Hamas : un pas de plus
vers la soumission à l’impérialisme.
L’accord pour un gouvernement
d’union nationale signé entre le Fatah
et le Hamas, sous le patronage de
l’Arabie Saoudite, constitue une étape
de plus dans la trahison des directions
palestiniennes envers le combat du peuple
palestinien. Si la collaboration du Fatah
n’est plus à prouver, celle du Hamas
(propulsé par défaut au pouvoir) est plus
tortueuse.
Or, à la Mecque, le Hamas a fait un pas de
plus dans son trajet
d’institutionnalisation et dans la
reconnaissance d’Israël, non sans son
habituelle touche d’ambiguïté, par
prudence. En effet, le texte de
l’accord précise que le gouvernement
devra « respecter la légalité
internationale et les accords conclus par
l’Organisation libération de la
Palestine (OLP) ». Cela signifie donc,
de manière indirecte mais on ne peut plus
nette, la reconnaissance de la légitimité de
l’Etat sioniste, le renoncement à 78%
de la Palestine historique et
l’acceptation de la chimère des « deux
Etats » : le tout se résumant dans la
soumission à la « légalité » impérialiste qui
règne en maître à l’ONU.
La signature de cet accord va donc dans le
sens d’une adaptation, encore un peu
plus poussée, des directions palestiniennes
aux pressions du sionisme et aux exigences
des impérialismes US et européen. Douste
Blazy, au nom de la « communauté
internationale » (autre nom pour
l’impérialisme européen),
s’empressait de saluer cet accord, le
qualifiant de « pas dans la bonne
direction vers la pleine adhésion aux
demandes de la communauté internationale
auxquelles nous sommes attachés,
s’agissant en particulier de la
reconnaissance d’Israël ». Moins
festive, Condolezza Rice brûlait les étapes
et rappelait fermement l’exigence de
l’impérialisme US : le gouvernement
palestinien devra reconnaître «
explicitement » Israël.
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« Deux Etats », dont un
ne verra pas le jour !
La déclaration de Condolezza Rice, à la
fin du sommet, résume à merveille le cynisme
de la théorie des « deux Etats » : « Nous
avons tous les trois affirmé notre engagement
pour une solution à deux Etats et nous nous
sommes entendus sur le fait qu'un Etat
palestinien ne peut voir le jour dans le
terrorisme et la violence ». Autrement
dit, l’Etat palestinien est une vague
chimère, que l’impérialisme agite
d’autant plus que cet Etat est, bien
sûr, destiné à ne jamais « voir le jour ». De
toute façon, comment le pourrait-il puisque
la « violence » et « le terrorisme »
d’Etat sionistes nient tous les jours
depuis plus de 50 ans, dans le sang, le feu
et la barbarie, le droit élémentaire du
peuple palestinien à disposer de lui-même.
La lutte des classes et la
crise de la société palestinienne.
Qui ne voit que cet accord d’union
nationale n’est qu’un accord
d’union des directions palestiniennes
avec l’impérialisme, sur le dos
d’un peuple pourtant déterminé à lutter
pour ses droits ? Peut-être cet accord
parviendra-t-il à calmer provisoirement les
foyers de guerre civile ; encore, est-ce très
incertain. Peut-être ralentira-t-il
temporairement la crise des institutions
fourvoyées. Ce qui est sûr, c’est
qu’il ne résoudra pas la crise de la
société palestinienne, bien au contraire. Car
cette crise, fruit de la lutte des classes,
repose sur la contradiction radicale entre un
peuple spontanément anti-impérialiste et des
directions à la solde de
l’impérialisme.
D’un côté, le peuple déterminé à
continuer la lutte contre l’occupation,
le sionisme et l’impérialisme, parce
que c’est pour lui une question de
survie. En face, des directions bourgeoises
qui pactisent avec l’impérialisme dans
l’espoir d’y ramasser quelques
miettes. Ainsi, à la Mecque, les directions
palestiniennes ont tourné encore un peu plus
le dos à leur peuple, se soumettant encore un
peu plus au joug impérialiste. Le peuple
palestinien n’a rien à gagner à cet
accord qui le jette un peu plus avant dans
les griffes de l’impérialisme !
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