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Quatrième Internationale
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Edito. L'Internationaliste n°88

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Déclaration du GSI

Les abstentionnistes votent pour
la lutte des classes !

Une abstention record

Les élections pour le parlement européen viennent d'avoir lieu. Ce qui était prévisible est arrivé. L’Europe capitaliste et les partis institutionnels qui lui sont attachés ont été lourdement sanctionnés, tout comme les promoteurs de l’Europe sociale qui ont été pris à leur propre piège électoraliste.

Ainsi, un élément domine dans l'UE : l'abstention. Même si des disparités importantes peuvent exister, dans certains pays le vote étant, par ailleurs, obligatoire, l'abstention progresse et dépasse les 56%. En France, elle atteint 60%, c'est presque un record ! Seuls les référendums sur l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1988 (63%) et celui sur le quinquennat présidentiel en 2000 (69,8%) ont dépassé ce taux.

Les ouvriers, les employés, les retraités, les chômeurs, les jeunes se sont massivement abstenus. Les villes ouvrières, les départements et régions qui ont connu des luttes dures dans la dernière période sont en tête de l'abstention.

Ainsi dans les « départements, collectivités et territoires d'outre-mer », qui battent de nouveau records avec 78% en Nouvelle-Calédonie, 85% en Guadeloupe, 86% en Martinique, 87% en Guyane, c'est un désaveu pour les partis institutionnels qui ont accepté de cautionner la scélératesse des « Etats-Généraux de l'Outre-mer » organisés par le pouvoir colonial.

Des partis institutionnels désavoués

Il faut dire un mot des listes UMP qui remportent une victoire par défaut avec 28% des suffrages exprimés. Ce score, présenté par R. Dati, Ministre de la justice et candidate à cette élection, comme une victoire personnelle de N. Sarkozy, est tout de même 3 points en dessous du score de ce dernier lors du premier tour de la présidentielle de 2007. Premier tour qui avait connu une participation frôlant les 80%. C'est qu'en vérité, avec l'appareil d'Etat entre les mains, et l'appui de la quasi-totalité des puissances d'argent du pays, l'UMP et en particulier N. Sarkozy essuient un camouflet. Celui-ci paraît un géant parce qu'il n'est entouré que de nains.

L'autre grand parti bourgeois institutionnel, le PS, fait jeu égal, entre 16 et 17%, avec Europe Ecologie qui se nourrit de l’affaiblissement du PS et du Modem. C'est un revers sérieux pour le PS qui est entré dans une crise profonde après la présidentielle de 2007. Quant-à-lui, le Modem s'effondre à 8,5%, ce qui complique considérablement les tentatives de constituer un parti démocrate autour du PS et du parti traditionnel de la démocratie chrétienne.

La droite extrême (Libertas) et l'extrême droite (FN) remontent, ensemble, à près de 13%. Ce score s'explique par le fait qu'un secteur de la bourgeoisie s'interroge sur la capacité du gouvernement Sarkozy-Fillon à mener à bien ses attaques contre les travailleurs et la jeunesse. Cette « impatience » est d'autant plus vive que la crise capitaliste fait peser de nouvelles menaces de déclassement, de prolétarisation, sur les paysans, les pêcheurs et les petits commerçants, touchés par le renforcement des monopoles capitalistes.

La « gauche du NON » paralysée

En 2005, tous ceux qui constituent aujourd’hui le Front de gauche avaient appelé au « NON » contre le traité constitutionnel européen. En 2009, ils se présentaient aux élections européennes. Le Front de Gauche, alliance essentiellement du Parti de gauche et du PCF dépasse à peine les 6% alors qu'il affichait une ambition de score « à deux chiffres ». C'est une défaite pour le réformisme sous sa forme classique ou « rénovée ».

LO, qui, à la différence des élections européennes de 2004 (LO-LCR) se présentait seule, atteint à peine 1,2%. Cette formation continue à payer cher son refus d'ouvrir une alternative en termes de construction d'un parti ouvrier révolutionnaire et son alliance purement électoraliste avec le PS, alliance qui lui a permis de stabiliser un mini appareil d'élus municipaux dépendant totalement du PS pour sa survie. LO s'est fourvoyé et la classe ouvrière qui a, un temps, vu un espoir dans cette formation se réclamant du trotskysme, le lui a fait payer.

Le NPA se « satisfait » de ses 4,8%. O. Besancenot s'en félicite, puisqu'il s'agit d'un parti (le NPA, pas la LCR) « né il y trois ou quatre mois » (sur France 2, le 7 juin au soir). En réalité, c’est une lourde sanction de l’électoralisme de cette formation incapable d’ouvrir une véritable perspective de société. En matière de réformisme, les électeurs ont préféré l’original (le Front de gauche) à la copie (le NPA).

Le NPA a toutefois raison d'affirmer dans son communiqué du 7 juin, également : « En restant chez eux, nombre d'électeurs, en particulier parmi les jeunes et les classes populaires, envoient un massage clair : cette Europe n'est pas la nôtre ! ». Mais alors qu'est-ce que cela signifiait de présenter des listes pour transformer « cette Europe [qui] n'est pas la nôtre », cette Europe capitaliste, en Europe sociale, en Europe anticapitaliste… par la voie parlementaire ?

