| Les 24 et 25 septembre s'est
tenue, à Pittsburgh, la troisième réunion du
G20 en un an. Comme il fallait s'y attendre,
comme cela avait déjà été le cas à New York
fin 2008, et à Londres en avril dernier, les
dirigeants des 20 pays représentant 80% de la
richesse mondiale ont uni leurs efforts pour
faire en sorte que les capitalistes puissent
continuer comme avant. Il ne pouvait en être
autrement, car la « moralisation du
capitalisme » n'est qu’une opération de
propagande destinée à endormir ceux -les
travailleurs et la jeunesse- qui doivent
payer au prix fort la crise des capitalistes.
Bien entendu, les spéculateurs ont salué
les décisions du G20. Des décisions
qualifiées de « sages » par B. Prot,
directeur général de BNP-Paribas, et F.
Oudéa, PDG de la Société Générale. On se
souvient que le même B. Prot s’est
solennellement engagé à « régulariser » le
système des bonus, lorsque cette affaire fut
jetée en pâture à l'opinion. A l'issue du
G20, ce monsieur peut se féliciter : «
S'agissant des rémunérations variables,
le G 20 décide de façon claire, ferme et
précise d'adopter au plan international les
règles mises en place par les banques
françaises le 25 août. Nous avions besoin de
règles mondiales. Nous les avons ! » (Le
Monde.fr du 28/09/2009). Cela va sûrement
rassurer les travailleurs licenciés de
Continental ou de Molex !
Le 28 septembre, sur Europe 1 (propos
rapportés par le Monde.fr du 28/09/2009), B.
Prot, toujours, déclare : « Nous avons
décidé de fermer nos filiales dans les
paradis fiscaux (...) qui figurent
sur la liste « grise » de l'OCDE,
précisant que cela représente « une
demi-douzaine » de sociétés… Mais
c’est bien pour ses 189 filiales «
off-shore » que cette banque avait été
montrée du doigt ! Et souvenons-nous encore
d’un détail : cinq jours après le G20
de Londres..., plus aucun pays ne figurait
sur la liste noire de l'OCDE : ils avaient
tous signé des déclarations d'intention, eux
aussi la main sur le coeur. Seules restent
les listes grises (gris foncé et gis clair)
qui, elles, se vident rapidement, et la liste
blanche recensant les « bons » paradis
fiscaux qui, eux, se montrent « coopératifs »
à l’égard du fisc étasunien, à l'image
de celui de Delaware, l’état d'origine
de J. Biden, actuel vice-président de B.
Obama.
Pour N. Sarkozy : « Tout le monde est
gagnant. Les pays émergents, puisqu'ils
intègrent un G8 désormais élargi à 20 pays.
Ils ont désormais plus de droits mais aussi
plus de devoirs. Les Européens, puisqu'ils
ont réussi à imposer leurs vues sur la
régulation financière. Les Etats-Unis,
puisque la chute d'un nouveau Lehman Brothers
n'arrivera plus ». Que demander de plus,
n'est-ce pas ?...
S'il fallait résumer le G20 de Pittsburgh,
on pourrait dire ceci : les plus hauts
serviteurs des capitalistes son parvenus à
s'entendre temporairement pour mettre en
sourdine leurs querelles. Celles-ci,
néanmoins, vont continuer à s'exacerber en
coulisses, car la crise qui s'est ouverte à
l'été 2007 est loin d'être terminée. De leur
part, les principaux dirigeants capitalistes
vont tout faire pour que les travailleurs, la
jeunesse, les peuples opprimés paient les
conséquences de l'incurie d'un mode de
production dépassé, le capitalisme.
« Tout le monde est
gagnant »
(N. Sarkozy)
« Tout le monde…» ? Les
centaines de milliers qui, dans ce pays, ont
perdu leur emploi depuis que la crise a
éclaté ont probablement une autre
appréciation. La preuve : en plein été, ils
ont continué à se mobiliser contre les
licenciements ou pour de meilleures
conditions de départ.
