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Article publié dans l'Internationaliste n°98
L'abstention aiguise la crise du NPA

Le NPA, frappé de plein fouet par l'abstention ouvrière et populaire, n'en finit plus de solder sa crise. Le résultat électoral des régionales, autour de 2,5% des suffrages exprimés, de cette nébuleuse anticapitaliste, signe l'échec de sa stratégie. C'est ce que vient confirmer dans son point numéro 6, une résolution politique adoptée lors du Conseil Politique National des 27 et 28 mars 2010 : « Nos propres listes réalisent un score décevant. Nous n’avons pas pu, pas su lutter contre un climat abstentionniste qui touche le plus l’électorat d’extrême gauche, plus populaire, plus jeune, plus présents dans les quartiers populaires qui ne se sont pas mobilisés. Selon les sondages, plus des deux tiers des électeurs d'Olivier Besancenot en 2007 ne se sont pas rendus aux urnes. »(1) .

Ce constat d'échec, loin de remettre en cause l'identité électoraliste du NPA, pousse certains de ses membres à aller jusqu'au bout de cette logique. Et ce d'autant plus que la résolution politique affirme : « Les résultats du Front de gauche apparaissent plutôt bons dans le contexte »(2).

Ainsi, d'après un article de Libération, ce sont 10% des membres du CPN qui ont démissionné récemment de leur fonction. « Sur les 191 membres du CPN du NPA, « 18 départs ont été constatés » après les régionales, souvent pour des questions de « divergences politiques », et « environ la moitié d’entre eux » ont également quitté le parti, a annoncé vendredi Ingrid Hayes du comité exécutif du NPA, interrogée par l’AFP. »(3).

Sûrement confortés par le résultat du Front de gauche élargi au NPA dans la région Limousin, où il obtient 19% et 2 conseillers régionaux pour le NPA, « trois ou quatre ont rejoint la Gauche unitaire »(4) de Christian Piquet (ex-dirigeant de la LCR et du NPA), une des composantes du Front de Gauche. Quant au nombre de militants revendiqué, le moins que l'on puisse dire, c'est que le règne de « l'à-peu-près » dans le NPA, n'arrange pas les affaires de I. Hayes : « On reste sur l’estimation de 8.000 adhérents », il n’y a « pas de chute vertigineuse », a-t-elle fait valoir, tout en reconnaissant « la difficulté de mesurer exactement l’ampleur des départs »(5).

L'estimation fantaisiste est suivie d'un aveu ! Prise en flagrant délit de mensonge, la direction du NPA, incapable de mesurer exactement l'ampleur de ses pertes, est la direction en crise d'une « organisation »… en crise. Ainsi la résolution politique du CPN à été adoptée à 53 voix pour, 31 contre, 20 abstentions et 6 refus de vote.

Le rêve brisé

« Ce à quoi nous aspirons donc, c’est à la fondation d’un nouveau parti de la gauche anticapitaliste européenne : une nouvelle gauche, radicale, de par le monde. C’est cela notre « préavis de rêve » ! »(6). Cette phrase est tirée de la « dernière interview » de D. Bensaïd, décédé en janvier dernier. D. Bensaïd était un dirigeant historique de la LCR, du « secrétariat unifié » (le courant international de la LCR) ainsi que le théoricien de la constitution de partis de type NPA, d'où l'importance des citations extraites de cette « dernière interview ».

L'erreur de l'orientation préconisée par D. Bensaïd avec le NPA - et la confirmation de son échec - c'est que le PSOL du Brésil, traverse lui aussi une grave crise, suite aux débats houleux sur le choix du candidat pour l'élection présidentielle, la crise du NPA vient confirmer un fait majeur : à travers ces deux partis emblématiques, c'est le projet même de parti anticapitaliste qui est en crise.

En réalité, le NPA est pieds et poings liés au système institutionnel par son unique raison d'être, de bons résultats électoraux pour, selon les termes de D. Bensaïd, « radicaliser, en quelque sorte, la démocratie »(7). Ainsi, loin de remettre en cause sa stratégie néo-réformiste, le NPA persiste et signe : « Nous opposons au projet d'alternance social libéral, sous la houlette du PS, une autre politique, un programme de mesures radicales anticapitalistes, sociales et écologiques, qu'appliquerait un gouvernement véritablement au service des classes populaires et qui ne craindrait pas de remettre en cause le pouvoir de la finance, des banques et du patronat. »(8).

Il a pourtant trouvé face à lui, comme tous les partis institutionnels pro-capitalistes, des travailleurs et des jeunes déterminés à renvoyer dans les cordes tous ceux qui n'ont aucune alternative à leur proposer. Les voies de la lutte des classes sont impénétrables, tout comme l'est la colère et la révolte des travailleurs qui occupent leur usine ou retiennent leur patron. Bien malin celui qui pourra prévoir d'où partira l'étincelle qui allumera la mèche de l'explosion sociale généralisée à venir.

Ce qui est sûr, c'est que pour stopper les attaques du gouvernement et les plans de licenciements, comme l'indiquent les travailleurs, il faudra unifier les luttes. La solution ne viendra pas des urnes, n'en déplaise au NPA, mais de l'action directe des travailleurs et des jeunes pour la grève générale, pour la prise du pouvoir, pour le socialisme.

Raoul

(1) http://www.npa2009.org/content/resolution-politique-adoptee-par-le-cpn-des-27-et-28-mars

(2) Idem

(3) http://www.liberation.fr/politiques/0101629371-demissions-en-serie-a-la-direction-du-npa

(4) Idem

(5) Idem

(6) http://www.marianne2.fr/Daniel-Bensaid-la-derniere-interview_a183451.html

(7) Idem

(8) Point 8, http://www.npa2009.org/content/resolution-politique-adoptee-par-le-cpn-des-27-et-28-mars

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