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Article publié dans l'Internationaliste n°73

Pseudo puce Retour au dossier sur la crise capitaliste

Un système parasitaire condamné
Bien que l'affaire n'en soit qu'à ses débuts, on peut d'ores et déjà affirmer que la révélation de « malversations » pour un montant de près de 5 milliards d'euros à la Société générale n'arrive pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Les commentaires prudents à l'excès des experts financiers montrent bien qu'ils avancent sur des oeufs, tant l'affaire contient d'aspects surprenants pour ne pas dire invraisemblables. Surtout que cette révélation est faite en même temps que l'annonce d'une « dépréciation » de 2 milliards dûs, eux, à la crise des « subprimes » qui frappe l'ensemble des banques les unes après les autres. Cependant et quoiqu'il en soit, tout cela est ô combien révélateur de l'état parasitaire du système capitaliste.

La société générale est, en effet, un des principaux opérateurs au monde dans le domaine des produits financiers dérivés. C'est même un des « pionniers » en la matière. Ces « produits » hautement spéculatifs, très rentables mais très risqués, ont déjà fait parler d'eux lors du naufrage de la Barings, en 1995, puis avec les prêts « subprime » qui ont donné lieu à une émission gigantesque de titres qui sont bien, eux aussi, des produits dérivés.

Maintenant, tout le monde s'interroge sur la version présentée par la banque : comment un seul trader de la Société générale a-t-il pu perdre près de... 5 milliards d'euros en un an ? Comment, surtout si on estime que cette perte sous-entend une « position » qui a pu atteindre, sans aucun contrôle, un montant de 40 à 60 milliards d'euros, soit un chiffre comparable au déficit budgétaire de l'Etat, selon un responsable de Monsegur finances, lors du Soir 3 du 24 janvier 2008 ? Comment, alors que la commission bancaire de la Banque de France s'est penchée une vingtaine de fois sur la Société générale en 2006 et en 2007 ?... Que la ministre de l'économie « authentifie » par ses déclarations la version de la banque n'y changera rien.

Surtout que le contexte vient alourdir l'affaire puisque la Société générale pourrait être amenée à lancer une augmentation de capital comparable (près de 6 milliards d'euros) à celle lancée récemment par la... Banque of America, touchée de plein fouet par la crise des « subprimes ». Par ailleurs, en 2006, un juge d'instruction du pôle financier de Paris a renvoyé en correctionnelle la Société générale et plusieurs de ses dirigeants sous l'accusation de blanchiment. Le procès doit s'ouvrir le 4 février 2008 !

Il reste que ce scandale n'est pas le simple révélateur de « dysfonctionnements », mais une fois encore la preuve que le système capitaliste dont le moteur est la recherche du profit le plus important et le plus rapide n'accepte aucune limite, aucune règle qui viendraient entraver sa rapacité. Le fait qu'à chacun de ces scandales, les organismes de contrôle ou « d'auto-contrôle » soient systématiquement pris en défaut, quand ils ne sont pas ouvertement complices, comme dans les affaires Enron ou Wordcom, est la confirmation, si besoin était de ce que le capitalisme « régulé », « domestiqué » demeure une utopie réactionnaire et criminelle.

Une utopie réactionnaire et criminelle car la survie du capitalisme se fait par la destruction des forces productives à commencer par l'homme. Chaque scandale, chaque séisme qui secoue la finance internationale se solde en définitive par le renforcement des monopoles et des tombereaux de licenciement, de délocalisations avec une étape supplémentaire dans la course à la misère entre les travailleurs jetés dans une concurrence féroce.

Au contraire, chaque événement de ce genre doit nous renforcer dans la conviction que l'alternative véritable est dans la fin de ce rapport de production parasitaire dont le caractère barbare est chaque jour plus visible. La socialisation des moyens de production à l'échelle du monde sous le contrôle des travailleurs et des paysans organisés dans des conseils est la seule issue qui demeure crédible pour l'avenir de l'humanité.

Le 26 janvier 2008 à 11 heures.

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