| Début février, les étudiants
finlandais apprennent que leurs universités
vont être réformées : plus de pouvoir pour le
président, CA resserré avec une plus large
place pour les chefs d'entreprise,
financement selon les compétences, création
d'agences de moyen, possibilité d'augmenter
les frais d'inscriptions pour les étudiants
non-ressortissants de l'UE... Bref, presque
un copié-collé de la LRU française.
Discours
technocrates
D'un autre point de vue, il s'agit d'une
simple « harmonisation » de la politique
éducative finlandaise sur ce qui existe déjà
dans les autres pays d'Europe. Si
''l'Europe'' n'a pas compétence en matière
scolaire pour harmoniser tout le système, le
libre choix individuel a été laissé aux
dirigeants de chaque pays, lesquels ont tous
signé au fur et à mesure la déclaration de
Bologne (1999), et la stratégie de Lisbonne
(2000) ; dont l'objectif pour 2010, est de
faire de l'UE une sorte d’économie de
la connaissance, la plus compétitive et
rentable du monde. En bref, quand on nous
impose une réforme au nom de l'Europe, les
gouvernements se moquent de nous, car c'est
eux-mêmes qui l'ont impulsée.
La jeunesse et les
étudiants européens ne sont pas dupes
!
En Finlande, dans le mouvement contre le «
new university Act » (loi qui sera votée au
printemps), une première journée de
manifestation a eu lieu le 19 février ; à
Helsinki, 1500 personnes ont défilé, et 100
d'entre elles ont occupé temporairement le
bâtiment de l'Administration de l'Université
d'Helsinki. Une autre manifestation nationale
était programmée pour le 13 mars.
En Italie, le mouvement s'était essoufflé
à la fin du premier semestre, à l'approche
des partiels, mais il a repris de la vigueur
en mars : le 18, des manifestations ont eu
lieu contre les réformes de l'université (loi
Gelmini) et contre la crise, rassemblant des
dizaines de milliers de personnes. A Rome,
des lycéens et étudiants souhaitant rejoindre
les cortèges enseignants (manifestation
appelée par la CGIL) en ont été empêchés par
la police, au prétexte de non respect du
nouveau protocole de manifestation de Rome,
qui circonscrit les défilés à des lieux très
restreints.
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En Espagne, la mobilisation ne
faiblit pas depuis quatre mois. Le rectorat
de Barcelone, occupé depuis le 20 novembre, a
été vidé par la police le mercredi 18 mars.
Au total, 80 étudiants, 20 journalistes et un
enfant ont été blessés. Le soir même, 5 000
personnes se sont rassemblées dans les rues
de Barcelone, contre la répression et
toujours contre l'entrée en vigueur du
processus de Bologne. Le 25 mars, ils étaient
35 000 manifestants en Espagne, de la
maternelle à l'université. Jeudi 26 mars, une
manifestation a rassemblé 10 000 personnes,
contre le processus de Bologne et la
répression. Elle aurait pu être bien plus
massive si la police ne distillait pas la
peur. Enfin, un referendum a eu lieu le 28
février, à l'Université de Barcelone,
demandant aux étudiants s’ils étaient
pour un gel dans l’application du
processus de Bologne et une ouverture des
débats. Il y a eu un taux de participation
exceptionnellement haut (20%), et 93,1 % des
réponses ont désavoué le processus de
Bologne.
Vers la grève générale de
l'éducation européenne
Les étudiants et la jeunesse de l'Europe
entière sont contre toutes formes de
privatisation, et les gouvernements veulent
passer en force. Saisissons-nous de l'appel
de la Vague Européenne ! Participons au
sommet contre la Conférence Ministérielle du
Processus de Bologne, du samedi 25 au
mercredi 29 avril, à Bruxelles, Leuwen et
Louvain-la-Neuve ! Unifions tous les
mouvements nationaux dans un mouvement
unitaire européen, pour une éducation
publique, gratuite et laïque !
Le site du contre-sommet de
Louvain
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