Le contexte général des
luttes actuelles
La lutte des classes aux Etats-Unis
devient de plus en plus aiguë du fait
d’une accentuation récente des
contradictions économiques et politiques
propres au capitalisme états-unien. Cela a
lieu sans que pour autant la classe ouvrière
soit prête à répondre de façon consciente et
organisée à cette nouvelle crise du système.
Depuis bien longtemps déjà, la classe
ouvrière états-unienne a perdu le contrôle de
ses propres syndicats qui sont de plus en
plus bureaucratisés. En 1955, les deux plus
grosses centrales syndicales,
l’American Federation of Labor et la
Congress of Industrial Organizations,
fusionnent donnant la AFL-CIO. Elles scellent
la généralisation d'une politique de
recherche d'accord avec le management des
entreprises, de persécution des militants
communistes et de professionnalisation de la
fonction syndicale pour en faire un métier à
plein temps, ce qui cristallise la coupure
entre les représentants syndicaux, désormais
fonctionnarisés, et leur base. Ce sont ces
centrales-là qui ont généralisé la clause «
no strikes » dans les contrats, et qui
privilégient la politique de la « négociation
», même de la négociation des reculs, à celle
de la confrontation avec le patronat à
travers la grève et d’autres
actions.

Quand il y a non seulement opposition des
intérêts économiques entre les deux classes,
mais encore inégalité matérielle dans les
rapports (qui sont des rapports
d’exploitation et d’oppression),
la « négociation », qui semble bien innocente
établit, une simulation d’égalité dans
les rapports qui masque les rapports
réellement existants. Cela ne peut que
tourner systématiquement au désavantage du
plus opprimé et exploité : la classe
ouvrière, car dans la mesure où elle n'est
pas en mesure de négocier d'égal à égal,
toute négociation dans ce cadre là est déjà
une perte.
Aux Etats-Unis, depuis les années 50, les
syndicats sont donc devenus des organes de
gestion et de médiation (voire de prévention)
des conflits dans le monde du travail, ce
sont des murs de contention des luttes qui
avantagent, en dernière instance, le
patronat. Ils ont presque abandonné leur rôle
originaire dans la lutte des classes
d’instrument premier des travailleurs
pour s’organiser et se battre.
Non seulement il
n’y a plus de syndicats à proprement
parler, mais il n’y a pas non plus
l’ombre d’un parti qui puisse,
même avec des imperfections, se revendiquer
d'être un « parti des travailleurs ». Il
n’y a pas de parti qui puisse maintenir
une propagande et une agitation suffisantes
pour contrer les mensonges et les abus
quotidiens du gouvernement et des
bureaucraties syndicales, afin
d’éveiller un début de conscience de
classe et de donner des éléments
d’orientation aux travailleurs au cours
des luttes. La classe ouvrière étasunienne
est de plus en plus atomisée car le taux de
syndicalisation aux É-U continue de baisser :
même s’il n’a jamais dépassé les
40%, il était encore à 20% en 1983, mais il
atteint péniblement 12% en 2006 (1).Il faut souligner que
ce sont surtout les travailleurs du faible
secteur public qui se syndiquent de plus en
plus, et qui empêchent ce taux de
s’écrouler définitivement. En effet,
les travailleurs du public sont syndiqués en
moyenne à 25%, alors que dans le secteur
privé le taux de syndicalisation est
inférieur à 10% et il est en constante
diminution.
