Le
NPA, frappé de plein fouet par l'abstention
ouvrière et populaire, n'en finit plus de
solder sa crise. Le résultat électoral des
régionales, autour de 2,5% des suffrages
exprimés, de cette nébuleuse anticapitaliste,
signe l'échec de sa stratégie. C'est ce que
vient confirmer dans son point numéro 6, une
résolution politique adoptée lors du Conseil
Politique National des 27 et 28 mars 2010 : «
Nos propres listes réalisent un score
décevant. Nous n’avons pas pu, pas su
lutter contre un climat abstentionniste qui
touche le plus l’électorat
d’extrême gauche, plus populaire, plus
jeune, plus présents dans les quartiers
populaires qui ne se sont pas mobilisés.
Selon les sondages, plus des deux tiers des
électeurs d'Olivier Besancenot en 2007 ne se
sont pas rendus aux urnes. »(1) .
Ce constat
d'échec, loin de remettre en cause l'identité
électoraliste du NPA, pousse certains de ses
membres à aller jusqu'au bout de cette
logique. Et ce d'autant plus que la
résolution politique affirme : « Les
résultats du Front de gauche apparaissent
plutôt bons dans le contexte »(2).
Ainsi, d'après un
article de Libération, ce sont 10% des
membres du CPN qui ont démissionné récemment
de leur fonction. « Sur les 191 membres
du CPN du NPA, « 18 départs ont été constatés
» après les régionales, souvent pour des
questions de « divergences politiques », et «
environ la moitié d’entre eux » ont
également quitté le parti, a annoncé vendredi
Ingrid Hayes du comité exécutif du NPA,
interrogée par l’AFP. »(3).
Sûrement
confortés par le résultat du Front de gauche
élargi au NPA dans la région Limousin, où il
obtient 19% et 2 conseillers régionaux pour
le NPA, « trois ou quatre ont rejoint la
Gauche unitaire »(4) de Christian Piquet
(ex-dirigeant de la LCR et du NPA), une des
composantes du Front de Gauche. Quant au
nombre de militants revendiqué, le moins que
l'on puisse dire, c'est que le règne de «
l'à-peu-près » dans le NPA, n'arrange pas les
affaires de I. Hayes : « On reste sur
l’estimation de 8.000 adhérents », il
n’y a « pas de chute vertigineuse »,
a-t-elle fait valoir, tout en reconnaissant «
la difficulté de mesurer exactement
l’ampleur des départs »(5).
L'estimation fantaisiste est suivie d'un
aveu ! Prise en flagrant délit de mensonge,
la direction du NPA, incapable de mesurer
exactement l'ampleur de ses pertes, est la
direction en crise d'une « organisation
»… en crise. Ainsi la résolution
politique du CPN à été adoptée à 53 voix
pour, 31 contre, 20 abstentions et 6 refus de
vote.
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Le rêve brisé
« Ce à quoi
nous aspirons donc, c’est à la
fondation d’un nouveau parti de la
gauche anticapitaliste européenne : une
nouvelle gauche, radicale, de par le monde.
C’est cela notre « préavis de rêve »
! »(6).
Cette phrase est tirée de la « dernière
interview » de D. Bensaïd, décédé en janvier
dernier. D. Bensaïd était un dirigeant
historique de la LCR, du « secrétariat unifié
» (le courant international de la LCR) ainsi
que le théoricien de la constitution de
partis de type NPA, d'où l'importance des
citations extraites de cette « dernière
interview ».
L'erreur de l'orientation préconisée par
D. Bensaïd avec le NPA - et la confirmation
de son échec - c'est que le PSOL du Brésil,
traverse lui aussi une grave crise, suite aux
débats houleux sur le choix du candidat pour
l'élection présidentielle, la crise du NPA
vient confirmer un fait majeur : à travers
ces deux partis emblématiques, c'est le
projet même de parti anticapitaliste qui est
en crise.
En réalité, le
NPA est pieds et poings liés au système
institutionnel par son unique raison d'être,
de bons résultats électoraux pour, selon les
termes de D. Bensaïd, « radicaliser, en
quelque sorte, la démocratie »(7). Ainsi, loin de
remettre en cause sa stratégie
néo-réformiste, le NPA persiste et signe : «
Nous opposons au projet d'alternance
social libéral, sous la houlette du PS, une
autre politique, un programme de mesures
radicales anticapitalistes, sociales et
écologiques, qu'appliquerait un gouvernement
véritablement au service des classes
populaires et qui ne craindrait pas de
remettre en cause le pouvoir de la finance,
des banques et du patronat. »(8).
Il a pourtant trouvé face à lui, comme
tous les partis institutionnels
pro-capitalistes, des travailleurs et des
jeunes déterminés à renvoyer dans les cordes
tous ceux qui n'ont aucune alternative à leur
proposer. Les voies de la lutte des classes
sont impénétrables, tout comme l'est la
colère et la révolte des travailleurs qui
occupent leur usine ou retiennent leur
patron. Bien malin celui qui pourra prévoir
d'où partira l'étincelle qui allumera la
mèche de l'explosion sociale généralisée à
venir.
Ce qui est sûr, c'est que pour stopper les
attaques du gouvernement et les plans de
licenciements, comme l'indiquent les
travailleurs, il faudra unifier les luttes.
La solution ne viendra pas des urnes, n'en
déplaise au NPA, mais de l'action directe des
travailleurs et des jeunes pour la grève
générale, pour la prise du pouvoir, pour le
socialisme.
Raoul
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