| Le torrent de colère pour
l'assassinat cruel d'un jeune de 16 ans a
débordé. « Alex était un des nôtres » est le
cri de milliers de jeunes contre un régime
qui retire toute perspective à leur vie.
Parmi les travailleurs, la tragique impasse
des politiques de tous les gouvernements se
met à nu, l'anxiété augmente à trouver une
issue à cette crise, et la recherche pour
trouver le chemin vers l'intervention dans
les événements d'une manière massive et
militante est manifeste.
Non au vandalisme des
appareils répressifs !
L'assassinat d'un jeune de 16 ans n'a pas
été un « incident isolé » dû à une « perte de
sang-froid », un « excès d'impatience », un
« manque d'entraînement », etc. La plaidoirie
provocatrice de l'agent des Forces Spéciales
et de son avocat démontrent clairement que
la police et l'appareil répressif se
sont déchaînés. Des jardinières
servent pour rompre la tête des manifestants
et les coupables restent toujours impunis.
Des officiers de police impliqués dans le
trafic de drogue sont les mêmes qui
humilient, torturent et assassinent des
immigrants. Des escadrons de fanatiques
utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser
des étudiants « terroristes », piétinant et
en emprisonnant tout le monde sans
discrimination. Des agents des Forces
Spéciales en moto se pavanent en armes et
tirent. Des mineurs des deux sexes sont
emmenés en garde à vue sous l'accusation de
former des bandes de criminels. Les ministres
de l'Ordre Public font l'éloge des forces
anti-émeute comme garde prétorienne en leur
disant : « l'Etat, c'est vous ».
(Mitsotakis)
Ce sont eux qui traînent des centaines de
militants devant les tribunaux et proclament
que les grèves sont « illégales et hors de
propos ». Ce sont eux les responsables pour
le kidnapping des Pakistanais et pour le
scandale des enregistrements. Les « forces
spéciales de police », armées jusqu'aux
dents, se transforment en bandes de tueurs,
alors que le gouvernement permet maintenant
aussi aux forces de sécurité privées le port
d'armes !
L'argent pour les banques
- la pauvreté pour les travailleurs et la
jeunesse !
Karamanlis n'a même pas eu un semblant
d'excuses pour le décès du jeune ou pour
l'impasse à laquelle la politique de sa
police a mené. Il parle comme un petit dieu
de fer blanc qui demande aux travailleurs et
aux jeunes de s'enfermer dans leur maison, de
trembler de peur. L'effort du gouvernement,
pour annuler les rassemblements et les
manifestations du 10 décembre, montre à quel
point sa politique est dangereuse : utiliser
la situation par la suspension des libertés
démocratiques pour fortifier la
répression.
Ce sont les mêmes qui sont enlisés dans la
corruption : les scandales de Siemens et de
Vatopedi, les contrats, les amis riches dans
le gouvernement qui gaspillent tout dans des
banquets sans fin aux frais de la princesse.
Alors qu'il « n'y a pas d'argent » pour les
salaires et pour les dépenses publiques, le
gouvernement donne des milliards d'euros aux
banquiers. Ils vendent tout ce qui reste
(Olympic Airlines, ports, trains, etc.), ils
acculent les fonds de l'assurance sociale à
la faillite, ils placent la santé et
l'éducation au bord de l'effondrement, ils
continuent à flexibiliser les relations de
travail, qu'ils finissent par mener à la
casse. Tout ceci a mené à l'éclosion de la «
génération des 700 euros » que l'on vient de
découvrir et qui a donné lieu à des larmes de
crocodile de la part du gouvernement. Tout
ceci fait exploser le chômage, l'insécurité
et le désespoir, au point que, maintenant,
tout le monde est d'accord pour admettre que
cela constitue l'arrière plan de la situation
actuelle.
L'attitude du mouvement
envers les « affrontements » et les
« destructions »
Dans toute grande crise sociale - comme
celle-ci - il y a des phénomènes «
incontrôlables » (comme ceux que nous avons
vu dans les faubourgs de Paris). Le
gouvernement, tous les partis officiels et
les media mettent l'accent sur ces «
affrontements » pour mieux cacher ainsi ce
qui est pour eux l'essentiel, mobiliser les
réflexes les plus réactionnaires et ouvrir la
voie à davantage de répression.
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Le mouvement ouvrier et
des jeunes ne doivent pas faire des
s'incliner devant les aux hurlements de la
légitimité bourgeoise. Ceux qui
détruisent les travailleurs et la jeunesse
n'ont pas le droit de parler de destruction.
