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Article paru dans l'Internationaliste n°94
Appel de Chávez à
la construction d'une Vème Internationale

Par Flor NEVES
militante de Ruptura/FER - LITQI Portugal

Les 19 et 20 novembre s'est déroulée à Caracas "la Rencontre Internationale des Partis de Gauche", appelée par Chávez et le PSUV (Parti Socialiste Uni du Vénézuéla), qui a réuni plusieurs organisations de divers continents.

Le cœur de la rencontre a été le débat sur les bases militaires des Etats-Unis en Colombie, le coup d’état au Honduras, mais aussi la construction du socialisme du XXI siècle, débat qui à donné lieu a une plate-forme commune – l’Engagement de Caracas.

À la fin de cette rencontre, Chávez a publiquement fait appel à la construction d'une Vème Internationale. Il a décidé de créer un groupe de travail pour préparer l'événement constitutif de fondation de la nouvelle Internationale en avril 2010, étant entendu que les divers partis présents pourront ou pas venir faire partie de cette plate-forme.

L'importance de la construction d'une organisation Internationale

D'abord, nous ne pouvons pas cesser de dire que la proposition de Chávez a remis à flot la discussion sur la nécessité d'une organisation Internationale. La proposition d'une Vème Internationale s'appuie sur une perception de plus en plus forte des travailleurs et des peuples, au niveau mondial, du fait que les attaques qu’ils subissent quotidiennement ont un caractère global, dont les grandes entreprises multinationales dispersées dans le monde entier sont l’expression majeure. Ces attaques font apparaître la nécessité d'une certaine unité, elle aussi internationale, qui donne une réponse à ces attaques.

De même, il est intéressant que Chávez fasse cet appel en revendiquant apparemment l'héritage des précédentes Internationales et de ceux qui en furent les principaux fondateurs et figures, comme Marx, Engels, Lénine, Rosa Luxemburg et Trotski.

La proposition d'une Vème Internationale par Chávez arrive dans le sens d'une organisation qui coordonne et articule la lutte contre les menaces impérialistes et militaristes. Selon nous, les promoteurs de l'initiative de la Vème Internationale, malgré leurs affrontements avec quelques politiques impérialistes, ne sont pas conséquemment anti-impérialistes. Toutefois, même s’ils l’étaient, ils continueraient à usurper le nom de l’Internationale comme figure de proue d'un projet dont la tendance de classe est opposée à l'héritage des Ière, IIème, IIIème et IVème Internationales.

L'histoire des Internationales est celle de la lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière

L'histoire des Internationales Socialistes est l'histoire de la lutte pour l'indépendance de la classe ouvrière face à la bourgeoisie, à ses organismes et institutions. Chacune d'elles représente, cependant, des pratiques différentes de maturité du mouvement ouvrier et de son organisation.

La Ière Internationale correspondit à la naissance du mouvement ouvrier mondial et répondait à la nécessité objective pour la classe ouvrière de se regrouper dans une organisation Internationale propre, qui promouvrait et soutiendrait les luttes de manière plus organisée, consciente et indépendante de la bourgeoisie. Bien que son organisation correspondît encore à un moment initial d'organisation du prolétariat et qu’elle ne fonctionnât pas encore comme un véritable parti international, son grand mérite fut de démontrer que l'unité internationale des travailleurs était possible et fructueuse, et de faire pénétrer l'internationalisme au sein de la classe. Outre l'appui à diverses grèves et luttes ouvrières, la Ière Internationale a soutenu la Commune de Paris, première expérience de pouvoir autonome de la classe ouvrière.

La IIème Internationale fut l’internationale de l'organisation de la classe ouvrière. Ce fut dans son sein qui se s’on a intégré de vastes masses de travailleurs dans plusieurs pays qui, s’organisant dans des syndicats et des partis politiques, ont fait leur apprentissage politique et syndical. C’est dans la IIème Internationale que les partis ouvriers socialistes et marxistes, pour la première fois, gagnent un poids de masses. La IIème Internationale meurt comme organisation révolutionnaire, quand la majorité de ses dirigeants soutiennent leurs bourgeoisies nationales respectives dans la 1ère Guerre Mondiale, faisant prédominer l'unité nationale (multiclassiste) face à l'internationalisme prolétarien.

