Le G20 s'est réuni le 15
novembre en un « sommet de la finance ». Il a
fixé une première réunion le 30 mars pour
commencer à envisager les premières mesures
pour « réformer » la finance mondiale. Peu
avant, B. Obama a été élu président des
Etats-Unis d'Amérique. Il a nommé P. Volcker,
ancien de l'équipe Reagan et promoteur de
néolibéralisme aux USA, à un poste clé de son
administration. Comme nous l'avions
pronostiqué également, les rodomontades de
Sarkozy à propos de la refondation du
capitalisme n'étaient que de la mousse pour
cacher les véritables objectifs du G20 :
sauver les banquiers et les spéculateurs,
sauver les capitalistes.
Les chefs d'états participant au G20 se
sont séparés avec un plan visant à faire
supporter l'intégralité de la crise aux
travailleurs, aux paysans, à la jeunesse
ainsi qu'aux peuples coloniaux et
semi-coloniaux. C'est pourquoi, dans ce pays,
depuis quelques semaines, nous assistons à un
festival de maximes qui, sous l'apparence du
gros « bon sens », cachent mal l'escroquerie
: « quand la maison brûle, on commence
par appeler les pompiers, on cherche ensuite
les éventuels coupables ». Le 7 octobre,
dans Libération, L. Joffrin ironise : «
La maison brûle, mais on veut
d’abord sauver les idoles. » ; les
idoles, comprendre les dogmes libéraux.
L'offensive est bien en cours, sur tous
les plans, y compris idéologiques, pour
sauver le système capitaliste lui-même et pas
seulement les dogmes néo-libéraux. Quand les
capitalistes font des profits, ils veulent en
être les uniques destinataires. Quand les
capitalistes accumulent les pertes, alors la
métaphore de la galère revient au devant de
la scène : selon ces messieurs et dames, nous
serions tous dans le même bateau, il faudrait
se serrer les coudes pour faire face à la
tempête.
La « relance par
l'investissement »
C'est là que Laurence Parisot, présidente
du MEDEF, entre en scène, le 18 novembre
2008, répondant ainsi aux revendications sur
les salaires qui s'expriment de plus en plus
souvent dans ce pays. Elle s'oppose mordicus
à toute « relance par la consommation » et
prône, elle, la « relance par la production
». Dans un pays impérialiste qui a misé sur
une désindustrialisation massive, dans le
cadre d'une nouvelle division internationale
du travail, augmenter les salaires revient à
importer plus de produits de consommation
courante.
Pour L. Parisot, il faut faire le
contraire : baisser les salaires, pour
augmenter la compétitivité et pour exporter
plus, quitte à plonger une part grandissante
des travailleurs dans la misère. Autre
avantage de la mesure pour les capitalistes
et leur gouvernement, les importations
baisseraient et le déficit commercial du pays
diminuerait...
J. Peyrelevade, ex-PDG du Crédit Lyonnais,
homme d'expérience donc, prône lui aussi une
« relance par l'investissement ». Dans une
interview à Ouest France du 1er
décembre, il estime que Sarkozy à fait une
erreur politique en se présentant comme le
président du pouvoir d'achat. Parisot et
Peyrelevade, grands patrons, sont donc
d'accord sur la poursuite, l'accentuation,
l'accélération des contre réformes qui ont un
seul but : faire baisser les salaires pour
faire remonter le taux de profit.
Le problème, sur le plan de la concurrence
entre les puissances impérialistes, c'est que
toutes vont aller dans le même sens : c'est
donc la course à la misère qui est gravement
relancée. Le second aspect de l'offensive
touche à la dette publique.
Celui (Sarkozy) qui a dit pendant sa
campagne que les ménages de ce pays n'étaient
pas assez endettés, revient à la charge sur
l'endettement public. Où trouver les capitaux
nécessaires à une quelconque « relance »
quand on a passé vingt ans à réduire les
dépenses publiques, tout en réduisant les
impôts, et donc, en gonflant le déficit ? Où,
quand on sait que, chaque année dorénavant
les 13,5 milliards d'euros du « bouclier
fiscal » manqueront dans les caisses de
l'Etat ? Mais pour les capitalistes, le
problème est ailleurs.
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Etat en faillite
cherche
260 milliards d'euros...
