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Article paru dans l'Internationaliste n°64

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Le peuple palestinien, toujours debout face à l’agression impérialiste !
La crise du sionisme

La démission toute récente du chef d’état major de l’armée israélienne, le général Dan Haloutz, traduit encore davantage l’ampleur de la crise politique et militaire de l’Etat sioniste. Cette crise est le résultat de la défaite militaire subie par Israël au Liban. La cinquième armée du monde, tête de pont de l’impérialisme US dans la région, s’est heurtée à la résistance de quelque 6 000 hommes déterminés, soutenus par le peuple libanais en lutte contre l’agresseur. Les ponts, les routes, les nœuds de circulation, les industries ont été méticuleusement pulvérisés, les villes détruites et les populations massacrées, mais la réalité de ce champ de ruine est dure à entendre pour Israël : aucun des objectifs militaires visés n’a été rempli au terme de ce mois d’agression. Tout comme les bourbiers irakien et afghan pour l’impérialisme US, l’échec libanais révèle la nature de l’impérialisme sioniste : un colosse aux pieds d’argile que la détermination des peuples parvient à faire battre en retraite.

De ce point de vue, le peuple palestinien reste, depuis plus de 50 ans, à la pointe de la lutte contre l’ordre barbare que l’impérialisme cherche à imposer. Massacres, nettoyages ethniques, expulsions massives, ghettoïsation, rien n’y a fait : le peuple palestinien est toujours debout, plus que jamais déterminé à lutter jusqu’au bout contre l’oppression sioniste.

Destruction, occupation et colonisation

L’agression israélienne s’est déchaînée ces derniers mois : le « désengagement » de Gaza, chanté comme un geste de sacrifice et de paix de la part du sionisme, aura mis peu de temps à dévoiler sa vraie signification : une ghettoïsation totale suivie d’un « engagement » militaire sans précédent. Gaza n’est rien d’autre qu’une prison à ciel ouvert, où la misère atteint aujourd’hui des proportions dramatiques : notamment une précarité de 66%, et une malnutrition qui gagne du terrain. Côté militaire, fin 2006, en quelques semaines, les chars et les F 16 ont massacré plus de 400 Palestiniens en laissant mille blessés. A Beit Hanoune, une famille entière fut déchiquetée dans son sommeil, sans aucune erreur possible. Comme le rappelait un des survivants, cette boucherie était censée servir d’exemple dissuasif pour mettre à genoux un peuple qui ose résister.

En Cisjordanie, l’occupation et la colonisation, essence même du sionisme, se poursuivent à grande vitesse. Le mur-apartheid découpe le territoire en bantoustans isolés, confisque les terres et assure un peu plus le pillage israélien des ressources palestiniennes en eau (dont Israël contrôle déjà 80%). Le ministère de l’Habitât vient d’autoriser l’agrandissement de la plus grande colonie juive en Cisjordanie, Maalé Adounim : cela signifie ni plus ni moins la division en deux de la Cisjordanie. Cette politique n’est pas un « dérapage » ou un « excès irresponsable» du gouvernement israélien ; c’est l’expression profonde de la nature même d’Israël : un Etat colonial et raciste, qui cherche par tous les moyens à s’assurer une majorité juive indispensable à sa survie.

On comprend mieux alors pourquoi Olmert peut cyniquement parler, ces derniers jours, d’Etat palestinien aux « frontière temporaires » et provisoires ! Provisoires, oui, car toujours susceptibles d’être réduites un peu plus chaque jour, jusqu’à la soumission totale d’un peuple !

La crise des institutions palestiniennes et la résistance du peuple.

Mais les Palestiniens sont décidés à ne pas se laisser soumettre. La crise historique du Fatah et des institutions palestiniennes n’est que la conséquence de cette résistance radicale du peuple contre l’occupant. L’autorité palestinienne a payé, dans les urnes l’an dernier, le prix de sa collaboration avec le sionisme, et de sa soumission à l’impérialisme US. Aujourd’hui, il est en train de le payer dans la rue. Le climat de guerre civile, qui s’est confirmé ces dernières semaines, est la traduction politique de la lutte des classes en Palestine : d’un côté l’Autorité de Mammoud Abass, dernier allié et dernière chance de l’impérialisme américain pour soumettre le peuple palestinien ; de l’autre, le Hamas, porté par défaut aux urnes, et pris à la gorge par la lame de fond du peuple en lutte qui fait pression sur lui. Effrayé par la pression populaire, le Hamas cherche à la canaliser, en poursuivant, lentement mais sûrement, sa « conversion » vers la reconnaissance d’Israël, vers le pacte avec l’impérialisme et la « solution » des deux Etats. Le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal, a franchi un nouveau pas dans ce sens ces derniers jours, en reconnaissant l’existence d’Israël comme « un fait », « une réalité ». Et il ajoute cette phrase lourde de conséquences : « Le problème, ce n’est pas l’existence d’une entité qui s’appelle Israël. Le problème, c’est que l’État palestinien n’existe pas. » (L’Orient le jour 11 janvier 2007).

Qui ne voit que « l’Etat palestinien » aux côtés d’Israël est une utopie, démentie chaque seconde, et forgée pour soumettre les Palestiniens aux vues de l’impérialisme ? Tzipi Livni, la ministre des affaires étrangères proche du boucher Sharon, ne s’y trompe pas ; sinon plus lucide, en tout cas moins cynique que Méchaal, elle avouait, il y a tout juste un an : « Nous […] voulons assurer la spécificité juive de notre Etat. Or, désormais, on entend des gens dire : « Finalement, pourquoi n'y aurait-il pas qu'un seul Etat ici ? Au fond, le judaïsme n'est qu'une religion... » ». Elle concluait, comme en un hommage involontaire à la résistance héroïque et un jour victorieuse du peuple palestinien : « plus le conflit israélo-palestinien se prolonge, moins le temps joue en notre faveur » ! (Le Monde 15 Janvier 2006).

Vive la lutte du peuple palestinien contre l’agression sioniste !

Pour une seule Palestine, laïque et socialiste, sur tout le territoire de la Palestine historique !

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