| Quoi qu'il en pense, N. Sarkozy
n'est pas le centre du monde. Toutefois, il
est le représentant d'une des principales
puissances impérialistes, une puissance en
crise, tout comme le système capitaliste.
C'est la raison pour laquelle, à une semaine
d'intervalle, il a donné à deux reprises sa «
vision » des institutions internationales.
Lors des vœux aux ambassadeurs en poste
à Paris, le 22 janvier, au nom de la crise et
tirant « ses » leçons de l'échec du sommet de
du sommet de Copenhague, Sarkozy, marchant
sur les traces de G. W. Bush, se déclare en
faveur d'une réforme profonde de l'ONU.
Certes, l'ONU est bien une « taverne de
brigands », comme la Société des nations qui
l'a précédée, et selon le mot de Lénine, mais
la crise du système capitaliste avec les
tensions qu'elle engendre à montré les
limites d'un tel organisme, du point de vue
des capitalistes eux-mêmes. Aussi, Sarkozy
prévient-t-il : si l'ONU rechigne à se
réformer, le G20 constitué des pays
impérialistes et du premier cercle de leurs
vassaux prendra les choses en main.
Moins d'une semaine après, le 27 janvier,
lors de son discours d'ouverture du forum
économique mondial de Davos, Sarkozy fait
mine de s'en prendre aux banques et aux
paradis fiscaux, etc. Il disserte une fois de
plus sur la morale. Il peut bien mettre en
garde contre la constitution de nouvelles
bulles spéculatives risquant de provoquer la
faillite des Etats, alors que toute sa
politique est au service exclusif des
capitalistes. Aussi, pendant que Sarkozy fait
diversion à la tribune, sa ministre de
l'économie et des finances, Ch. Lagarde,
court les réunions restreintes et rencontres
bilatérales discrètes qui sont la réalité de
ce forum de gangsters capitalistes de haute
volée.
Au nom de la crise, cette volonté
réaffirmée par Sarkozy, Obama et les autres
de défendre le système capitaliste débouche
sur des mesures concrètes, sur les
licenciements, la baisse des salaires, la
remise en cause de la protection sociale et
des services publics. L'Union européenne est
à l'offensive sur ce terrain-là, pourtant
l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne,
cette « nouvelle étape de la construction
européenne », n'a en aucun cas marqué la fin
de la crise institutionnelle de l'Union
Européenne.
En réalité, la crise économique est venue
tendre encore plus les rapports entre les
Etats membres, alors que certains sont en
grande difficulté, à l'instar de la Grèce et
des pays baltes, sans parler de la Roumanie,
de l’Espagne et du Portugal. Comment
s'étonner, alors, que les états membres qui
détiennent la réalité du pouvoir aient « élu
» des personnages du calibre de Herman Van
Rompuy, et de la baronne Catherine Ashton
respectivement au poste de Président du
conseil européen et de celui de « Haute
représentante de l'UE pour les affaires
étrangères » ?
Crise du système capitaliste, crise de
l'Union européenne, crise au sein même de la
classe dominante : alors que tous sont
d'accord sur le but à atteindre, les
désaccords se multiplient quant aux façons
d'atteindre ce but. La tentative de mettre en
place une nouvelle division internationale du
travail, de façon pacifique pour le moment,
passe, en France au moins, par la liquidation
de pans entiers de ce qu'il reste de
l'appareil industriel.
Aussi, les tentatives de rapprochement de
l'agro-alimentaire et de la grande
distribution, sous l'égide de cette dernière,
impulsée par le gouvernement Sarkozy-Fillon
avec l'appui du secteur majoritaire du MEDEF
provoque des divisions qu'il ne faut pas
négliger. Dans ce cadre, les derniers
rebondissement de « l'affaire Clearstream »,
avec l'appel du parquet suite à la relaxe de
D. de Villepin, ancien Premier ministre, et
les déclarations ce dernier mettant nommément
en cause Sarkozy, ne doivent pas être non
plus minimisés.
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Ils ne sont pas
d'accord sur la façon d'atteindre leur but,
mais ils savent qui doit payer l'addition de
la crise : les travailleurs. Des
centaines de milliers de chômeurs vont se
retrouver prochainement en fin de droit du
fait de la réforme des ASSEDICS organisée par
le MEDEF et la CFDT, alors que les
licenciements continuent, au nom de la crise.
Au nom de cette crise dont les capitalistes
portent l'entière responsabilité, ils
annoncent leur intention d'en finir
avec les retraites. Bien entendu,
ils prétendent ne rien vouloir changer, ainsi
Sarkozy explique à qui veut l'entendre qu'il
ne veut pas remettre en cause le système
actuel par répartition qui assure la
solidarité entre les générations.
Il explique cela, alors que tout est prêt
pour « siphonner » les caisses de retraites
au profit des fonds de pension par
capitalisation. Martine Aubry, première
secrétaire du PS, s'est même « imprudemment »
avancée (en période électorale) en se
prononçant en réalité pour un recul de l'âge
légal de départ à la retraite, rejoignant en
cela son « camarade » espagnol, J. Luis
Zapatero.
Après le vote de la loi HPST, initiée par
R. Bachelot-Narquin, ministre UMP de la
santé, on voit le dynamitage de l'hôpital
public où 3 à 4 000 suppressions d'emplois
sont programmés d'ici 2012 dans la seule
AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de
Paris), dont le conseil d'administration est
présidé par B. Delanoë, Maire PS de Paris.
Pendant ce temps les cliniques privées
prospèrent.
L'UMP et le PS se partagent donc les rôles
: le premier, au gouvernement, met en oeuvre
les contre-réformes pour le plus grand profit
des capitalistes ; le second tente de faire
de l'accompagnement social à la tête des
établissements publics et de la majorité des
régions, département et communes (les
collectivités locales). Un accompagnement
social qui va se réduire comme peau de
chagrin avec la fin programmée de la taxe
professionnelle qui pèse jusqu'à 50% du
budget de certaines communes... Pour
reprendre l'expression populaire, l'UMP pèle
les oignons, le PS pleure.
De leur côté, les directions syndicales se
préparent aux sempiternelles journées
d'actions, sur les retraites maintenant.
Pourtant les grèves continuent : par deux
fois, en deux semaines, chez Akers, à Fraisse
(Loire) et au siège de la chaîne de magasins
Pier Import, à Villepinte
(Seine-Saint-Denis), des cadres et patrons
ont été retenus. Des grèves défensives encore
une fois, pour de meilleures conditions de
licenciement.
Toutefois nous voyons bien à l'approche
des élections régionales que tout est fait,
au niveau des appareils bureaucratiques, y
compris de la dite « extrême gauche », pour
tenter de limiter le débat à un enjeu
électoral et déminer le terrain traditionnel
de la lutte des classes. Au nom de la crise,
tous ceux qui sont attachés peu ou prou au
maintient de l'ordre capitaliste, « social »
ou non, semblent se liguer pour empêcher que
les tensions accumulées ne trouvent un
débouché dans la mobilisation de tous qui
pourrait ouvrir une issue politique au manque
cruel d'une direction révolutionnaire pour la
classe ouvrière, pour la jeunesse.
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