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Article paru dans l'Internationaliste n°68

Pseudo puce Retour aux dossiers Irak et Palestine

Irak, Palestine : l’apartheid, comme dernier rempart de l’impérialisme
En février, Bush, malgré l’opposition toujours croissante du peuple des Etats-unis à la poursuite de la guerre, annonçait l’envoi massif de troupes à Bagdad afin de briser la résistance dans la capitale irakienne. Force est de constater que les 30 000 Gi’s supplémentaires, aidés de leurs supplétifs irakiens, ont connu un échec cuisant dans cette entreprise. Le mois d’avril fut particulièrement meurtrier pour les soldats de l’impérialisme (plus de 70 morts), tandis que les affrontements entre factions de la bourgeoisie irakienne continuaient d’ensanglanter la population. D’où l’essai depuis peu, par les généraux yankees, d’une nouvelle tactique, inspirée des élucubrations d’un officier français durant la guerre d’Algérie…

Un mur de la honte dans Bagdad

Dans la précipitation, l’état-major US a entrepris l’édification de murs autour de différents quartiers dits confessionnels de Bagdad. Une balkanisation à petite échelle. Les Etats-Unis, qui bénéficient d’une expérience certaine dans la mise en place et le maintien de régimes ségrégationnistes, en font aujourd’hui profiter les masses irakiennes. Tandis que le porte-parole de l'armée US, le contre-amiral Mark Fox, tente de justifier cette entreprise (« Ces barrières de sécurité sont une initiative de l'armée irakienne et ont été approuvées par le gouvernement d'Irak. [...] Elles sont des boucliers provisoires pour protéger le peuple irakien des meurtriers qui essaient de faire entrer des voitures piégées dans leurs quartiers »), la colère monte au sein d’une population qui peine de plus en plus à survivre.

Les Irakiens, qui subissent quotidiennement l’oppression de l’impérialisme et ses alliés locaux, opposent une résistance farouche à la construction de ces murs. Signe que la partition religieuse encouragée par les USA n’a pas encore complètement brisé l’unité du peuple irakien. Un peuple qui exprime de plus en plus massivement sa volonté de voir les Etats-unis quitter l’Irak : le 9 avril, une manifestation réunissait plusieurs centaines de milliers de personnes, à Nadjaf, pour réclamer le départ des forces étrangères. Des blocs de béton d’un côté, des manifestants toujours plus nombreux de l’autre : l’avenir de l’impérialisme US en Irak apparaît bien sombre. Le Parti islamique (organisation bourgeoise d’obédience sunnite) résume, dans un communiqué, les conséquences de la stratégie aveugle de l’impérialisme : « Encercler des territoires de la capitale avec des fils barbelés et des blocs de béton sera néfaste, économiquement et socialement. Sans compter que cela renforcera les sentiments sectaires. »

C’est précisément ce que cherchent les stratèges de l’impérialisme. Des premières vagues de colonisations européennes, en passant par la politique française en Afrique, le « diviser pour mieux régner » a toujours été la tactique favorite de l’impérialisme. Avec les conséquences que l’on sait (au Rwanda, par exemple). L’armée US se tire une nouvelle balle dans le pied. Les soutiens irakiens des USA, devant la barbarie croissante de l’occupation, se défaussent l’un après l’autre. L’occupant ne peut même plus compter sur l’appui du gouvernement fantoche, mis en place à la chute de Saddam Hussein : aujourd’hui, ce gouvernement n’a autorité qu’au sein de la « zone verte », l’enclave américanisé de Bagdad. Dernier acte de l’émiettement du pouvoir colonial en Irak, le départ de l’organisation chiite de Moqtada al Saadr du parlement irakien. Un départ qui laisse présager le naufrage.

Affaibli militairement, inexistant politiquement, l’occupant états-unien poursuit sa fuite en avant, en entraînant dans sa chute le prolétariat irakien. Afin de continuer encore un peu le pillage des formidables ressources pétrolières du pays, il fournit les outils aux directions politiques religieuses pour achever la partition du pays. Devant l’édification d’un des murs qui partagent maintenant Bagdad, un pharmacien irakien se demandait : « On est en Cisjordanie, ici ou quoi ? » (Los Angeles Time). Question pertinente, tant la situation des peuples irakien et palestinien sont similaires.

Le mur de l'apartheid en Palestine

En effet, la construction du mur de séparation entre Israël et les territoires continue, officialisant l’apartheid que subissaient déjà les travailleurs palestiniens. Cependant, les manifestations contre l’édification du mur se poursuivent malgré la répression féroce des forces sionistes : vendredi 13 avril, 17 personnes ont été blessées. La crise qui ronge l’impérialisme US a des répercussions au cœur du système israélien. En parallèle de la défaite militaire des Etats-unis en Irak, l’humiliation subie par l’armée sioniste au Liban a ouvert une crise sans précédent en Israël. La stabilité de la « seule démocratie du Moyen Orient » reposant pour beaucoup sur les épaules de son armée, son échec face au Hezbollah a des conséquences politiques majeures.

Aujourd’hui Ehoud Olmert, digne successeur d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement israélien, est sur la sellette. Une coalition de partis sionistes, allant de l’extrême droite religieuse à la gauche réformiste, exige sa démission. Après les scandales sur les transactions d’un général israélien, et les révélations sur les mœurs pour le moins particuliers du président Moshe Katsav, le rapport Winograd, qui note la responsabilité directe d’Olmert dans la défaite au Liban, est une nouvelle fissure dans la plus solide tête de pont de l’impérialisme yankee au Moyen-Orient. Une fissure qui fragilise un peu plus le colosse aux pieds d’argile : il ne manque plus grand-chose pour le mettre à bas, mais c’est là le pas le plus difficile à faire.

L’organisation indépendante des travailleurs du Moyen-Orient, hors des partis islamiques qui ne cherchent que le compromis avec l’impérialisme, est le seul moyen d’en finir avec la barbarie quotidienne. Les derniers affrontements entre Fatah et Hamas prouvent, dramatiquement, que la nécessité d’une organisation révolutionnaire internationaliste, comme direction de la lutte du peuple palestinien, n’est pas une vision de l’esprit.

En Irak comme en Palestine : pour la défaite des armées impérialistes !

Pour un seul Irak et une seule Palestine, laïcs et socialistes !

Rémy

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