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Edito. de l'Internationaliste n°100
Après la grève du 24 juin,
passons à l'offensive !

La Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui participe à son échelle à la « concertation » avec les capitalistes de l'UE, ne souffle naturellement pas un mot sur l'attaque générale contre les retraites à l'échelle de l'Europe. Elle appelle à une journée européenne de mobilisation le 29 septembre contre l'austérité et « pour la croissance ». La CES, comme les directions syndicales qui y sont affiliées, affirme tout haut son soutien au capitalisme alors que partout en Europe les travailleurs se lèvent pour défendre leurs acquis et protestent pour ne pas payer les conséquences de la crise.

En France, la manifestation du 24 juin dernier a rassemblé le double de manifestants de celle du 27 mai. Près de 2 millions de personnes sont descendues dans la rue pour dire qu'ils s'opposent fermement à la remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans et à l'augmentation de la durée de cotisation.

Alors que les directions syndicales ont passé les derniers mois à négocier une loi qui va être discutée en septembre au parlement, la classe ouvrière et la jeunesse ont clairement affirmé qu'ils ne voulaient pas de cette contre-réforme. Ils contraignent par leur mobilisation les directions Thibault et Chérèque à appeler à des suites pour début septembre.

Les travailleurs mettent à nouveaux la CGT et la CFDT, tous deux adhérents de la CES, le cul entre deux chaises. Les bureaucrates espéraient faire tenir la lutte de la classe ouvrière dans leur calendrier prédéfini proposant comme toute perspective après le 24 juin la balade prévue le 29 septembre. Mais le nombre important de manifestants, dépassant largement les pronostiques de B. Thibault (il s'attendait à moins d'1,5 millions de personnes dans les rues) et la revendication de grève générale qui s'étend, obligent les directions de la CFDT et de la CGT à revoir ce calendrier et à appeler à une journée de manifestation le 7 septembre.

La plupart des directions des organisations syndicales sont restées à la table des négociations avec le gouvernement ce qui en fait des complices de l’actuel projet de loi. Cependant, aujourd’hui, FSU, Solidaires et FO se sont prononcées, très discrètement souvent, pour son retrait. Cette dernière organisation ayant choisi un temps de manifester séparément sur des mots d’ordre plus précis des 37,5 ans de cotisations pour tous et la retraite à 60 ans à taux maximum.

Mais aujourd'hui toutes les organisations syndicales doivent se battre dans l'unité pour le retrait pur et simple de la loi. Après la réussite du 24 juin, nous connaissons nos forces. Nous avons les moyens d'imposer le retrait au gouvernement en nous mobilisant jusqu'au bout.

Le gouvernement a annoncé par les voix d'Eric Woerth et Luc Chatel qu'il passerait son projet malgré les manifestations. Ceci est la preuve que nous ne pouvons plus nous contenter de manifestations disséminées et divisées. L'heure est à l'unité des travailleurs et de leurs organisations syndicales dans la grève générale ! L'heure est de passer à l'offensive contre le gouvernement ! Et cela ne pourra se faire qu'en se battant sur la base de la démocratie ouvrière contre les bureaucraties syndicales.

Le maintien de « la retraite à 60 ans », c'est le retrait de la loi.

Une unité de façade semble se former autour du maintien de la retraite à 60 ans négocié contre le reste de la loi. Il s'agit là d'une manœuvre visant à faire accepter la contre-réforme apparemment vidée de son attaque principale. Car la seule défense de l’âge légal de départ à 60 ans, sans tenir compte des conditions de cotisation, ni du montant de la pension versée, aboutit à accepter le fond de la contre-réforme capitaliste. Partir du principe que le système de retraite doit être réformé revient tout simplement à accepter le projet qui se cache derrière toutes les attaques des capitalistes contre les retraites : la capitalisation.

D'ailleurs, aujourd'hui le PS veut se faire le champion de la défense de la retraite à 60 ans. Il ne faut pourtant pas oublier qu'il accepte tous les pronostiques du Conseil d'orientation sur les retraites constitué sous les auspices du gouvernement. La réforme proposée par le PS part du postulat que la population vieillit et donc que le système actuel par répartition n'est plus satisfaisant. Le PS évacue la question de l'augmentation de l'âge de la retraite par la porte de la démagogie électoraliste, pour la réintroduire via la revendication chère à la CFDT de retraite « à la carte ».

Le PS, en bon gestionnaire du capitalisme, veut profiter de la grogne ouvrière pour avancer la proposition d'une sécurité sociale professionnelle (qui est une des principales revendications de la CGT), projet de financement individualisé du parcours des salariés, qui s'inscrit dans une soumission totale aux marchés. Cette proposition accepte sans même en parler le chômage structurel du système capitaliste : c'est une politique qui gère la misère imposée par le patronat.

La crise pourtant démontre tous les jours que le capitalisme est incapable de surmonter ses contradictions. Le réformer est impossible. Alors qu'il faudrait pour sauver le système de retraite augmenter les salaires et en finir avec le chômage, les mesures proposées par les bureaucrates, qui s'accordent tous sur la nécessité d'une réforme, ne peuvent rien face à la réalité : devant leur besoin permanent d'augmenter leurs taux de profit les capitalistes continueront à détruire les emplois et à baisser les salaires.

La seule politique réellement progressiste nécessite l'affrontement face aux capitalistes et aux Etats qui les représentent. Affrontement auquel semblent être prêts de plus en plus de travailleurs à travers l'Europe.

Parce que les plans des capitalistes sont les mêmes partout en Europe, nous ne pouvons que répondre en France et en Europe par la grève générale. Une grève générale qui impose l'abrogation de tous les traités européens et le démantèlement de l'UE.

Pour la classe ouvrière aucun argument n'est justifié pour détruire ses acquis. La crise du capitalisme n'est pas son problème, il est celui de la bourgeoisie. Les capitalistes sont incapables de trouver une issue à la crise qui assure aux travailleurs leurs acquis. C'est pourquoi nous sommes pour une issue ouvrière à la crise. Contre tous les plans des gouvernements bourgeois, nous devons nous unifier dans la grève générale pour construire un gouvernement ouvrier pour les travailleurs ! En France et en Europe nous devons nous unir dans la grève générale pour aller vers les Etats-Unis socialistes d'Europe !

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