En septembre 1938, la
Quatrième Internationale a été fondée, selon
Trotsky une nécessité face à la
dégénérescence de la direction stalinienne.
Elle n'a jamais été une Internationale avec
une influence de masses comme l'ont été la
IIème et la IIIème.
Le neuvième congrès de la LIT-QI vient de
réaffirmer que la reconstruction de la
IVème Internationale est son
projet stratégique. Voici quelques extraits
de cette thèse. Le texte complet est
disponible sur notre site, dans le n°17 de
Marxisme Vivant.
Trotsky a lutté courageusement, à
l’intérieur de la IIIème
Internationale et de ses partis, contre
l'avancée du stalinisme et la
bureaucratisation de l'URSS et de la
IIIème Internationale. Pendant dix
ans, il a refusé de rompre avec la
IIIème Internationale et a cherché
à vaincre le stalinisme, pour sauver la
IIIème Internationale comme
internationale révolutionnaire, en défendant
les principes et les enseignements de Lénine.
C'est pourquoi le courant trotskyste se
dénommait lui-même comme les « léninistes
bolcheviques » et leur courant avait le nom
d'Opposition de gauche, d'abord dans
l’URSS et ensuite dans la
IIIème Internationale. Ce n'est
qu'après le triomphe du nazisme en 1933, qui
a démontré que le Parti Communiste allemand
et la IIIème Internationale
étaient déjà bureaucratisés à tel point
qu'ils étaient incapables de combattre contre
le plus grand ennemi de la classe ouvrière,
que Trotsky a décidé d'appeler à la
construction d’une nouvelle
Internationale. La IVème Internationale est
une continuité de la Troisième. [...] La
IVème Internationale est entrée en
crise et a éclaté au début des années 50.
[...]
Le maintien de la proposition de
reconstruire la IVème
Internationale est fondé sur le fait que la
tâche historique la plus importante de
l'époque actuelle est plus que jamais à
l'ordre du jour, à savoir la nécessité de
construire une direction internationale qui
puisse conduire la classe ouvrière à faire la
révolution socialiste internationale qui
vaincra l'impérialisme et implantera la
dictature révolutionnaire du prolétariat
partout dans le monde.
Avec quel programme
regrouper les révolutionnaires aujourd'hui
?
Une grande partie des principes, ainsi que
la stratégie révolutionnaire pour notre
époque, sont condensés dans ce que nous
considérons comme nos « bases programmatiques
» : les résolutions des quatre premiers
congrès de la IIIème
Internationale, ainsi que le Programme de
Transition, approuvé lors de la conférence de
fondation de la IVème
Internationale. Les statuts de la LIT-QI
revendiquent de manière explicite ces bases
:
« La LIT-QI s'appuie théoriquement,
politiquement et pour son programme sur
l'expérience concentrée du marxisme
révolutionnaire : le Manifeste Communiste,
les enseignements stratégiques de la
Révolution d'octobre et des quatre premiers
congrès de l'Internationale Communiste, et le
Programme de Transition (base de fondation de
la Quatrième Internationale) sont des jalons
fondamentaux de ce développement [...].
Cette continuité du marxisme
révolutionnaire n'a pas le caractère d'un
système dogmatique, ce pourquoi il
s’enrichit avec toutes les expériences
sociales progressistes de l'humanité qui
conduisent à la défaite de l'impérialisme,
l'expropriation de la bourgeoisie et la
suppression définitive des classes. »
[...]
Le projet stratégique de
la LIT-QI est la reconstruction de la
IVème Internationale.
Toutefois, ces « bases programmatiques »
s'avèrent insuffisantes pour faire face aux
énormes et difficiles tâches de l'actualité.
La IVème Internationale pourra
seulement être reconstruite sur la base du
Programme de Transition. Mais ce programme
doit être mis à jour, spécialement à partir
des « événements de l'Est », marqués par la
combinaison complexe entre des processus
révolutionnaires de masses, d'une part, et la
restauration capitaliste dans les pays de
l'Est, la Chine, Cuba, etc., d'autre part.
