Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Edito. L'Internationaliste n°76
De 1968 à 2008, la continuité d’un combat
Le 1er mai 2008 marque les quarante ans d'une ample mobilisation de la classe ouvrière et de la jeunesse, à l'échelle du monde. Une mobilisation qui a culminé, dans ce pays, en une grève générale de 10 millions de travailleurs, avec des occupations d'entreprises renouant avec la grève générale de 1936. Les idéologues bourgeois tentent aujourd'hui de réduire l'explosion sociale à son côté « peace and love », cherchant ainsi à nier toute perspective à un mouvement de ce genre. Ils prétendent mettre en contradiction les revendications collectives et les espérances nées de la mobilisation, avec les renoncements et les capitulations personnelles ultérieures, de la part de certains « leaders » du mouvement. Les idéologues bourgeois chercheraient-ils, en quelque sorte, à « conjurer le mauvais sort »  ?

Il est vrai, cependant, que 2008 n'est pas 1968. Cette période de reconstruction, qui s'est achevée au milieu des années 60, a laissé place à la mondialisation capitaliste, c'est-à-dire, à l’explosion d'une économie parasitaire d'une ampleur sans précédent. Le mur de Berlin est tombé et la bureaucratie stalinienne, qui avait permis à De Gaulle de reprendre l'initiative en juin 1968, n'est plus. Certes, la classe ouvrière doit se réorganiser, mais le frein considérable à son action que constituait le stalinisme à disparu. N'en déplaise aux romantiques révolutionnaires, on ne rejoue pas mai 1968 quarante ans après.

Aujourd'hui, l'ampleur de la menace qui pèse sur la survie de l'humanité est telle, que le renversement du système capitaliste impérialiste est une urgence absolue. L'alternative est le socialisme ou la barbarie. Le retard dans la révolution socialiste, dont la responsabilité incombe aux staliniens et aux sociaux-démocrates, fait que la barbarie s'étend tous les jours, la « crise alimentaire » menaçant 800 millions d'individus de mort pour que les spéculateurs « anonymes » soient assurés de leurs 15% de taux de profit minimum. Des émeutes de la faim ont déjà éclaté dans 37 pays : c'est « un tsunami silencieux » à l'échelle du monde, selon la directrice exécutive du PAM (le programme alimentaire mondial).

« Crise asiatique » en 1997, « bulle internet » en 2000, « crise des subprimes » en 2007 et, aujourd'hui, une nouvelle bulle meurtrière sur les matières premières minières, pétrolières et alimentaires. Pour la bourgeoisie, les travailleurs et les peuples opprimés doivent payer. Dans ce pays, pour Sarkozy, l'hôpital public, l'enseignement, les travailleurs aux revenus modestes doivent supporter les conséquences de « la seule politique possible ». La pédagogie du renoncement envahit l'ensemble des organes de la presse bourgeoise.

Pourtant, dans le monde, les travailleurs de plus en plus nombreux se mobilisent pour l'emploi digne, pour des salaires décents, pour des conditions de travail acceptables. En Roumanie, les travailleurs de DACIA et de Mital Steel, se levant au cri de « nous ne voulons pas être les esclaves de l’Europe », viennent de franchir un pas important dans la riposte ouvrière à l’échelle du continent. Au Venezuela, les travailleurs viennent d’imposer la nationalisation de SIDOR au terme d’un combat déterminé contre la transnationale Techint. Aux USA mêmes, les dockers de la côte ouest feront grève le Premier mai pour le retrait des troupes d’Afghanistan et d’Irak.

En France, on ne compte plus les grèves, dans le secteur privé maintenant : le chantage aux licenciements, aux fermetures d'usines, aux délocalisations ne joue plus. Le discours de division sur les « fonctionnaires nantis » et « la France qui se lève tôt » pourrait faire long feu. « Les caisses sont vides » dit Sarkozy, mais pour l'armée et la police, elles sont pleines.

La jeunesse n'accepte pas l'avenir qui lui est fait. Depuis huit ans, elle le répète. Lycéens, étudiants, jeunes travailleurs se mobilisent régulièrement pour défendre leurs diplômes et l'enseignement public, pour combattre la précarité des CDD et des stages à vie. La bataille contre le CPE à démontré que la jonction entre les travailleurs et la jeunesse, dans l'unité, rendait la victoire possible.

Le 1er mai sera suivi, le 15, par une journée de mobilisation à l'appel de toutes les organisations syndicales, pour l'emploi, les salaires et les retraites ; l'ensemble des travailleurs du privé comme du public est concerné. Et les lycéens n'ont pas désarmé pendant les vacances scolaires : le 15, ils seront dans la rue avec leurs aînés.

Alors que la révision historique bat son plein, quant à la nature de mai 68, la classe ouvrière et la jeunesse montrent avec assiduité qu'elles sont toujours aussi déterminées à affronter les tenants d'une société d'injustice, basée sur l'exploitation de l'homme par l'homme. De son côté, la bourgeoisie se montre tout aussi décidée à défendre bec et ongles ses privilèges, quoi qu'il en coûte à l'humanité. La classe ouvrière et la bourgeoisie défendent, chacune, des intérêts inconciliables. La période actuelle voit s'aiguiser les antagonismes et la lutte des classes, celle-ci étant un fait social implacable et qui s’impose aux individus, quelle que soit par ailleurs leur conscience de la chose, qu'ils la rejettent ou qu’ils l'acceptent.

La victoire pour les exploités nécessite des organisations syndicales et politiques déterminées à rompre avec le capitalisme et à avancer dans la voie du socialisme, une société mondiale basée sur la propriété collective des moyens de production et d'échange, dirigée par des conseils d'ouvriers et de paysans.

Construire de telles organisations, c'est le but de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (LIT-QI), et de sa section française, le Groupe Socialiste Internationaliste (GSI).

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