| La révolution iranienne suit
son cours. L'escalade dans la répression, de
la part du régime, est la démonstration de
son impuissance. La contestation de ce
dernier à une base indéniablement populaire
qui va en s'élargissant. La revendication
d'une république laïque est de plus en plus
présente dans les slogans des manifestants et
chaque jour montre que Moussavi et Karoubi
sont débordés par une mobilisation dans
laquelle la jeunesse a une part
prépondérante. Maintenant, la question de la
perspective politique et, plus encore, celle
de la direction de la révolution iranienne se
posent avec acuité.
Après l'attentat qui a frappé la CIA dans
une de ses bases en Afghanistan, et alors que
l'impérialisme US va envoyer sur place 30 000
soldats supplémentaires, la Pakistan est, à
son tour, gagné par des affrontements de plus
en plus sérieux. L'enlisement de
l'impérialisme dans la région est patent.
L'impérialisme fait désormais face à une
multiplication des conflits de classe, de
mobilisations anti-impérialistes ou
d'explosions révolutionnaires, alors que la
crise du capitalisme comme mode de production
s'approfondit, contrairement aux déclarations
rassurantes des politiciens bourgeois. Dans
le même temps, le gâteau capitaliste n'étant
pas extensible à l'infini, la bataille pour
son partage s'intensifie.
Un fait illustre parfaitement
l'accroissement permanent des tensions
inter-impérialistes, c'est l'échec prévisible
du sommet de Copenhague. Ce sommet, dont les
objectifs avoués restaient modestes au regard
des menaces qui pèsent sur l'avenir de
l'humanité, a montré l'impossibilité des
puissances impérialistes à trouver un terrain
d'accord, alors qu'un véritable marchandage
pour l'accès aux ressources et aux débouchés
s'est mené en coulisse.
Dans ce marchandage, les pays coloniaux et
semi-coloniaux, y compris les soi-disant «
pays émergents », ont été les otages des
puissances impérialistes, et ce n'est pas la
« Vème Internationale » de Chávez qui va leur
ouvrir une perspective révolutionnaire pour
le socialisme.
Après avoir fait
le fier-à-bras à Copenhague, Sarkozy, au
cours de son allocution des vœux pour
2010, rend-il « un hommage particulier
aux partenaires sociaux qui ont fait preuve
d'un grand sens des responsabilités ».
Et pour cause. Au moment où le syndicalisme
patronal entre en crise - l'ANIA ayant quitté
le MEDEF et l'UIMM(1) menaçant de suivre le
même chemin – avec le calendrier qui
s'annonce pour 2010 et alors que le chômage
continue à exploser, Sarkozy va avoir besoin
de l'appui sans faille des bureaucrates
syndicaux liés aux PS, PCF, PG et NPA.
On les a vus à l'œuvre avec la
privatisation de la Poste. On les a vus à
l'œuvre lors de la grève de 18 jours
des cheminots du RER A, quand les grévistes
ont dû reprendre le travail sans avoir obtenu
satisfaction. On les a vus à l'œuvre
dès la conclusion des travaux du 49ème
congrès de la CGT ; un congrès qui fera date,
car jamais l'affrontement n’y aura été
si fort entre les tenants de l'accompagnement
des contre-réformes d’une part, et les
tenants d'une démarche de lutte des classes
d’autre part.
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La
série de mobilisations de l'année 2009 n'a
pas pu déboucher sur la grève générale pour
remettre en cause toute la politique du
gouvernement, pour remettre en cause le
gouvernement, le régime. L'année qui commence
va voir arriver d'autres attaques contre le
mouvement ouvrier et la jeunesse, avec la
quatrième contre-réforme concernant les
retraites, avec les contre-réformes de la
santé et de l'enseignement. La RGPP(2) va être l'occasion,
pour le gouvernement, de pousser plus loin la
privatisation des services publics et la
remise en cause du statut de la Fonction
publique.
Alors que le gouvernement faisait adopter
la privatisation de la Poste par l'Assemblée
nationale, alors que les cheminots du RER A
reprenaient le travail, une série de grèves
éclataient dans les sociétés de transports en
commun de plusieurs villes de provinces,
ainsi que dans le secteur du commerce, sur la
question des salaires. Maintenant, nous avons
donc une combinaison de grèves défensives et
de mouvements plus offensifs ; nous voyons
aussi des reculs partiels et des avancées
partielles. La situation politique
évolue, dans ce pays, à l'image de la
situation politique internationale : sur le
fil du rasoir.
Tout dépend de la lutte des classes. Là
aussi, le manque d'une perspective politique
en termes d'organisation et de prise du
pouvoir se fait cruellement sentir. Miné par
ses contradictions, le NPA - qui a voulu
faire des mobilisations un point d'appui de
sa stratégie électoraliste - a déjà échoué
sur ce terrain, lors des élections
européennes. Désormais, en réitérant
l'opération lors des élections régionales, il
mène dans une impasse les militants,
travailleurs et jeunes qui l'ont suivi. Le
NPA porte une responsabilité écrasante pour
s'être attaché à mettre en œuvre une
stratégie néo-réformiste (sans réformes, qui
plus est), un terrain où le PG réussit bien
mieux que lui...
Tout dépend de la capacité de la classe
ouvrière et de la jeunesse à submerger, à
briser les obstacles qui se sont dressés
devant elle ces dernières années. La capacité
de mobilisation est à peine érodée, mais il a
manqué jusqu'ici l'étincelle que craignent
gouvernement et directions syndicales. La
grève du RER A aurait pu représenter ce
déclencheur. Maintenant, le mouvement ouvrier
et la jeunesse vont chercher d'autres voies
et moyens pour avancer.
Seule la mobilisation de tous, dans la
grève générale, pourrait faire apparaître les
éléments d'une alternative politique à
travers la constitution de comités de grève
et d'un comité central de grève. Cette idée
fait tranquillement son chemin, malgré les
directions syndicales qui ont réussi à
empêcher le déferlement en 2009, depuis que
la Guadeloupe et la Martinique ont montré la
voie...
La GSI et la LIT-Quatrième Internationale
combattent pour construire l'instrument dont
le prolétariat mondial et la jeunesse ont
besoin, malgré les obstacles, qu’ils se
dénomment Chávez ou NPA. Cet instrument c'est
la Quatrième internationale : nous appelons
les travailleurs et la jeunesse à rejoindre
la LIT-QI, à rejoindre le GSI.
(1) ANIA : Association Nationale des
Industries Alimentaires, UIMM : Union des
Industries et Métiers de la Métallurgie
(2) La révision générale des
politiques publiques mise en place lors de
l'adoption de la loi organique relative aux
lois de finances a pour but de soumettre les
administrations et les établissement publics
aux mêmes critères de gestion que les
entreprises privées.
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