Le Premier ministre, F. Fillon, s'est
exprimé dans les colonnes du magazine
Challenge du 27/11/2008. Là encore,
le « bon sens » des céréaliers de la Sarthe
est appelé à la rescousse : «
Imagine-t-on, au coeur de la bataille, le
général en chef s'arrêter pour compter le
nombre de cartouches déjà tirées, de veuves
et d'orphelins à consoler, de litres de sang
versés ? ». Cependant Fillon n'est pas
Churchill...
Les vannes des garanties et du crédit sont
grandes ouvertes pour les capitalistes.
Sarkozy a annoncé en tout 260 milliards
d'euros. C'est avec cela que les « pompiers »
ont éteint les incendies provoqués par
l'éclatement de la « bulle internet » par
exemple, et c'est cela (le crédit facile
associé à la spéculation) qui a provoqué
l'incendie actuel. Les pompiers du
capitalisme sont donc bien des pyromanes.
Le gouvernement Sarkozy-Fillon veut, à la
fois, garantir les engagements des banques,
financer la « relance », baisser les impôts
et faire reculer les déficits publics : c'est
la quadrature du cercle. La « pédagogie » de
la peur est donc utilisée sans vergogne. Des
centaines d'usines licencient ou ferment du
fait de la crise. Mais d'autres prétextent de
la crise pour justifier des restructurations,
des délocalisations, des licenciements et des
fermetures « préventifs » pour faire à une
situation qui va, forcément,
s’aggraver.
L'Etat n'est pas en reste. Fin 2007,
Fillon a utilisé le terme de « faillite » de
l'Etat, Sarkozy a confirmé que les caisses de
l'Etat son vides. L. Parisot et É. Woerth, le
ministre du budget, viennent de participer à
une émission de « télévision catastrophe »
sur le thème : « 2017, chronique d'une
faillite annoncée ». Le plateau était assuré
par le très réactionnaire - et proche de
Sarkozy - N. Beytout, PDG du pôle « médias »
de LVMH et habitué des discrètes rencontres
internationales au centre du capitalisme.
L'objectif du gouvernement est de
privatiser la dette publique en faisant
supporter à chaque famille la charge
d'assumer seule, par le placement et par
l'assurance, l'avenir de sa protection
sociale et de l'éducation, payer cher pour ce
qui relève encore du service public. Si elles
ne le peuvent pas, alors il restera l'action
caritative !
Les capitalistes et leur gouvernement
veulent prendre appui sur le choc de la crise
pour faire passer en bloc l'ensemble des
contre-réformes, les mêmes qu'avant la crise.
Pour le reste l'Etat ferait appel aux «
marchés financiers » pour financer les
banques et paierait bien entendu des intérêts
à ceux-là même qui ont... provoqué la crise.
Ceux qui bénéficient des réductions
d'impôts...
Vive le socialisme
!
Cependant, la solution existe bien pour, à
la fois, éteindre l'incendie, punir les
coupables, s'assurer qu'ils ne récidiveront
pas et garantir aux travailleurs et jeunes un
avenir décent : faire payer la crise du
capitalisme aux capitalistes, au prix fort,
en mettant fin à la propriété privée des
moyens de production et d'échange ; en
établissant, à l'échelle du monde, un mode de
production basé sur la propriété collective
des moyens de production, sous le contrôle de
conseils ouvriers et paysans, le socialisme.
Le stalinisme a fait faillite, le capitalisme
a fait faillite : vive le socialisme !
Pourtant nous savons que ceux qui n'ont à
la bouche que « l'Etat de droit », la «
démocratie », la « bonne gouvernance », « la
lutte contre le terrorisme », ceux qui
veulent criminaliser les mobilisations
ouvrières et paysannes sont près à user de
tous les moyens pour défendre leur situation
et leurs privilèges. Ce 27 novembre, trois
dirigeants syndicalistes, militants de l'USI
du Venezuela, ont payé de leur vie leur
engagement aux côtés des travailleurs en
lutte. Les mercenaires, les hommes de mains,
les bandes fascistes font partie du système
capitaliste.
Seule la construction d'un état-major
international déterminé de la classe ouvrière
peut permettre à celle-ci de remettre à
l'heure les pendules de l'Histoire en mettant
fin, sans états d'âmes, à ce mode de
production brutal et corrompu. Cet
état-major, c'est l'internationale ouvrière
révolutionnaire qui pour nous, LIT-QI et GSI,
est la IVème internationale.
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