Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Texte publié dans l'Internationaliste n°83
Grèce - Tous dans la rue, travailleurs et jeunes ensemble

Avec des occupations, la désobéissance générale et la grève politique pour renverser le gouvernement des assassins

Voici une déclaration concernant le mouvement de rébellion qui parcourt la Grèce, de l'OKDE-EP, l'Organisation des Communistes Internationalistes de Grèce (OKDE-EP), une organisation révolutionnaire qui a participé comme invitée au dernier congrès de la LIT-QI
Le torrent de colère pour l'assassinat cruel d'un jeune de 16 ans a débordé. « Alex était un des nôtres » est le cri de milliers de jeunes contre un régime qui retire toute perspective à leur vie. Parmi les travailleurs, la tragique impasse des politiques de tous les gouvernements se met à nu, l'anxiété augmente à trouver une issue à cette crise, et la recherche pour trouver le chemin vers l'intervention dans les événements d'une manière massive et militante est manifeste.

Non au vandalisme des appareils répressifs !

L'assassinat d'un jeune de 16 ans n'a pas été un « incident isolé » dû à une « perte de sang-froid », un « excès d'impatience », un « manque d'entraînement », etc. La plaidoirie provocatrice de l'agent des Forces Spéciales et de son avocat démontrent clairement que la police et l'appareil répressif se sont déchaînés. Des jardinières servent pour rompre la tête des manifestants et les coupables restent toujours impunis. Des officiers de police impliqués dans le trafic de drogue sont les mêmes qui humilient, torturent et assassinent des immigrants. Des escadrons de fanatiques utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser des étudiants « terroristes », piétinant et en emprisonnant tout le monde sans discrimination. Des agents des Forces Spéciales en moto se pavanent en armes et tirent. Des mineurs des deux sexes sont emmenés en garde à vue sous l'accusation de former des bandes de criminels. Les ministres de l'Ordre Public font l'éloge des forces anti-émeute comme garde prétorienne en leur disant : « l'Etat, c'est vous ». (Mitsotakis)

Ce sont eux qui traînent des centaines de militants devant les tribunaux et proclament que les grèves sont « illégales et hors de propos ». Ce sont eux les responsables pour le kidnapping des Pakistanais et pour le scandale des enregistrements. Les « forces spéciales de police », armées jusqu'aux dents, se transforment en bandes de tueurs, alors que le gouvernement permet maintenant aussi aux forces de sécurité privées le port d'armes !

L'argent pour les banques - la pauvreté pour les travailleurs et la jeunesse !

Karamanlis n'a même pas eu un semblant d'excuses pour le décès du jeune ou pour l'impasse à laquelle la politique de sa police a mené. Il parle comme un petit dieu de fer blanc qui demande aux travailleurs et aux jeunes de s'enfermer dans leur maison, de trembler de peur. L'effort du gouvernement, pour annuler les rassemblements et les manifestations du 10 décembre, montre à quel point sa politique est dangereuse : utiliser la situation par la suspension des libertés démocratiques pour fortifier la répression.

Ce sont les mêmes qui sont enlisés dans la corruption : les scandales de Siemens et de Vatopedi, les contrats, les amis riches dans le gouvernement qui gaspillent tout dans des banquets sans fin aux frais de la princesse. Alors qu'il « n'y a pas d'argent » pour les salaires et pour les dépenses publiques, le gouvernement donne des milliards d'euros aux banquiers. Ils vendent tout ce qui reste (Olympic Airlines, ports, trains, etc.), ils acculent les fonds de l'assurance sociale à la faillite, ils placent la santé et l'éducation au bord de l'effondrement, ils continuent à flexibiliser les relations de travail, qu'ils finissent par mener à la casse. Tout ceci a mené à l'éclosion de la « génération des 700 euros » que l'on vient de découvrir et qui a donné lieu à des larmes de crocodile de la part du gouvernement. Tout ceci fait exploser le chômage, l'insécurité et le désespoir, au point que, maintenant, tout le monde est d'accord pour admettre que cela constitue l'arrière plan de la situation actuelle.

L'attitude du mouvement envers les « affrontements » et les « destructions »

Dans toute grande crise sociale - comme celle-ci - il y a des phénomènes « incontrôlables » (comme ceux que nous avons vu dans les faubourgs de Paris). Le gouvernement, tous les partis officiels et les media mettent l'accent sur ces « affrontements » pour mieux cacher ainsi ce qui est pour eux l'essentiel, mobiliser les réflexes les plus réactionnaires et ouvrir la voie à davantage de répression.

