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Edito. L'Internationaliste n°80

Pseudo puce Dossier crise capitaliste

Oui, le socialisme est la solution à
la crise capitaliste !
Crise des « subprimes », crise du crédit, crise financière, crise économique... Partie d'un secteur limité, les crédits à hauts risques conçu pour présurer les ménages modestes aux USA, la crise est désormais celle du système capitaliste dans son ensemble.

C'est une crise de surproduction car, dans de nombreux secteurs clé comme le bâtiment et l'automobile, les stocks augmentent et la production ralentit depuis des mois. C'est une crise qui s'étend à l'ensemble du système capitaliste car la masse gigantesque de capitaux ne trouve plus de placements suffisamment rentables. C'est une crise qui vient de loin, en vérité, elle a commencé bien avant les « subprimes ».

La crise a commencé en Asie du sud en 1997, quand les spéculateurs se sont retirés brutalement de cet « Eldorado » pour se ruer sur la Russie et, ensuite, l'Amérique latine, déstabilisant l'économie du Mexique, saignant l'Argentine, puis se jetant à corps perdu dans la « net-économie ».

A chaque fois, les gouvernements aux ordres des capitalistes ont ouvert les vannes du crédit. Ainsi fût-il répondu à l'éclatement de la « bulle internet ». L'argent public a alors financé des opérations spéculatives, dégageant des profits juteux qui venaient gonfler encore plus la masse de capitaux... Le mécanisme a été décrit à de nombreuses reprises dans nos colonnes(1). Se retirant de l'immobilier, les capitaux sont allés dans l'énergie, les matières premières et les produits agricoles, provoquant des hausses phénoménales et mettant en danger immédiat des centaines de millions de personnes.

Ainsi, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en 2007 le nombre de personnes souffrant de la faim a progressé de 75 millions pour atteindre... 925 millions ! Alors que les prix de l'alimentation dans le monde flambent « librement » : 12% en 2006, 24% en 2007 et 50% pour les sept premiers mois de 2008.

Mais la hausse des prix provoque le recul de la consommation et l'impossibilité de rembourser les crédits. La production recule : c'est la récession dont, il y a peu, la seule évocation était impensable pour nos communicateurs élyséens. La récession conjuguée à l'inflation : le pire scénario pour l'économie réelle, pour les travailleurs.

Depuis plusieurs mois, l'énorme accumulation de capital fictif constitué à travers les « produits dérivés », cette gigantesque pyramide de papier, s'écroule. Fin août 2007, 600 milliards de dollars avaient été déversés par les banques centrales dans les poches des spéculateurs. En mars 2008, on en était à 2000 milliards. A combien se monte l'addition, aujourd'hui, quand on sait que le seul « plan Paulson » voté par le Congrès US est de 700 milliards ? Trois mille milliards de dollars ? Quatre mille ?

L'adoption du « plan Paulson » semble même avoir accéléré la propagation de la crise : intervention publique pour sauver Fortis (Benelux), quasi nationalisation de Dexia (Franco-Belge), rachat de Fortis par BNP-Paribas, fusion annoncée des Banques populaires et des Caisses d'épargne, alors que la quatrième banque d'Allemagne est au bord de la faillite, etc. Au moment où ces lignes sont écrites, l'ensemble des places boursières s'effondre, dont Paris avec - 9,04%, la plus forte baisse depuis 19 ans. Petite précision : en France, le taux de pénétration des fonds de pension et autres fonds spéculatifs dans le « CAC 40 » est de 45%, le plus fort taux des pays impérialistes. Le message des spéculateurs est clair : pour eux, les travailleurs doivent payer.

C'est bien là le problème : les capitalistes veulent privatiser les profits et socialiser les pertes. Socialiser les pertes, n'est ce pas une forme de « collectivisme », M. Fillon ? M. Fillon qui nous explique que « le collectivisme, on sait que ça ne marche pas ». Mais de ce collectivisme -le stalinisme, pour appeler la chose par son nom- les travailleurs ne veulent pas. Pas plus qu'il ne veulent payer « collectivement » les frasques des spéculateurs, des licencieurs, des affameurs et des gangsters capitalistes !

Que vont devenir les 2,5 millions de familles expulsées de leur logement aux USA ? Ne doit-on pas effacer leur dette et les reloger gratuitement ? Tant qu'à « nationaliser » les banques, ne doit-on pas le faire sans indemniser en quoi que ce soit leurs actionnaires criminels ? Oui, le capital doit être exproprié, sans rachat, ni indemnité, sous le contrôle des travailleurs. C'est la seule solution.

M. Sarkozy et ses complices du « G4 », réunis à Paris ce 4 octobre, ne s'en tireront pas en modifiant les normes comptables « avant la fin du mois » et « en surveillant les agences de notations, les banques d'investissement, les hedge funds » (donc en les préservant !), en « modifiant les normes prudentielles » et en saluant... l'adoption du « plan Paulson » !

Le capitalisme a montré mille fois sa capacité à s'affranchir de toute réglementation et de tout dispositif de « régulation ». Réguler le capitalisme est une utopie, l'humaniser est également une utopie criminelle, tout comme rêver qu'on va infléchir le capitalisme par des luttes radicales, par « la démocratie jusqu'au bout » et, surtout, sans renverser la classe dominante.

La seule solution, c'est le socialisme, un mode de production basé sur la propriété collective des moyens de production et d'échange, et un Etat d'un type nouveau, au service des travailleurs, basé sur des conseils ouvriers et paysans, à l'échelle du monde.

Paris, le lundi 6 octobre 2008


(1) L'Internationaliste n°66 mars 2007 (La course folle du capitalisme vers la barbarie), n°70 de septembre 2007 (La bulle immobilière aux états unis a éclaté), n°73 de janvier 2008 (Un système parasitaire condamné), n°75 d'avril 2008 (De la crise des subprimes à la crise du système capitaliste), n°76 de mai 2008 (1968 – 2008, l'actualité d'un combat).

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