Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans l'Internationaliste n°93
La Poste : ni négociable, ni amendable,
le projet de SA doit être retiré !
J.-P. Bailly, président de la Poste, avait expliqué dans le journal capitaliste Les Échos du 19 septembre 2008 que l’introduction en bourse de l’exploitant autonome de droit public avait ses faveurs. Il y parlait même d’un « actionnariat salarié et populaire »… Les personnels, eux, sont massivement opposés à la privatisation, de même que les usagers du service public. Chaque fois qu’ils ont pu s’exprimer, c’est ce qu’ils ont dit. Le 24 novembre, 30 % d’entre eux l’ont répété en faisant grève à l’appel de cinq organisations syndicales ; près de 100 000 grévistes, dont certains ont cherché à reconduire leur mouvement à partir du lendemain. Jusque-là, ils se sont heurtés aux directions syndicales qui s’opposent à l’ouverture d’une perspective claire en termes de mobilisation pour gagner.

En effet, le 25, lors d’une assemblée régionale de grévistes de l’Ile-de-France réunissant environ 150 agents, essentiellement des militants syndicaux, sous la présidence de « l’intersyndicale régionale » CGT, FO, CFTC et SUD, il fut difficile d’obtenir un engagement de ladite intersyndicale. Une nouvelle réunion de cette instance est restée fixée au 2 décembre et l’assemblée de grévistes a eu toutes les difficultés à avancer vers la seule initiative acceptable dans cette situation : une manifestation nationale avant le vote au Parlement, prévu mi-décembre…

Ainsi, on a pu assister à une succession surréaliste d’interventions de militants de SUD des Hauts-de-Seine, le département du « facteur de Neuilly », porte-parole du NPA, y compris en opposition avec les autres intervenants de SUD. SUD-92, sous prétexte de ne pas se soumettre au calendrier parlementaire, proposait d’organiser une manifestation nationale… début février 2010, en liaison peut-être avec le calendrier électoral ?

La réunion de cette assemblée générale de grévistes s’en est donc remise à l’intersyndicale régionale pour faire des propositions aux fédérations nationales et aux « comités contre la privatisation », propositions parmi lesquelles figurera, peut-être, l’organisation d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale pendant le débat. Gageons que le calendrier sera alors un obstacle majeur : le 2 décembre, il resterait environ deux semaines pour prendre les décisions et les mettre en œuvre…

Ceci est conforme à ce que font les directions syndicales depuis dix-sept mois. Elles « jouent la montre » et font tout pour empêcher une centralisation de la lutte à la Poste, comme elles le font dans les autres secteurs. Pendant ce temps, elles négocient toutes l’accompagnement du projet de SA, de même que la « gauche » multiplie les amendements dans le cadre du Parlement, sur la base des positions de la CFDT. CFDT dont les dirigeants s’inscrivent totalement et ouvertement dans la logique de la « libéralisation » prévue pour 2011, sauf qu’ils se prétendent bien entendu… « contre la privatisation ».

C’est cette « unité » des appareils bureaucratiques contre les travailleurs à l’œuvre depuis janvier qui permet au gouvernement d’avancer dans de nombreux domaines. C’est ce qui a permis pour la Poste que le projet soit adopté au Sénat le 9 novembre. C’est ce qui pèse sur les postiers qui mesurent l’ampleur de l’obstacle qu’ils ont à surmonter pour imposer le retrait pur et simple du projet de SA, l’obstacle à la grève jusqu’au retrait du projet.

J.- Louis

La preuve par Alternative Post...

A quelques jours de la manifestation du 24 novembre, on apprenait le très probable dépôt de bilan d'un des 20 concurrents de l'opérateur public : une société états-unienne dénommée Alternative Post. L'opération laisse plus de 300 employés sur le carreau avec les salaires d'octobre impayés. Cette société, autorisée par l'ARCEP, l'autorité de régulation concernant les services postaux, se targuait jusqu'ici de contourner la loi sur le monopole en délivrant des plis de moins de 50 grammes, non pas à des adresses « classiques », mais à des adresses « géolocalisées », des coordonnées GPS... Ceci, bien entendu, sans émouvoir le moins du monde la dite ARCEP.

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