Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Document paru dans l'Internationaliste n°77

Pseudo puce Retour au dossier syndicalisme

Un carcan mis aux syndicats
Le 9 avril 2008, les dirigeants de la CGT, de la CFDT et du MEDEF se sont mis d'accord sur une « position commune » à propos de la représentativité des syndicats de salarié. La CE confédérale de la CGT s'est prononcée le 16 et les structures de la CGT avaient jusqu'au 23 avril, une semaine en tout et pour tout, pour réunir leurs instances et se prononcer sur le projet d'accord.

Comme il était fort probable dans ces conditions, le texte a été approuvé, mais 9 fédérations (1/3) et une vingtaine d'Unions départementales (UD), soit 20%, l'ont repoussé. La « position commune » a vocation à servir de base à un texte législatif gouvernemental.

Désormais, il n'y aurait plus de « présomption irréfragable de représentativité ». Cette notion datant de 1966 limitait aux cinq confédérations CGT, CGT-FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC la reconnaissance de la représentativité confédérale, c'est-à-dire au plan national et interprofessionnel. La représentativité serait désormais calculée sur la base des élections aux DP et aux CE, la reconnaissance interviendrait à partir de 10%, la période d'évaluation s'étalerait sur 4 ans. Remarque : les élections aux Conseils de Prud'hommes sont exclus du système.

Cette dernière disposition fait hurler les Solidaires avec raison, de même que la question des accords majoritaires. Car, contrairement aux objectifs affichés par la direction Thibault, la signature d'accords majoritaires a été remplacée par une signature valide à partir de 30% vers des accords majoritaires.

C'est cependant « lâcher la proie pour l'ombre » car le problème central du document est ailleurs. Lors de la CE confédérale de la CGT, la position commune a été présentée comme une avancée sur la base du rapport intitulé « Pour la conquête d'une véritable démocratie sociale ».

Il faut dire que le titre complet du document (Position commune sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme) est en soi tout un programme. Il y est effectivement question des critères de la représentativité, du financement des syndicats, du contrôle de leurs comptes, du déroulement de carrière des syndicalistes qui ressemble à ce qui s'est fait dans l'ex-administration des PTT en mettant en place un système de promotion spécifique sous prétexte d'éviter que les permanents éloignés de leur service ne soient lésés...

Dans ce cadre, revendiquer un traitement égalitaire pour tous les syndicats, c'est également se tromper de combat, car ce texte est un coup de pioche de démolition du syndicalisme ouvrier indépendant de l'Etat et du patronat dans ce pays sous prétexte de « dialogue social appaisé ».

On assiste là à la définition d'un nouveau type de syndicalisme d'opinion (dixit la fédération de la Chimie) pour lequel il conviendrait non pas d'organiser et de défendre les travailleurs sur la base de principes de classes, mais d'être la caisse de résonance de l'air du temps : une ONG syndicale d'accompagnement et de services.

Rien d'étonnant, à partir de là, à ce que, les principaux dirigeants de l'UMP, dont P. Devedjian, ayant demandé au gouvernement de mettre fin aux 35 heures, ce texte a servi à deux reprises dans le débat public la semaine dernière.

Une première fois c'est X. Bertrand, ministre du travail, pour souligner qu'il pouvait être dérogé aux « 35 heures » par un accord d'entreprise conformément à la « position commune ». La seconde fois, lors d'une déclaration commune de B. Thibault (CGT) et F. Chérèque (CFDT) exhortant le gouvernement a refuser toute modification de la loi en catimini dès l'or que la position commune permettait de négocier des dépassements d'heures supplémentaires par accords d'entreprises.

Haut Début