| Dans les grandes lignes, cela
signifie défendre les positions de principe
du socialisme, du marxisme. C'est-à-dire, à
mon avis, que les trotskistes sont de nos
jours les seuls défenseurs des véritables
positions marxistes.
Commençons par comprendre ce que signifie
être véritablement marxiste. Nous ne pouvons
pas en faire un culte, comme il a été fait de
Mao ou de Staline. Etre trotskiste
aujourd'hui ne signifie pas être d'accord
avec tout ce que Trotski a dit ou écrit, mais
savoir le critiquer ou le dépasser, tout
comme par rapport à Marx, à Engels ou à
Lénine, parce que le marxisme aspire à être
scientifique, et la science enseigne qu'il
n'y a pas de vérités absolues. Etre
trotskiste est donc d'abord être critique, y
compris du trotskisme.
Dans son aspect positif, être trotskiste
c'est répondre à trois analyses et positions
claires, concernant le programme.
Premièrement : tant que le capitalisme
existera dans le monde ou dans un pays, il
n'y a absolument pas de solution de fond,
pour aucun problème : ni pour l'éducation, ni
pour l'art, ni pour les problèmes plus
généraux de la faim, de la misère croissante,
etc.
Il en découle, bien que ce ne soit pas
exactement la même chose, le besoin
d’une lutte sans merci contre le
capitalisme, jusqu'à son renversement, pour
imposer un nouvel ordre économique et social
dans le monde. Un ordre qui ne peut être
autre que le socialisme.
Deuxièmement : dans les régions où la
bourgeoisie a été expropriée (je parle de
l'URSS et de tous les pays qui se disent du
socialisme), il n'y a pas d'issue possible si
l’on n'impose pas la démocratie
ouvrière. Le «grand mal», la syphilis du
mouvement ouvrier mondial est la
bureaucratie, les méthodes totalitaires qui
existent dans ces pays, ainsi que dans les
organisations ouvrières, les syndicats et les
partis qui se revendiquent comme étant de la
classe ouvrière, et qui ont été corrompus par
la bureaucratie. C'est un grand succès de
Trotski qui, le premier, a employé ce terme
qui de nos jours a une acception universelle
; tous parlent de bureaucratie, parfois même
les dirigeants de ces états que nous appelons
ouvriers. Tant qu'il n'y aura pas la plus
vaste démocratie, le socialisme n’aura
pas commencé de se construire. Le socialisme
n'est pas seulement une construction
économique. Le trotskisme est le seul qui ait
fait cette analyse. Il a aussi été le seul
qui ait tiré la conclusion de la nécessité de
faire une révolution dans tous ces états,
ainsi que dans les syndicats, pour obtenir la
démocratie ouvrière.
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Troisièmement, une question
décisive : le trotskisme est le seul qui soit
conséquent face à la réalité
économique-sociale mondiale actuelle, où un
groupe de grandes compagnies transnationales
domine pratiquement toute l'économie
mondiale.
A ce phénomène économique-social, il faut
répondre avec une organisation et une
politique internationales.
Dans cette époque de mouvements
nationalistes, qui jugent que tout se résout
dans le pays même, le trotskisme est le seul
qui dise qu'il n'y a de solution qu'à
l’échelle de l'économie mondiale et par
l’installation du nouvel ordre qui est
le socialisme. Pour cela, il est nécessaire
de reprendre la tradition socialiste,
l'existence d'une internationale socialiste
qui assumera la stratégie et la tactique pour
obtenir la défaite des grandes
transnationales dominant la planète, pour
inaugurer le socialisme qui sera mondial ou
ne sera pas.
Si l'économie est mondiale, il doit y
avoir une politique et une organisation
mondiales des travailleurs pour que, d'une
part, tout pays qui fait sa révolution étende
cette révolution à l'échelle mondiale ; pour
que, d'autre part, ces révolutions apportent
chaque fois davantage de droits démocratiques
à la classe ouvrière, afin que celle-ci
puisse prendre son destin en mains par le
biais de la démocratie.
Le socialisme ne peut pas être autre que
mondial. Toutes les tentatives de faire un
socialisme national ont échoué, parce que
l'économie est mondiale et qu'il ne peut y
avoir de solution économique-sociale des
problèmes à l'intérieur des étroites
frontières nationales d'un pays.
Ce qu'il faut mettre en échec, ce sont les
transnationales à l'échelle mondiale pour
entrer dans l'organisation socialiste
mondiale.
C'est pourquoi, ce qu’est le
trotskisme de nos jours peut être ainsi
synthétisé : les trotskistes sont les seuls
dans le monde à avoir une organisation
mondiale, petite, faible…, tout ce que
vous voudrez, mais la seule internationale
existante, la Quatrième Internationale, qui
reprend les traditions des internationales
précédentes et les remet à jour face aux
nouveaux phénomènes, selon une vision
marxiste et la nécessité d’une lutte
internationale.
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