| Monsieur Mir-Hussein Mousavi
Une part importante de la jeunesse d'Iran
a participé à la dixième élection
présidentielle de la “République
islamique” et a voté pour vous en tant
que candidat préféré. Mais c'était un choix
forcé. C'est parce que les quatre candidats
de l'élection, y compris vous, ont en fait
été choisis par le Conseil des Gardiens. Il
n'y a aucun doute que si l'élection avait été
libre depuis le début, et que les candidats
de différentes tendances de la société, y
compris les représentants des ouvriers (comme
Mansour Osanloo qui est aujourd'hui derrière
les barreaux parce qu'il a défendu la liberté
et le droit de former un syndicat
indépendant) avait pu participer ; les voix
de la majorité des travailleurs et de la
jeunesse auraient voté pour lui et pas pour
vous.
La première question que la jeunesse, qui
est aujourd'hui intimidée et menacée par le
gouvernement d'Ahmadinejad, vous pose est
celle-ci : Pourquoi ne vous-êtes vous pas
plaint de la nature antidémocratique de
l'élection avant ? Ne saviez-vous pas qu'une
élection, dont seulement 4 personnes sur 400
sont sélectionnées par le Conseil des
Gardiens et des milliers d'opposants au
gouvernement capitaliste sont tous supprimés,
intimidés ou en prison, et qui sont donc
exclus de devenir candidat, est une élection
anti-démocratique ? SI vous aviez été élu à
la place d'Ahmadinejad, auriez-vous été
silencieux sur cette question centrale ? Il
est évident que la seule raison pour laquelle
vous demandez maintenant une élection
démocratique n'est-elle pas parce que vous
avez été vous-même sujet à l'hostilité ? Le
principe de la démocratie pour tous ne
signifie rien pour vous ?
Dans votre déclaration au peuple vous
écrivez : “Les actions dont nous avons
été témoins ces derniers jours n'ont pas de
précédents en République islamique”.
Est-ce que vous croyez réellement que
c'est la première fois que nous sommes
témoins de telles actions en République
islamique ? Mr Mousavi, l'histoire
trentenaire de la République islamique est
pleine de telles actions. Laissez nous
remontez pas très loin dans le temps. Le mois
dernier (1er mai), près de 2000 honorables
travailleurs se sont retrouvé à Laleh Park
pour célébrer pacifiquement le premier mai.
Avant que cette cérémonie ne débute, vos
anciens amis, les officiers en civil, les ont
attaqué et ont arrêté près de 150 personnes
sans motif légal. Certains d'entre eux sont
toujours en prison. Plus tôt, la plupart des
dirigeants du syndicat Vahed ont été arrêtés
et maltraités, parce qu'ils voulaient former
un syndicat libre. Vous souvenez-vous des
attaques l'an passé contre les étudiants et
les femmes ? Vous souvenez-vous de la
flagellation des militants ouvriers du
Kurdistan ? Vous rendiez-vous même compte des
événements récents dans les mouvements
sociaux ? Si vous vous rendiez compte (et
comme un candidat présidentiel vous deviez
vous en être rendu compte) pourquoi êtes-vous
resté silencieux au sujet de ces actions
antidémocratiques ? Et pourquoi
qualifiez-vous l'hostilité contre vous de
“sans précédente” ? La raison de
votre oubli total est claire, car vous avez
aussi eu pour votre part une responsabilité
dans ces décisions antidémocratiques, ou au
mieux, aucune objection contre elles.
Dans votre déclaration, vous écrivez :
“Nous, le peuple qui respecte le
système de la République islamique et la
Constitution, voyons le principe de velayat-e
faghih1 comme l'un des piliers de notre
système et conduit [notre] activité politique
dans ce cadre”.
Mr Mousavi, la question que la jeunesse
vous pose est celle-ci : Que ce passe t-il si
la cause principale et l'architecte de la
fraude électorale et de la répression qui
suit est le velayat-e faghih lui-même ?
Comment pouvez-vous résoudre cette
contradiction entre vos mots et vos positions
légales ? Avec la position de Khamenei dans
le soutien à Ahmadinejad, et ses positions
prématurées et illégales en confirmant la
présidence d'Ahmadinejad, aujourd'hui ce
n'est un secret pour personne, y compris pour
vous, que le vali-e faghih est lui-même la
personne qui est la cause de ces évènements.
Comment pouvez-vous écrire une lettre de
plaintes à la personne qui a commis le crime
et attendre de lui d'enquêter sur ces
évènements ? Dans l'opinion de la jeunesse
qui a voté pour vous , cette action venant de
vous n'est rien d'autre qu'une plaisanterie.
Comment pouvez-vous, d'une main, critiquer le
velayat-e faghih et, de l'autre, demander la
démocratie en Iran ? Ces deux sont clairement
contradictoire. Détruire l'un permettrait
d'achever l'autre.