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Comme aux USA, la crise de
l'immobilier est entrée, ici, dans une
nouvelle phase de baisse des prix. Les
travailleurs licenciés, avec leur pouvoir
d'achat laminé, risquent d'être dans
l'impossibilité de rembourser leurs emprunts
et leurs crédits à la consommation ; bref, la
paupérisation les guette. En outre, le
chômage des plus jeunes a explosé, tandis que
les femmes, inégales devant les salaires et
l'emploi, sont renvoyées à la maison par les
capitalistes.
Privé de recettes et victime de
l'explosion des dépenses alimentant la
spéculation, le budget de l'Etat atteint des
abysses de déficit avec, pour cette année,
140 milliards d'euros. Le budget 2010 vise un
déficit de « seulement » 115 milliards.
Aussi, le gouvernement Sarkozy-Fillon annonce
la suppression de la taxe professionnelle
pour les capitalistes, mais il envisage de
taxer les indemnités journalières des
accidentés du travail et de ne remplacer
qu’un fonctionnaire sur deux partant à
la retraite.
Les privatisations s'accélèrent : La Poste
est visée par le projet de transformation en
SA, l'enseignement public voit son budget
fondre. Et pendant que l'enseignement privé
(à 98% catholique) va encaisser 500 millions
d'euros supplémentaires de la part des
communes, la loi HPST déversera des milliards
d'argent public sur les cliniques privées.
Entre-temps, les hôpitaux publics sont amenés
au bord de la catastrophe : « tout le monde
est gagnant » !
La bulle spéculative sur les emprunts
d'Etat enfle monstrueusement, le « krack
obligataire » menace, les Etats vivent
d'expédients, la petite bourgeoisie est
victime d'une prolétarisation qui s'accélère
face à la concentration capitaliste, comme le
montre la mobilisation des producteurs de
lait. Ce pays et le monde dans son ensemble
dansent au bord d'un volcan.
Le socialisme est la
réponse !
Sortir de la crise impose des mesures de
salut public : liquider la spéculation,
assurer à chaque travailleur un emploi, un
salaire, un logement, une santé, une
éducation et une retraites décents, mettre un
terme à la faim dans le monde, donner aux
paysans une terre à cultiver, sans les
contraintes effroyables du marché mondialisé.
Mais rien de cela n'est possible dans le
cadre du système capitaliste, qu'il soit «
moralisé » ou non, qu'il soit « social » ou
non.
Les capitalistes et leurs représentants
défendent le système actuel et ce, quel que
soit le prix à payer pour l'humanité. La
social-démocratie devenue définitivement une
force politique bourgeoise, les sanctions
politiques à son encontre pleuvent, de la
part des travailleurs, dans toute l'Europe ;
ainsi, récemment, en Allemagne et au
Portugal. Dans l'espace politique ouvert par
cette ultime transformation de la
social-démocratie, les projets politiques «
anti-capitalistes » ou soi-disant «
socialistes » se multiplient ; à
l’heure actuelle, ils présentent tous
un point commun : le refus de la rupture avec
le système capitaliste, le refus de
l'alternative socialiste, le rejet de tout
programme révolutionnaire. En effet,
émergeant des décombres de la « vieille »
social-démocratie et du stalinisme, ils sont
tous à ce jour des projets néo-réformistes
qui relaient des balivernes sur la
moralisation du capitalisme ou sur l'économie
sociale de marché. C’est bien
naturellement que, en lien avec ces projets
politiques, les directions syndicales se
jettent tête baissée dans la collaboration de
classe, semant la division.
Alors que, dans le monde et dans ce pays,
les travailleurs et la jeunesse continuent à
se mobiliser contre la crise et ses
conséquences, alors que les travailleurs et
la jeunesse aspirent à l'unité pour défaire
les capitalistes, la seule réponse possible
c’est la rupture avec l'appareil
d'Etat, la rupture avec le capitalisme, la
mobilisation unie pour la défense des acquis
et des statuts, pour de nouvelles conquêtes,
pour ouvrir la voie à un autre projet de
société, basé sur un nouveau mode de
production : le socialisme !
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