Pourtant, même
dépossédés des outils politiques et
syndicaux, les travailleurs continuent de
résister l’exploitation et de se battre
pour améliorer leurs conditions de vie et de
travail, car ce qui n’a pas disparu
c’est bien sûr l’exploitation
économique et l’oppression politique
des femmes, des travailleurs noirs et des
travailleurs immigrés. Un exemple de cette
récente montée objective de la lutte des
classes est la grève des travailleurs de
l’automobile de General Motors en
novembre dernier, qui bien que courte, fut
inédite dans le secteur automobile depuis 30
ans, première grève nationale de GM depuis
1970 (2). Le 25
septembre 2007, les 73 000 travailleurs
syndiqués de GM étaient attendus aux piquets
des 82 sites que l'entreprise possède
éparpillés dans le pays. Le syndicat UAW
(United Automobile Workers) appela à la
grève, poussé par sa base, pour faire face
aux attaques du patron de GM qui voulait se
décharger de la gestion l'assurance médicale
(jusque là fournie par l'employeur) pour la
confier à un trust privé géré par le syndicat
nommé VEBA (3).
Le but de l’entreprise à long terme
était de diminuer sa participation au
financement de l’assurance maladie et
des retraites des travailleurs qu’elle
exploite, financement qui pèse lourd sur ses
profits revus à la baisse en 2006. Or la
perte des profits n'est pas liée à une baisse
de la productivité de la part des
travailleurs, mais à la pression du groupe
japonais Toyota dans le cadre de la libre
concurrence capitaliste. Toyota est une «
non-union corporation », et c'est précisément
de cela dont rêve GM partout dans le monde,
aux EU comme au Brésil : se débarrasser des
syndicats.
Cependant le syndicat avait, dés le
départ, accepté ce nouveau modèle de gestion
dans le principe, toute la négociation ne
portait donc que sur le niveau d'engagement
financier de GM dans ce trust. Au bout de 2
jours de grève, le syndicat signa un accord
où GM ne s’engageait qu’à
financer indirectement $35 milliards du plan
de santé (alors qu’il était estimé à
$55 milliards quand il était sous sa gestion
directe), et où une partie du financement des
retraites était aussi confié au trust VEBA,
et lança un appel à la reprise du travail. Ce
fut une trahison tout aussi historique de la
part de la bureaucratie de l’UAW que la
grève de la part des travailleurs. A chacun
son rôle dans l’histoire.
Deux étapes majeures dans
la lutte des classes aux Etats-Unis
On peut très
rapidement retracer deux étapes majeures dans
la répression des grèves et la mise en place
d'une législation anti-syndicale. La première
étape d’attaque orchestrée par
l’Etat et le patronat, main dans la
main, correspond à la décennie qui suit la
fin de la deuxième guerre mondiale
(1945-1955). On peut dire qu’après
l’effervescence politique des années
30, l’intervention américaine dans la
guerre a justifié une des attaques majeures
aux droits syndicaux qui se matérialise avec
la loi Taft-Hartley en 1947. Cette loi, qui
fut votée par le Congrès des Etats-Unis avec
toutes les voies du Parti républicain et plus
de la moitié des vois démocrates, est une
longue suite d’interdits, c’est
une loi-corsage pour les syndicats. Elle
interdit les grèves sauvages, les grèves
politiques ou de solidarité ; elle interdit
que les actions de grève et de piquets
nuisent à d’autres entreprises qui
partagent le site ou qui font des affaires
avec l’entreprise directement visée par
la grève, comme par exemple des fournisseurs,
des donneurs d’ordre ou des
sous-traitants (c’est la clause du «
secondary boycott »). Ces restrictions,
évidemment, limitent énormément dans la
pratique la marge d’actions légales que
le syndicat peut entreprendre. Elle oblige
aussi à passer par les institutions de
médiation de l’Etat et de l’Etat
fédéral (Federal Mediation Board) avant de
pouvoir déclarer légalement la grève, impose
une période minimale de négociation de 60
jours, et donne le pouvoir au Président des
Etat-Unis d’interdire toute grève qui
plongerait la nation dans un « état
d’urgence » (4). C’est bien ce
que fera Reagan 25 ans plus tard.
En effet, la
deuxième vague d’attaque aux droits des
travailleurs eut lieu durant le double mandat
Reagan (1980-1989). Le rapport de forces se
matérialisa lors d’une grève très
importante des contrôleurs aériens en 1981.
