| García a commis un massacre
féroce contre nos frères indigènes à Bagua,
avec un bilan indéterminé de morts, de
blessés et de disparus.
Des corps criblés de balles et brûlés ont
été jetés dans la rivière Marañón. Des
hommes, des femmes et des enfants ont été
poursuivis dans les montagnes et beaucoup ont
été tués par balles dans leur maison depuis
des hélicoptères en action de guerre, tout
cela avec un déploiement massif et planifié
des corps spéciaux de la police sous couvert
de l'Etat de siège, et répondant aux ordres
du gouvernement, dictés par Alan García.
Cette action assassine a été perçue avec
consternation et a donné lieu à une vaste
solidarité avec la lutte amazonienne, à
l'échelle mondiale. Cependant, García tourne
le dos au monde. Avec ses porte-parole, il
essaye d'accuser comme coupables les
indigènes qu'il qualifie d'« assassins », de
« barbares », de « criminels ». Il essaye de
présenter la situation comme le produit
d'agitateurs et met en route la persécution
du dirigeant Alberto Pizango. Et dans sa
folie, il va jusqu'à responsabiliser des pays
voisins.
La vérité est que le seul responsable du
génocide mis en oeuvre, et même de la mort
des policiers tués par les indigènes en
légitime défense ou par vengeance, est Alan
García, et personne d'autre.
Les Communautés indigènes, en grève depuis
60 jours, défendent la souveraineté sur leurs
terres et l'environnement, menacés par dix
décrets émanant du gouvernement sans
consultation ni légalité. Et celui-ci ne se
limite pas à les berner, les insulter et les
menacer. Alan García a finalement donné
l'ordre de tirer, pour restituer l'« ordre »
et noyer la juste réclamation amazonienne
dans le sang.
Et le massacre ne fait que commencer à
Bagua. García a davantage de soif de sang.
Derrière ses mascarades et l'hommage rendu
aux policiers tombés (en contraste avec son
dédain pour la vie des dizaines d'indigènes
morts) il dédouane l'action impunie des
forces répressives contre les indigènes en
lutte. Il ne pense pas reculer, il n'essaye
pas d'obtenir un accord minimal, il n'écoute
même pas les adversaires officiels.
Alan García, livré aux intérêts voraces
des multinationales, veut imposer à feu et à
sang ce qu'il ne peut pas obtenir de bon gré.
Son ardeur assassine s'est déjà montré quand
il a ordonné de tirer sur les travailleurs de
Retamas, où il y a eu deux morts, et sur
travailleurs de Casapalca, où il en a
assassiné quatre, et il a aussi mis à mort
l'héroïque Tacna qui s'est soulevée contre
son arbitraire. Son palmarès de génocide est
établi par la Commission de la Vérité qui
l'accuse du massacre de plus de cent
prisonniers de El Frontón pendant son premier
gouvernement.
García est-il devenu fou ? Non, ce qu'il
cherche derrière la défaite en sang de la
lutte indigène, est tout simplement la
défaite de l'ensemble du mouvement ouvrier et
populaire pour appliquer par la force non
seulement ses décrets contre la forêt, mais
aussi le bradage des ports, la privatisation
de l'eau, les licenciements massifs, la
congélation des salaires de faim et la
limitation des droits du travail.
La chute du PBI pendant deux trimestres
consécutifs a démontré que le Pérou est entré
en récession et que le développement de la
crise économique mettra à la poubelle tout le
dénommé « Plan anticrise », en augmentant les
licenciements et les ajustements pour les
travailleurs.
La grève indigène contre les Décrets
Législatifs marquait une voie de lutte pour
mettre en échec cette offensive du
gouvernement et des chefs d'entreprise. En
effet, derrière la grève indigène venait la
grève minière annoncée pour le 15 juillet et
d'autres luttes comme celle des travailleurs
des ports et de secteurs populaires.
Voilà pourquoi ce qui est en jeu
aujourd'hui, derrière l'issue de la lutte
indigène contre les Décrets du Traité de
libre échange (TLC), c'est l'affirmation d'un
gouvernement, soutenu par les forces
répressives et les secteurs réactionnaires
qui essayent de « mettre de l'ordre » à feu
et à sang, afin d'appliquer leur plan
d'ajustement et de maintenir les profits des
multinationales et des capitalistes.
