Site de la LIT 4ème Inter.
Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Document paru dans l'Internationaliste n°95
Appel de Batay Ouvriye à la solidarité

après le tremblement de terre fatal qui a frappé Port-au-Prince (Haïti) le 12 Janvier 2010
Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a frappé Port-au-Prince nous a profondément blessé, nous, peuple haïtien.

En effet, en plus des bâtiments publics, ce sont les quartiers populaires qui ont été les plus détruits. Ce n’est pas une surprise, ce sont les plus fragiles, les plus instables : l’État ne les a jamais entretenus, ne les a jamais consolidés, ne leur a jamais porté aucune attention. Au contraire, l’État cherche constamment à nous en chasser, à nous « déplacer », de telle façon que nous n’avons ni le temps, ni la capacité pour consolider notre situation qui est si précaire.

Alors que certains capitalistes essayent de forcer les travailleurs à retourner au travail dans des usines lézardées; alors que les propriétaires des grands commerces s’opposent à la distribution de leurs produits et les vendent à un prix élevé; alors que l’État montre une nouvelle fois, comme toujours, son absence, son incapacité et son incompétence (la seule chose qu’ils savent faire, c’est voler et manœuvrer, tout en soutenant les grands propriétaires fonciers, les bourgeois et autres multinationales); alors que la police nationale brille par son absence (tout ce qu’elle sait faire, c’est de réprimer le peuple), alors que les forces impérialistes profitent de l’aide qu’ils apportent pour établir une évidente tutelle, de leur point de vue, de manière définitive… les ouvriers, les travailleurs, les masses populaires en général, qui se trouvent dans une position d’extrême dépendance, souffrent de cette situation catastrophique.

Certains médias ont laissé se développer un aspect progressiste en permettant, à travers leur station de radio, une certaine coordination à partir du terrain; plusieurs comités populaires conséquents travaillent sans relâche et mettent toute leur énergie dans les secours et la survie… Mais les moyens et la capacité d’intervention font défaut ! Vraiment, ce tremblement de terre, en plus de nous avoir ébranlés profondément, physiquement et moralement, dépasse de loin nos capacités d’intervention populaire.

Au sein de Batay Ouvriye, bien que la majorité de nos cadres soient en vie, beaucoup ont perdu de la famille, leurs logements, et le peu de biens qu’ils possédaient… Beaucoup d’entre nous sont blessés, estropiés et, alors que nous devons enterrer nos morts, il devient presque impossible de survivre.

Dans la mesure du possible, nous refusons de passer par les réseaux d’aide officiels et gouvernementaux. Mais la situation devient insupportable ! C’est pourquoi, aujourd’hui, nous lançons un appel à la solidarité à tous les travailleurs, à tous les progressistes conséquents dans le monde entier, pour nous aider à sortir de cette situation catastrophique.

D’après un inventaire que nous avons pu réaliser, voici, à ce jour, nos besoins :

- maisons détruites : 50 000 $,

- perte de biens : 20 000 $,

- blessés : 10 000 $,

- pour survivre dans l’immédiat : 30 000 $,

- pour enterrer les morts : 10 000 $.

Ce qui fait 120 000 $. À ce montant il faut ajouter 40 %, en raison de l’inflation galopante dont nous ne savons pas jusqu’où elle va aller. En réalité, nous avons besoin d’environ 170 000 $.

De plus, après la dernière grande mobilisation sur la question du salaire minimum, nous avons développé des contacts avec plusieurs nouveaux camarades ouvriers courageux et conséquents. Ils vivent dans des quartiers différents, parfois très éloignés. Nous devons aussi leur apporter notre solidarité active. Cela va encore augmenter substantiellement les coûts. D’autre part, dans les zones où vivent nos militants, certaines actions de solidarité populaire ont eu lieu. Nous devons nous impliquer davantage pour y apporter notre énergie organisationnelle et, par la même occasion, les orientations nécessaires. Dès que possible (précisément, en ayant à portée de main une certaine capacité d’intervention pratique), nous devons impulser et proposer de nouvelles initiatives qui seront, de par leur nature (et dans la mesure du possible), une résistance aux formes que prendra la reconstruction voulue par les classes dirigeantes. Cela exigera aussi de l’argent. En examinant ces différents types d’actions de solidarité, nous pouvons dire que ce dont nous avons besoin dans l’immédiat est, au total, d’une somme de 300 000 $.

C’est ce qui nous permettra, pour le moment, de survivre et d’aider d’autres travailleurs combatifs et conscients à régler quelques-uns des problèmes de la vie quotidienne. Ainsi, cela permettra de construire une direction politique dans la lutte de classes qui se mène sur les décombres. Cette tâche doit être réalisée, si possible, dès à présent, afin de regrouper un maximum de forces pour faire face à l’autre catastrophe qui nous guette : celle que nous préparent les impérialistes, les classes dominantes et leur État réactionnaire.

Nous remercions par avance tous ceux qui ont l’intention de contribuer à cette tâche. Le moment présent exige cette solidarité de classe internationale. Dans la mesure du possible, cette solidarité pourra aider à avancer dans notre lutte commune.

Pour ceux qui pensent envoyer cette aide en nature (médicaments, eau, nourriture, vêtements, lits, chaises…), voici l’adresse de notre siège à Port-au-Prince : Batay Ouvriye, Delmas 16, # 13 bis.

Pour ceux qui préfèrent envoyer de l’argent, les coordonnées de notre compte en banque sont :

Nom de la banque : City National Bank of New Jersey

Adresse de la banque : 900 Broad Street, Newark, NJ 07102

Numéro ABA : 0212-0163-9 City of NJ Newark

Pour créditer :

Numéro de compte : 01 000 98 45

Nom du compte : Batay Ouvriye

Adresse du compte : Avenue Jean-Paul II, # 7

Naturellement, nous rendrons public le montant de l’argent que nous aurons reçu, ainsi que le coût de chaque activité ou action entreprise.

BATAY OUVRIYE

Port-au-Prince, le 20 janvier 2010

Contact : BP 13326, Delmas, HAÏTI (WI), Tél/Fax : (509) 222-6719, batayouvriye@hotmail.com

Site web : Batay Ouvriye

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