| Le retrait de l'armée sioniste
de Gaza le 20 janvier 2009, juste au moment
de l'investiture de B. Obama, scelle une
défaite politique pour l'état d'Israël qui
est loin d’avoir atteint ses objectifs
militaires déclarés. Au demeurant, c'est la
confirmation de ce que l'attaque contre Gaza
a été lancée avec l'accord des deux
présidents étatsuniens, Bush et Obama, qui
ont conduit conjointement tous les dossiers à
partir de l'élection du 4 novembre.
L'opération, planifiée longtemps avant la
soit disant rupture de la trêve par le Hamas,
a été particulièrement brutale. Rappelons que
Gaza a survécu, depuis septembre 2007, sous
un blocus dévastateurs et que pendant cette «
trêve » de six mois, décrétée unilatéralement
par le Hamas, 60 Palestiniens ont été
assassinés par l'armée ou les services
spéciaux sionistes.
Au terme d'une agression militaire
effroyable qui a duré près d'un mois,
perpétrée par l'une des armée le plus
puissamment équipée au monde, la population
de la bande de Gaza compte ses victimes : 1
300 morts, dont plus de 300 enfants, et plus
de 5 300 blessés ; en tout, une majorité de
civils. Des écoles, des hôpitaux, des
installations de l'ONU-même, ont été
bombardées.
L'usage de bombes au phosphore blanc et de
bombes de démolition avec pénétrateur à
l'uranium appauvri est avéré. Des explosifs «
DIME », déjà testés au Liban et à Gaza en
2006, ont également fait d'énormes dégâts
humains. Ces bombes dispersent une myriade de
particules de tungstène ou autre métal, qui
quand elles ne tuent pas conduisent
généralement à l'amputation. Pire, la
présence de particules de métaux lourds dans
le corps des survivants peut provoquer
l'apparition de cancers. La recherche
militaire, les dépenses militaires jouent
donc, encore une fois, le rôle de volant
d'entraînement de l'économie capitaliste,
surtout en temps de crise.
Le bilan politique de cette boucherie est
le discrédit de la pseudo « autorité
palestinienne » et du Fatah. Les
organisations palestiniennes sont plus
divisées que jamais, même si de nombreux
responsables et militants des organisations
de l'OLP se sont solidarisés, au moins sur le
plan militaire, avec les combattants de Gaza,
sans distinctions.
Le Hamas lui-même laisse désormais
apparaître des divisions importantes,
notamment entre sa représentation
parlementaire et ses dirigeants prêts aux
négociations avec les sionistes, d'une part ;
les organisations de base et les groupes de
combattants, d'autre part. C'est une
caractéristique typique du caractère
nationaliste bourgeois d'un courant comme
celui du Hamas en Palestine, ou celui du
Hezbollah au Liban, ce genre d'organisation
étant toujours prête à un accord dans le
cadre du système capitaliste,
impérialiste.
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Mais le plus important, c'est
le rejet de l'Etat sioniste dans le monde, et
ce, malgré le soutien de la plupart des
gouvernements impérialistes et leurs valets.
Le contrôle serré des média s'est
littéralement retourné contre Israël. Les
excursions de journalistes à Sderot pour
filmer les alertes et la volonté de l'armée
israélienne de présenter les images provenant
de Gaza comme relevant de la propagande
pro-Hamas n'ont abusé personne. Le discours
sur les « 95% » d'Israéliens soutenant
l'offensive contre Gaza, du début à la fin,
ne parvient plus à masquer une opposition - à
laquelle Olmert-Livni-Netanyahou concède 5%
- qui grandit inexorablement.
La vérité s'est tout de même frayé un
chemin à la télévision israélienne, le 16
janvier, quand ce gynécologue palestinien,
habitant Gaza et travaillant à Tel-Aviv,
s'apprêtait à répondre à une interview et que
sa maison a été bombardée en direct : les
trois filles du médecin y sont mortes, et la
propagande mensongère a volé en éclat.
En France, le président du CRIF a prétendu
se faire le porte-parole des « 95% » des
juifs de ce pays, soutenant, selon lui,
l'offensive israélienne (présentée comme une
action défensive !). Pourtant, les
manifestations organisées par le CRIF ont été
très loin de refléter cette affirmation, et
ce, malgré l'appui et la présence de
dirigeants du PS et de l'UMP, comme à
Marseille. Au contraire, de nombreux juifs se
sont joints aux manifestations condamnant
l'agression contre Gaza, preuve que
l'influence du « Likoud-France » est en train
de reculer.
Au total, la possibilité nous est donnée
aujourd'hui d'œuvrer avec détermination
pour une seule Palestine, laïque,
démocratique et non raciste, dans la
perspective des Etats-Unis Socialistes du
Proche et du Moyen-Orient. Ce doit
être l'axe de toute organisation marxiste
révolutionnaire conséquente à Gaza, en
Cisjordanie et en Israël, en rupture totale
avec l'islamisme et le sionisme : c'est l'axe
qui peut permettre de réorganiser le
mouvement ouvrier révolutionnaire du Caire à
Téhéran, d'Aden à Istanbul.
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