La IIIème Internationale est née en réaction à la trahison de la IIème Internationale lors de la Ière Guerre Mondiale et à la nécessité de la lutte pour le pouvoir du prolétariat face à la décadence du capitalisme et de sa bourgeoisie à l'époque impérialiste. La IIIème Internationale s'appuyait sur le grand triomphe de la Révolution Russe où, pour la première fois dans l'histoire, la classe ouvrière a pris le pouvoir et a construit son propre État. C’est pourquoi elle fut l’Internationale qui a représenté le prolétariat en action dans la lutte pour le pouvoir. La IIIème a été la première tentative de construire une véritable direction révolutionnaire mondiale capable de diriger la révolution socialiste internationale, qui détruirait l'impérialisme et conduirait la classe ouvrière au pouvoir dans tous les pays du monde. La IIIème Internationale a signifié, pour cette raison, un saut qualitatif en se constituant comme le premier Parti Révolutionnaire Mondial, dépassant le front d'organisations ouvrières de la Ière Internationale ou la fédération de partis de la IIème. La IIIème Internationale s’est bureaucratisée et a dégénéré, à cause de deux grandes défaites du prolétariat mondial, qui menèrent à un recul de la révolution mondiale : le triomphe du stalinisme en URSS et du nazisme en Allemagne.

La IVème Internationale apparaît pour poursuivre le projet de la IIIème Internationale, de construire un Parti Mondial de la Révolution Socialiste, en tant que direction de la classe ouvrière mondiale pour la prise du pouvoir au niveau international. En ce sens, celle-ci avait pour but de sauver l'héritage du marxisme et de combattre contre ce nouveau phénomène contrerévolutionnaire au sein de la classe ouvrière : la bureaucratie staliniste.

"L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes"

Malgré les différences entre elles, découlant des tâches historiques qui ont été imposées au prolétariat mondial à différents moments, il y a un aspect fondamental qui unit toutes les internationales : la lutte constante pour l'indépendance politique et organisationnelle de la classe ouvrière. Pour cette raison, depuis la Ière Internationale la devise a été : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. De la même manière, le Manifeste Communiste de Marx et Engels, fondateurs de la Ière Internationale, qui a été un document de référence pour les différentes Internationales, affirmait que l'histoire de l'humanité était celle de la lutte de classes.

C’est pourquoi la chanson qui unit toutes les Internationales est un hymne à la classe ouvrière et à la lutte contre la bourgeoisie, contre tous les exploiteurs et leurs représentants. Nous pouvons lire dans la chanson l’Internationale : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes / Ni Dieu, ni césar, ni tribun / Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! / Décrétons le salut commun ! / Pour que le voleur rende gorge / Pour tirer l’esprit du cachot / Soufflons nous-mêmes notre forge / Battons le fer tant qu'il est chaud ! / C’est la lutte finale / Groupons-nous et demain / L’Internationale / Sera le genre humain.»

La lutte des Internationales pour le socialisme est en rapport direct avec ce projet d'indépendance de la classe ouvrière, avec l’objectif final de la prise du pouvoir par le prolétariat, concrétisée dans la destruction du système capitaliste et l'état bourgeois qui le soutient, et la construction d'un état ouvrier. Pour cette raison, comme le posait le Manifeste Communiste : « Les Communistes proclament ouvertement que leurs objectifs ne peuvent être atteints que par l’effondrement violent de tout l'ordre social existant. Que les classes dominantes tremblent devant l'idée d'une révolution communiste ! Les prolétaires n’ont rien à perdre sinon leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». C'est-à-dire, le socialisme dont se réclamaient les différentes Internationales était la fin de l'exploitation capitaliste, de ceux qui en vivent et des institutions qui la soutiennent, comme les gouvernements bourgeois du monde entier et leurs forces armées, car ce n’est qu’en abolissant l'exploitation qu’il est possible d'atteindre une société plus juste.

Chávez veut construire une Vème Internationale basée sur des partis et des gouvernements bourgeois

En proposant de construire une Vème Internationale, Chávez revendique pour lui-même toute une tradition de lutte de la classe ouvrière en opposition à la bourgeoisie et ses gouvernements, pour la destruction du système capitaliste et construction d'un système supérieur : le socialisme. Toutefois, cet appel de Chávez, ne s’appuie pas sur des partis de tradition ouvrière. Au contraire, Chávez, le PSUV, les dirigeants et les partis qui lui sont alliés ont une nature de classe opposée aux Internationales Ouvrières et Socialistes, étant donné qu’ils sont des éléments étrangers à la classe ouvrière.

