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Edito. de l'Internationaliste n°94
Sur le fil du rasoir...
La révolution iranienne suit son cours. L'escalade dans la répression, de la part du régime, est la démonstration de son impuissance. La contestation de ce dernier à une base indéniablement populaire qui va en s'élargissant. La revendication d'une république laïque est de plus en plus présente dans les slogans des manifestants et chaque jour montre que Moussavi et Karoubi sont débordés par une mobilisation dans laquelle la jeunesse a une part prépondérante. Maintenant, la question de la perspective politique et, plus encore, celle de la direction de la révolution iranienne se posent avec acuité.

Après l'attentat qui a frappé la CIA dans une de ses bases en Afghanistan, et alors que l'impérialisme US va envoyer sur place 30 000 soldats supplémentaires, la Pakistan est, à son tour, gagné par des affrontements de plus en plus sérieux. L'enlisement de l'impérialisme dans la région est patent.

L'impérialisme fait désormais face à une multiplication des conflits de classe, de mobilisations anti-impérialistes ou d'explosions révolutionnaires, alors que la crise du capitalisme comme mode de production s'approfondit, contrairement aux déclarations rassurantes des politiciens bourgeois. Dans le même temps, le gâteau capitaliste n'étant pas extensible à l'infini, la bataille pour son partage s'intensifie.

Un fait illustre parfaitement l'accroissement permanent des tensions inter-impérialistes, c'est l'échec prévisible du sommet de Copenhague. Ce sommet, dont les objectifs avoués restaient modestes au regard des menaces qui pèsent sur l'avenir de l'humanité, a montré l'impossibilité des puissances impérialistes à trouver un terrain d'accord, alors qu'un véritable marchandage pour l'accès aux ressources et aux débouchés s'est mené en coulisse.

Dans ce marchandage, les pays coloniaux et semi-coloniaux, y compris les soi-disant « pays émergents », ont été les otages des puissances impérialistes, et ce n'est pas la « Vème Internationale » de Chávez qui va leur ouvrir une perspective révolutionnaire pour le socialisme.

Après avoir fait le fier-à-bras à Copenhague, Sarkozy, au cours de son allocution des vœux pour 2010, rend-il « un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités ». Et pour cause. Au moment où le syndicalisme patronal entre en crise - l'ANIA ayant quitté le MEDEF et l'UIMM(1) menaçant de suivre le même chemin – avec le calendrier qui s'annonce pour 2010 et alors que le chômage continue à exploser, Sarkozy va avoir besoin de l'appui sans faille des bureaucrates syndicaux liés aux PS, PCF, PG et NPA.

On les a vus à l'œuvre avec la privatisation de la Poste. On les a vus à l'œuvre lors de la grève de 18 jours des cheminots du RER A, quand les grévistes ont dû reprendre le travail sans avoir obtenu satisfaction. On les a vus à l'œuvre dès la conclusion des travaux du 49ème congrès de la CGT ; un congrès qui fera date, car jamais l'affrontement n’y aura été si fort entre les tenants de l'accompagnement des contre-réformes d’une part, et les tenants d'une démarche de lutte des classes d’autre part.

La série de mobilisations de l'année 2009 n'a pas pu déboucher sur la grève générale pour remettre en cause toute la politique du gouvernement, pour remettre en cause le gouvernement, le régime. L'année qui commence va voir arriver d'autres attaques contre le mouvement ouvrier et la jeunesse, avec la quatrième contre-réforme concernant les retraites, avec les contre-réformes de la santé et de l'enseignement. La RGPP(2) va être l'occasion, pour le gouvernement, de pousser plus loin la privatisation des services publics et la remise en cause du statut de la Fonction publique.

Alors que le gouvernement faisait adopter la privatisation de la Poste par l'Assemblée nationale, alors que les cheminots du RER A reprenaient le travail, une série de grèves éclataient dans les sociétés de transports en commun de plusieurs villes de provinces, ainsi que dans le secteur du commerce, sur la question des salaires. Maintenant, nous avons donc une combinaison de grèves défensives et de mouvements plus offensifs ; nous voyons aussi des reculs partiels et des avancées partielles. La situation politique évolue, dans ce pays, à l'image de la situation politique internationale : sur le fil du rasoir.

Tout dépend de la lutte des classes. Là aussi, le manque d'une perspective politique en termes d'organisation et de prise du pouvoir se fait cruellement sentir. Miné par ses contradictions, le NPA - qui a voulu faire des mobilisations un point d'appui de sa stratégie électoraliste - a déjà échoué sur ce terrain, lors des élections européennes. Désormais, en réitérant l'opération lors des élections régionales, il mène dans une impasse les militants, travailleurs et jeunes qui l'ont suivi. Le NPA porte une responsabilité écrasante pour s'être attaché à mettre en œuvre une stratégie néo-réformiste (sans réformes, qui plus est), un terrain où le PG réussit bien mieux que lui...

Tout dépend de la capacité de la classe ouvrière et de la jeunesse à submerger, à briser les obstacles qui se sont dressés devant elle ces dernières années. La capacité de mobilisation est à peine érodée, mais il a manqué jusqu'ici l'étincelle que craignent gouvernement et directions syndicales. La grève du RER A aurait pu représenter ce déclencheur. Maintenant, le mouvement ouvrier et la jeunesse vont chercher d'autres voies et moyens pour avancer.

Seule la mobilisation de tous, dans la grève générale, pourrait faire apparaître les éléments d'une alternative politique à travers la constitution de comités de grève et d'un comité central de grève. Cette idée fait tranquillement son chemin, malgré les directions syndicales qui ont réussi à empêcher le déferlement en 2009, depuis que la Guadeloupe et la Martinique ont montré la voie...

La GSI et la LIT-Quatrième Internationale combattent pour construire l'instrument dont le prolétariat mondial et la jeunesse ont besoin, malgré les obstacles, qu’ils se dénomment Chávez ou NPA. Cet instrument c'est la Quatrième internationale : nous appelons les travailleurs et la jeunesse à rejoindre la LIT-QI, à rejoindre le GSI.


(1) ANIA : Association Nationale des Industries Alimentaires, UIMM : Union des Industries et Métiers de la Métallurgie

(2) La révision générale des politiques publiques mise en place lors de l'adoption de la loi organique relative aux lois de finances a pour but de soumettre les administrations et les établissement publics aux mêmes critères de gestion que les entreprises privées.

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