Alors que le syndicat des contrôleurs aériens
(PATCO) avait soutenu le candidat républicain
(contrairement à ses habitudes de fidélité
aux candidats démocrates) aux élections de
1980, Reagan n’aura attendu
qu’une année pour déclencher une vague
d’hostilités contre les travailleurs
qui l’ont fait élire, et pour lancer un
message très menaçant et méprisant aux
travailleurs américains. Le 3 août 1981 les
contrôleurs aériens commencent une grève,
suivie à 80%, pour une augmentation de
salaire et pour la semaine de 32 heures. La
grève paralysa 43% du trafic aérien. Reagan
déclara cette grève « danger pour la sécurité
nationale » et rappela que les travailleurs
gouvernementaux n’avaient pas le droit
à la grève (5).
Il somma les 13 000 grévistes de reprendre le
travail dans les 48 heures, mais seuls
environ 1 500 obéirent. Le président chargea
alors le secrétaire d’Etat aux
Transports de casser la grève en faisant
appel aux contrôleurs de l'armée et en
embauchant par milliers des travailleurs,
souvent sans les qualifications nécessaires,
et réussit à rétablir 80% du trafic aérien.
Le 5 août, une fois le délai de 48h expiré,
presque 11 350 grévistes furent licenciés
(environ 70%) (6) par le gouvernement
et interdits de travail dans la fonction
publique pendant 3 ans. Leur syndicat fut
supprimé en octobre 1981. Voilà le ton
anti-ouvrier et anti-syndicat qui colora le
double mandat de Reagan et qui signifia un
grand recul dans les acquis sociaux et un
cumul de réformes fiscales exonérant le
patronat et mettant fin aux restes, déjà très
fragiles, du timide « welfare state »
états-unien (7).
Les travailleurs du
nettoyage en Californie : un secteur
d’avant-garde
Depuis les années
2000 on constate une reprise des luttes dans
certains secteurs, en particulier dans celui
des travailleurs du nettoyage, dont le
dernier épisode est la grève de mai 2008 dans
le nord de la Californie. Les travailleurs du
nettoyage aux Etat-Unis sont majoritairement
syndiqués au SEIU (Service Employees
International Union), syndicat qui regroupe
aujourd'hui plus de 2 millions de
travailleurs (8), dont la moitié
travaillent dans le secteur de la santé
(soins hospitaliers et assistance à
domicile), mais qui regroupe aussi quelques
travailleurs du secteur public et surtout le
personnel de nettoyage et de sécurité dans le
secteur privé. Ce syndicat fut fondé en 1921
à Chicago pour organiser les travailleurs des
buildings qui nettoyaient les bureaux,
lavaient les vitres et géraient les
ascenseurs. Depuis il n'a cessé de croître en
intégrant aussi le personnel médical et
d'autres secteurs.
En 2005, SEIU
a demandé sa désaffiliation de la centrale
AFL-CIO, pour fonder avec d'autres syndicats
une nouvelle centrale sous l'emblème « Change
to Win Coalition (9)». Même si cette
scission se présente comme une scission vers
la « gauche », contre l'intégration des
syndicats à l'appareil d'Etat et pour leur
démocratisation en interne, ce n'est en fait
que la réponse de la bureaucratie aux
mouvements de « réforme » ou de
démocratisation déjà existants dans le
syndicat, qui sont à leur tour le produit
d’une recrudescence des luttes dans le
secteur. Ce changement est donc un changement
de façade et non pas de politique. En effet,
la politique de soutien inconditionnel au
Parti Démocrate (SEIU a déjà dépensé $ 9,7
millions de dollars dans la campagne de
Barack Obama) (10) et de privilège de
la négociation sur la grève n'ont pas
vraiment changé; le fonctionnement du
syndicat n'est pas significativement plus
démocratique ou plus transparent du fait de
cette reconfiguration par le haut. C'est
plutôt la pression de la base qui pousse à
une radicalisation des luttes, et qui exige
une transparence dans les négociations. Il
faut comprendre cette manœuvre de
désaffiliation de l’AFL-CIO comme une
tentative de canalisation de cette pression
qui vient de la base de ce secteur actif,
plutôt que comme une volonté réelle de «
changement » de la part de la
bureaucratie.