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Mr Mousavi, vous avez demandé
une permission légale pour manifester le 15
juin 2009. Cette permission ne vous a pas été
donnée et votre équipe de campagne a
immédiatement repoussé ce rassemblement, vous
avez alors également participé à calmer les
manifestants. La question que vous pose la
jeunesse est la suivante : Pourquoi ne pas
vous être déclaré vous même président élu par
la majorité de la population ? Ne pensez-vous
pas que vous avez la majorité des votes ? Et
pourquoi n'appelez-vous pas la population à
poursuivre les manifestations jusqu'à cette
affaire soit éclaircie ? Mr Mousavi, vous ne
pouvez restez assis au milieu de la barrière
pour toujours. Vous devez choisir entre l'un
ou l'autre des côtés : avec la population qui
a voté pour vous ou avec le vali-e faghih (et
l'appareil répressif de l'état). Etre au
service de la population devrait signifier
que vous devez couper les liens avec
l'ensemble de l'appareil d'état. C'est
pourquoi ce gouvernement a perdu sa
légitimité auprès de la jeunesse d'Iran.
Vous dites : “Moi, votre serviteur,
emphatiquement et une fois de plus, je vous
conseille de continuer votre opposition
civile et légale de manière pacifique et en
observant le principe d'abstention devant les
désaccords”. Mr Mousavi, êtes-vous au
courant que dans la manifestation d'hier,
sept de vos supporters ont été tué et un
nombre important d'autres ont été blessé par
les balles des motards hezbollahi ?
Voulez-vous poursuivre les motards criminels
au travers d'une procédure légale ? Est-ce le
gouvernement d'Ahmadinejad ou le procureur de
Téhéran qui est supposé juger et condamner
ces personnes ? Si vous faites de telles
réclamations, alors la plupart de vos jeunes
défenseurs marchaient dans les rues hier
riront fort de vous fort ! Vous, quelqu'un
qui a été une partie du corps juridique
pendant 30 années et a été premier ministre,
ne pouvez même pas défendre vos propres
droits aujourd'hui. Que pouvez-vous faire
pour vos supporters qui, sur les ordres du
ministère de l'Intelligence et avec toujours
l'approbation de votre vali-e faghih, ont été
tué dans les rues hier ?
Mr Mousavi, il est certain que les masses
des personnes, qu'elles vous soutiennent ou
qu'elles s'opposent à vous, participent aux
rassemblements. Vous pouvez être sûr qu'aucun
n'est venu dans les manifestations avec
l'intention de détruire, perturber et le
mettre en oeuvre sur une parcelle de terrain
(ne croyez pas la propagande du gouvernement
d'Ahmadinejad). La question est la suivante :
Quand les mercenaires du régime ont attaqué
les personnes et les frappaient avec des
matraques et des câbles, en les tuant avec
des couteaux et des pistolets ; qu'étaient
supposées faire ces innocentes personnes ?
Vous leur donnez toujours la permission de se
défendre eux-mêmes ? Notre jeunesse
n'a-t-elle pas toujours eu le droit de se
défendre elle-même contre les agressions et
pour avoir le droit de ne pas être
battue ?
Mr Mousavi, vous connaissez vous-même tous
ces points, mais dans le but de danser la
musique du vali-e faghih et conformément aux
souhaits directs de Khamenei dans votre
récent meeting avec lui, vous voulez lui
montrer que vous êtes contre toute forme de
comportement extrême de vos supporters. Même
si la résistance de la jeunesse a pour
objectif de vous défendre !
Mr Moussavi, vous êtes à un croisement :
d'une main, vous pouvez confirmer ce système
despotique et tout cet appareil de
répression, et d'une autre, vous pouvez
défendre la demande démocratique de millions
de personnes en Iran. Durant ces quelques
jours, vous avez clairement montré qu'en
perdant la position du président, vous avez
choisi le premier chemin. Vous n'avez pas
appelé les personnes à lutter contre
l'injustice. Vous n'avez pas défendu le droit
des personnes à se défendre elle-même contre
les mercenaires du gouvernement
d'Ahmadinejad. Vous avez préféré que les
populations restent calmes et finalement
retournent dans leurs maisons. Vous avez
appelé à la manifestation lundi et vous avez
seulement participé à celle-ci pour calmer la
colère des masses. En d'autres mots, vous
vous êtes soumis vous-même au gouvernement
d'Ahmadinejad.
Mr Mousavi, la jeunesse d'Iran continuera
sa résistance sans votre leadership, tout
comme ils sont allé à la manifestation d'hier
sans vous. Si vous êtes une nouvelle fois
défait, soyez sûr que la nouvelle génération
des masses des personnes se tourneront vers
des alternatives véritablement
révolutionnaires par la rupture avec
n'importe quel type de réformisme. La
jeunesse d'Iran trouvera une réponse à ces
mercenaires. Ils trouveront leur propre
dirigeant, et ils se confronteront à ce
gouvernement, ou à n'importe quel autre
gouvernement répressif capitaliste, et dans
le futur sera finalement construit un
gouvernement qui donne à tous la démocratie
politique et économique.
Vous pouvez être sûr de cela !
Maziar
Razi, le 16 juin 2009
(1) C'est un principe théologique
développé par l'ayatollah Rouhollah Khomeini
et Mohammad Sadeq al-Sadr qui confère aux
religieux la primauté sur le pouvoir
politique.
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