D'abord, Chávez, est le Président du gouvernement bourgeois du Vénézuéla, où jusqu'à ce jour l'exploitation n’a pas pris fin et, selon Chávez lui-même, l’état bourgeois n'a pas été encore détruit - après presque 10 années de gouvernement. Pour exemple, dans la direction du PSUV nous trouvons plusieurs millionnaires qui, quoiqu’ils se considèrent comme « socialistes », s’enrichissent au prix de l'exploitation des travailleurs vénézuéliens. En outre, Chávez est le chef suprême des Forces Armées Vénézuéliennes, qui sont, par excellence, la force qui soutient l'état bourgeois et réprime la classe ouvrière.

Mais le caractère de classe de la Vème Internationale est encore plus clair quand nous voyons certains des partis auxquels Chávez adresse l'invitation pour former cette nouvelle organisation.

Un des partis présents lors de la Rencontre et auquel Chávez a proposé d'intégrer une Vème Internationale est le Parti Communiste chinois. Ce parti a été – rappelons-nous – responsable, pendant son gouvernement de plusieurs décennies, de la restauration du capitalisme en Chine. Grâce à cette restauration, aux mains du PC chinois, la Chine est aujourd'hui un des pays avec les plus bas salaires et le plus haut niveau d'exploitation dans le monde, ce qui amène les plus grandes multinationales du monde à délocaliser leur production en Chine à la recherche de plus grands taux de profit.

Comme si celle-ci ne suffisait pas, c'est aussi le Parti Communiste chinois qui, jusqu'à ce jour, régit le pays sous une dictature sanguinaire, qui assure à travers la peur et la répression les énormes profits des bourgeoisies chinoise et impérialiste, qui ne permet pas la liberté d'expression et réprime les travailleurs qui luttent pour de meilleures conditions de vie. C’est, par conséquent, au prix de la sueur des travailleurs chinois, qu’existent aujourd'hui des multimillionnaires dans les rangs de ce qu’on nomme Parti Communiste chinois, mais qui n’a rien de communiste.

Un deuxième exemple du caractère bourgeois des alliés à qui Chávez propose de construire la Vème Internationale est le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) mexicain. Ce parti a gouverné le Mexique pendant 60 ans, avec un fort régime bonapartiste, et il est le grand responsable de la mise en œuvre des plans néolibéraux et de la livraison complète du pays à l'impérialisme, principalement à travers la signature du TLC (traité de libre échange).

Présent aussi lors de la Rencontre et invité à prendre part à la Vème Internationale, le Parti Justicialiste d’Argentine, mieux connu comme péroniste. Ce parti a gouverné l’Argentine depuis les années 40, à travers plusieurs mandats, et en étant jusqu'à ce jour en pilier fondamental de l'état bourgeois et du maintien de l'exploitation des travailleurs dans ce pays. Parmi leurs dirigeants les plus récents nous trouvons Menem, responsable de l'entrée violente du néo-libéralisme en Argentine, par la privatisation des grandes entreprises du pays, et aussi les gouvernements des Kirchner, qui sont jusqu'à maintenant les grands agents des multinationales du pétrole en Argentine.

Les divers partis auxquels s’adresse cet appel à la Vème Internationale de Chávez sont ainsi, dans leur majorité, des partis bourgeois, même s'ils ont d'importants appuis dans la classe ouvrière et dans la population pauvre. D'autres sont des partis ouvriers bureaucratiques et dégénérés, qui ne représentent plus du tout la classe ouvrière et dirigent des gouvernements bourgeois contre les travailleurs. Tous ont dans leurs rangs de grands millionnaires. Ils ont en commun le fait d’être des organisations étrangères à la classe ouvrière et dont la trajectoire a été la trahison des travailleurs et des masses pauvres, étant donné que chaque fois qu’ils ont été au gouvernement c’était pour approfondir l'exploitation et la livraison des pays à l'impérialisme.

