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Article publié dans l'Internationaliste n°87

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Congrès national du SNES : les enseignants ne pourront compter que sur
leurs propres forces !
Du lundi 23 mars au vendredi 27 mars a eu lieu à Perpignan le congrès national du SNES (Syndicat National des Enseignants du Secondaire). Le congrès s'est donc déroulé dans un contexte marqué par la lutte des classes avec la victoire des travailleurs le 19 mars et surtout celle du LKP dans les Antilles. Et pourtant, les directions syndicales jouant jusqu'au bout la carte de la prudence ont plus que jamais organisé la démobilisation des enseignants pour qu'il n'y ait pas de jonction entre les luttes des universités contre la loi sur l'autonomie des universités et les luttes de lycéens contre la réforme des lycées. En effet, alors que dans la base, les syndiqués ne veulent plus des journées d'action à répétition sans perspective de victoire, le SNES met tout en œuvre pour ne pas appeler et construire la grève générale dans l'éducation. C'est ainsi que l'Intersyndicale qui s'est réunie le 20 mars pour décider des suites du mouvement a refusé de poser le mot d'ordre de grève reconductible, pour donner un RDV fictif le 1er mai, alors que le zone B était encore en vacances de Pâques. C'est ainsi que la direction a refusé lors du congrès d'appeler à la grève le 2 avril, avant le départ en vacances de la zone C, sous prétexte de ne pas avoir le temps de mobiliser et d'infliger aux enseignants une « défaite » qui pourrait peser dans les luttes à venir.

Il est bien évident que le SNES ne se préoccupe pas d'un échec possible de la mobilisation. Il s'agit avant tout de ne donner aucun moyen aux enseignants de défendre leurs droits, leurs statuts, leurs salaires et les diplômes qu'ils délivrent. Le SNES constitue le syndicat majoritaire dans le second degré avec 60 040 adhérents. Il constitue aussi le syndicat majoritaire au sein de la FSU, Fédération Syndicale Unitaire qui regroupe également les différents syndicats du primaire (SNUIPP), de l'université (SNES-SUP), ou d'autres secteurs de l'enseignement. Il peut donc pleinement assurer ses responsabilités pour lancer une mobilisation unitaire de l'éducation et du service public en général.

Pourquoi les militants du SNES refusent-ils de mobiliser ? Comme le disait Thibault en 2005, « je n'appellerai pas à la Grève Générale car je ne suis pas mandaté pour l'insurrection », le SNES ne veut surtout pas se faire déborder par les masses en lançant un appel à la grève dans le secondaire. Car même sans mobiliser, comme ils en ont l'habitude (tracts envoyés très tardivement, lieux de RDV peu accessibles), les enseignants pourraient s'en saisir pour lancer une mobilisation illimitée, déterminée jusqu'à satisfaction des revendications, c'est-à-dire hausse des salaires, ouverture de postes aux concours de recrutement, aucune négociation sur la mastérisation, aucune négociation sur la réforme des lycées.

Sur ce terrain-là, le PCF est autant coupable que le PS puisqu'il ne mène aucune politique oppositionnelle face à la direction complètement réformiste du syndicat, en refusant catégoriquement d'appeler à la grève reconductible dès le 19 mars, laissant à l'intersyndicale du 20 mars la légitimité pour « discuter » des suites du mouvement. Mais les organisations traditionnellement trotskystes au sein du syndicat (LO / LCR ) ne sont pas en reste, avec des mots d'ordre confus, encensant la victoire du LKP pour mieux la minorer et sans donner de perspective de lutte, défendant la grève illimitée dans un but électoral, et avançant l'appel à la grève d'une manière presque incantatoire sans chercher à la construire , pour mieux l'enterrer. Alors que toutes les attaques de l'Union Européenne s'accélèrent, aucune alternative n'est donnée aux travailleurs. C'est pour cette raison que pour défendre notre d'éducation publique laïque et gratuite, il faut lancer une mobilisation de masse dans tous les services publics et à échelle européenne.

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