|
Il est important d’abord
de caractériser ce secteur de la classe
ouvrière. Les travailleur(euse)s du nettoyage
en Californie sont pour l’immense
majorité d'entre eux des immigrants
originaires du Mexique et de l'Amérique
Centrale. En effet, il faut savoir
qu’en Californie la population
d’origine Hispanique représentait 32%
en 2000, elle représente environ 35,9% en
2006 (11), et
les projections démographiques estiment
qu’en 2020 elle sera 41% et 52% de la
population de l’Etat en 2050 (12). Par ailleurs, le
secteur du nettoyage comporte une population
à plus de 50% féminine. Il s’agit donc
là d’un des secteurs de la classe
ouvrière les plus exploités (les travailleurs
immigrés constituent par excellence la
réserve de main d’œuvre pour les
contrats précaires) et les plus opprimés (ces
travailleur(euse)s sont victimes du sexisme,
du racisme et de la ségrégation sociale). Si
eux travaillent souvent avec de vrais
papiers, leurs amis, voisins et familles sont
souvent des immigrants illégaux, qui
travaillent au noir ou avec de faux papiers,
qui sont traqués par la ICE (13) (brigades
policières spécialisées qui font la chasse
aux sans-papiers) et qui ont participé aux
luttes pour la régularisation des
sans-papiers et aux manifestations du premier
mai depuis 2006.
Depuis 1985 les
travailleurs du nettoyage mènent la campagne
« Justice for Janitors » pour augmenter leur
salaire et pour l’amélioration de leurs
conditions de travail et de vie. Une des
luttes les plus importantes eût lieu à Los
Angeles en 2000, quand les travailleurs de la
branche sud du local 1877 (qui représente 8
500 travailleur(euses)s) se mirent en grève
pour obtenir une hausse de 1$ par heure
chaque année pour les 10 ans à venir. Devant
la réponse négative des compagnies du
quartier d'affaires Century City
d’accepter leurs revendications, une
grève très dure éclata qui dura jusqu'à 3
semaines. Finalement les travailleurs
arrachèrent avec peine une augmentation
salariale de 25%, inédite dans le secteur.
Ils obtinrent la plus grande avancée sociale
depuis 20 ans dans la branche (14). Cette
confrontation et cette victoire historiques
inspirèrent le cinéaste britannique Ken Loach
qui réalisa en 2000 le film Bread and Roses
retraçant cette lutte.
Le dernier épisode d'envergure, dans le
cadre d'une reprise des luttes dans ce
secteur, s'est produit à la fin du mois de
mai 2008 dans la Bay Area près de San
Francisco. Elle répondait à une attaque des
entreprises de sous-traitance du nettoyage
sur les droits, déjà maigres, des
travailleurs, en particulier, et encore une
fois, sur l'assurance médicale. Les
compagnies proposaient une hausse salariale
ridicule de 1 $ pour les 10 ans à venir, soit
10 centimes de l'heure par an, (sachant que
le premier salaire de ces travailleurs est de
$ 8,50 de l'heure et qu'ils doivent attendre
3 ans pour atteindre le salaire de base de $
11,50). Elles voulaient aussi « geler » leur
contribution aux mutuelles privées de santé
(puisque aux Etats-Unis il n'y a pas de
sécurité sociale, et c'est l'employeur qui
doit payer un partie ou la totalité d'une
mutuelle privée, selon les contrats), du fait
de l'annonce de la part ces mutuelles
d'augmenter considérablement les coûts des
soins et des assurances santé pour les années
à venir. C'était, dans la pratique, laisser
les travailleurs sans protection médicale
étant donné que leurs salaires de misère ne
suffiraient pas à combler le coût des
augmentations à venir.
