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Edito. L'Internationaliste n°82
Les capitalistes doivent payer leur crise !

Le G20 s'est réuni le 15 novembre en un « sommet de la finance ». Il a fixé une première réunion le 30 mars pour commencer à envisager les premières mesures pour « réformer » la finance mondiale. Peu avant, B. Obama a été élu président des Etats-Unis d'Amérique. Il a nommé P. Volcker, ancien de l'équipe Reagan et promoteur de néolibéralisme aux USA, à un poste clé de son administration. Comme nous l'avions pronostiqué également, les rodomontades de Sarkozy à propos de la refondation du capitalisme n'étaient que de la mousse pour cacher les véritables objectifs du G20 : sauver les banquiers et les spéculateurs, sauver les capitalistes.

Les chefs d'états participant au G20 se sont séparés avec un plan visant à faire supporter l'intégralité de la crise aux travailleurs, aux paysans, à la jeunesse ainsi qu'aux peuples coloniaux et semi-coloniaux. C'est pourquoi, dans ce pays, depuis quelques semaines, nous assistons à un festival de maximes qui, sous l'apparence du gros « bon sens », cachent mal l'escroquerie : « quand la maison brûle, on commence par appeler les pompiers, on cherche ensuite les éventuels coupables ». Le 7 octobre, dans Libération, L. Joffrin ironise : « La maison brûle, mais on veut d’abord sauver les idoles. » ; les idoles, comprendre les dogmes libéraux.

L'offensive est bien en cours, sur tous les plans, y compris idéologiques, pour sauver le système capitaliste lui-même et pas seulement les dogmes néo-libéraux. Quand les capitalistes font des profits, ils veulent en être les uniques destinataires. Quand les capitalistes accumulent les pertes, alors la métaphore de la galère revient au devant de la scène : selon ces messieurs et dames, nous serions tous dans le même bateau, il faudrait se serrer les coudes pour faire face à la tempête.

La « relance par l'investissement »

C'est là que Laurence Parisot, présidente du MEDEF, entre en scène, le 18 novembre 2008, répondant ainsi aux revendications sur les salaires qui s'expriment de plus en plus souvent dans ce pays. Elle s'oppose mordicus à toute « relance par la consommation » et prône, elle, la « relance par la production ». Dans un pays impérialiste qui a misé sur une désindustrialisation massive, dans le cadre d'une nouvelle division internationale du travail, augmenter les salaires revient à importer plus de produits de consommation courante.

Pour L. Parisot, il faut faire le contraire : baisser les salaires, pour augmenter la compétitivité et pour exporter plus, quitte à plonger une part grandissante des travailleurs dans la misère. Autre avantage de la mesure pour les capitalistes et leur gouvernement, les importations baisseraient et le déficit commercial du pays diminuerait...

J. Peyrelevade, ex-PDG du Crédit Lyonnais, homme d'expérience donc, prône lui aussi une « relance par l'investissement ». Dans une interview à Ouest France du 1er décembre, il estime que Sarkozy à fait une erreur politique en se présentant comme le président du pouvoir d'achat. Parisot et Peyrelevade, grands patrons, sont donc d'accord sur la poursuite, l'accentuation, l'accélération des contre réformes qui ont un seul but : faire baisser les salaires pour faire remonter le taux de profit.

Le problème, sur le plan de la concurrence entre les puissances impérialistes, c'est que toutes vont aller dans le même sens : c'est donc la course à la misère qui est gravement relancée. Le second aspect de l'offensive touche à la dette publique.

Celui (Sarkozy) qui a dit pendant sa campagne que les ménages de ce pays n'étaient pas assez endettés, revient à la charge sur l'endettement public. Où trouver les capitaux nécessaires à une quelconque « relance » quand on a passé vingt ans à réduire les dépenses publiques, tout en réduisant les impôts, et donc, en gonflant le déficit ? Où, quand on sait que, chaque année dorénavant les 13,5 milliards d'euros du « bouclier fiscal » manqueront dans les caisses de l'Etat ? Mais pour les capitalistes, le problème est ailleurs.

Etat en faillite cherche
260 milliards d'euros...

