| La crise du capitalisme a mis
le monde dans une situation d'instabilité qui
s'avère irréversible sans une rupture
radicale avec le capitalisme et la
bourgeoisie. Pas un continent n'est épargné
par la hausse des prix, la montée massive du
chômage et de la précarité. Pas un continent
n'est épargné non plus par la montée de la
lutte des classes.
En Europe les capitalistes font bloc face
à la classe ouvrière. Le nouveau traité
européen, qu'ils sont en train de mettre sur
pieds, permettrait aux institutions de l'UE
de sanctionner les pays qui ne régleraient
pas leurs dettes aux institutions
financières. Tous les travailleurs
d’Europe vont être mis à l'heure
grecque : privatisations en masse, chômage et
coupes sèches dans les salaires.
« Je n'ai jamais eu aussi peur
qu'aujourd'hui par rapport à ce qui se passe
de par le monde » confie Donald Tsang,
chef de l'exécutif de Hong Kong et chevalier
commandeur de l'Ordre de l'Empire
britannique, au forum économique de Davos.
Derrière cette petite figure de
l'impérialisme, c'est toute la bourgeoisie
qui a peur de la crise et de la réaction des
masses ouvrières et paysannes.
À ce rendez-vous annuel, prisé de l'élite
politique, intellectuelle et économique
mondiale, le spectre de la récession
européenne hantait les participants. Tous
reconnaissent la gravité de la crise et aucun
n'a de solution pour en sortir.
Le « miracle » du modèle allemand, dont
les fortes exportations reposent sur la
précarité massive des ouvriers allemands,
pourrait bien ne pas résister à la dépression
annoncée. Si l'Allemagne n'a plus personne
pour acheter ses produits, elle n'exportera
plus. Les envolées lyriques sur la « moralité
» des entrepreneurs et la « responsabilité »
des acteurs financiers, ne peuvent masquer
que la seule politique possible en définitive
pour les capitalistes, c'est de faire payer
la classe ouvrière.
C'est le sens des annonces de Sarkozy, le
dimanche 30 janvier, qui a décidé de porter
un coup violent à la classe ouvrière. Sa
volonté d’imposer aux dirigeants des
confédérations syndicales des « accords »
entreprises par entreprises sur le temps de
travail va bien plus loin que la fin des 35h.
De tels accords « dans une entreprise,
pas une branche », mettraient fin aux
conventions collectives en généralisant les
dérogations au Code du travail et
autoriseraient les patrons à exercer les
pires chantages contre les salariés. C'est la
voie ouverte à des licenciements massifs et à
des baisses de salaires sans précédent.
Que fait la soi-disant « gauche », alors
que le capitalisme menace sévèrement non
seulement les travailleurs en France, mais
dans le monde entier, d'un retour brutal à la
barbarie du début du 19e siècle ? Elle fait
la ronde des candidats dans les usines, non
pas pour organiser la riposte, mais pour
récolter des voix lors des prochaines
élections. Toutefois les travailleurs ne sont
pas dupes de ces manœuvres électorales
méprisantes et opportunistes.
Des milliers d'ouvriers font grève
aujourd'hui pour garder leur emploi ou exiger
qu'on augmente leurs salaires. Avec cette
crise du capitalisme, on ne peut pas se dire
être du côté des luttes ouvrières –
sans les aider à s’organiser – et
être en réalité en campagne électorale dans
le cadre des institutions réactionnaires de
la Ve république. Tous ces candidats ont
choisi donc leur camp : les institutions
bourgeoises, pas la classe ouvrière.
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Le candidat du PS, F. Hollande
a eu beau « vilipender » dans son discours du
22 janvier la finance internationale, cela ne
changera en rien son programme
pro-capitaliste qui ne reviendra ni sur la
destruction de l'enseignement public, ni sur
le démantèlement de l'hôpital public, ni sur
la contre-réforme des retraites, ni sur
aucune mesure anti-ouvrière. Mais bien sûr,
suite à ce discours, J.-Luc Mélenchon,
candidat du néo-réformiste et néo-kénésien
Front de gauche (alliance PG, PCF et
compagnie) s'est empressé d'assurer son
ralliement au PS lors du second tour. Il
montre ainsi son vrai visage : une vraie
fausse alternative.
Entre opportunistes et carriéristes, on
s'entend. Mélenchon était ainsi aux premières
loges du meeting de la CGT du 31 janvier pour
écouter B. Thibaut. Le secrétaire général de
la CGT, qui doit faire face à de plus en plus
de contestation à l'intérieur de la
confédération, a décidé de quitter son poste
au terme du prochain congrès confédéral qui
s'annonce houleux.
Ce meeting national avait été préparé dans
la plus pure tradition bureaucratique afin de
s’assurer une salle docile. Ainsi des
quotas minuscules avaient été attribués à
chaque structure de la CGT faisant de la
rencontre un meeting sur invitation. Mais,
malgré tout, comme pour assurer une sorte de
« minimum syndical » et répondre à
l’opposition qui s’exprime
fortement à la base de la CGT, B. Thibault
s'en est pris au projet d'accords par
entreprises : « une arnaque et un
sabotage du droit du travail que nous
combattrons jusqu’au bout ! »
Vraiment ? La direction de la CGT
va-t-elle enfin donner à l'ensemble de ses
bases les moyens de mobiliser les salariés,
les chômeurs, les jeunes et les retraités
afin de construire tous ensemble la grève
générale jusqu'au bout, qui nous fera gagner
? Nous en doutons fortement.
Un rendez-vous est donné aux
travailleurs... le 29 février. Une énième
journée d'action organisée par la soi-disant
« Confédération Européenne des Syndicats ».
Un mois après l'annonce de Sarkozy et le
sommet européen qui entérine
l’austérité renforcée ! Encore un
rendez-vous sans lendemain et fourre-tout,
qui non seulement n'est pas à la hauteur de
l'attaque, mais qui lui laisse même le temps
de s'appliquer. Un rendez-vous pourtant
applaudi par le Front de gauche et par le
NPA. Il y a consensus « mou » dans la gauche,
qui veut dévier la colère de la classe
ouvrière et des jeunes vers un cadre
institutionnel et empêcher toute lutte.
Il est urgent que les travailleurs et les
jeunes reprennent leur destin en mains,
s'opposent fermement aux plans d'austérité et
se lèvent tous ensemble dans la grève
générale, jusqu'au bout. Pas une journée
d'action, sans lendemain, épuisante et
inefficace. Non. Une grève de l'ensemble de
la classe ouvrière et de ses alliés, jusqu'à
satisfaction de toutes nos revendications
ouvrant la voie à une autre politique, à un
autre gouvernement : un gouvernement des
travailleurs pour les travailleurs..
Le directeur général du forum de Davos,
Lee Howell expliquait que « si les
dirigeants n’arrivent pas à redresser
la situation, le discours politique répondant
à ce malaise social pourrait être le
protectionnisme, le populisme et le
nationalisme ». Il y a une autre
alternative en vérité. Le socialisme, le
vrai.
Dans ce sens, le GSI a pris l'initiative
de lancer un appel aux travailleurs et aux
jeunes d'Europe. C'est l'appel que devrait
lancer aux travailleurs un vrai parti ouvrier
internationaliste face à la crise actuelle.
Nous invitons tous nos lecteurs, nos
camarades dans les luttes et nos
sympathisants à lire et à diffuser cet appel,
à nous rejoindre pour construire ce parti.
Parce qu'un autre monde, socialiste, est
possible, il faut se battre pour la grève
générale européenne ! Pour un gouvernement
des travailleurs au service des travailleurs
! Vers les États-unis socialistes
d’Europe !
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