Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant et Archives Léon Trotsky
Pérou : A bas l'assassin Alan García !
Le seul responsable du massacre est le gouvernement !

Unité, jusqu'au triomphe, de la lutte indigène et des revendications ouvrières et populaires !

García a commis un massacre féroce contre nos frères indigènes à Bagua, avec un bilan indéterminé de morts, de blessés et de disparus.

Des corps criblés de balles et brûlés ont été jetés dans la rivière Marañón. Des hommes, des femmes et des enfants ont été poursuivis dans les montagnes et beaucoup ont été tués par balles dans leur maison depuis des hélicoptères en action de guerre, tout cela avec un déploiement massif et planifié des corps spéciaux de la police sous couvert de l'Etat de siège, et répondant aux ordres du gouvernement, dictés par Alan García.

Cette action assassine a été perçue avec consternation et a donné lieu à une vaste solidarité avec la lutte amazonienne, à l'échelle mondiale. Cependant, García tourne le dos au monde. Avec ses porte-parole, il essaye d'accuser comme coupables les indigènes qu'il qualifie d'« assassins », de « barbares », de « criminels ». Il essaye de présenter la situation comme le produit d'agitateurs et met en route la persécution du dirigeant Alberto Pizango. Et dans sa folie, il va jusqu'à responsabiliser des pays voisins.

La vérité est que le seul responsable du génocide mis en oeuvre, et même de la mort des policiers tués par les indigènes en légitime défense ou par vengeance, est Alan García, et personne d'autre.

Les Communautés indigènes, en grève depuis 60 jours, défendent la souveraineté sur leurs terres et l'environnement, menacés par dix décrets émanant du gouvernement sans consultation ni légalité. Et celui-ci ne se limite pas à les berner, les insulter et les menacer. Alan García a finalement donné l'ordre de tirer, pour restituer l'« ordre » et noyer la juste réclamation amazonienne dans le sang.

Et le massacre ne fait que commencer à Bagua. García a davantage de soif de sang. Derrière ses mascarades et l'hommage rendu aux policiers tombés (en contraste avec son dédain pour la vie des dizaines d'indigènes morts) il dédouane l'action impunie des forces répressives contre les indigènes en lutte. Il ne pense pas reculer, il n'essaye pas d'obtenir un accord minimal, il n'écoute même pas les adversaires officiels.

Alan García, livré aux intérêts voraces des multinationales, veut imposer à feu et à sang ce qu'il ne peut pas obtenir de bon gré. Son ardeur assassine s'est déjà montré quand il a ordonné de tirer sur les travailleurs de Retamas, où il y a eu deux morts, et sur travailleurs de Casapalca, où il en a assassiné quatre, et il a aussi mis à mort l'héroïque Tacna qui s'est soulevée contre son arbitraire. Son palmarès de génocide est établi par la Commission de la Vérité qui l'accuse du massacre de plus de cent prisonniers de El Frontón pendant son premier gouvernement.

García est-il devenu fou ? Non, ce qu'il cherche derrière la défaite en sang de la lutte indigène, est tout simplement la défaite de l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire pour appliquer par la force non seulement ses décrets contre la forêt, mais aussi le bradage des ports, la privatisation de l'eau, les licenciements massifs, la congélation des salaires de faim et la limitation des droits du travail.

La chute du PBI pendant deux trimestres consécutifs a démontré que le Pérou est entré en récession et que le développement de la crise économique mettra à la poubelle tout le dénommé « Plan anticrise », en augmentant les licenciements et les ajustements pour les travailleurs.

La grève indigène contre les Décrets Législatifs marquait une voie de lutte pour mettre en échec cette offensive du gouvernement et des chefs d'entreprise. En effet, derrière la grève indigène venait la grève minière annoncée pour le 15 juillet et d'autres luttes comme celle des travailleurs des ports et de secteurs populaires.

