| L'assurance chômage prévoit la
suppression de plus de 640 000 emplois cette
année. Malgré leurs luttes exemplaires, les
salariés de Continental et de Caterpillar
vont voir leurs postes fermés. Non seulement
l'intersyndicale ne donne aucune réponse pour
gagner collectivement la lutte contre les
licenciements, mais elle se place aujourd'hui
clairement comme alliée du gouvernement,
contre les travailleurs et les jeunes en
lutte. Les bureaucrates qui dirigent nos
syndicats sont les premiers obstacles à
franchir pour aller vers une riposte franche
et unitaire de la classe ouvrière dans son
ensemble.
Bernard Thibault se cache
derrière l'intersyndicale pour ne rien
faire
Le 1er avril, B. Thibault a été contraint
de répondre aux nombreuses fédérations de la
CGT qui demandaient à leur 1er secrétaire des
suites concrètes au 29 janvier et au 19 mars.
La colère gronde dans les boîtes, et les
militants syndicaux ont à juste titre
interpellé leurs dirigeants pour qu'on leur
offre des perspectives. Prenant le
contre-pied des actions des ouvriers de
Caterpillar, B. Thibault donne une leçon de
syndicalisme jaune des plus honteuses : « Il
revient en permanence aux responsables
syndicaux de dire vis-à-vis des salariés qui
sont exaspérés mais qui sont aussi déterminés
: "si vous décidez telle ou telle forme
d’action, il faut que vous sachiez
quels sont les possibilités ou les risques
inhérents aux formes d’actions
arrêtées". Il faut surtout alerter sur tout
ce qui pourrait être contre- productif par
rapport aux revendications défendues. »
Pour la direction de la CGT, la lutte de
classe est révolue. Toute action des
travailleurs pour engager un rapport de force
-pour imposer des revendications à la place
de négocier des pertes- est jugée «
contre-productif » par B. Thibault. C'est
pourquoi les militants CGT de Caterpillar ne
sont toujours pas soutenus par leur direction
confédérale. Le 11 mai, les salariés de
Caterpillar apprennent que 733 postes (sur
les 2 551 du site) vont être supprimés. FO,
la CFDT, et la CFTC proposent alors à la
direction un accord qui remet sur le tapis
l'aménagement du temps de travail -pourtant
refusé en bloc par les salariés lors d'un
vote organisé par la direction au début du
mois-, afin de négocier la suppression de 600
postes au lieu de 733 ! En refusant de signer
cet accord, la CGT du site ne respecte pas le
cadre défini par B. Thibault : « Nous ne
prendrons pas le risque de donner un prétexte
à ce que la CGT apparaisse comme cherchant à
se distinguer de ce qu’a décidé
l’intersyndicale. ». La ligne est
donnée, le syndicat doit se contenter de
suivre les promenades dispersées et
épuisantes du calendrier de
l'intersyndicale.
Des travailleurs à la
recherche de l'unité contre une direction qui
isole et dévie les luttes
Des assemblées ayant réuni travailleurs de
Caterpillar et étudiants ont donné lieu à des
manifestations communes à Grenoble. Cette
volonté d'unité est notamment portée par les
travailleurs de Continental qui n'ont pas
hésité à monter à Hanovre pour manifester
avec leurs collègues Allemands. Le 6 mai, ils
se rendent à Sarreguemines pour débrayer un
autre site de Continental. Ils sont
accueillis par le délégué CFDT local qui, se
sentant certainement débordé, leur lance : «
Il n'y a pas eu de concertation. Vous êtes
arrivés sans prévenir, nous devons réfléchir
». C'est conformément à la position des
ouvriers de Continental -et non pas à la
position officielle de la CGT- que Xavier
Mathieu, militant CGT et dirigeant du combat
de Clairoix, lui a rétorqué : « Vous êtes les
prochains qui seront licenciés,
rejoignez-nous dans la lutte !». Aussi, le 17
mai, les salariés de Continental
manifestaient avec des travailleurs de PSA et
de Logistics et, aujourd'hui, c'est en
direction des travailleurs de Goodyear
d'Amiens qu’ils s'orientent.
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Néanmoins, alors que les
travailleurs se battent contre la fermeture
du site, les délégués syndicaux se sont
engagés le 14 mai à ce qu'il n'y ait plus de
violences et que le travail soit repris début
juin afin de négocier... les indemnités de
licenciements ! C'est ainsi que le rôle de
l'intersyndicale nationale se joue sur le
terrain des boîtes. La consigne est aussi
bien d'empêcher les convergences qui
pourraient dégénérer en grève générale, que
de faire accepter aux travailleurs les plans
du patronat. L'intersyndicale n'a rien mis en
œuvre pour faire sortir les
travailleurs d'EDF-GDF de l’isolement
qui les a mené à 70 arrestations ! La FSU a
travaillé main dans la main avec le
gouvernement pour tenter de démoraliser les
enseignants de la maternelle à l'université
et, finalement, elle a signé les décrets sur
le statut des enseignants-chercheurs et sur
la mastérisation du concours d'enseignant. Le
Comité d'Entreprise de Molex s’est
appuyé sur une décision de justice pour
annuler le plan de licenciement prévu par les
patrons… Mais cette décision -qui
dévie la lutte déterminée des salariés- ne
résout pas le problème essentiel : le
patronat y gagne au contraire du temps en
forçant les négociations du « plan de
sauvegarde des emplois », alors que les
dirigeants de Molex veulent en réalité
délocaliser l'usine,.
Pour une centrale unique
des travailleurs débarrassée des
bureaucrates
Depuis le mois de janvier les
bureaucraties syndicales jouent du pipeau !
Alors qu'avec la crise et les contre-réformes
du gouvernement une montée des luttes
s'impose partout en France, les permanents de
nos organisations syndicales installés dans
leurs bureaux travaillent, main dans la main,
avec l'Etat et les capitalistes pour
essouffler les mouvements de luttes, et pour
empêcher la grève générale dont nous avons
besoin pour gagner sur nos revendications.
Les travailleurs doivent se réapproprier
leurs syndicats ! Nous devons virer ces
dirigeants qui sont objectivement du côté de
la répression et des patrons. Nous devons
nous organiser en tendances lutte de classe
dans nos différents syndicats, pour y faire
respecter l’indépendance vis à vis de
l'Etat et du patronat et y regagner la
démocratie ouvrière. La CES (Confédération
Européenne des Syndicats) oblige les
confédérations à fusionner afin de n'arriver
qu'à un ou deux pôles syndicaux par pays, des
organismes totalement soumis aux directives
de l'UE et à l'Etat. Nous, nous devons nous
battre contre cette digestion du syndicalisme
par le capitalisme, c'est pourquoi le GSI
avance en France comme partout en Europe le
projet d’une « centrale unique des
travailleurs » construite autour des
revendications essentielles des travailleurs
et des jeunes, une organisation des
travailleurs indépendante de l'Etat et des
patrons et dirigée démocratiquement par les
travailleurs !
Christopher
et Greg
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