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Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
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Document paru dans l'Internationaliste n°80
Soixante-dix après
la fondation de la IVème Internationale

Le projet stratégique de la LIT-QI est sa reconstruction

En septembre 1938, la Quatrième Internationale a été fondée, selon Trotsky une nécessité face à la dégénérescence de la direction stalinienne. Elle n'a jamais été une Internationale avec une influence de masses comme l'ont été la IIème et la IIIème.

Le neuvième congrès de la LIT-QI vient de réaffirmer que la reconstruction de la IVème Internationale est son projet stratégique. Voici quelques extraits de cette thèse. Le texte complet est disponible sur notre site, dans le n°17 de Marxisme Vivant.

Trotsky a lutté courageusement, à l’intérieur de la IIIème Internationale et de ses partis, contre l'avancée du stalinisme et la bureaucratisation de l'URSS et de la IIIème Internationale. Pendant dix ans, il a refusé de rompre avec la IIIème Internationale et a cherché à vaincre le stalinisme, pour sauver la IIIème Internationale comme internationale révolutionnaire, en défendant les principes et les enseignements de Lénine. C'est pourquoi le courant trotskyste se dénommait lui-même comme les « léninistes bolcheviques » et leur courant avait le nom d'Opposition de gauche, d'abord dans l’URSS et ensuite dans la IIIème Internationale. Ce n'est qu'après le triomphe du nazisme en 1933, qui a démontré que le Parti Communiste allemand et la IIIème Internationale étaient déjà bureaucratisés à tel point qu'ils étaient incapables de combattre contre le plus grand ennemi de la classe ouvrière, que Trotsky a décidé d'appeler à la construction d’une nouvelle Internationale. La IVème Internationale est une continuité de la Troisième. [...] La IVème Internationale est entrée en crise et a éclaté au début des années 50. [...]

Le maintien de la proposition de reconstruire la IVème Internationale est fondé sur le fait que la tâche historique la plus importante de l'époque actuelle est plus que jamais à l'ordre du jour, à savoir la nécessité de construire une direction internationale qui puisse conduire la classe ouvrière à faire la révolution socialiste internationale qui vaincra l'impérialisme et implantera la dictature révolutionnaire du prolétariat partout dans le monde.

Avec quel programme regrouper les révolutionnaires aujourd'hui ?

Une grande partie des principes, ainsi que la stratégie révolutionnaire pour notre époque, sont condensés dans ce que nous considérons comme nos « bases programmatiques » : les résolutions des quatre premiers congrès de la IIIème Internationale, ainsi que le Programme de Transition, approuvé lors de la conférence de fondation de la IVème Internationale. Les statuts de la LIT-QI revendiquent de manière explicite ces bases :

« La LIT-QI s'appuie théoriquement, politiquement et pour son programme sur l'expérience concentrée du marxisme révolutionnaire : le Manifeste Communiste, les enseignements stratégiques de la Révolution d'octobre et des quatre premiers congrès de l'Internationale Communiste, et le Programme de Transition (base de fondation de la Quatrième Internationale) sont des jalons fondamentaux de ce développement [...]. Cette continuité du marxisme révolutionnaire n'a pas le caractère d'un système dogmatique, ce pourquoi il s’enrichit avec toutes les expériences sociales progressistes de l'humanité qui conduisent à la défaite de l'impérialisme, l'expropriation de la bourgeoisie et la suppression définitive des classes. » [...]

Le projet stratégique de la LIT-QI est la reconstruction de la IVème Internationale.

Toutefois, ces « bases programmatiques » s'avèrent insuffisantes pour faire face aux énormes et difficiles tâches de l'actualité. La IVème Internationale pourra seulement être reconstruite sur la base du Programme de Transition. Mais ce programme doit être mis à jour, spécialement à partir des « événements de l'Est », marqués par la combinaison complexe entre des processus révolutionnaires de masses, d'une part, et la restauration capitaliste dans les pays de l'Est, la Chine, Cuba, etc., d'autre part.