Voilà pourquoi ce qui est en jeu aujourd'hui, derrière l'issue de la lutte indigène contre les Décrets du Traité de libre échange (TLC), c'est l'affirmation d'un gouvernement, soutenu par les forces répressives et les secteurs réactionnaires qui essayent de « mettre de l'ordre » à feu et à sang, afin d'appliquer leur plan d'ajustement et de maintenir les profits des multinationales et des capitalistes.

La direction de la Confédération Générale du Travail de Pérou (CGTP) a abandonné la lutte amazonienne à son sort.Toutefois, depuis le mouvement de masses, la responsabilité des directions nationales - en particulier celle de la direction de Mario Huamán dans la CGTP - saute à la vue, pour avoir abandonné la lutte des peuples de l'Amazonie à son sort pendant 50 jours, tandis que García préparait le massacre.

La direction de la CGTP a maintenu la classe ouvrière prisonnière de ses calculs électoraux avec Ollanta Humala, promouvant ainsi la dispersion des luttes. Toute la politique de la direction nationale de la CGTP, comme d'ailleurs celle de l'« opposition » nationaliste, a été de centrer ses efforts sur des dialogues infructueux et des gestions parlementaires, alors qu'il s'agissait d'unifier la lutte autour de la grève indigène.

La conformation du dénommé « Front de défense de la souveraineté et de la vie", avec la participation d'AIDESEP, CGTP, CNA, CCP, CAOI, etc., ainsi que sa convocation à une Journée Nationale de Lutte pour ce jeudi 11 juin, bien que tardive, est un pas fondamental qu'il faut soutenir et fortifier.

Mais aujourd'hui, la « solidarité » avec la lutte amazonienne ne suffit déjà plus, ni la réclamation de dérogation des dix décrets de privatisation de la forêt. Aujourd'hui, il s'agit de mettre en échec le gouvernement assassin de García qui ne va pas en rerster là. Il s'agit de mettre en échec tout son plan économique anti-ouvrier et anti-populaire, qui est le moteur et la raison d'être de son escalade répressive actuelle.

C'est pourquoi, demander le renoncement de Simon et la Cabanillas, comme le fait Mario Huamán, est demander un échange de figurines. C'est sauver la peau du vrai assassin et coupable du bain de sang qui traverse le pays : Alan García.

Unifier les luttes dans la grève générale

La réalité a dépassé de loin l'attitude de conciliation de la direction de la CGTP, qui continue encore aujourd'hui à se demander si elle doit convoquer ou non à une Grève nationale.

Il n'y a pas d'autre issu pour le triomphe de la lutte indigène, ni pour l'ensemble des luttes ouvrières et populaires contre l'offensive patronale, que de faire face de manière décidée au gouvernement et à García au moyen de la grève générale, qui unifie et centralise la mobilisation nationale autour des demandes les plus importantes du mouvement de masses :

  • Dérogation des dix décrets contre la forêt, et de la loi qui privatise l'eau.
  • Non à la privatisation des ports.
  • Réembauche de tous les licenciés.
  • Renationalisation de Doe Run.
  • Augmentation de 100% des rémunérations et salaires.

C'est cela l'exemple que nous donne le IVème Sommet Amazonien, qui a eu lieu à Tarapoto le week-end dernier, et qui a voté le début de la grève générale indéfinie dans toute l'Amazonie à partir de ce 11 juin.

Le Front de Défense de la Souveraineté et la Vie, qui doit rester ouvert à la vaste participation des organisations ouvrières, paysannes, indigènes et populaires, est celui qui doit assumer pleinement la conduite de cette lutte unifiée de tout le peuple, en se constituant de fait comme Commando Unitaire National de Lutte. Ce commando doit mener à la victoire les revendications justes des peuples d'Amazonie, des travailleurs miniers et d'autres secteurs exploités et opprimés du pays qui, indignés par le massacre déchaîné par le gouvernement García, peuvent voir avec clarté, aujourd'hui plus que jamais, l'ennemi face à face et peuvent savoir qu'il est urgent de le renverser.

Tous à la Journée nationale de lutte du 11 juin, pour le triomphe de la lutte indigène !

Lima, le 8 juin 2009

Parti Socialiste des Travailleurs

section péruvienne de la Ligue Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale

Haut Début