| En février, Bush, malgré
l’opposition toujours croissante du
peuple des Etats-unis à la poursuite de la
guerre, annonçait l’envoi massif de
troupes à Bagdad afin de briser la résistance
dans la capitale irakienne. Force est de
constater que les 30 000 Gi’s
supplémentaires, aidés de leurs supplétifs
irakiens, ont connu un échec cuisant dans
cette entreprise. Le mois d’avril fut
particulièrement meurtrier pour les soldats
de l’impérialisme (plus de 70 morts),
tandis que les affrontements entre factions
de la bourgeoisie irakienne continuaient
d’ensanglanter la population.
D’où l’essai depuis peu, par les
généraux yankees, d’une nouvelle
tactique, inspirée des élucubrations
d’un officier français durant la guerre
d’Algérie…
Dans la précipitation, l’état-major
US a entrepris l’édification de murs
autour de différents quartiers dits
confessionnels de Bagdad. Une balkanisation à
petite échelle. Les Etats-Unis, qui
bénéficient d’une expérience certaine
dans la mise en place et le maintien de
régimes ségrégationnistes, en font
aujourd’hui profiter les masses
irakiennes. Tandis que le porte-parole de
l'armée US, le contre-amiral Mark Fox, tente
de justifier cette entreprise (« Ces barrières de
sécurité sont une initiative de l'armée
irakienne et ont été approuvées par le
gouvernement d'Irak. [...] Elles
sont des boucliers provisoires pour protéger
le peuple irakien des meurtriers qui essaient
de faire entrer des voitures piégées dans
leurs quartiers »), la colère monte au
sein d’une population qui peine de plus
en plus à survivre.
Les Irakiens, qui subissent
quotidiennement l’oppression de
l’impérialisme et ses alliés locaux,
opposent une résistance farouche à la
construction de ces murs. Signe que la
partition religieuse encouragée par les USA
n’a pas encore complètement brisé
l’unité du peuple irakien. Un peuple
qui exprime de plus en plus massivement sa
volonté de voir les Etats-unis quitter
l’Irak : le 9 avril, une manifestation
réunissait plusieurs centaines de milliers de
personnes, à Nadjaf, pour réclamer le départ
des forces étrangères. Des blocs de béton
d’un côté, des manifestants toujours
plus nombreux de l’autre :
l’avenir de l’impérialisme US en
Irak apparaît bien sombre. Le Parti islamique
(organisation bourgeoise d’obédience
sunnite) résume, dans un communiqué, les
conséquences de la stratégie aveugle de
l’impérialisme : « Encercler des
territoires de la capitale avec des fils
barbelés et des blocs de béton sera néfaste,
économiquement et socialement. Sans compter
que cela renforcera les sentiments
sectaires. »
C’est précisément ce que cherchent
les stratèges de l’impérialisme. Des
premières vagues de colonisations
européennes, en passant par la politique
française en Afrique, le « diviser pour mieux
régner » a toujours été la tactique favorite
de l’impérialisme. Avec les
conséquences que l’on sait (au Rwanda,
par exemple). L’armée US se tire une
nouvelle balle dans le pied. Les soutiens
irakiens des USA, devant la barbarie
croissante de l’occupation, se
défaussent l’un après l’autre.
L’occupant ne peut même plus compter
sur l’appui du gouvernement fantoche,
mis en place à la chute de Saddam Hussein :
aujourd’hui, ce gouvernement n’a
autorité qu’au sein de la « zone verte
», l’enclave américanisé de Bagdad.
Dernier acte de l’émiettement du
pouvoir colonial en Irak, le départ de
l’organisation chiite de Moqtada al
Saadr du parlement irakien. Un départ qui
laisse présager le naufrage.
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Affaibli militairement,
inexistant politiquement, l’occupant
états-unien poursuit sa fuite en avant, en
entraînant dans sa chute le prolétariat
irakien. Afin de continuer encore un peu le
pillage des formidables ressources
pétrolières du pays, il fournit les outils
aux directions politiques religieuses pour
achever la partition du pays. Devant
l’édification d’un des murs qui
partagent maintenant Bagdad, un pharmacien
irakien se demandait : « On est en
Cisjordanie, ici ou quoi ? » (Los Angeles
Time). Question pertinente, tant la situation
des peuples irakien et palestinien sont
similaires.
En effet, la construction du mur de
séparation entre Israël et les territoires
continue, officialisant l’apartheid que
subissaient déjà les travailleurs
palestiniens. Cependant, les manifestations
contre l’édification du mur se
poursuivent malgré la répression féroce des
forces sionistes : vendredi 13 avril, 17
personnes ont été blessées. La crise qui
ronge l’impérialisme US a des
répercussions au cœur du système
israélien. En parallèle de la défaite
militaire des Etats-unis en Irak,
l’humiliation subie par l’armée
sioniste au Liban a ouvert une crise sans
précédent en Israël. La stabilité de la «
seule démocratie du Moyen Orient » reposant
pour beaucoup sur les épaules de son armée,
son échec face au Hezbollah a des
conséquences politiques majeures.
Aujourd’hui Ehoud Olmert, digne
successeur d’Ariel Sharon à la tête du
gouvernement israélien, est sur la sellette.
Une coalition de partis sionistes, allant de
l’extrême droite religieuse à la gauche
réformiste, exige sa démission. Après les
scandales sur les transactions d’un
général israélien, et les révélations sur les
mœurs pour le moins particuliers du
président Moshe Katsav, le rapport Winograd,
qui note la responsabilité directe
d’Olmert dans la défaite au Liban, est
une nouvelle fissure dans la plus solide tête
de pont de l’impérialisme yankee au
Moyen-Orient. Une fissure qui fragilise un
peu plus le colosse aux pieds d’argile
: il ne manque plus grand-chose pour le
mettre à bas, mais c’est là le pas le
plus difficile à faire.
L’organisation indépendante des
travailleurs du Moyen-Orient, hors des partis
islamiques qui ne cherchent que le compromis
avec l’impérialisme, est le seul moyen
d’en finir avec la barbarie
quotidienne. Les derniers affrontements entre
Fatah et Hamas prouvent, dramatiquement, que
la nécessité d’une organisation
révolutionnaire internationaliste, comme
direction de la lutte du peuple palestinien,
n’est pas une vision de
l’esprit.
En Irak comme en Palestine
: pour la défaite des armées impérialistes
!
Pour un seul Irak et une
seule Palestine, laïcs et socialistes !
Rémy
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