Le mouvement ouvrier et des jeunes ne doivent pas faire des s'incliner devant les aux hurlements de la légitimité bourgeoise. Ceux qui détruisent les travailleurs et la jeunesse n'ont pas le droit de parler de destruction. Ceux qui livrent 28 milliards d'euros aux banques, ceux qui pillent réellement les salaires, les relations de travail, le bien-être public, les dépenses publiques, ceux-là n'ont pas le droit de parler de « pillages ». Non à l'hypocrisie qui accuse le pauvre diable immigrant, le jeune qui vit en marge de la société, le travailleur pauvre ou le pensionné qui s'empare de ce que le « marché libre » lui refuse ! Malheur à vous, scribes et pharisiens !

La multiplication de ces affrontements démontre la profondeur de la crise sociale que les média essayent de cacher au moyen de rumeurs provocantes sur « des anarchistes qui se mobilisent partout » et sur « des centres antipatriotiques ». Toutefois, les affrontements spontanés n'offrent aucune issue, pour justifiée que soit la rancœur contre la police.

Le mouvement ouvrier et la jeunesse doivent formuler leur propre réponse. Il ne s'agit pas de rejoindre ceux qui demandent à haute voix de « condamner les affrontements », et qui exigent « de l'ordre et de la sécurité ». Ils doivent ouvrir la voie avec leur propre mouvement de masse, leurs propres formes de lutte et leurs propres mots d'ordre ; ils doivent protéger le caractère de leur mobilisation, qui ne peut pas être une manifestation à l'aveuglette ; ils doivent organiser l'autodéfense massive contre la répression et la violence policière.

Non aux partis de la tromperie, « béquilles du gouvernement »

La scène politique a étalé toute sa pourriture. Le PASOK ne fait rien d’autre que de demander des élections pour arriver au pouvoir. LAOS est devenu le porte-parole non-officiel des bandes de l'extrême droite et de « Chrisi Avgi ». Le KKE, au lieu de montrer les causes de la crise et de s'opposer au gouvernement, s'est allié à ce dernier. Il parle de « provocateurs », sans retenu. Il frappe en dessous de la ceinture les organisations de la gauche anticapitaliste, les militants aussi bien que SYN/SYRIZA, avec des arguments les plus réactionnaires. De cette façon, il affaiblit le front des travailleurs et des jeunes contre le gouvernement. La bureaucratie syndicale non seulement ne fait rien pour organiser la réponse des travailleurs mais, en plus, elle rend hommage au gouvernement et aux jeux parlementaires, comme cela a été le cas avec l'annulation de la mobilisation lors de la grève du 10 décembre. Cette décision a été soutenue par SYRIZA, ce qui démontre les limites de sa politique.

La seule issue est la lutte de masses pour le renversement du gouvernement

Nous sommes à la croisée des chemins. La seule solution qui peut apporter un certain soulagement dans la crise actuelle est le renversement du gouvernement. Le mouvement doit apporter sa réponse en ce moment décisif. Il ne peut pas donner au gouvernement le temps nécessaire pour se reconstruire. Il ne peut pas permettre que le gouvernement - ou n'importe quel autre qui lui succède - continue avec la même politique qui a mené à la situation actuelle. Si nous le lui permettons, le gouvernement essayera de renforcer la répression en utilisant les « jeunes encapuchonnés » comme prétexte, mais en attaquant, en réalité, aussi bien les libertés démocratiques que les organisations et les luttes du mouvement.

Aucun travailleur ne peut permettre que le gouvernement contre-attaque. La seule issue est la lutte pour son renversement par le mouvement des masses. Nous devons combattre pour organiser des occupations dans chaque école et université, qui seront utilisées comme centres de lutte et les aider à s'étendre partout. Nous devons construire des comités d'unité d'action de lycéens, d'étudiants et de travailleurs.

Dans les lieux de travail, nous devons entamer une discussion énergique sur les causes de la crise mais aussi sur la nécessité pour les travailleurs de combattre et d'intervenir activement pour renverser le gouvernement anti-ouvrier et antidémocratique de Karamanlis. Nous ne pouvons pas donner de trêve à la bureaucratie syndicale, nous devons exiger des assemblées générales et voter la grève. Nous devons exiger : Grève générale politique maintenant ! A bas le gouvernement des assassins, de la pauvreté et du chômage. Voilà la manière d'ouvrir la voie pour la satisfaction des exigeances des travailleurs et de la jeunesse, pour une solution qui nous sauve de la crise politique et sociale dont ce gouvernement et la bourgeoisie essayeront de se décharger sur nous.

A bas le gouvernement d'assassins et sa politique

- Que Pavlopoulos et Chinofotis démissionnent immédiatement !

Châtiment immédiat et exemplaire des coupables.

- Désarmement immédiat de la police. Non aux forces de répression dans les mobilisations.

Dissolution des forces anti-émeute et des Forces spéciales.

- Libération de tous les prisonniers.

- Intensification de la lutte pour les droits politiques et sociaux des travailleurs et de la jeunesse. C'est le capital qui doit payer la crise !

OKDE - Organisation des Communistes Internationalistes de Grèce.

Haut Début