La direction de la Confédération Générale
du Travail de Pérou (CGTP) a abandonné la
lutte amazonienne à son sort.Toutefois,
depuis le mouvement de masses, la
responsabilité des directions nationales - en
particulier celle de la direction de Mario
Huamán dans la CGTP - saute à la vue, pour
avoir abandonné la lutte des peuples de
l'Amazonie à son sort pendant 50 jours,
tandis que García préparait le massacre.
|
La direction de la CGTP a
maintenu la classe ouvrière prisonnière de
ses calculs électoraux avec Ollanta Humala,
promouvant ainsi la dispersion des luttes.
Toute la politique de la direction nationale
de la CGTP, comme d'ailleurs celle de l'«
opposition » nationaliste, a été de centrer
ses efforts sur des dialogues infructueux et
des gestions parlementaires, alors qu'il
s'agissait d'unifier la lutte autour de la
grève indigène.
La conformation du dénommé « Front de
défense de la souveraineté et de la vie",
avec la participation d'AIDESEP, CGTP, CNA,
CCP, CAOI, etc., ainsi que sa convocation à
une Journée Nationale de Lutte pour ce jeudi
11 juin, bien que tardive, est un pas
fondamental qu'il faut soutenir et
fortifier.
Mais aujourd'hui, la « solidarité » avec
la lutte amazonienne ne suffit déjà plus, ni
la réclamation de dérogation des dix décrets
de privatisation de la forêt. Aujourd'hui, il
s'agit de mettre en échec le gouvernement
assassin de García qui ne va pas en rerster
là. Il s'agit de mettre en échec tout son
plan économique anti-ouvrier et
anti-populaire, qui est le moteur et la
raison d'être de son escalade répressive
actuelle.
C'est pourquoi, demander le renoncement de
Simon et la Cabanillas, comme le fait Mario
Huamán, est demander un échange de figurines.
C'est sauver la peau du vrai assassin et
coupable du bain de sang qui traverse le pays
: Alan García.
Unifier les luttes dans la grève
générale
La réalité a dépassé de loin l'attitude de
conciliation de la direction de la CGTP, qui
continue encore aujourd'hui à se demander si
elle doit convoquer ou non à une Grève
nationale.
Il n'y a pas d'autre issu pour le triomphe
de la lutte indigène, ni pour l'ensemble des
luttes ouvrières et populaires contre
l'offensive patronale, que de faire face de
manière décidée au gouvernement et à García
au moyen de la grève générale, qui unifie et
centralise la mobilisation nationale autour
des demandes les plus importantes du
mouvement de masses :
- Dérogation des dix décrets contre la
forêt, et de la loi qui privatise
l'eau.
- Non à la privatisation des ports.
- Réembauche de tous les licenciés.
- Renationalisation de Doe Run.
- Augmentation de 100% des rémunérations
et salaires.
C'est cela l'exemple que nous donne le
IVème Sommet Amazonien, qui a eu lieu à
Tarapoto le week-end dernier, et qui a voté
le début de la grève générale indéfinie dans
toute l'Amazonie à partir de ce 11 juin.
Le Front de Défense de la Souveraineté et
la Vie, qui doit rester ouvert à la vaste
participation des organisations ouvrières,
paysannes, indigènes et populaires, est celui
qui doit assumer pleinement la conduite de
cette lutte unifiée de tout le peuple, en se
constituant de fait comme Commando Unitaire
National de Lutte. Ce commando doit mener à
la victoire les revendications justes des
peuples d'Amazonie, des travailleurs miniers
et d'autres secteurs exploités et opprimés du
pays qui, indignés par le massacre déchaîné
par le gouvernement García, peuvent voir avec
clarté, aujourd'hui plus que jamais, l'ennemi
face à face et peuvent savoir qu'il est
urgent de le renverser.
Tous à la Journée
nationale de lutte du 11 juin, pour le
triomphe de la lutte indigène !
Lima, le 8 juin 2009
Parti Socialiste des Travailleurs
section péruvienne de la Ligue
Internationale des Travailleurs - Quatrième
Internationale
|