Pour répondre à cette offre insultante,
les travailleur(euses)s du nettoyage du Nord
de la Californie syndiqués au local SEIU
1877, dont la branche nord (Bay Area) compte
environ 6 000 membres, se sont réunis à San
José le 17 mai à l'appel de leur syndicat,
une fois toutes les tentatives de négociation
et de médiation (imposées par la loi)
épuisées. Ils étaient 1 400 délégué(e)s du
personnel et travailleur(euse)s de base, et
ils ont voté très majoritairement la grève
avec des piquets de 24 heures sur les
principaux sites pour éviter l'entrée de
briseurs de grève aux heures les plus
insoupçonnées. Leur grève a duré neuf jours
et ils ont fait plier les différentes
compagnies qui ont fini par faire une
nouvelle proposition de contrat au syndicat.
Cette proposition contenait une couverture
partielle de la hausse des frais de santé,
une augmentation salariale de $2,4 de l'heure
répartie sur 4 ans (soit $ 0,60 par an) et la
réduction du temps d'attente pour être
couvert par l'assurance santé. En effet,
auparavant il fallait avoir travaillé dans
l'entreprise pendant deux ans de façon
continue pour avoir droit à l'assurance, et
pendant 4 ans pour que l'assurance englobe la
famille. Le nouveau contrat réduit le temps
d'attente à 1 et 2 ans respectivement.
Cette grève a
été très importante non seulement par son
envergure, mais aussi par son implication
stratégique. Elle a touché indirectement les
sièges et les bureaux de certaines des plus
grandes multinationales américaines
spécialisées dans les nouvelles technologies
comme Google, Cisco Systems, Apple Computers
et Hewlett-Packard qui ont leur siège dans la
Silicon Valley californienne. Voici les
profits enregistrés par ces compagnies en
2007 et leur classement dans l'économie
américaine selon la revue financière Fortune
(15) :
| Entreprise |
Profit net année fiscale 2007
(en millions de $) |
Classement par Fortune
500 |
| Hewlett-Packard |
7 264 |
14 |
| Cisco Systems |
7 335 |
71 |
| Apple |
3 496 |
103 |
| Oracle |
4 274 |
137 |
| Google |
4 203 |
150 |
| Adobe |
723 |
651 |
Cependant les travailleur(euse)s du
nettoyage n'ont pas affaire directement à ces
grandes multinationales mais à des
entreprises de sous-traitance des services,
ce qui rend la lutte plus compliquée, car ces
dernières arguent toujours qu'elles n'ont que
l'argent que leur donnent leurs donneurs
d’ordres, et que leur marge de
manœuvre économique est faible. Mais
ceci n'est pas tout à fait vrai car une très
grande partie des travailleurs est employée
par une seule entreprise, ABM, qui est
devenue un grand groupe spécialisé dans la
sous-traitance et dont la taille et les
profits égalent parfois les entreprises qui
ont recours à ses services. ABM est classée
au 694ème poste par Fortune et elle a fait 93
millions de dollars de profit nets au cours
de l'année fiscale 2007. Il y a là,
semble-t-il, de quoi permettre une
augmentation salariale considérable et une
bien meilleure assurance de santé à ses
travailleur(euse)s sans même mettre en danger
le gain de profits!
Les
travailleur(euse)s ont donc obtenu une
victoire importante, mais une victoire
partielle, car ils avaient réussit à établir
un rapport de forces où ils auraient pu
demander des augmentations un bien
supérieures et surtout une augmentation des
congés de vacances, limité à 4 jours par an
aujourd'hui. Il faut rappeler que pour
l'année 2007, l'inflation générale a été de
4,1% (1,6% pour 2006), c'est la plus forte
montée des prix depuis 1990 (16), et il faut surtout
préciser la répartition de cette inflation:
la montée du prix de l'essence a été de 17,4%
et celle des biens alimentaires de 4,9%. La
lutte pour la hausse des salaires n’est
donc pas un libre choix, mais une priorité de
survie pour ces travailleurs qui cumulent
souvent deux voire trois emplois pour payer
leur loyer et se nourrir.