Ceux qui livrent 28 milliards d'euros aux
banques, ceux qui pillent réellement les
salaires, les relations de travail, le
bien-être public, les dépenses publiques,
ceux-là n'ont pas le droit de parler de «
pillages ». Non à l'hypocrisie qui accuse le
pauvre diable immigrant, le jeune qui vit en
marge de la société, le travailleur pauvre ou
le pensionné qui s'empare de ce que le «
marché libre » lui refuse ! Malheur à
vous, scribes et pharisiens !
La multiplication de ces affrontements
démontre la profondeur de la crise sociale
que les média essayent de cacher au moyen de
rumeurs provocantes sur « des anarchistes qui
se mobilisent partout » et sur « des centres
antipatriotiques ». Toutefois, les
affrontements spontanés n'offrent aucune
issue, pour justifiée que soit la
rancœur contre la police.
Le mouvement ouvrier et la jeunesse
doivent formuler leur propre réponse.
Il ne s'agit pas de rejoindre ceux
qui demandent à haute voix de « condamner les
affrontements », et qui exigent « de l'ordre
et de la sécurité ». Ils doivent ouvrir la
voie avec leur propre mouvement de masse,
leurs propres formes de lutte et leurs
propres mots d'ordre ; ils doivent protéger
le caractère de leur mobilisation, qui ne
peut pas être une manifestation à
l'aveuglette ; ils doivent organiser
l'autodéfense massive contre la répression et
la violence policière.
Non aux partis de la
tromperie, « béquilles du
gouvernement »
La scène politique a étalé toute sa
pourriture. Le PASOK ne fait rien
d’autre que de demander des élections
pour arriver au pouvoir. LAOS est devenu le
porte-parole non-officiel des bandes de
l'extrême droite et de « Chrisi Avgi ». Le
KKE, au lieu de montrer les causes de la
crise et de s'opposer au gouvernement, s'est
allié à ce dernier. Il parle de «
provocateurs », sans retenu. Il frappe en
dessous de la ceinture les organisations de
la gauche anticapitaliste, les militants
aussi bien que SYN/SYRIZA, avec des arguments
les plus réactionnaires. De cette façon, il
affaiblit le front des travailleurs et des
jeunes contre le gouvernement. La
bureaucratie syndicale non seulement ne fait
rien pour organiser la réponse des
travailleurs mais, en plus, elle rend hommage
au gouvernement et aux jeux parlementaires,
comme cela a été le cas avec l'annulation de
la mobilisation lors de la grève du 10
décembre. Cette décision a été soutenue par
SYRIZA, ce qui démontre les limites de sa
politique.
La seule issue est la
lutte de masses pour le renversement du
gouvernement
Nous sommes à la croisée des chemins. La
seule solution qui peut apporter un certain
soulagement dans la crise actuelle est le
renversement du gouvernement. Le mouvement
doit apporter sa réponse en ce moment
décisif. Il ne peut pas donner au
gouvernement le temps nécessaire pour se
reconstruire. Il ne peut pas permettre que le
gouvernement - ou n'importe quel autre qui
lui succède - continue avec la même politique
qui a mené à la situation actuelle. Si nous
le lui permettons, le gouvernement essayera
de renforcer la répression en utilisant les «
jeunes encapuchonnés » comme prétexte, mais
en attaquant, en réalité, aussi bien les
libertés démocratiques que les organisations
et les luttes du mouvement.
Aucun travailleur ne peut permettre que le
gouvernement contre-attaque. La seule issue
est la lutte pour son renversement par le
mouvement des masses. Nous devons combattre
pour organiser des
occupations dans chaque
école et université, qui seront utilisées
comme centres de lutte et les aider à
s'étendre partout. Nous devons
construire des comités d'unité d'action de
lycéens, d'étudiants et de
travailleurs.
Dans les lieux de travail, nous devons
entamer une discussion énergique sur les
causes de la crise mais aussi sur la
nécessité pour les travailleurs de combattre
et d'intervenir activement pour renverser le
gouvernement anti-ouvrier et antidémocratique
de Karamanlis. Nous ne pouvons pas donner de
trêve à la bureaucratie syndicale, nous
devons exiger des assemblées générales et
voter la grève. Nous devons exiger :
Grève générale politique maintenant !
A bas le gouvernement des assassins, de la
pauvreté et du chômage. Voilà la
manière d'ouvrir la voie pour la satisfaction
des exigeances des travailleurs et de la
jeunesse, pour une solution qui nous sauve de
la crise politique et sociale dont ce
gouvernement et la bourgeoisie essayeront de
se décharger sur nous.
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