Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Edito. L'Internationaliste n°77
Unifions les luttes !

Depuis plusieurs mois, la situation économique mondiale ne cesse de se dégrader. Une grande partie des analystes économiques sont d'accord sur le fait que la crise n'a pas encore atteint son sommet. Les répercussions sont déjà visibles : dans plusieurs pays des émeutes de la faim ont éclaté. En Afrique du Sud, la crise économique a pris un caractère particulièrement violent, où des attaques, essentiellement dirigées contre des immigrés Zimbabwéens, ont provoqué plus d'une cinquantaine de morts. Mais cette crise touche également les pays impérialistes. Les salaires reculent, les prix explosent, les conditions de travail se dégradent et deviennent de plus en plus précaires. Dans le même temps, la lutte des classes connaît un net regain d'activité. Cette situation se vérifie dans ce pays où elle est caractérisée par une multiplication des grèves, touchant des secteurs chaque fois plus larges. Les derniers en date étant les marins-pêcheurs, qui sont mobilisés contre l'augmentation du prix du gazole. Ils ne veulent pas se contenter de vagues promesses du gouvernement et continuent à ce jour, à bloquer de nombreux ports. Déjà, les paysans et les routiers menacent d’entrer dans la danse, de même que les marins-pêcheurs de plusieurs pays d'Europe.

L'offensive du gouvernement contre les travailleurs

Le gouvernement répond aux mobilisations des travailleurs par l’arrogance et le mépris. Il démontre chaque jour sa volonté de se saisir de toutes les occasions pour approfondir son offensive et sa disposition à aller jusqu'à l'affrontement.

Les travailleurs sont de plus en plus nombreux à se mettre en grève pour réclamer des augmentations de salaire, l'amélioration des conditions de travail, des embauches. En réponse le gouvernement impose le développement de la concurrence, l'intéressement aux résultats des entreprises, la remise en cause de la durée légale du temps de travail, l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites etc. Pour le gouvernement, il n'est surtout pas question d'augmenter les salaires ou de satisfaire quelques revendications que ce soit. Il s'agit de répondre aux exigences des grands groupes capitalistes en accélérant le processus de concentration et en leur permettant d'augmenter leurs profits. Et ce quitte à liquider au passage une partie de sa base électorale traditionnelle (commerçants et artisans).

Le 15 mai, alors que la ministre de l'économie, C. Lagarde « jubile », N. Sarkozy affirme que les chiffres de la croissance pour 2007 « témoignent de la nécessité de garder le cap ». F. Fillon juge quant à lui que ces chiffres constituent une « très, très, bonne nouvelle » et lui permettent d'annoncer qu'il va « accélérer » le rythme des « réformes » au deuxième semestre 2008. Le gouvernement multiple ces annonces euphoriques pour justifier sa politique alors même que les économistes les plus optimistes se montrent extrêmement réservés sur l'évolution de la conjoncture.

Le 15 mai, toujours, près de 300 000 personnes, fonctionnaires, enseignants, lycéens et étudiants ont manifesté dans tout le pays pour s'opposer à la suppression de près de 11 200 postes dans l'éducation nationale et pour réclamer une augmentation des salaires. Le soir même, le Président de la république, cherchant manifestement à minimiser l'ampleur de la mobilisation et à provoquer les manifestants, répondait par sa volonté d'instaurer un service minimum dans les écoles primaires et maternelles lors des journées de grève de l'éducation nationale.

Le 22 mai, entre 500 000 et 700 000 travailleurs et jeunes défilaient dans toute la France, pour s'opposer à l'allongement de durée de cotisation à 41 ans. Lors de ces manifestations massives, le fait nouveau était la présence en nombre des travailleurs du secteur privé. De nombreux cortèges et manifestants réaffirmaient la revendication du retour aux 37,5 annuités pour tous. Le soir même, le ministre du travail, X. Bertrand, déclarait qu'il n'était pas là pour compter le nombre de personnes qui défilait dans la rue et qu'il n'était pas question de revenir sur le passage aux 41 annuités de cotisations.

Le message est clair, coûte que coûte, le gouvernement veut mener sa politique jusqu'au bout et mettre les travailleurs et les jeunes au pas. Mais comment se fait-il que le gouvernement puisse continuer à avancer aussi brutalement dans ses contre-réformes, alors même que la grande majorité des travailleurs et des jeunes y sont hostiles et montrent leur détermination à s'y opposer ?