La Vème Internationale : un projet qui usurpe l'héritage des Internationales pour rassembler bourgeois et travailleurs dans une même organisation

Selon le Manifeste Communiste « le gouvernement moderne n'est qu'un comité pour diriger les affaires communes de toute la classe bourgeoise ». Cet appel à la construction de la Vème Internationale de Chávez, émane d'un chef de gouvernement bourgeois – allié à autres gouvernements bourgeois – qui, évidemment, servent les intérêts de la bourgeoisie, malgré l’appui ouvrier, plus ou moins fort, qu'ils peuvent avoir.

De la même manière, le socialisme du XXIème siècle a inclus les chefs d'entreprise et les millionnaires « socialistes » qui ne feront rien de plus que défendre leur propriété privée, bien que celle-ci ne puisse exister qu’à la condition de priver de toute propriété l'immense majorité de la société.

Qu'a alors en commun la proposition de Vème Internationale de Chávez avec la tradition des IIIème ou IVème de Lenin ou de Trotski, dont Chávez se réclame ? La IIIème et la IVème ont dirigé la révolution russe qui a détruit l'état bourgeois et son armée, exproprié la bourgeoisie et qui a mis un terme l'exploitation, qui a construit une armée révolutionnaire, en prenant appui sur le meilleur de l'avant-garde ouvrière organisée dans les soviets, qui s’est soulevée en armes contre les armées des principaux gouvernements bourgeois et impérialistes du monde. Pour nous, ils n'ont rien en commun. C’est pourquoi nous affirmons que Chávez usurpe l'héritage des précédentes internationales, quand il appelle à la Vème Internationale.

D'abord, parce que celle-ci n'est pas une Internationale Ouvrière, parce qu'elle prétend rassembler partis bourgeois et partis ouvriers, gouvernements bourgeois et mouvements de travailleurs. Des gouvernements et des partis bourgeois ayant des heurts plus ou moins importants avec l'impérialisme ont existé à plusieurs reprises dans l'histoire, comme cela a été le cas de Perón en Argentine, Cárdenas au Mexique ou Vargas au Brésil. Cependant, toute organisation internationale qui se formerait à partir de ces gouvernements serait un front de la bourgeoisie et non une Internationale ouvrière.

Aucune des Internationales ouvrières n’a été fondée ou n’a été composée à partir de gouvernements bourgeois, précisément parce que, indépendamment de leurs heurts avec l'impérialisme, ces partis et gouvernements sont de nature opposée à celle des Internationales : ils sont bourgeois et non ouvriers. Ainsi, ce n’est que quand elles ont dégénéré que les Internationales ont accepté de franchir la frontière de classe et ont intégré les rangs des gouvernements bourgeois, comme la IIème Internationale, ou se sont permis d'avoir multimillionnaires dans ses partis, comme les Partis Communistes qui avaient dirigé la restauration capitaliste dans leurs pays.

La tradition de la IIIème Internationale dont nous nous revendiquons est celle-ci : si l'impérialisme attaque un pays colonisé ou semi-colonisé, nous sommes prêts à nous battre pour mettre en échec l'attaque impérialiste et défendre (sans appui politique) le gouvernement que l'impérialisme veut renverser. Ceci n'a jamais signifié, toutefois, dans la tradition léniniste de soutenir un gouvernement bourgeois et encore moins de rassembler dans une même organisation des bourgeois et des prolétaires, parce que l'indépendance politique et organisationnelle de la classe est un principe intouchable.

Un Internationale sera ouvrière ou sera à l’opposé des Internationales. Toute proposition d'organisation internationale qui se propose de rassembler la bourgeoisie et la classe ouvrière, ne sera rien d’autre qu'un recul de plusieurs décennies dans l'histoire du mouvement ouvrier, un instrument pour entraver les luttes des travailleurs en les soumettant aux bourgeoisies respectives. Le résultat en est clair : c’est la tournure qu’a prise la IIème Internationale depuis sa capitulation face aux bourgeoisies nationales lors de la Ière Guerre Mondial jusqu'à ce jour, où le socialisme a disparu ; de l'ombre ouvrière du passé il ne reste rien ou bien peu, ne restent que les politiques bourgeoises d'attaque des travailleurs.

