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Edito. L'Internationaliste n°117
Ripostons dès maintenant ! Grève générale !
La crise du capitalisme a mis le monde dans une situation d'instabilité qui s'avère irréversible sans une rupture radicale avec le capitalisme et la bourgeoisie. Pas un continent n'est épargné par la hausse des prix, la montée massive du chômage et de la précarité. Pas un continent n'est épargné non plus par la montée de la lutte des classes.

En Europe les capitalistes font bloc face à la classe ouvrière. Le nouveau traité européen, qu'ils sont en train de mettre sur pieds, permettrait aux institutions de l'UE de sanctionner les pays qui ne régleraient pas leurs dettes aux institutions financières. Tous les travailleurs d’Europe vont être mis à l'heure grecque : privatisations en masse, chômage et coupes sèches dans les salaires.

« Je n'ai jamais eu aussi peur qu'aujourd'hui par rapport à ce qui se passe de par le monde » confie Donald Tsang, chef de l'exécutif de Hong Kong et chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, au forum économique de Davos. Derrière cette petite figure de l'impérialisme, c'est toute la bourgeoisie qui a peur de la crise et de la réaction des masses ouvrières et paysannes.

À ce rendez-vous annuel, prisé de l'élite politique, intellectuelle et économique mondiale, le spectre de la récession européenne hantait les participants. Tous reconnaissent la gravité de la crise et aucun n'a de solution pour en sortir.

Le « miracle » du modèle allemand, dont les fortes exportations reposent sur la précarité massive des ouvriers allemands, pourrait bien ne pas résister à la dépression annoncée. Si l'Allemagne n'a plus personne pour acheter ses produits, elle n'exportera plus. Les envolées lyriques sur la « moralité » des entrepreneurs et la « responsabilité » des acteurs financiers, ne peuvent masquer que la seule politique possible en définitive pour les capitalistes, c'est de faire payer la classe ouvrière.

C'est le sens des annonces de Sarkozy, le dimanche 30 janvier, qui a décidé de porter un coup violent à la classe ouvrière. Sa volonté d’imposer aux dirigeants des confédérations syndicales des « accords » entreprises par entreprises sur le temps de travail va bien plus loin que la fin des 35h. De tels accords « dans une entreprise, pas une branche », mettraient fin aux conventions collectives en généralisant les dérogations au Code du travail et autoriseraient les patrons à exercer les pires chantages contre les salariés. C'est la voie ouverte à des licenciements massifs et à des baisses de salaires sans précédent.

Que fait la soi-disant « gauche », alors que le capitalisme menace sévèrement non seulement les travailleurs en France, mais dans le monde entier, d'un retour brutal à la barbarie du début du 19e siècle ? Elle fait la ronde des candidats dans les usines, non pas pour organiser la riposte, mais pour récolter des voix lors des prochaines élections. Toutefois les travailleurs ne sont pas dupes de ces manœuvres électorales méprisantes et opportunistes.

Des milliers d'ouvriers font grève aujourd'hui pour garder leur emploi ou exiger qu'on augmente leurs salaires. Avec cette crise du capitalisme, on ne peut pas se dire être du côté des luttes ouvrières – sans les aider à s’organiser – et être en réalité en campagne électorale dans le cadre des institutions réactionnaires de la Ve république. Tous ces candidats ont choisi donc leur camp : les institutions bourgeoises, pas la classe ouvrière.

Le candidat du PS, F. Hollande a eu beau « vilipender » dans son discours du 22 janvier la finance internationale, cela ne changera en rien son programme pro-capitaliste qui ne reviendra ni sur la destruction de l'enseignement public, ni sur le démantèlement de l'hôpital public, ni sur la contre-réforme des retraites, ni sur aucune mesure anti-ouvrière. Mais bien sûr, suite à ce discours, J.-Luc Mélenchon, candidat du néo-réformiste et néo-kénésien Front de gauche (alliance PG, PCF et compagnie) s'est empressé d'assurer son ralliement au PS lors du second tour. Il montre ainsi son vrai visage : une vraie fausse alternative.

Entre opportunistes et carriéristes, on s'entend. Mélenchon était ainsi aux premières loges du meeting de la CGT du 31 janvier pour écouter B. Thibaut. Le secrétaire général de la CGT, qui doit faire face à de plus en plus de contestation à l'intérieur de la confédération, a décidé de quitter son poste au terme du prochain congrès confédéral qui s'annonce houleux.

Ce meeting national avait été préparé dans la plus pure tradition bureaucratique afin de s’assurer une salle docile. Ainsi des quotas minuscules avaient été attribués à chaque structure de la CGT faisant de la rencontre un meeting sur invitation. Mais, malgré tout, comme pour assurer une sorte de « minimum syndical » et répondre à l’opposition qui s’exprime fortement à la base de la CGT, B. Thibault s'en est pris au projet d'accords par entreprises : « une arnaque et un sabotage du droit du travail que nous combattrons jusqu’au bout ! »

Vraiment ? La direction de la CGT va-t-elle enfin donner à l'ensemble de ses bases les moyens de mobiliser les salariés, les chômeurs, les jeunes et les retraités afin de construire tous ensemble la grève générale jusqu'au bout, qui nous fera gagner ? Nous en doutons fortement.

Un rendez-vous est donné aux travailleurs... le 29 février. Une énième journée d'action organisée par la soi-disant « Confédération Européenne des Syndicats ». Un mois après l'annonce de Sarkozy et le sommet européen qui entérine l’austérité renforcée ! Encore un rendez-vous sans lendemain et fourre-tout, qui non seulement n'est pas à la hauteur de l'attaque, mais qui lui laisse même le temps de s'appliquer. Un rendez-vous pourtant applaudi par le Front de gauche et par le NPA. Il y a consensus « mou » dans la gauche, qui veut dévier la colère de la classe ouvrière et des jeunes vers un cadre institutionnel et empêcher toute lutte.

Il est urgent que les travailleurs et les jeunes reprennent leur destin en mains, s'opposent fermement aux plans d'austérité et se lèvent tous ensemble dans la grève générale, jusqu'au bout. Pas une journée d'action, sans lendemain, épuisante et inefficace. Non. Une grève de l'ensemble de la classe ouvrière et de ses alliés, jusqu'à satisfaction de toutes nos revendications ouvrant la voie à une autre politique, à un autre gouvernement : un gouvernement des travailleurs pour les travailleurs..

Le directeur général du forum de Davos, Lee Howell expliquait que « si les dirigeants n’arrivent pas à redresser la situation, le discours politique répondant à ce malaise social pourrait être le protectionnisme, le populisme et le nationalisme ». Il y a une autre alternative en vérité. Le socialisme, le vrai.

Dans ce sens, le GSI a pris l'initiative de lancer un appel aux travailleurs et aux jeunes d'Europe. C'est l'appel que devrait lancer aux travailleurs un vrai parti ouvrier internationaliste face à la crise actuelle. Nous invitons tous nos lecteurs, nos camarades dans les luttes et nos sympathisants à lire et à diffuser cet appel, à nous rejoindre pour construire ce parti.

Parce qu'un autre monde, socialiste, est possible, il faut se battre pour la grève générale européenne ! Pour un gouvernement des travailleurs au service des travailleurs ! Vers les États-unis socialistes d’Europe !

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