Honnêtement, nous ne croyons pas que la LIT puisse ou doive faire face seule à cette tâche centrale d’actualiser le Programme de Transition. Au contraire, nous pensons que c'est un défi posé à tous les courants ou groupes qui se proposent de reconstruire la IVème Internationale pour répondre au développement de la lutte de classes à notre époque. C'est notre proposition pour établir un dialogue avec d'autres organisations en vue de cette reconstruction.

Quelques lignes de démarcation

En même temps, nous croyons que la situation actuelle de la lutte de classes nous donne déjà quelques lignes de démarcation qui sont actuellement devenues les axes d'une discussion programmatique. Nous croyons que les plus importantes sont :

  • La position des révolutionnaires, face aux gouvernements de front populaire ou populistes de gauche, principalement face au gouvernement de Hugo Chavez, au Venezuela, constitue un véritable test de tournesol pour les courants qui se revendiquent socialistes révolutionnaires. Nous défendons l'indépendance de classe face à tous les gouvernements bourgeois, y compris ceux de front populaire. Nous ne participons pas à ces gouvernements et nous ne les soutenons pas. Au contraire, nous sommes dans tous les cas dans l'opposition. Nous combattons pour que la classe ouvrière n’ait aucune confiance en eux et préserve sa complète indépendance de classe face à des gouvernements nationalistes-bourgeois comme celui de Chavez.
  • Nous impulsons et défendons la mobilisation permanente de la classe ouvrière et de ses alliés.
  • Nous défendons la nécessité de combattre contre toutes les bureaucraties et pour un régime de démocratie ouvrière dans toutes les organisations de la classe.
  • La grande tâche de la classe ouvrière dans l’étape actuelle est de prendre le pouvoir, détruire l'Etat bourgeois et ses armées et établir une dictature révolutionnaire du prolétariat.
  • L’Etat Ouvrier révolutionnaire pour lequel nous combattons doit être basé sur des conseils ouvriers, paysans et populaires et avoir un régime de la plus ample démocratie pour la classe ouvrière et la majorité absolue du peuple.
  • Nous rejetons la supposée « théorie » du « socialisme dans un seul pays ». La révolution socialiste aura un caractère international, c’est à dire permanent, ou elle sera destinée à reculer. Si elle s'arrête aux frontières nationales, elle sera mise en échec par la contre-révolution ou elle sera congelée et permettra la restauration du capitalisme. Ce fut l'expérience tragique que connurent les anciens Etats ouvriers bureaucratiques dirigés par le stalinisme.
  • Nous réaffirmons la stratégie de la révolution socialiste mondiale pour imposer des dictatures du prolétariat, mettre en échec l'impérialisme et implanter le socialisme sur toute la planète. Tout Etat ouvrier révolutionnaire doit avoir comme première tâche celle de promouvoir la révolution socialiste partout dans le monde.
  • Nous soulignons le rôle central de la classe ouvrière comme sujet de la révolution socialiste.
  • Nous réaffirmons la nécessité immédiate et inéluctable de construire une Internationale révolutionnaire
  • Nous défendons la nécessité de construire des partis nationaux basés sur le modèle du Parti Bolchevique (c'est-à-dire, des partis ouvriers, de combat, basés sur le principe d'organisation du centralisme démocratique) dans tous les pays du monde, comme sections de cette internationale.
  • Nous défendons la morale ouvrière et révolutionnaire. La méthode et la morale révolutionnaire constituent pour nous un point du programme. La profonde dégénérescence des organisations trotskystes, produit de la longue crise, des pressions du stalinisme dans le passé et du « déluge opportuniste » au cours des deux dernières décennies, a aussi produit une dégénérescence méthodologique et morale. Il y a de nombreux exemples de cette dégénérescence, presque tous autour de la lutte pour l'appareil : vol de locaux, mandats parlementaires et argent ; accusations sans preuve et calomnie pure ; agressions physiques entre organisations qui se revendiquent révolutionnaires ; occupation de locaux ; fraudes dans des élections d'organismes du mouvement ouvrier et populaire ; non-observation d'accords financiers ; et un grand « etcetera ». Nous nous démarquons catégoriquement de ces méthodes qui caractérisent une morale du « tout est permis ».

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