Deuxièmement, et comme conséquence de n’être pas une Internationale ouvrière, la proposition de Chávez d'une Vème Internationale, n'est pas non plus celle d'une Internationale Socialiste et Révolutionnaire. Le socialisme, dans la tradition des Internationales et dans le marxisme, ne consiste pas dans une simple confrontation avec quelques politiques de l'impérialisme (à notre avis, inconséquente dans le cas de Chávez et de ses alliés) et dans l'adoption de politiques d'aide, mais dans le projet de destruction de l'état bourgeois (et de ses forces armées) et de construction d'un état ouvrier, dans une société sans exploitation et où l’on entend stratégiquement abolir la propriété privée des moyens de production. Ce projet n'est pas réalisable en s’associant avec des millionnaires et des gouvernements bourgeois, mais contre eux.

Enfin, nous ne pouvons cesser de dire que cette usurpation de la classe ouvrière, à laquelle Chávez prétend avec la proposition de la Vème Internationale, est déjà en marche au Vénézuéla avec le PSUV, qui a parmi ses dirigeants des chefs d'entreprise socialistes, non en tant qu’exceptions individuelles, mais en tant que représentants d'une classe : la bourgeoisie « bolivarienne ». La proposition d'une Vème Internationale par Chávez est, ainsi, une extension internationale du projet qui, au niveau national, s'est réalisé dans le PSUV : un parti bourgeois, bien qu'avec base ouvrière, formé à partir du gouvernement, centralisé bureaucratiquement et de manière directe à partir de la figure du commandant- chef Chávez.

La nécessité d'une Internationale Ouvrière et Révolutionnaire pour mettre en échec le capitalisme et l'impérialisme

Cela dit, nous reprenons là où nous avons commencé : l'importance de la construction de l’Internationale. La question qui se pose alors est quelle Internationale avons-nous besoin de construire, puisque nous rejetons la proposition de Chávez de construire une Vème Internationale.

Ce que nous nous proposons c’est de donner suite à la révolution d'octobre en Russie, qui avait dans son centre la classe ouvrière et le peuple organisé de manière indépendante en soviets, en expropriant la classe dominante et en luttant par les armes contre la bourgeoisie. Malgré les grands événements et les changements qui sans doute ont existé depuis cette époque jusqu'à maintenant, ce qui sans doute n'a pas changé est que, si l’on ne détruit pas l'état bourgeois partout dans le monde, il n'y aura pas socialisme et de liberté pour les peuples.

C’est pourquoi depuis l'époque impérialiste – de décadence capitaliste, de révolutions et contre-révolutions, le modèle d'Internationale pour lequel nous considérons qu'il faut combattre est celui de la IIIème Internationale de l'époque Lénine et de Trotski : une Internationale Ouvrière et Révolutionnaire. Comme la IIIème, une Internationale qui soit un Parti Mondial de la Révolution Socialiste, composé par d'importants Partis Ouvriers, centralisé démocratiquement (et non dirigé bureaucratiquement par un Commandant). Voilà l'instrument que nous avons besoin aujourd'hui de construire pour mettre en échec le capitalisme et l'impérialisme : une Internationale qui soit un parti pour la prise du pouvoir par le prolétariat et un parti mondial, parce que le socialisme ne pourra être victorieux que s’il est mondial.

La IIIème Internationale comme instrument pour la révolution socialiste mondiale a été détruite par Staline qui, abandonnant l'Internationalisme Prolétaire et l'indépendance de classe pour le socialisme dans un seul pays et la collaboration avec l'impérialisme et les bourgeoisies nationales, a mené la IIIème à la dégénérescence puis à la mort.

Étant donné la lutte qu’elle a engagé contre la bureaucratisation de l'Union Soviétique et pour maintenir en vie l'internationalisme prolétaire, c’est la IVème Internationale, fondée par Trotski, qui a fini par représenter l'héritage de la lutte héroïque de la Révolution Russe et de la IIIème Internationale, dans une époque marquée par la domination des bureaucraties contre-révolutionnaires au sein du mouvement ouvrier.

Aujourd'hui, la bataille qu'il faut donner – et que nous nous proposons de mener à bien – est, par conséquent, celle de la reconstruction de la IVème de l'Internationale, qui n’est rien d’autre que reprendre la tradition de la IIIème de lutte pour la construction du Parti Mondial de la Révolution Socialiste, en réunissant les révolutionnaires de différentes traditions sur la base d'un accord solide et clair autour d’un programme marxiste et révolutionnaire pour le monde actuel.

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