La responsabilité des directions syndicales

Le nombre de grèves qui éclatent (notamment sur la question des salaires) et l'ampleur des dernières mobilisations des travailleurs montrent que les conditions sont réunies pour faire barrage au gouvernement. Mais la politique menée par les directions syndicales, empêchent objectivement la mobilisation et la convergence des luttes.

En effet, en appelant à plusieurs journées de mobilisation, dans la dispersion (les 15, 18, 24 et 26 mai), sans perspective claire, sans préparation, les syndicats d'enseignants, en tête desquels la FSU, ont cherché à multiplier les manifestations, pour provoquer la démobilisation. Pourtant, la manifestation du 18, a rassemblé 50 000 personnes contre les suppressions de postes et le service minimum dans les écoles, alors que les organisateurs n'en attendaient que 5 à 10 000 ! En outre, la FSU ne déposant pas de préavis de grève pour le 22 a maintenu son appel à manifester… le 24 ! Elle a tout fait pour empêcher la jonction avec les autres secteurs mobilisés autour de la question des retraites.

Les autres directions syndicales ont agi dans la même logique. La CFDT s’étant opposée à une mobilisation conjointe le 15 (avec les enseignants), elle a imposé le 22 mai. Toutes les directions syndicales se sont alors ralliées à la CFDT pour faire un « minimum syndical » ce jour-là, sans appel ferme à la grève (certains travailleurs ont du manifester sur leur temps de repos). Pourtant, le 15 (ou même le 22), préparé sérieusement, auraient pu constituer un point d’appui, comme un « coup de semonce » au gouvernement, qui aurait pu se transformer en une grève générale de grande ampleur, débordant la simple journée d’action. De cela, les bureaucrates liés au PS et au PCF ne veulent pas.

Dans ces conditions, il est remarquable que les mobilisations aient été aussi massives. En agissant de la sorte, les directions syndicales non seulement ne remplissent pas leur rôle auprès des travailleurs, mais en plus servent de relais au gouvernement pour l'aider à faire passer ses contre-réformes.

Quelle alternative ?

La question de l'unification des luttes et de la grève générale est donc posée dès aujourd'hui. Les conditions sont réunies pour y parvenir mais les directions syndicales, et par la même occasion les directions politiques, opèrent de toute leur force pour empêcher toute issue positive à la situation actuelle. Il faut donc travailler à l'unification du mouvement ouvrier et à la construction de la grève générale, car seule la mobilisation unie et déterminée de la classe ouvrière pourra stopper le l’offensive contre-révolutionnaire, mettre à bas le gouvernement et démasquer les directions syndicales qui collaborent avec la bourgeoisie.

Le combat pour l'unité de la classe ouvrière pose également la question de la perspective politique. Car aujourd'hui face à l'approfondissement de la crise économique et sociale, l'alternative socialisme ou barbarie reste plus que jamais d'actualité. Il existe aujourd'hui une crise de représentation de la classe ouvrière. Les partis qui la représentaient traditionnellement, se situent désormais dans le cadre de la gestion du système capitaliste. Avec la publication de sa dernière « position de principe », le PS entérine dans ce document central son passage définitif du côté capitaliste : les dernières références au marxisme, à la révolution et au monde ouvrier ont été retirées. Les principaux candidats au poste de secrétaire du PS se revendiquent du libéralisme. Lorsqu'ils adressent des critiques au gouvernement, c'est sur la manière de mener les réformes et non sur le fond.

Lié par ses accords électoraux au PS, le PC, qui n'est plus que l'ombre de lui-même, ne peut que suivre ce parti. De son côté, la direction guévariste de la LCR, est en train d'opérer sa mue vers le « néo-réformisme », en enterrant une à une toutes les références au trotskisme. Avec la création du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), la LCR se dispose à renforcer son caractère électoraliste au détriment de l'intervention dans la lutte des classes.

Pour en finir avec la barbarie capitaliste, il faut donc avancer vers la construction d'un parti ouvrier qui se batte pour une réelle rupture avec le capitalisme, c'est à dire pour le socialisme. Comme cette lutte ne peut se limiter au cadre national, ce parti doit également être internationaliste. C’est dans ce combat que le Groupe Socialiste Internationaliste vous invite à la rejoindre. C’est le combat de la Ligue Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (LIT-QI).

Haut Début