| Le 1er décembre, le congrès de
Nouvelle-Calédonie a voté le transfert de
compétences de trois domaines : dans
l’enseignement primaire et secondaire,
dans la circulation maritime et dans la
circulation aérienne intérieure.
Ces transferts de
compétences ne sont que les premiers pas
parmi ceux prévus par les accords de Nouméa
en 1998 pour « guider » progressivement la
Kanaky vers son autonomie : « Au terme
d’une période de vingt années, le
transfert à la Nouvelle-Calédonie des
compétences régaliennes, l’accès à un
statut international de pleine responsabilité
et l’organisation de la citoyenneté en
nationalité seront proposées au vote des
populations intéressées. Leur approbation
équivaudrait à la pleine souveraineté de la
Nouvelle-Calédonie. (1)».
Tous les
politiciens se congratulent mutuellement pour
avoir enfin lancé le processus de transfert
de compétences : « pour les non
indépendantistes les transferts sont
aujourd’hui possibles sans risque pour
la qualité du service public. Pour les
indépendantistes, ils sont profitables parce
qu’ils font avancer le pays sur la voie
de l’émancipation, prélude à une
éventuelle souveraineté. »(2). Or ce transfert de
compétences n’est pas un pas vers
l’indépendance bien au contraire.
En ce qui concerne l’Education, pour
« garantir la qualité du système »,
l’État garde la main sur les diplômes,
la définition des programmes et la
qualification des enseignants. Ce qui
reviendra à la Nouvelle-Calédonie portera sur
l’adaptation locale de certains
programmes et, surtout, sur le pilotage du
système éducatif. C’est elle qui
répartira les moyens humains et financiers
mis à sa disposition, elle encore qui
organisera les structures de concertation et
d’expertise nécessaires. C’est
donc elle qui définira l’offre de
formation, les orientations pédagogiques, les
conditions de scolarisation, la carte
scolaire, l’orientation et
l’affectation des élèves,
l’accompagnement pédagogique des
maîtres du 1er degré, la construction, la
rénovation et l’entretien des lycées,
l’organisation de la santé scolaire.
En ce qui
concerne le transport aérien, l’état
restera compétent pour la police et la
sécurité de la circulation aérienne
extérieure, pour la desserte entre la
Nouvelle-Calédonie et la République, et pour
l’immatriculation des aéronefs.
L’objectif de l’état français est
clair, comme l’exprime Nathalie
Brizard, RPC(3)
: « c’est la preuve que
l’État nous fait confiance pour
construire notre avenir, sans pour autant
nous éloigner de la France et de ses
valeurs. » Pour Eric Gay,
rassemblement-UMP, ce transfert de
compétences a permis « d’ancrer
l’école calédonienne dans la
république ».
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Ce vote est une mascarade. Les
réjouissances des indépendantistes sont une
tragédie. L’état français a tout
simplement enfermé la Kanaky sur le terrain
institutionnel colonial. Le plus inquiétant
reste bien évidemment les positions des
indépendantistes, telles que Valentine
Eurisouké, UNI : « L’échéancier
nous convient. L’Accord de Nouméa nous
permet de nous acheminer en toute
responsabilité vers la pleine souveraineté,
avec l’accompagnement ferme de
l’État. Il prévoit un retour progressif
des attributs de souveraineté détenus par
l’État vers la Nouvelle-Calédonie, sur
la base du principe
d’auto-organisation ».
Dans la mesure où même les
indépendantistes ont besoin d’un «
soutien ferme de l’état » pour
construire l’indépendance de la Kanaky,
il n’est plus étonnant que les kanaks
ne se rendent pas comptent du jeu que mènent
bourgeoisie coloniale et politiciens
kanaks.
Le Parti Travailliste, a quant à lui émis
de sérieux reproches sur le retard
qu’avait pris le congrès à appliquer ce
transfert, mais il a tout de même voté
POUR.
Pour en finir du système colonial, il faut
en finir de la propriété privée, prendre le
pouvoir et instaurer le socialisme. Le reste
n’est que victoire volée ou illusion.
Mais il n’est pas dit que le destin du
peuple kanak est gravé dans le marbre des
institutions françaises bourgeoises. La lutte
des classes trouvera sa voie à l’écart
des jeux de manches des politiciens, encore
faudra-t-il un parti révolutionnaire pour
impulser et guider le peuple kanak à la
victoire.
Ce parti ne tolèrera pas que l’on se
contente de l’aumône faite par
l’état bourgeois. Ce parti montrera la
voie pour se réapproprier les terres et les
mines spoliées. C’est le combat que
mène le GSI en reconstruisant la IVème
Internationale, pour lutter jusqu’au
bout aux côtés des travailleurs du monde
entier en cherchant une issue à la barbarie
capitaliste pour construire le socialisme.
Griselda
(1) Accord sur la Nouvelle-Calédonie
signé à Nouméa le 5 mai 1998, Préambule
(2) Les nouvelles calédoniennes, «
Les transferts votés à l’unanimité au
congrès » 1er décembre 2009.
(3) Rassemblement pour la Calédonie,
fondé par Jacques Lafleur après avoir perdu
la direction du RPCR.
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