O. Besancenot se « satisfait » de ces 4,8%. Mais qu'en pensent ces militants, ces amis et camarades, ces groupes que souvent nous côtoyons dans les meetings et manifestations qui ont fait le choix de rejoindre le NPA pour « infléchir sa politique » dans le sens du socialisme ? Qu'en pensent ceux d'entre eux qui espéraient « un score à deux chiffres » ? Ont-ils été bien naïfs ! Certes, le NPA est une jeune formation, c'est même une formation jeune et passablement dépolitisée. Mais cet organisme jeune et vigoureux les a déjà détectés, cantonné, cerné, dispersé et réduit, pour certains, au silence. Que vont-ils faire maintenant ? Construire une tendance ? Une fraction ? Diantre, quelle témérité !

Pour combien de temps sont-ils dans le NPA ? Trois mois encore, un an, cinq, dix, ad vitam aeternam ? A moins que le NPA ne parvienne à les démoraliser avant de les exclure après les avoir marginalisés.

L’Europe capitaliste rejetée

Oui, « En restant chez eux, nombre d'électeurs, en particulier parmi les jeunes et les classes populaires, envoient un massage clair : cette Europe n'est pas la nôtre ! ». La classe ouvrière et la jeunesse rejettent l'Union Européenne en 2009 comme en 2005. Ils la rejettent plus encore qu'en 2005, car, entre temps, le système capitaliste est entré dans une nouvelle crise sans précédent dont ils sont en train de commencer à payer le coût exorbitant. Dans l'esprit des capitalistes, il ne s'agit cependant que des premières traites à acquitter, le pistolet sur le front.

La « charte sociale » annexée au traité de Nice était une sinistre farce ; toutes les « directives sociales » de l'UE sont prises contre les travailleurs, les femmes, les immigrés, la jeunesse. Toute la politique de l'UE est tournée contre les services publics et assure la privatisation et le démantèlement de l'enseignement et de la santé publics.

Les travailleurs comprennent que l'Union Européenne est incompatible avec la moindre perspective sociale. Depuis des années, ces derniers mois encore, la classe ouvrière et la jeunesse ont démontré leur disponibilité au combat contre les capitalistes. Ils refusent la politique des bureaucraties syndicales, politique de dispersion et d'isolement des luttes. Une politique qui oppose l'unité des directions « au sommet » à l'unité de l'ensemble des travailleurs et de leurs organisations qui est nécessaire pour s'opposer aux contre-réformes du gouvernement au service de la bourgeoisie ; une unité nécessaire pour arracher de nouvelles conquêtes.

Cette unité est indispensable pour défaire l'offensive répressive et de criminalisation du mouvement ouvrier qui a constitué l'arrière plan de ces élections.

Cette unité est indispensable pour garantir des salaires décents et un emploi digne à tous, pour interdire les expulsions, réquisitionner les logements et bureaux vides, en nationaliser les banques, les assurances, les grandes entreprises et leur réseau de filiales, sans indemnités ni rachat, sous le contrôle des travailleurs, pour mettre fin au secret bancaire et commercial derrière lesquels s'abritent les responsables de la crise que les capitalistes prétendent nous faire payer.

Ouvrir une perspective anticapitaliste pour le socialisme

L'alternative à l'UE capitaliste ne peut être que la perspective des Etats Unis Socialistes d'Europe, c'est ce combat qu'il faut mener. Dans cette optique, la Confédération européenne des syndicats doit également être combattue et la constitution d'une centrale unique des travailleurs à l'échelle de l'Europe, comme dans chaque pays, doit lui être opposée ; une centrale indépendante de l'Etat et du patronat, une centrale syndicale de lutte, de classe et de masse.

Pourtant, ces thèmes ont été absents de cette campagne électorale qui aurait pu constituer une tribune pour les faire connaître aux plus larges masses. O. Besancenot le faisait fort justement remarquer, le 7 au soir, le mot « récession » n'a pas été prononcé pendant cette campagne électorale, il n'a refait son apparition que dans l'intervention du Premier ministre commentant les résultats et appelant, une fois de plus, à « l'unité nationale » face à la crise.

Cependant, cela n'a probablement pas échappé au porte-parole du NPA : le mot « socialisme » non plus n'a pas été prononcé, pas par lui en tous cas. D’autres l’ont fait pour désigner dans des termes journalistiques le programme et la doctrine du PS. Pourtant l'anticapitalisme est une impasse, une impasse réactionnaire, s'il ne débouche pas sur une solution de classe : le socialisme.

La seule rupture avec le capitalisme qui puisse ouvrir une issue à la crise dans laquelle l'humanité toute entière est menacée d'être emportée, une issue à la barbarie qui monte et s'étend sur la planète, c'est le socialisme. Le socialisme, c'est à dire un mode de production basée sur la propriété collective des moyens de production et d'échange à l'échelle du monde sous le contrôle de conseils ouvriers et paysans élus et révocables.

Tracer cette perspective, ouvrir cette issue, cela nécessite de construire un parti, une internationale ouvrière révolutionnaire avec des sections dans chaque pays, un parti mondial de la révolution socialiste qui, pour nous est la quatrième internationale qu'il faut reconstruire. C'est la seule issue, il n'est plus temps de tergiverser.

A tous ces militants ouvriers et jeunes, à ces militants anticolonialistes, en France et dans les dernières colonies de l'impérialisme français, à tous ceux qui veulent trouver une issue pour le socialisme, à eux nous nous adressons.

Construisez avec nous ce parti dont les travailleurs et les jeunes ont un besoin vital, rejoignez le GSI.

Le secrétariat du GSI – section française de la LIT-QI,
Paris, le 8 juin 2009 à 3 heures 15

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