Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans l'Internationaliste n°76
Déclaration de l'Unité Socialiste des Travailleurs du Venezuela

La nationalisation de Sidor :
un triomphe de la lutte ouvrière

Il faut exiger maintenant que le Contrat Collectif de Travail soit appliqué selon la proposition de SUTISS : aucune indemnisation à l'entreprise transnationale Techint, et contrôle ouvrier de l'entreprise.

A l'aube du 9 avril, le vice-président de la République, Ramon Carrizalez, a annoncé la nationalisation de Ternium-SIDOR dans une réunion avec des représentants de l'entreprise et du syndicat des métallos, SUTISS. Le même jour, les travailleurs de Sidor ont fait une assemblée dans la cour de l'entreprise, où ils ont fêté l'annonce de la nationalisation.

La nationalisation de SIDOR est une conquête de la lutte des travailleurs de cette entreprise et un exemple pour les travailleurs de tout le pays. Elle a eu lieu après presque un an et demi de lutte tenace pour la convention collective, dans laquelle les travailleurs ont fait huit grèves et ont subi, le 14 mars, une répression brutale avec un bilan de 53 arrestations et 13 blessés.

Ce triomphe a eu lieu, à peine quelques jours après la marche du 28 mars à San Felix, qui a réuni plus de 6 mille personnes, suivie le 29 mars par la Rencontre Nationale de solidarité avec les travailleurs de Sidor, avec la participation des représentations de 200 syndicats de tout pays, et le referendum du 1 au 3 avril sous contrôle du syndicat SUTISS, dans lequel les travailleurs ont rejeté la proposition de l'entreprise et ont décidé massivement de continuer la lutte.

L'annonce de la nationalisation de SIDOR n'est donc pas du tout un cadeau du gouvernement Chavez, bien au contraire. En ce sens, nous sommes complètement d'accord avec la déclaration d'Orlando Chirino, coordinateur national de l'UNT et membre de C-CURA (courant classiste, unitaire, révolutionnaire et autonome) :

« Les vaincus sont l'entreprise multinationale Ternium, ainsi que le gouvernement du président Chavez qui, jusqu'à la semaine dernière, soutenait l'entreprise à travers la position du ministre du Travail, José Ramon Rivero. Nous ne pouvons pas oublier que, dans le cadre de cet appui gouvernemental, l'entreprise avait mis fin aux négociations et prétendait imposer un referendum frauduleux, une intention que les travailleurs de Sidor ont déjoué en réalisant leur propre referendum autonome, dans lequel les travailleurs ont massivement rejeté la proposition patronale. »

Nous ne devons pas non plus oublier que le gouvernement a respecté, pendant 9 ans, cette privatisation faite par le gouvernement pro-impérialiste de Raphaël Caldera et a été, de fait, associée aux affaires de Ternium, à travers l'entreprise étatique CVG (Compañía Venezolana de Guayana).

Avec cette victoire, les travailleurs de Sidor sont maintenant plus forts pour combattre pour leur Contrat Collectif de Travail dans les termes proposés par SUTISS : pour l'augmentation de salaire ; pour l'absorption des 10 mille travailleurs en situation précaire qui travaillent pour des sous-traitants ; et pour l'augmentation rétroactive du minimum des paiements aux pensionnés. C'est le moment indiqué pour réclamer du gouvernement Chavez l'accomplissement immédiat de toutes les revendications pour lesquelles les travailleurs de SIDOR combattent depuis presque un an et demie, ainsi que le renvoi du ministre du Travail, José Ramon Rivero.

Nous ne pouvons pas oublier la répression féroce déchaînée et le fait que beaucoup de travailleurs soient encore mis en accusation et poursuivis par la Justice. Avec l'annonce de la nationalisation, le gouvernement national doit garantir la suspension immédiate de tous les procès juridiques, se compromettre à ne plus utiliser les forces de répression contre le mouvement ouvrier et populaire, et relever de leurs fonctions les ministres de l'Intérieur et de la Défense, responsables pour la répression ensemble avec le gouverneur de la province de Bolivar, Francisco Rangel Gomez, déclaré l'ennemi numéro un des travailleurs.

D'autre part, durant les dernières années, 18 travailleurs de SIDOR sont morts dans des accidents de travail ou par des maladies mises en rapport directe avec les conditions désastreuses et les rythmes hallucinants de travail. Le dernier en date est mort le 25 mars, d'une crise cardiaque à l'intérieur de l'entreprise. Il faut donc revendiquer aussi l'indemnisation de leurs familles et le jugement et la prison pour les dirigeants de l'entreprise responsables pour ces décès.

Quant à la forme de la nationalisation, nous exigeons du gouvernement Chavez une SIDOR étatique à 100%. Les travailleurs ne peuvent pas accepter que la nationalisation de SIDOR se limite simplement à l'achat d'actions par l'Etat vénézuélien et la transformation de l'Etat en actionnaire majoritaire, c'est-à-dire que SIDOR soit transformée en une entreprise mixte de plus, qui aura sûrement comme partenaire l'infâme entreprise italo-argentine transnationale Techint. En même temps, les travailleurs doivent exiger qu'aucune indemnisation ne soit accordée à l'entreprise transnationale. Techint a déjà engrangé des profits juteux de la sueur des travailleurs de Sidor. Elle a acheté l'entreprise à « prix d'occasion » (1.200 millions de dollars) et elle a gagné 500 millions, rien qu'en 2007.

La lutte pour le contrôle ouvrier de SIDOR est intimement liée l'exigence de sa nationalisation. Les Travailleurs de Sidor ne doivent pas accepter qu'une bureaucratie, nommée d'office par le gouvernement national et en accord avec d'éventuels actionnaires privés minoritaires, contrôle l'entreprise. Les travailleurs de SIDOR doivent contrôler la production, la distribution et l'administration de l'entreprise nationalisée.

Finalement, l'Unité Socialiste des Travailleurs (UST), la section vénézuélienne de la Ligue Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale (LIT-QI) adhère à la perspective de réaliser une grande manifestation du Premier Mai, indépendamment du gouvernement et des patrons, avec les travailleurs de Sidor dans la province de Bolivar.

Caracas, le 14 avril 2008.

Vive la nationalisation de SIDOR !

Application immédiate du contrat collectif de travail : Augmentation de salaires, intégration des travailleurs en sous-traitance et augmentation des pensions !

A bas les ministres du travail, de l’intérieur et de la défense, à bas le gouverneur de la province Bolivard !

Suspension de tous les procès contre les travailleurs de SIDOR !
Non à l’utilisation des forces répressives contre le mouvement ouvrier et populaire !

Indemnisation pour les familles des morts par accident de travail !
Jugement et prison pour les responsables de ces décès !

Pour une SIDOR étatique à 100% :
Aucune indemnisation à l’entreprise transnationale TECHINT !

Contrôle ouvrier de la production, de la distribution et de l’administration de SIDOR !

Pour un Premier mai indépendant du gouvernement et des patrons !

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