Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant et Archives Léon Trotsky
Article paru dans l'Internationationaliste n°86
Mobilisations étudiantes européennes
Début février, les étudiants finlandais apprennent que leurs universités vont être réformées : plus de pouvoir pour le président, CA resserré avec une plus large place pour les chefs d'entreprise, financement selon les compétences, création d'agences de moyen, possibilité d'augmenter les frais d'inscriptions pour les étudiants non-ressortissants de l'UE... Bref, presque un copié-collé de la LRU française.

Discours technocrates

D'un autre point de vue, il s'agit d'une simple « harmonisation » de la politique éducative finlandaise sur ce qui existe déjà dans les autres pays d'Europe. Si ''l'Europe'' n'a pas compétence en matière scolaire pour harmoniser tout le système, le libre choix individuel a été laissé aux dirigeants de chaque pays, lesquels ont tous signé au fur et à mesure la déclaration de Bologne (1999), et la stratégie de Lisbonne (2000) ; dont l'objectif pour 2010, est de faire de l'UE une sorte d’économie de la connaissance, la plus compétitive et rentable du monde. En bref, quand on nous impose une réforme au nom de l'Europe, les gouvernements se moquent de nous, car c'est eux-mêmes qui l'ont impulsée.

La jeunesse et les étudiants européens ne sont pas dupes !

En Finlande, dans le mouvement contre le « new university Act » (loi qui sera votée au printemps), une première journée de manifestation a eu lieu le 19 février ; à Helsinki, 1500 personnes ont défilé, et 100 d'entre elles ont occupé temporairement le bâtiment de l'Administration de l'Université d'Helsinki. Une autre manifestation nationale était programmée pour le 13 mars.

En Italie, le mouvement s'était essoufflé à la fin du premier semestre, à l'approche des partiels, mais il a repris de la vigueur en mars : le 18, des manifestations ont eu lieu contre les réformes de l'université (loi Gelmini) et contre la crise, rassemblant des dizaines de milliers de personnes. A Rome, des lycéens et étudiants souhaitant rejoindre les cortèges enseignants (manifestation appelée par la CGIL) en ont été empêchés par la police, au prétexte de non respect du nouveau protocole de manifestation de Rome, qui circonscrit les défilés à des lieux très restreints.

En Espagne, la mobilisation ne faiblit pas depuis quatre mois. Le rectorat de Barcelone, occupé depuis le 20 novembre, a été vidé par la police le mercredi 18 mars. Au total, 80 étudiants, 20 journalistes et un enfant ont été blessés. Le soir même, 5 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Barcelone, contre la répression et toujours contre l'entrée en vigueur du processus de Bologne. Le 25 mars, ils étaient 35 000 manifestants en Espagne, de la maternelle à l'université. Jeudi 26 mars, une manifestation a rassemblé 10 000 personnes, contre le processus de Bologne et la répression. Elle aurait pu être bien plus massive si la police ne distillait pas la peur. Enfin, un referendum a eu lieu le 28 février, à l'Université de Barcelone, demandant aux étudiants s’ils étaient pour un gel dans l’application du processus de Bologne et une ouverture des débats. Il y a eu un taux de participation exceptionnellement haut (20%), et 93,1 % des réponses ont désavoué le processus de Bologne.

Vers la grève générale de l'éducation européenne

Les étudiants et la jeunesse de l'Europe entière sont contre toutes formes de privatisation, et les gouvernements veulent passer en force. Saisissons-nous de l'appel de la Vague Européenne ! Participons au sommet contre la Conférence Ministérielle du Processus de Bologne, du samedi 25 au mercredi 29 avril, à Bruxelles, Leuwen et Louvain-la-Neuve ! Unifions tous les mouvements nationaux dans un mouvement unitaire européen, pour une éducation publique, gratuite et laïque !


Le site du contre-sommet de Louvain

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