Honnêtement, nous ne croyons pas que la
LIT puisse ou doive faire face seule à cette
tâche centrale d’actualiser le
Programme de Transition. Au contraire, nous
pensons que c'est un défi posé à tous les
courants ou groupes qui se proposent de
reconstruire la IVème
Internationale pour répondre au développement
de la lutte de classes à notre époque. C'est
notre proposition pour établir un dialogue
avec d'autres organisations en vue de cette
reconstruction.
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Quelques lignes de
démarcation
En même temps, nous croyons que la
situation actuelle de la lutte de classes
nous donne déjà quelques lignes de
démarcation qui sont actuellement devenues
les axes d'une discussion programmatique.
Nous croyons que les plus importantes sont
:
- La position des révolutionnaires, face
aux gouvernements de front populaire ou
populistes de gauche, principalement face
au gouvernement de Hugo Chavez, au
Venezuela, constitue un véritable test de
tournesol pour les courants qui se
revendiquent socialistes
révolutionnaires. Nous défendons
l'indépendance de classe face à tous les
gouvernements bourgeois, y compris ceux
de front populaire. Nous ne participons
pas à ces gouvernements et nous ne les
soutenons pas. Au contraire, nous sommes
dans tous les cas dans l'opposition. Nous
combattons pour que la classe ouvrière
n’ait aucune confiance en eux et
préserve sa complète indépendance de
classe face à des gouvernements
nationalistes-bourgeois comme celui de
Chavez.
- Nous impulsons et défendons la
mobilisation permanente de la classe
ouvrière et de ses alliés.
- Nous défendons la nécessité de
combattre contre toutes les bureaucraties
et pour un régime de démocratie ouvrière
dans toutes les organisations de la
classe.
- La grande tâche de la classe ouvrière
dans l’étape actuelle est de
prendre le pouvoir, détruire l'Etat
bourgeois et ses armées et établir une
dictature révolutionnaire du
prolétariat.
- L’Etat Ouvrier révolutionnaire
pour lequel nous combattons doit être
basé sur des conseils ouvriers, paysans
et populaires et avoir un régime de la
plus ample démocratie pour la classe
ouvrière et la majorité absolue du
peuple.
- Nous rejetons la supposée « théorie »
du « socialisme dans un seul pays ». La
révolution socialiste aura un caractère
international, c’est à dire
permanent, ou elle sera destinée à
reculer. Si elle s'arrête aux frontières
nationales, elle sera mise en échec par
la contre-révolution ou elle sera
congelée et permettra la restauration du
capitalisme. Ce fut l'expérience tragique
que connurent les anciens Etats ouvriers
bureaucratiques dirigés par le
stalinisme.
- Nous réaffirmons la stratégie de la
révolution socialiste mondiale pour
imposer des dictatures du prolétariat,
mettre en échec l'impérialisme et
implanter le socialisme sur toute la
planète. Tout Etat ouvrier
révolutionnaire doit avoir comme première
tâche celle de promouvoir la révolution
socialiste partout dans le monde.
- Nous soulignons le rôle central de la
classe ouvrière comme sujet de la
révolution socialiste.
- Nous réaffirmons la nécessité immédiate
et inéluctable de construire une
Internationale révolutionnaire
- Nous défendons la nécessité de
construire des partis nationaux basés sur
le modèle du Parti Bolchevique
(c'est-à-dire, des partis ouvriers, de
combat, basés sur le principe
d'organisation du centralisme
démocratique) dans tous les pays du
monde, comme sections de cette
internationale.
- Nous défendons la morale ouvrière et
révolutionnaire. La méthode et la morale
révolutionnaire constituent pour nous un
point du programme. La profonde
dégénérescence des organisations
trotskystes, produit de la longue crise,
des pressions du stalinisme dans le passé
et du « déluge opportuniste » au cours
des deux dernières décennies, a aussi
produit une dégénérescence méthodologique
et morale. Il y a de nombreux exemples de
cette dégénérescence, presque tous autour
de la lutte pour l'appareil : vol de
locaux, mandats parlementaires et argent
; accusations sans preuve et calomnie
pure ; agressions physiques entre
organisations qui se revendiquent
révolutionnaires ; occupation de locaux ;
fraudes dans des élections d'organismes
du mouvement ouvrier et populaire ;
non-observation d'accords financiers ; et
un grand « etcetera ». Nous nous
démarquons catégoriquement de ces
méthodes qui caractérisent une morale du
« tout est permis ».
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