| Avec une dette de plus 300
milliards d'euros (123% de son PIB,
l'ensemble de la richesse créée dans une
année), la Grèce n'est pas le pays le plus
endetté, comparativement au Japon qui culmine
à près de deux fois son PIB. Pourtant,
désignée par les « agences de notations »
comme au bord de la faillite, la Grèce à été
la cible -de la part des « hedges funds »-
d'une attaque spéculative en règle sur les
titres de sa dette publique. Cette offensive
qui a ébranlé l'euro en préfigure d'autres,
contre des pays comme le Portugal, l'Irlande
et l'Espagne (eux aussi membres de la zone
euro) accusés, par les fauteurs de la crise
économique que traverse le monde, d'être «
laxistes » en matière de dépenses publiques.
Pourtant, l'explosion des déficits
publics, ces dernières années, est
essentiellement due à l'intervention des
gouvernements, de « gauche » comme de droite
et dans le monde entier, pour sauver les «
marchés financiers », c'est-à-dire les
spéculateurs, les capitalistes qui ont fait
de l'endettement généralisé le moteur de
leurs activités parasitaires.
Face à cette attaque spéculative sans
précédent contre l'euro, un Conseil européen
extraordinaire a été réuni le 11 février
2010. Il a abouti à la quasi-mise sous
tutelle de la Grèce. Le gouvernement «
socialiste » de ce pays a présenté un « plan
de redressement » de ses finances publiques
digne de ce que le Fond Monétaire
International (FMI) peut faire de pire.
Ainsi, se pliant aux injonctions des
spéculateurs, le gouvernement grec s'est
lancé dans une remise en cause de l'emploi
public, avec la baisse du traitement des
fonctionnaires, un blocage des pensions, une
hausse de la fiscalité des ménages et... une
contre-réforme des retraites !
Les ministres des finances de la zone
euro, « l'eurogroupe » examineront, chaque
mois, l'application de ce plan d'austérité
drastique ; désormais, il faut s'attendre à
ce que d'autres pays se voient contraints à
une « thérapie de choc », selon l'expression
des dirigeants du FMI et de la Banque
mondiale. Une thérapie de choc contre les
travailleurs, sous prétexte de crise du
système capitaliste et sous la menace des
secteurs les plus éminemment parasitaires de
la haute finance mondiale.
Alors que, dans les faits, le « pacte de
stabilité » ayant encadré la mise en place de
la monnaie unique est caduque, la démolition
des systèmes de retraites est à l'ordre du
jour, partout. Jusqu'ici, les gouvernements
de l'UE évitaient soigneusement de
s’attaquer simultanément au même
secteur, craignant de provoquer une riposte
des travailleurs à l'échelle de plusieurs
pays. Preuves de l'urgence de la situation du
point de vue des capitalistes, la
généralisation de fonds de pension par
capitalisation et le recul de l'âge de départ
à la retraite deviennent le dénominateur
commun de l'offensive des gouvernements de
l'UE, tous au service des capitalistes,
conformément aux traités de Maastricht ou de
Lisbonne.
L'Europe est aujourd'hui à la
croisée des chemins. La bourgeoisie
est déterminée à généraliser, sur tout le
continent, ce qu'elle veut mettre en place en
Grèce. Mais pour elle ce n'est pas sans
risques, car ce qui se passe en Grèce
provoque, à l'échelle du continent, un
aiguisement rapide de la lutte des
classes.
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Ainsi, dès l'annonce du plan
d'austérité, les travailleurs et la jeunesse
se sont mis en marche en Grèce et en Espagne.
Dans ces deux pays, le 24 février a été une
journée de grève et de manifestation, malgré
les tentatives des directions syndicales
cherchant, en relation avec la CES, à
empêcher le déferlement de la grève générale
et à s'intégrer à la solution
pro-capitaliste, au côté des gouvernements.
Le 23 mars, en France, les confédérations
syndicales prévoient une « journée d'actions
» à propos « des salaires, de l'emploi et des
retraites ».
Malgré la pression que le chômage massif
fait peser sur les travailleurs, les grèves
se multiplient, défensives mais aussi de plus
en plus offensives. Les revendications sur
les salaires reviennent au premier plan des
luttes. Les occupations d'entreprises
commencent à se multiplier, de grands groupes
industriels et commerciaux, comme Total,
Ikea, Opel, Fiat ou Carrefour, sont même
défiés par la mobilisation.
Dans toute l'Europe, les travailleurs
cherchent la voie de la riposte unifiée, pour
défendre les retraites contre l'offensive de
liquidation. Aussi, dans plusieurs pays, le
secteur du transport aérien est au bord de
l'explosion sociale avec les plans de
licenciements à Air France, British Airways,
Lufthansa…, et avec la directive «
Ciel unique » qui mobilise les
contrôleurs.
Dans toute l'Europe, également, les
travailleurs immigrés sont de plus en plus
nombreux à se mobiliser, au grand jour,
contre les agressions racistes et pour la
régularisation de tous, sous le mot d'ordre :
« on bosse ici, on vit ici, on reste ici !
».
Aussi, les travailleurs ont besoin d'un
outil qui les aide à s'organiser, pour
résister, pour riposter et s'ouvrir un chemin
vers la prise du pouvoir, car le combat
contre le capitalisme ne peut se mener
qu'avec des objectifs clairs et une
perspective en terme de choix de société. La
moralisation du capitalisme est un leurre
agité devant les yeux des travailleurs, pour
qu'ils se résignent à accepter les «
solutions » des capitalistes : les
licenciements, la misère…
Formulons une hypothèse d'école :
imaginons un instant que les gouvernements
capitalistes aient une once de
sincérité… Même si les paradis fiscaux
étaient éradiqués, même si les « agences de
notations », les « chambres de compensation »
et les « groupes d'audit » étaient
démantelés, même si les banques se voyaient
interdire les activités spéculatives, les
capitalistes, comme ils l'on fait après 1929
et après 1945, trouveraient le moyen de
contourner toutes lois promulguées « contre
eux ». Tant que la propriété des moyens de
production restera entre les mains des
capitalistes, toute mesure sera limitée dans
son ampleur, sa portée, sa durée. Il
n’est pas possible de « moraliser » un
tel système. Il faut le renverser.
Le socialisme, un mode de production basé
sur le socialisation des moyens de production
et d'échange, sous le contrôle des
travailleurs, via des organes de pouvoir
créés par eux -les conseils ouvriers- est une
nécessité vitale. Se saisir du pouvoir, se
saisir des leviers de l'économie impose de se
doter de l'outil pour y parvenir, dans toute
l'Europe et dans chaque pays. C'est à ce but
que travaillent les sections de la LIT-QI en
Europe, c'est à ce but que travaille le GSI,
Pour la reconstruction de la LIT-QI.
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