La lutte des travailleur(eue)s immigré(e)s
californiens est d’une importance
majeure, car elle est le signe d’un
réveil du secteur le plus opprimé de la
classe ouvrière, secteur qui tend devient
majoritaire dans certains Etats, qui est
largement moins manipulable à travers le
discours nationaliste et militariste du
gouvernement Bush, qui subit quotidien la
répression policière et les rafles, qui met
en échec la programme des candidats
démocrates, en particulier sur le point de la
lutte contre l’ « immigration illégale
» et le renforcement de la militarisation des
frontières (point où le programme des deux
candidats se rejoint parfaitement), qui
affirme par ses origines le caractère
internationaliste de la lutte contre
l’impérialisme et qui a beaucoup moins
d’illusions dans la démocratie
bourgeoise étasunienne puisqu’il reste
majoritairement exclu du droit de vote et du
reste des droits civils. Nous faisons le pari
qu’il est probable qu'à travers les
luttes de ces travailleur(euse)s, la classe
ouvrière des Etats-Unis retrouve un nouveau
souffle pour relancer un bras de fer avec la
bourgeoisie la plus riche du monde qui
affronte une nouvelle crise historique.
(1) Source : Bureau of Labor
Statistics, http://www.bls.gov/
(2) Workers Vanguard nº 899 du 28
septembre 2007, disponible sur http://www.icl-fi.org/english/wv/899/uaw.html
(3) Le coût des droits de santé dont
GM s'est débarrassé s'élève à 50 milliards de
$. Ce trust s'appelle Voluntary Employee
Benefit Association (VEBA), et permet, en
externalisant la gestion de l'assurance
médicale ,de déresponsabilise
l’entreprise de la pérennité, du coût
et de la qualité des services de santé qui
seront offerts aux travailleurs.
(4) Dulles and Dubofsky , Labor in
America, A History, p. 343-347
(5) Cette loi date de 1955, mais les
postiers avaient fait grève auparavant, à
plusieurs reprises, sans être réprimés.
(6) http://www.massnurses.org/labor/education/2006/
sept/patco.htm
(7) Pour information, en 1981 le
gouvernement Reagan diminua de 25% les taxes
sur le revenu, et diminua le budget des
programmes sociaux de 25 milliards de
dollars. En 1986 il réduit de 70% à 28% les
taxes sur les corporations et les grandes
fortunes. Cf Who Built America? Vol. 2, p.
710
(8) http://www.seiu.org/about/fast_facts/index.cfm
(9) Cette fédération inclut notamment
le syndicat UNITE (Union of Needletrades,
Industrial and Textil Employees) et le
syndicat HERE (Hotel Employees and Restaurant
Employees Union) qui se sont unifiés en 2004
et qui regroupent 465 000 membres.
(10) http://www.businessjournalism.org/campaignwatch/
2008/05/mr-obamas-union-money.html
(11) http://factfinder.census.gov
(12) http://www.dof.ca.gov/HTML/DEMOGRAP/
ReportsPapers/Projections/P1/P1.php
(13) Les sigles correspondent à
Immigration and Custom Enforcement, ce corps
a été créé en 2002 lors de la Homeland
Security Act en réponse aux attentats de
l’an précedant. Elle dépend du
Département de la Sécurité Intérieure.
(14) http://www.commondreams.org/headlines/042500-02.htm,
Article de Los Angeles Times du 25 avril
2000.
(15) Informations disponibles sur
:
http://money.cnn.com/magazines/
fortune/fortune500/
2008/full_list/
(16) http://www.msnbc.msn.com/id/22681319/
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