Logo Quatrième Internationale
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Article publié dans l'Internationaliste n°84

Pseudo puce Retour au dossier Palestine

Palestine : une défaite politique du sionisme.
Le retrait de l'armée sioniste de Gaza le 20 janvier 2009, juste au moment de l'investiture de B. Obama, scelle une défaite politique pour l'état d'Israël qui est loin d’avoir atteint ses objectifs militaires déclarés. Au demeurant, c'est la confirmation de ce que l'attaque contre Gaza a été lancée avec l'accord des deux présidents étatsuniens, Bush et Obama, qui ont conduit conjointement tous les dossiers à partir de l'élection du 4 novembre.

L'opération, planifiée longtemps avant la soit disant rupture de la trêve par le Hamas, a été particulièrement brutale. Rappelons que Gaza a survécu, depuis septembre 2007, sous un blocus dévastateurs et que pendant cette « trêve » de six mois, décrétée unilatéralement par le Hamas, 60 Palestiniens ont été assassinés par l'armée ou les services spéciaux sionistes.

Au terme d'une agression militaire effroyable qui a duré près d'un mois, perpétrée par l'une des armée le plus puissamment équipée au monde, la population de la bande de Gaza compte ses victimes : 1 300 morts, dont plus de 300 enfants, et plus de 5 300 blessés ; en tout, une majorité de civils. Des écoles, des hôpitaux, des installations de l'ONU-même, ont été bombardées.

L'usage de bombes au phosphore blanc et de bombes de démolition avec pénétrateur à l'uranium appauvri est avéré. Des explosifs « DIME », déjà testés au Liban et à Gaza en 2006, ont également fait d'énormes dégâts humains. Ces bombes dispersent une myriade de particules de tungstène ou autre métal, qui quand elles ne tuent pas conduisent généralement à l'amputation. Pire, la présence de particules de métaux lourds dans le corps des survivants peut provoquer l'apparition de cancers. La recherche militaire, les dépenses militaires jouent donc, encore une fois, le rôle de volant d'entraînement de l'économie capitaliste, surtout en temps de crise.

Le bilan politique de cette boucherie est le discrédit de la pseudo « autorité palestinienne » et du Fatah. Les organisations palestiniennes sont plus divisées que jamais, même si de nombreux responsables et militants des organisations de l'OLP se sont solidarisés, au moins sur le plan militaire, avec les combattants de Gaza, sans distinctions.

Le Hamas lui-même laisse désormais apparaître des divisions importantes, notamment entre sa représentation parlementaire et ses dirigeants prêts aux négociations avec les sionistes, d'une part ; les organisations de base et les groupes de combattants, d'autre part. C'est une caractéristique typique du caractère nationaliste bourgeois d'un courant comme celui du Hamas en Palestine, ou celui du Hezbollah au Liban, ce genre d'organisation étant toujours prête à un accord dans le cadre du système capitaliste, impérialiste.

Mais le plus important, c'est le rejet de l'Etat sioniste dans le monde, et ce, malgré le soutien de la plupart des gouvernements impérialistes et leurs valets. Le contrôle serré des média s'est littéralement retourné contre Israël. Les excursions de journalistes à Sderot pour filmer les alertes et la volonté de l'armée israélienne de présenter les images provenant de Gaza comme relevant de la propagande pro-Hamas n'ont abusé personne. Le discours sur les « 95% » d'Israéliens soutenant l'offensive contre Gaza, du début à la fin, ne parvient plus à masquer une opposition - à laquelle Olmert-Livni-Netanyahou concède 5%  - qui grandit inexorablement.

La vérité s'est tout de même frayé un chemin à la télévision israélienne, le 16 janvier, quand ce gynécologue palestinien, habitant Gaza et travaillant à Tel-Aviv, s'apprêtait à répondre à une interview et que sa maison a été bombardée en direct : les trois filles du médecin y sont mortes, et la propagande mensongère a volé en éclat.

En France, le président du CRIF a prétendu se faire le porte-parole des « 95% » des juifs de ce pays, soutenant, selon lui, l'offensive israélienne (présentée comme une action défensive !). Pourtant, les manifestations organisées par le CRIF ont été très loin de refléter cette affirmation, et ce, malgré l'appui et la présence de dirigeants du PS et de l'UMP, comme à Marseille. Au contraire, de nombreux juifs se sont joints aux manifestations condamnant l'agression contre Gaza, preuve que l'influence du « Likoud-France » est en train de reculer.

Au total, la possibilité nous est donnée aujourd'hui d'œuvrer avec détermination pour une seule Palestine, laïque, démocratique et non raciste, dans la perspective des Etats-Unis Socialistes du Proche et du Moyen-Orient. Ce doit être l'axe de toute organisation marxiste révolutionnaire conséquente à Gaza, en Cisjordanie et en Israël, en rupture totale avec l'islamisme et le sionisme : c'est l'axe qui peut permettre de réorganiser le mouvement ouvrier révolutionnaire du Caire à Téhéran, d'Aden à Istanbul.

Haut Début