Le Premier ministre, F. Fillon, s'est exprimé dans les colonnes du magazine Challenge du 27/11/2008. Là encore, le « bon sens » des céréaliers de la Sarthe est appelé à la rescousse : « Imagine-t-on, au coeur de la bataille, le général en chef s'arrêter pour compter le nombre de cartouches déjà tirées, de veuves et d'orphelins à consoler, de litres de sang versés ? ». Cependant Fillon n'est pas Churchill...

Les vannes des garanties et du crédit sont grandes ouvertes pour les capitalistes. Sarkozy a annoncé en tout 260 milliards d'euros. C'est avec cela que les « pompiers » ont éteint les incendies provoqués par l'éclatement de la « bulle internet » par exemple, et c'est cela (le crédit facile associé à la spéculation) qui a provoqué l'incendie actuel. Les pompiers du capitalisme sont donc bien des pyromanes.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon veut, à la fois, garantir les engagements des banques, financer la « relance », baisser les impôts et faire reculer les déficits publics : c'est la quadrature du cercle. La « pédagogie » de la peur est donc utilisée sans vergogne. Des centaines d'usines licencient ou ferment du fait de la crise. Mais d'autres prétextent de la crise pour justifier des restructurations, des délocalisations, des licenciements et des fermetures « préventifs » pour faire à une situation qui va, forcément, s’aggraver.

L'Etat n'est pas en reste. Fin 2007, Fillon a utilisé le terme de « faillite » de l'Etat, Sarkozy a confirmé que les caisses de l'Etat son vides. L. Parisot et É. Woerth, le ministre du budget, viennent de participer à une émission de « télévision catastrophe » sur le thème : « 2017, chronique d'une faillite annoncée ». Le plateau était assuré par le très réactionnaire - et proche de Sarkozy - N. Beytout, PDG du pôle « médias » de LVMH et habitué des discrètes rencontres internationales au centre du capitalisme.

L'objectif du gouvernement est de privatiser la dette publique en faisant supporter à chaque famille la charge d'assumer seule, par le placement et par l'assurance, l'avenir de sa protection sociale et de l'éducation, payer cher pour ce qui relève encore du service public. Si elles ne le peuvent pas, alors il restera l'action caritative !

Les capitalistes et leur gouvernement veulent prendre appui sur le choc de la crise pour faire passer en bloc l'ensemble des contre-réformes, les mêmes qu'avant la crise. Pour le reste l'Etat ferait appel aux « marchés financiers » pour financer les banques et paierait bien entendu des intérêts à ceux-là même qui ont... provoqué la crise. Ceux qui bénéficient des réductions d'impôts...

Vive le socialisme !

Cependant, la solution existe bien pour, à la fois, éteindre l'incendie, punir les coupables, s'assurer qu'ils ne récidiveront pas et garantir aux travailleurs et jeunes un avenir décent : faire payer la crise du capitalisme aux capitalistes, au prix fort, en mettant fin à la propriété privée des moyens de production et d'échange ; en établissant, à l'échelle du monde, un mode de production basé sur la propriété collective des moyens de production, sous le contrôle de conseils ouvriers et paysans, le socialisme. Le stalinisme a fait faillite, le capitalisme a fait faillite : vive le socialisme !

Pourtant nous savons que ceux qui n'ont à la bouche que « l'Etat de droit », la « démocratie », la « bonne gouvernance », « la lutte contre le terrorisme », ceux qui veulent criminaliser les mobilisations ouvrières et paysannes sont près à user de tous les moyens pour défendre leur situation et leurs privilèges. Ce 27 novembre, trois dirigeants syndicalistes, militants de l'USI du Venezuela, ont payé de leur vie leur engagement aux côtés des travailleurs en lutte. Les mercenaires, les hommes de mains, les bandes fascistes font partie du système capitaliste.

Seule la construction d'un état-major international déterminé de la classe ouvrière peut permettre à celle-ci de remettre à l'heure les pendules de l'Histoire en mettant fin, sans états d'âmes, à ce mode de production brutal et corrompu. Cet état-major, c'est l'internationale ouvrière révolutionnaire qui pour nous, LIT-QI et GSI, est la IVème internationale.

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