| Le gouvernement Prodi a adopté
une Loi Financière « larmes et sang ».
D’une part, amputation des dépenses
sociales et de santé ; d’autre part,
augmentation de la dépense militaire. Un
budget qui prévoit, en effet,
l’élargissement de la base militaire de
Sigonella, l’hébergement d’une
flotte de guerre US dans le port de Palerme,
l’achat d’une énorme usine
d’armement américaine à Cameri, la
construction d’une nouvelle (et plus
grosse) base militaire US à Vicenza, la
reconduction des crédits pour la mission en
Afghanistan. Dans les faits, les missions
impérialistes (dont celle au Liban)
sont-elles renforcées grâce au gouvernement
Prodiste de l’Union.
Parmi les parlementaires qui annoncent leur
présence à la manifestation
d’aujourd’hui, nombreux sont ceux
qui ont construit leur propre carrière
politique alors qu’ils étaient dans
l’opposition, sur la base du non à la
guerre, de la non-violence et du pacifisme.
Les mêmes, désormais dans la majorité, non
contents d’avoir voté la Loi de
Finances (véritable massacre social), ont de
surcroît soutenu le gouvernement Prodi dans
sa volonté d’installer une nouvelle
base US à Vicenza.
Aussi, au Sénat avons-nous pu assister aux
jutes verbales entre centre-droit et
centre-gauche et, par ailleurs, à la
capitulation, de plus en plus évidente, de la
gauche parlementaire (PRC, PDCI, Verts,
Gauche) vis-à-vis de la politique extérieure
d’un gouvernement que, de leur part,
les manifestants de Vicenza définissent très
justement comme un « gouvernement de guerre
».
Le vote du Sénat sur l’élargissement
de la Base US de Dal Molin a démasqué, pour
la énième fois, ces parlementaires soi-disant
«auto suspendus», leur démagogie, leur
duplicité idéologique : au moment crucial, en
dépit de leurs déclarations publiques
grandiloquentes et leurs manèges «auto
suspensifs», ces gens-là n’ont présenté
aucune motion pour dire NON à la Base US de
Dal Molin. En revanche, ils ont voté une
motion «prenant acte» des décisions du
gouvernement ; motion aménagée d’un
appel démagogique à une «conférence sur les
servitudes militaires». Mais les faits, qui
sont têtus, démontrent une fois de plus la
vacuité politique de la «pression de la
gauche» du gouvernement, ainsi que
l’escroquerie de la politique «de lutte
et de gouvernement».
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Pour les communistes, il est
grand temps de rompre tous liens
organisationnels avec les partis de la gauche
gouvernementale !!
Entre-temps, 95 entreprises italiennes ont
déjà répondu à l’offre de marché public
sur le projet Dal Molin. Un marché évalué à
300 millions d’euros (390 millions de
dollars) et qui, selon certains, pourrait
frôler le «milliard de dollars » d’ici
2011. Parmi les principales entreprises, on
évoque surtout la «triade rouge» de la Ligue
des Coopératives, proche des DS et du
gouvernement de centre-gauche,
c’est-à-dire des sociétés de
construction comme CCC (Venise), CMC
(Ravenne) et CMR (Ferrare), ainsi que
Pizzarrotti&C (Parme), une des plus
actives dans le domaine des bases US.
Tel que nous
l’ont démontré l’expérience
contre le TAV (1) en Val
de Susa, et celle contre les lois sur la
précarité en France, pour une issue
victorieuse, la lutte doit s’étendre et
mobiliser les travailleurs et les masses
populaires pour arriver à un arrêt de la
production.
Le Parti
d’Alternative Communiste est né
d’une scission du PRC (ex gauche de
Refondation) qui a rompu avec le parti de
Bertinotti, justement, quand ce parti a
décidé de rejoindre le gouvernement Prodi. Le
Parti d’Alternative Communiste appelle
donc les travailleurs de la CGIL (2), de la CUB (2) et de tout le
syndicalisme de base à faire pression sur
leurs propres organisations syndicales pour
aller, le plus rapidement possible, vers la
proclamation d’une grève générale
contre les politiques néocolonialistes et de
guerre de ce gouvernement.
A Vicenza, le 17 février 2007.
(1) TAV, Treno di Alta Velocità : le
TGV en Italie.
(2) CGIL, et CUB : organisations
syndicales italiennes.
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