinction
programmatique entre les deux rivaux du
modernisme. Leur modernisme n’étant, ni
plus ni moins, qu’une recherche
frénétique pour s’adapter aux exigences
de l’économie de marché, sous la
direction et surveillance étroite de
Bruxelles.
Mais vouloir n’est pas pouvoir !
Ils auront beau tout prévoir pour faire
passer leur vieux modernisme réactionnaire,
il restera toujours un facteur qu’ils
ne peuvent pas prévoir, le principal : quelle
sera la réaction des millions de travailleurs
appauvris, attaqués de toutes parts dans
leurs conquêtes et acquis sociaux ? Celle des
chômeurs dans la misère ? Celle des jeunes
précarisés et exposés à une répression
policière permanente ? Car c’est eux
qui auront le dernier mot, et bien malin
celui qui, à ce stade de l’échéance,
pourrait déterminer quelle sera l’issue
de cette expression déformée de la lutte de
classes que sont les présidentielles de 2007
!
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